Le Sauvage
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94 critiques spectateurs

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anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 7 août 2017
Belle surprise que ce film mi-aventures mi-sentimental du milieu des années 1970, rediffusé par Canal . J’ai surtout apprécié le contexte, voir un Caracas ouvert et urbanisé, aux gratte-ciels si semblables à nos métropoles du Nord, au moment même où 40 ans plus tard ce pays s’est tant refermé sur lui-même, sombre dans la misère causée par une économie étatisée mal conduite et semble prendre la voie d’une nouvelle dictature, avec le « vote » d’une nouvelle constitution donnant les pleins pouvoirs au président Maduro.
Certes, les protagonistes restent plutôt dans un entre-soi occidental (français, italiens et américains), mais la touche d’exotisme fait son effet, surtout pour le spectateur en période estivale et quand l’action se déporte sur une île vierge où nos deux héros trouvent refuge commun, chacun pour des motifs différents spoiler: et sans faire bon ménage, ce qui nous épargne des clichés trop rapides
.
Le contenu n’est pas mal non plus, surtout du côté de l’histoire personnelle du personnage d’Yves Montand (belle fable sur le capitalisme mondialisé, à une époque où celui-ci n’en était encore qu’à ses débuts), le parcours de celui de Catherine Deneuve demeurant moins développé. On a droit à de jolies scènes de course-poursuite, et à quelques tours scénaristiques bien huilés (hormis peut-être que le personnage principal semble trop peu physionomiste).
L’interprétation de Catherine Deneuve m’a paru excellente, non seulement elle éblouit par sa blondeur et le reste (elle n’a jamais été aussi belle disent les chroniqueurs patentés), mais les initiatives de son personnage et ses intonations de voix d’une verdeur assumée mais un brin candide brossent un bien sympathique caractère.
J’ai seulement regretté le manque d’approfondissement des histoires personnelles des personnages, et de leur dialogue. Cela reste un film d’action auquel se greffe une comédie (ou tragi-comédie) sentimentale, alors que le contexte et le script auraient pu donner lieu à plus de substance, notamment au mitan du film, où il ne se passe finalement pas grand chose entre les 2 insulaires. Les méditations philosophiques restent en ligne de fuite, ce qui n’est pas plus mal peut-être, mais le manque de contenu se fait plus criant dans la scène finale, qui semble assumer le peu de prétention de la réalisation. On passe cependant un bon moment, qui plus est sans vraiment sentir le laps de 40 ans.
Mario Mercier
Mario Mercier

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3,5
Publiée le 19 février 2021
Le sauvage est un film dérisoire. Un homme de Paris, qui en avait assez de la pression de sa vie trop active, a décidé d'aller vivre au Vénézuela. Il vit en paix jusqu'au jour où il rencontre par hasard la très dérangeante Nelly, interprétée par Catherine Deneuve. Une femme plus stressante que toute autre qui vient hanter la vie du personnage principal, joué par Yves Montand. Une comédie efficace, qui nous garde intéressé, même si elle aurait pu être plus drôle. On a presque de la compassion pour le personnage joué par Montand, tellement Nelly vient lui détruire cette vie paisible qu'il s'était bâtie.
selenie

7 466 abonnés 6 699 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 mai 2026
Au fil du récit le film s'éclaircit, on quitte le bitume pour une ile paradisiaque tandis que l'idylle tant attendue prend des chemins de traverse entre un homme d'âge mûr revenu de tout et une femme magnifique, qui a tout de la femme fatale hitchcockienne mais qui est en fait une femme enfant qui rêve d'un homme qui saura la dominer. Autre temps autres moeurs. Evidemment, ce mix entre film d'aventure et comédie romantique, et dans sa fluidité narrative on pense fortement à "L'Homme de Rio" (1964) de Philippe De Broca, ça tombe bien ce film était justement écrit par un jeune scénariste nommé Jean-Paul Rappeneau ! Clairement Rappeneau est influencé par De Broca, on reconnaît ce rythme soutenu qui ne laisse pas le temps de souffler, cette sensation de liberté ou plutôt cette quête de liberté loin du tumulte socio-économique des grandes métropoles, et évidemment un duo de choc entre le vétéran Montand et la star par excellence la reine Deneuve déjà au sommet qui sait encore joué de son sex-appeal. Les deux poursuivants sont par contre décevants, l'italien et l'américain méritaient plus, autant en présence à l'écran qu'en écriture de leur personnage ; trop caricaturaux et dont les risques et/ou les enjeux ne correspondent pas à l'évolution de leur action-réaction.
Site : Selenie
CrystalEagle
CrystalEagle

4 abonnés 111 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 août 2026
C'est l'histoire de deux fuites qui finissent par se percuter au bout du monde. Martin fuit sa propre réussite, marié à son entreprise autant qu'à sa patronne ; Nelly fuit un fiancé italien qui confond amour et possession. Et le film s'amuse à inverser les rôles qu'on attendait. C'est le sauvage supposé qui est en réalité verrouillé sur lui-même, tandis que la fille bien sous tous rapports cache la vraie tempête. J'aime bien que Rappeneau ne transforme pas la solitude de Martin en sagesse à préserver à tout prix. L'arrivée de Nelly la bouscule, l'envahit, la salit presque, avant de le réhumaniser. Pour racheter sa liberté, elle doit voler un Toulouse-Lautrec, La Goulue, cette danseuse qui croquait la vie à pleines dents. Difficile de trouver image plus juste d'un monde où l'amour et l'argent ne se lâchent jamais.

Rappeneau ne laisse jamais retomber le rythme, il fonce à 100 à l'heure, quitte à faire de la vitesse un principe plus solide que l'intrigue elle-même. Parce que le scénario, avouons-le, reste mince, et les seconds rôles (le fiancé jaloux, les hommes d'affaires parisiens) versent vite dans la caricature. On saute de Caracas à une île paradisiaque, puis à New York, puis à la campagne française, sans jamais vraiment se poser. Résultat : le dernier acte est expédié bien trop vite, comme si le film n'avait plus le temps de savourer ce qu'il venait tout juste d'installer. Mais ce qui sauve l'ensemble, c'est la photo. Le vert de la jungle, le turquoise des Caraïbes, une lumière tropicale apprivoisée malgré un climat capricieux. Et la musique de Michel Legrand, qui enveloppe chaque plan d'une légèreté colorée.

Le vrai moteur du film, ce sont quand même Catherine Deneuve et Yves Montand. Lui compose une pudeur bourrue, un célibataire endurci qui ne sait dire ce qu'il ressent qu'à travers un geste, une virilité adoucie par une sensibilité presque poétique. Elle, qu'on croyait cantonnée à la beauté froide chez Buñuel ou Truffaut, se jette ici dans la comédie physique, capricieuse et insupportable. Un pari risqué, et je dois dire que je l'ai adorée dans ce rôle. C'est d'ailleurs dans ces ruptures de rythme qu'elle prouve l'étendue de son talent. Cette île qui devait rester un refuge finit par devenir le seul endroit où deux prisonniers, chacun à sa façon, apprennent enfin à se rendre. Un bon petit film.
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