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Un visiteur
3,0
Publiée le 19 août 2019
Une série B horrifique magnifiée par une très belle réalisation, mais desservie par un point de départ fantastique un peu lourd, qui a du mal à maintenir notre intérêt, malgré la très courte durée du film. On n’ira pas chercher de vrai frisson dans le cinéma de genre des années 40 et il faudra se satisfaire de l’expressionnisme de la mise en scène, qui compense par son inventivité et ses jeux d’ombre et de lumière ce qui lui fait défaut en termes d’effets spéciaux. Un peu surestimé selon moi, je retiens seulement la superposition du rugissement avec l’arrivee d’un bus, procédé de chute brutale de la tension que j’ai trouvé très réussi et dont j’ai appris ensuite qu’il correspondait à un procédé appelé depuis « l’effet-bus ».
La féline est un classique du genre horreur, qui peut s'apprécier aujourd'hui tel un bon vin mais dont il faut reconnaître qu'il a pas trop bien vieilli. L'histoire est assez plaisante réutilisant des thématiques assez classique (la malédiction de descendance en descendance), pour un usage assez nouveau (la transformation en panthère). On sent que l'industrie du cinéma ne connaît son apogée d'horreur et est extrêmement restrictive pour la qualité de l' « action ». Les scènes de transformation en panthère sont en très grande partie suggérées et lorsque la panthère attaquent d'autres personnages, on se rend bien compte que les acteurs ne côtoient jamais l'animal car les plans de la panthère et ceux des personnages sont clairement superposés au montage. Le film est particulièrement court (à part 80 minutes de film) et malgré cette courte durée, le film arrive à être ennuyeux. Il ne se passe pas grand chose pendant une bonne durée du film si ce n'est qu'un couple, déjà très distant à la base, qui se déchire davantage. La relation entre Irena et Oliver est très plate (il n'y a pas d'alchimie entre les deux acteurs) et on ne doute pas du fait que ce dernier finira avec sa collègue Alice. Ce n'est qu'à partir de la moitié du film que la tension commence à monterspoiler: (à partir des premiers meurtres – sur un troupeau de bétail – d'Irena) . Le niveau du casting est variable. Autant Simone Simon est excellente et, avec ses yeux de chat a parfaitement été castée , autant j'ai trouvé Kent Smith très pâle. Je recommande moyennement.
Considéré comme culte, ce film réalisé en 1942 à Hollywood par le franco-américain Jacques Tourneur est un petit bijou de mise en scène et de jeux de lumière, qui regorge de séquences magnifiques et novatrices (« l’effet-bus » a été utilisé pour la première fois dans La féline). Cette œuvre qui suggère plus qu’elle ne dévoile tisse de nombreux liens entre un récit a priori fantastique et des sujets liés à l’intimité (la sexualité, le couple, le mariage, le désir, la peur de l’autre,...). Les acteurs sont tous convaincants : Simone Simon, Kent Smith, Jane Randolph en tête. Fortement envoûtant.
La Féline de Jacques Tourneur (1942) est la référence du film fantastique. Effets spéciaux : zéro. Allusions : 100 %. Terreur totale. On rentre dans le personnage principal incarné par l’étrange star française Simone Simon qui joue Irena, dessinatrice de mode originaire d'un pays mystérieux, la Serbie. Elle rencontre à New York un gentil architecte naval. Le comportement d'Irena devient étrange, très étrange. Et c’est grave, car nous nous sommes identifiés à elle, et elle-même se demande ce qui lui arrive. Mais il est lcaire qu'il lui arrive quelque chose de monstrueux. On en ressort avec la peur au ventre sans avoir vu ni sang ni monstre, exactement comme pour Rosemary’s Baby (Polanski, 1968). Une leçon : un film noir et blanc de 70 minutes, sans aucun trucage, un scénario dessiné au cordeau, joué avec une sobriété absolu donne un objet austère et noir, intensément mystérieux et surtout terrifiant. Tous les pseudo artistes arrogants qui veulent nous effrayer avec des films de trois heures, des monstres créé par informatique et millions de dollars n’ont plus qu’à aller se rhabiller. Je vous donne l'épigraphe pour vous mettre dans l'ambiance : "De même que le brouillard persiste dans les vallées profondes, le péché ancien se tient dans les profondeurs de la conscience du monde."
Un très beau film, de son titre français jusqu'à sa réalisation tout en ombres et lumières inquiétantes et mystérieuses. Dans la veine fantastique, celui-ci parvient néanmoins à explorer de façon plutôt fine d'intéressants sous-textes psychanalytiques. La scène de poursuite et celle de la piscine, tendues et admirablement esthétiques, sont inoubliables.
