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Chris Art
86 abonnés
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4,0
Publiée le 28 juin 2014
(...) S’il est de films mystérieux dont la compréhension totale nécessite plusieurs pistes de réflexions pour en saisir la pleine mesure et dont on n’est toujours pas certain d’en appréhender toutes les facettes, même après un second visionnage, alors ce classique du cinéma fantastique mérite largement sa place dans cette catégorie. C’est tout l’attrait qui s’en dégage, sa force principale mais paradoxalement aussi son aspect le plus, sinon répulsif, du moins distancié. Il n’est pas forcément aisé de bien distinguer vers quoi tend cette appropriation de la femme prédatrice. (...) c’est surement l’intention de Jacques Tourneur, que de nous perdre dans ce jeux de pistes pervers. (...) Car au niveau purement cinématographique, c’est véritablement un exploit d’avoir réussi un tel rendu atmosphérique avec si peu de moyens. Entre ombres et lumières, appuyées par des effets spéciaux fins, mais particulièrement bien rendus, sourde une angoisse de plus en plus présente à l’écran au fur et à mesure. Le noir et blanc accentue encore davantage cet effet de malaise persistant et si le doute est longtemps permis, le dénouement permet de valider certaines thèses précitées. Les animaux, thème récurant du genre, par leur apparition rappellent étrangement Les Oiseaux d’Hitchcock. Leurs réactions instinctives sont les prémices d’une horreur annoncée et les quelques immenses bâtisses vides font figure de maisons hantées, renforçant ainsi la peur ressentie dans certaines séquences de courses poursuites. Ces qualités essentielles sont évidemment un tour de force qui élève La Féline au rang d’œuvres marquantes dans l’histoire du cinéma, nonobstant cette incertitude qui plane sur son réel sens.
Jacques Tourneur reprend le concept de la lycanthropie et l'applique de façon originale aux félins à travers une histoire d'amour entre un véritable gentleman et une jeune styliste serbe sauvage et distante cachant un terrible secret. La réalisation est très bonne et l'on ne dira pas que le film ait mal vieilli puisqu'il se laisse suivre sans trop de problèmes. Bien vieilli certes, mais dépassé assurément. Ce type d'intrigue ne fait plus peur à personne aujourd'hui, d'autant que l'oeuvre de Tourneur manque d' une certaine intensité angoissante comme ce que Hitchcock ou Browning pouvaient proposer. « La Féline » est donc a envisager plutôt comme une romance teintée de fantastique qu'un véritable film d'épouvante ou thriller à l'ancienne. Une œuvre originale, bien foutue, mais en rien transcendante. A découvrir mais si vous vous embarquez dans une rétrospective « films d'épouvante », « La Féline » de Tourneur est très dispensable.
Un beau classique, doté d'un magnifique noir et blanc, à l'univers sombre et envoûtant. Tout y est suggéré, et certaines scènes paraissent novatrices dans le genre épouvante-fantastique par rapport à l'époque. Le final est très bien fait. Un film pour cinéphiles.
On est chez RKO et non pas chez Universal et en aucun cas Tourneur n'a voulu faire un film d'horreur (et d'ailleurs il n'en n'avait pas le budget). Tout est suggéré à ce point qu'on se figure un moment que c'est dans sa tête que cette pauvre fille n'est pas nette… et ce jusqu'au plan final. En fait Tourneur installe méthodiquement un climat d'angoisse en jouant avec les nerfs du spectateur notamment la scène où Alice est poursuivie dans la rue jusqu'à l'arrivée opportune et inattendu d'un autobus (scène si célèbre qu'on appellera ça l'effet bus, on en apprend tous les jours !) ou la magnifique scène de la piscine avec Jane Randolph. C'est bien filmé avec un travail intéressant sur la lumière. Simone Simon n'est pas spécialement glamour mais s'en sort très bien, en revanche Ken Smith est peu convaincant et la fin nous laisse un peu sur notre faim.
Succès commercial surprise aux Etats-Unis en 1942 et film culte du cinéma fantastique post-expressionniste, La féline doit sa réussite à la façon fort habile avec laquelle Jacques Tourneur a su compenser son budget limité. Avec ses jeux de lumières pleins de subtilités, l’élément fantastique(en l’occurrence la transformation de Simone Simon en panthère) n’apparait jamais à l’image mais reste parfaitement explicite, créant ainsi un pouvoir de suggestion très fort qui a su, pendant des années, inspirer la plupart des réalisateurs de films fantastiques et/ou horrifiques. La thématique des relations humaines, et en particulier la frustration sexuelle et la jalousie d’une femme envers une autre, sont illustrées par un travail sur les peurs les plus primales de l’humanité. Aujourd’hui désuet et réservé aux cinéphiles nostalgiques de l’âge d’or du cinéma hollywoodien, La féline n’en reste pas moins une référence pour ce qui de rendre angoissante une mise en scène minimaliste.
