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Un visiteur
4,0
Publiée le 29 septembre 2006
Pas de méchants, pas de détectives, pas de gangsters, et pourtant, il s'agit d'un film noir. La plus grande qualité de ce film réside dans son esthétique. Une lumière (et des ombres) qui modèle de manière unique les décors, les visages... Le fantastique s'installe dès le début, avant une brève incursion dans le merveilleux. Edgar A. Poe n'est pas très loin ; en tout cas son esprit. Il n'y a que très peu d'effet visuel. Tourneur cultive l'angoisse et la suggestion plutôt que le spectaculaire. Cependant, certaines pistes (le restaurant serbe par exemple) auraient mérité une plus grande place dans le récit. Car à force de suggérer, il finit par ne plus rien montrer, et le film s'essouffle brièvement avant le fin. Lorsque notre attention se focalise à nouveau sur ce que le voit à l'écran, Tourneur impose THE END. Il éveille la frustration du spectateur, peut-être pour rester en corrélation avec cette idée déjà très présente dans le film (la frustration sexuelle). Ou peut-être pas...
La féline est un trés bon film fantastique. Le tour de force de ce film est de faire avec peu de moyen en suggérant la peur avec des jeux d'ombres et une ambiance particulière proche de la frayeur. La mise en scène est très bonne et les acteurs sont bons. Le scénario est bien fiselé et surtout intelligemment mené avec des moments de surprises et de suspence.Tourneur avec ce film montrait que c'était un cinéaste d'envergure qui retenait l'attention du spectateur avec peu de moyens.
J'attendais de voir ce film depuis si longtemps et je n'ai pas été déçue. Il prend des allures de nouvelle fantastique servi par des plans sublimes et contrastés. Si la forme est superbe, que penser du fond ? La cristallisation de la peur masculine pour la sexualité féminine. Le film ne prend pas une position très claire - en tout cas moins claire que l'adaptation des années 80 et heureusement ! Ce flou freudien est bienvenu et va très bien à la beauté visuel du film.
C'est parfois long, mais sinon c'est très bien comme film. Ca change de l'habituel histoire de lycantrophie. Tout les acteurs sont très bien et le réalisateurs sait très bien utiliser sa caméra. Ma scène préféré c'est quand Alice est dans la piscine et que la féline est entrain de la surveiller, j'adore la façon dont le réalisateur le moment ou elle plonge, quand au grand jeu de lumière ils sont tous simplement magnifique.
Tourné au début des années 1940 en a peine trois semaines, ce film fantastique deviendra un classique de la RKO. Il faut dire que la mise en scène de Jacques Tourneur est particulièrement habile pour distiller la peur sur certaines séquences (dont la fameuse scène de la piscine), que le scénario est habilement construit et que la photographie est d'une grande beauté. Quant à la charmante Simone Simon, elle nous délivre une très belle performance et campe une bien inoubliable Féline.
Entre film fantastique et thriller romantique, le film présente aussi une belle métaphore de la jalousie féminine, ou encore on peut le prendre pour beaucoup d'autres choses. Le film se tient de bout en bout, bien qu'on peut trouver la fin un peu légère, comme bâclée.
Ce film est un classique du cinéma fantastique américain. Basé sur une trame habile, le film aborde différents thèmes : doute sur sa personnalité (avons nous un "mr hyde"?), frustration sexuelle, désir, utilité de la psychiatrie... Le noir est blanc est magnifique, et les effets, meme suggérés restent sobres, efficaces et sont au service de l'histoire. Cepandant, certains points sont un peu décevant, notamment la scène du restaurant serbe, pourtant très efficace pour mettre en place la terreur croissante, qui reste hélas sans suite vraiment logique dans le scénario. A voir pour sa culture personnelle, et encore une fois, mention spéciale pour la beauté des images !!
Film culte pour certain mais le film est a la limite du regardable. Cela a vieillit...on n'a peur a aucun moment. Je suis très étonné de la répuation du film. Ce n'est qu'une serie B sans saveur. Gros succès a sa sortie...
"La Féline" (1942), réalisé par Jacques Tourneur et produit par la RKO, est un monument du fantastique suggestif — ce cinéma de l’ombre qui préfère le frisson intérieur à la démonstration spectaculaire. À une époque où Universal triomphait avec ses monstres iconiques (Frankenstein, Dracula, etc.), Tourneur prend le contre-pied : ici, rien n’est montré, tout est insinué.
L’histoire suit Irena, jeune femme serbe persuadée d’être frappée d’une malédiction ancestrale : si elle cède au désir, elle se change en panthère meurtrière. Une métaphore à peine voilée du conflit entre pulsion et répression, entre érotisme et peur du corps .
Tourneur révolutionne le genre. Plutôt que de filmer la métamorphose, il la fait exister par l’absence : ombres, reflets, bruits, silences… L’imaginaire du spectateur devient le véritable terrain de jeu du film. La scène de la piscine, où une femme est cernée par une présence invisible est un modèle de mise en scène du suspense psychologique.
Et que dire de l’effet-bus" — ce sursaut sonore qui anticipe le “jump scare” moderne dans une scène magistrale ? Tourneur, sans le savoir, invente la peur contemporaine : celle qui naît non pas du monstre, mais du montage, du son et du hors-champ. Un film fondateur qui deviendra la matrice de tous les sursauts du cinéma d'horreur .
Note : 8/10 pour ce classique certes un peu daté mais oeuvre-clé
Un film fantastique prenant, certes empreint de superstitions sur l' Europe Centrale.Magnifiquement filmé bien mieux que son remake bizarre par Paul Schrader.beaucoup de suggestions
Avec La Féline, Jacques Tourneur impose un fantastique de suggestion, où l’ombre et le hors-champ deviennent les véritables moteurs de l’angoisse. La figure d’Irena, tiraillée entre désir et peur, installe une tension psychologique plus troublante que véritablement terrifiante. Tourneur privilégie une mise en scène épurée et atmosphérique, mais cette retenue peut aussi atténuer l’impact émotionnel. Le film avance avec une certaine économie narrative, laissant parfois ses enjeux en suspens. Reste un classique élégant et influent, fascinant par son ambiance, mais dont la subtilité peut aujourd’hui paraître un peu distante.
La légende serbe des femmes qui se transforment en félines pour tuer leurs amants est une invention des scénaristes de la RKO pour concurrencer les loups-garous de l'Universal. La Féline est l'archétype du film d'"horreur sans l'horreur", selon les mots de Val Lewton dont c'est le premier film en tant que producteur. Ce film a résisté a l'épreuve du temps par sa manière de faire naître une inquiétante étrangeté au coeur même du quotidien. Si l'on devait choisir une scène qui illustre le mieux ce qu'est l'art cinématographique, alors la scène de la piscine pourrait figurer en bonne place.