Ce film réalisé par Jacques Tourneur et sorti en 1942 n'est franchement pas mal. C'est l'histoire d'une femme qui se transforme en panthère lorsque ses sentiments se mettent à bouillir en elle. Pour l'époque, ce synopsis est plutôt intéressant et même encore aujourd'hui d'ailleurs mais manque malgré tout d'un peu d'originalité. Avec ce film, ce n'est pas vraiment le scénario qui est intéressant de toute façon mais plutôt la mise en scène qui est vraiment très bonne. Effectivement, nous avons beaucoup de plans où l'animal est hors-champ, ce qui nous laisse donc libre court d'interprété nous-même l'apparence de l'animal ou même encore si cette femme se transforme vraiment en panthère ou non. On ne va pas se mentir, ce procédé est utilisé avant tout ici par manque de budget mais je dirais que c'est une très bonne chose car cela apporte réellement quelque chose en plus au film, quelque de mystérieux, d’inaccessible, ce qui est encore plus effrayant finalement. Alors oui, aujourd'hui le film n'est plus du tout effrayant mais quelques scènes font malgré tout encore froid dans le dos, notamment celle où Alice marche seule dans une rue sombre avec des bruits étranges tout autour d'elle. Je regrette beaucoup par contre que l'action du film commence réellement à environ quarante minutes car pour un film qui ne dure qu'une heure et quart à peu près, nous n'avons pas beaucoup de fantastique. En dehors de ça, la réalisation est très bonne. Pour ce qui est des acteurs, nous avons Simone Simon qui joue vraiment très bien ainsi que Kent Smith, Tom Conway et Jane Randolph qui jouent bien. "La Féline" est donc un film qui ne reste pas mal mais qui est surtout à voir pour la mise en scène.
superbe film de jaques tourneur fils du réalisateur Maurice Tourneur, la féline est un film magnique, la photo et les effets sont peuvent les plus beaux dans l'histoire du cinéma son plus beau avec vaudou et rendez-vous avec la peur , avec tourneur tout était dans l'imagination la scène de la piscine et celle du bus sont magistrale .le sujet de la sexualité y est abordé ce qui était rare à l'époque . avec une autre française dans le film Simone Simon exilée aux États unis qui avait connu la gloire avec Gabin dans le film de Jean Renoir la bete humaine . ce film a par ailleurs sauvé la Rko de la banque route .
Jacques Tourneur met en scène un amour impossible entre un homme et une femme qui se découvre devenir un monstre.
Tourneur utilise le hors champ superbement. L’atmosphère qu’il crée grâce à la mise en scène est poignant, il joue sur les ombres, les actions sont donc moitié devant la caméra moitié hors champ. La séquence la plus emblématique de son cinéma et de son film est bien évidemment la scène de la piscine où la tension atteint son apogée grâce aux ombres subjectives qui dansent sur l’eau. Dans un film en noir et blanc le cinéaste utilise beaucoup la symbolique des couleurs notamment avec le grand manteau noir et son ruban noir dans les cheveux qui montrent les préquelles de sa métamorphose.
Tourneur livre un film fantastique novateur pour l’époque grâce à la peur qu’il transmet de façon subjective et sensuelle avec le jeu de Simone Simon qui crève l’écran.
Tout est dans la suggestion. Jacques Tourneur a très bien compris qu'il pouvait rendre son film terrifiant et mystérieux en ne rien montrant. Cela créé une vraie ambiance de film noir, à la fois sombre et inquiétante, mais aussi très sensuelle. Une réussite même 70 après.
Le début de la Féline n'est pas vraiment à la hauteur de la réputation du film. La relation amoureuse qui se tisse entre Irena et Oliver est très accélérée : à peine rencontrés, ils se qualifient déjà d'amis, et l'homme décide d'offrir un chaton à la jeune femme dès le deuxième rendez-vous. Cette idylle est donc bien mal construite. En revanche, la jalousie naissante d'Irena, un des points majeurs du scénario, est beaucoup mieux amenée. Elle n'apparaît pas suite à un quiproquo stupide comme il en existe dans toutes les comédies romantiques. Ici, la jeune femme a une bonne raison, à la fois simple et pertinente de se méfier d'Alice, la collègue de son amant. A partir de cette relation conflictuelle, tout le jeu du film va être de déterminer si Irena est bien victime, comme elle le prétend, d'une malédiction qui la transforme en panthère dès qu'elle se laisse envahir par des sentiments forts. Ce postulat permet au scénario d'aborder en filigrane les thèmes de la sexualité féminine et du puritanisme, ce qui rend le personnage principal encore plus énigmatique. Le réalisateur travaille cette ambiguïté en proposant une mise en scène suggestive proprement exemplaire. Lors des scènes de suspens, les personnages sont continuellement menacés par l'invisible. Seuls les bruits venant du hors-champ et les ombres informes s'introduisent dans le champ, pour un résultat parfois glaçant (cf la scène de la piscine). La plupart des scènes dissimulent plusieurs indices pouvant conduire à une explication rationnelle des événements, laissant la libre interprétation au spectateur. Cependant, je trouve que les quelques plans suivant la scène du bus sont trop explicites. Sans confirmer une des deux théories proposées, ils ne laissent que bien peu de place au doute. Cela constitue un défaut majeur, puisque que toute l’ambiguïté de l'histoire est mise à mal. Bilan en demi-teinte donc. D'un côté, Tourneur réussit à transformer les limites techniques en force grâce à une mise en scène astucieuse, tout en proposant une narration qui ne faiblit jamais (sur une heure douze, encore heureux). D'un autre côté, plusieurs éléments regrettables, comme le début peu convainquant, les interprétations pas toujours convaincantes et ces fameux plans, empêchent le film de dépasser le stade de la série B sympathique.
Dans la pénombre du réverbère, l'inintelligible minimalisme tourmente l'inconscient enivré par la sensualité délétère d'une terreur suggérée. En maître des ombres et des lumières, Tourneur insiste sur l’horreur du non-dit, par des jeux stylistiques novateurs, pour laisser libre court à l’imagination bouillonnante de l’apeuré spectateur. Toute l’originalité réside donc dans la subjectivité d’un propos éthéré : « Moins on voit plus on croit ». Possédé par le démon de l’inspiration (et de nombreuses contraintes budgétaires d’où certains décors recyclés), Tourneur se fait innovateur d’une hantise costumée à l’image d’une ambigüité assidue de la femme dérobée, prédatrice mystérieuse.
Confiné dans son imaginaire, le spectateur se crée sa bulle de frissons à l’image du leitmotiv nocturne du parquet grinçant : ici l’impression permanente de se sentir suivi par l’ombre de la nuit se fait ressentir. La noire chasseresse traque sa proie à coup de talons sur le bitume : à l’aide de plans serrés et cadrés aux pieds, Tourneur rythme cette poursuite inquiétante, où la tension va crescendo, accentuée par l’absence oppressante d’une atmosphère sonore, dans une mécanique de l’horreur exclusivement hors champ. Tourneur s’amuse à jouer sur la subtilité de son récit. Il développe ainsi les codes d’un genre aujourd’hui stéréotypé. A l’image de la scène de la piscine et ses reflets subtils hypnotisant, le suspens se fait attendu, invisible, sombre, appuyé de ses bruitages et allusions clairvoyantes (peignoir déchiré), permettant d’éveiller la curiosité du spectateur entre claustrophobie et panique répulsive.
Le Cinéma constitue une immense machine à brasser des imaginaires. Un charme certain se dégage de La Féline, contribuant non seulement à l’envoutement d’un spectateur captivé mais aussi à l’accentuation de son suspens dans une lenteur magnifiée. Sur les pas d’Irena (sublime Simone Simon), incarnation d'une exquise démone, sa prestance féline parfume le sol, tel un parfum fleuri et perçant qui traverse la nuit. Les hommes, comme Oliver (Kent Smith), payeront de leur malheur pour profiter de son corps et de sa chaleur animale. Horrible torpeur, cauchemar, frayeur, découverte d’une dure réalité lorsque le prétendu fantastique se fait réalité : l’instinct animal souvent présage d’un dénouement horrifique (que ce soit dans Les Oiseaux d’Hitchcock, La Mouche ou même Les dents de la mer). Tourneur, véritable manipulateur, n’y cacherait-il pas une image de la féminité en proie aux doutes, angoissée par une relation amoureuse, exclue d’une société poussant à la solitude ? Voilà l’intention de Tourneur : amener le spectateur à réfléchir sur le hors champ, suivre toutes les pistes pour découvrir la spécificité qui lui conviendra d’accepter. Mais avant tout, Tourneur veut divertir son spectateur, le captiver par le pouvoir de l’inexplicable.
Ce qui est d’autant plus frappant dans Cat People, c’est cette atmosphère de malaise autour d’une angoisse magnifiquement mise en scène et interprétée, où ombres et lumières contribuent à cet environnement expressionniste perturbant. Tout en sobriété, Tourneur crée un mythe, l’évocation d’une suggestion flamboyante, délicat ensorcellement, au service d’un fantastique maîtrisé.
Un film fantastique essentiel pour le genre signé par le français J. Tourneur avec sa compatriote S. Simon dans le rôle titre et qui sort une prestation hyper convaincante. Le résultat brut est un film tendu, jouant habilement sur les peurs du hors champ, aussi bien à travers les effets sonores que les éclairages. Le scénario développe une mythologie assez prenante et intéressante, intrigante au début avant de devenir peu à peu assez attendue pour un final époustouflant pour l'époque, même si son style reste encore copiée aujourd'hui. Pour les fans du genre, c'est un incontournable. Il est vrai que l'image mais aussi la thématique restent d'une puissance encore fascinante. Dommage que les personnages autour soient aussi peu intéressants mais quelques frissons pourraient bien vous parcourir l'échine. D'autres critiques sur
Tréna créatrice de mode fait des esquisse d'une panthère noire. La femme attire l'attention d'un architecte. Une histoire d'amour et de violence va se créer entre eux. Le film de Jacques Tourner au scénario simple est considéré comme l'un des tout premiers films d'horreur et fantastiques. A cette époque (1942) Jacques Tourner débutait dans le monde du cinéma. Maintenant il est considéré comme un maître absolu du cinéma. Le film est sous forme d'une esthétique très particulière. En effet son noir et blanc un peu sépia fait ressortir l'aspect de la violence de la panthère. Si l'on remet le film dans le contexte de l'époque il est possible de considérer le sépia comme des minis gouttes de sang et cela accentue encore plus le côté violent du film. Ce film explique les tourments de l'âme féminine et il reste inoubliable dans son genre.
La Féline de Jacques Tourneur est un modèle du film fantastique et d’horreur. Rien d’exceptionnel pour un spectateur de 2014, mais reste toutefois le talent de Tourneur qui prend le parti de ne presque pas montrer le « monstre » dont il est question durant tout le film. Bien entendu, Tourneur fait appel aux peurs de l’animalité, et à l’angoisse pour parfaire un récit simple mais à l’ambiance très Hitchcockienne, et donc assez réussie. Bien entendu, la présence de la scène de la piscine, chaque fois cité dès que l’on évoque ce long-métrage, participe activement de la popularité et de la postérité du film.
Exilé à Hollywood depuis 1934 après avoir tourné 4 films en France, Jacques Tourneur signe en 1942 "Cat People" où il met en scène Irena, une jeune femme d'origine Serbe qui pense être une descendante d'une tribu maléfique et, craint d'être transformé en panthère.
Alors que le film ne dure que 73 minutes, Jacques Tourneur met assez vite l'intrigue en place avec la rencontre des deux protagonistes au zoo alors que l'héroïne était face à une panthère. Il braque sa caméra sur le personnage d'Irena qui doit faire face à des craintes de plus en plus présentes, tout en gérant une vie privée et sentimentale qui s'annonce radieuse pour elle. Plutôt bien rythmé, Tourneur la rend dès le début intéressante, intrigante et captivante en laissant le doute peu à peu s'installer en elle, son conjoint et le spectateur.
Et c'est là toute la force du film. Tourneur reste tout le long dans l’ambiguïté et laisse le doute peu à peu s'installer chez tous les protagonistes, dont le spectateur. Il maîtrise à merveille les sentiments d'illusions et de réalité et reste régulièrement dans la suggestion, laissant le spectateur interprété l'image. Il démontre une vraie maîtrise derrière la caméra en mettant doucement en place une atmosphère angoissante se faisant de plus en plus forte, sans oublier la tension dans les scènes clés. Il joue énormément avec l'éclairage et les jeux d'ombres à l'image de la séquence de la piscine où les ombres dansent autour de l'eau.
Si l'ensemble des interprétations sont bonnes, c'est Simone Simon qui crève l'écran et rentre à merveille dans la peau de cette femme complexe, indépendante, aimante mais peu à peu dépassé par ses croyances à cause desquelles elle se refuse à aimer passionnément son homme. Elle retranscrit de fort belle manière les enjeux et dilemme de son personnage.
Finalement le film connut un succès commercial que les producteurs n'avaient jamais espéré (il ne sortit d'abord que dans une seule salle). Encore aujourd'hui, il reste impressionnant par cette capacité à n'être à aucun moment démonstratif et à créer une vraie tension, laissant toujours le spectateur croire à l'incroyable, mais aussi par sa subtilité, sa puissance et son fascinant personnage principal, s'imposant comme une figure féminine à part entière.
Le film connaîtra une suite peu de temps après (1944) co-réalisé par Robert Wise avec les mêmes acteurs (sous le nom de "The curse of the Cat People") ainsi qu'un remake au début des années 1980 avec Nastassja Kinski dans le rôle principal.