Pas vraiment convaincu par ce classique qui paraît vraiment daté maintenant. En montrer le moins possible pour créer l'angoisse, cela marche par moment mais au final le film à un rythme lent et il ne se passe vraiment pas grand chose. A voir pour l’atmosphère créée et les quelques scènes mythiques.
Entre film fantastique et thriller romantique, le film présente aussi une belle métaphore de la jalousie féminine, ou encore on peut le prendre pour beaucoup d'autres choses. Le film se tient de bout en bout, bien qu'on peut trouver la fin un peu légère, comme bâclée.
Célèbre film de la fructueuse collaboration entre le producteur Val Lewton et Jacques Tourneur, "La Féline", tourné comme une série B est pourtant un modèle de mise en scène. Sur une histoire fantastique simple (une femme pense être la descendante de personnes pouvant se transformer en panthères sur lesquelles pèse la malédiction de ne jamais succomber au baiser d'un homme sous peine de commettre l'irréparable), Tourneur en dit long sur les désirs de son personnage et la rend dangereuse au fur et à mesure qu'elle y résiste et qu'elle jalouse une autre femme. Tout est dans la suggestion, que ce soit dans la scène du parc ou celle, magnifique, de la piscine où le cinéaste joue sur les ombres, les mouvements de lumières et les reflets. C'est d'ailleurs la force de ce film qui est aussi le premier à établir la notion d'effet-bus qui consiste à finir une scène de tension en y amenant un élément banal et sans danger, repris dans bien des films depuis. Alors le film est peut-être une série B mais son réalisateur appartient à la classe A, sachant aussi miser sur le charme de ses deux actrices, toutes deux opposées mais pleine de charme.
La Féline est un petit film, réalisé sous de grosses contraintes marketing, qui avait tout pour devenir un œuvre mineure totalement anecdotique. Le débutant qu'était alors Jacques Tourneur a cependant su prendre à revers toutes ces pressions, en décidant de distiller la peur par un procédé novateur : l'auto-suggestion. Ainsi La Féline comporte des scènes à même de susciter la terreur même chez le spectateur du 21ème siècle. Pour cela, il a tout d'abord fallut que les protagonistes soient un minimum développés au niveau psychologique. Iréna est emplie de symboliques de la femme qui refoule ses pulsions. Alice fait office de femme pratique plutôt terre à terre mais qui partage avec Iréna cet instinct féminin de flairer le danger et deviner ce qui se passe. Enfin Olivier est un archétype de prince charmant, compréhensif, gentil, brave, un peu bêbête du fait qu'il a vécu une vie dénuée de tout malheur, complètement déboussolé dès que le premier obstacle se présente à lui. Le casting qui interprète ce trio se débrouille fort bien : Simone Simon joue à la perfection Iréna dans toute sa complexité émotionnelle, Jane Randolph la victime qui ne se laisse pas faire, et Kenth Smith avait la tête de l'emploi. Le film peut être divisé en deux parties : la première consistera à aiguiser notre sens de la peur avec des contes ténébreux, des discussions mystérieuses et des comportements évocateurs. La seconde délivre quelques séquences de suspense implacable, comme la poursuite dans la rue dont le concept est maintenant repris dans absolument tout les films d'horreurs, la scène de la piscine, impressionnante grâce à une acoustique menaçante. Le travail de Tourneur sur les images se détecte au travers des ombres particulièrement présentes, de l'utilisation de figures inquiétantes tel la figurine qui sert de gris-gris à Iréna ou encore la statue de Dieu Egyptien dans l'escalier. La musique oscille entre partition orchestrale dans le style d'époque et quelque chose de beaucoup plus sombre et ténébreux. Tout concorde pour créer une atmosphère d'anxiété et d'angoisse. Iréna, sensible et délicate, semble animé de forces terribles dès que sa colère, sa jalousie ou le désir sont éveillés en elle. Cat People ne se contente pas de faire peur avec trois fois rien, on peut également y lire une métaphore des émotions incontrôlables qui se manifestent chez une femme, et qu'elle ne peut contrôler que très partiellement, au risque de provoquer plus de dégâts que prévu. On retrouve cela dans la vie de tout les jours. Combien de femmes ne se laissent elles pas emporter par leurs impulsions, puis pleurent immédiatement en regrettant l'irréversible qu'elles viennent de causer ? Cat People est un vrai petit bijou, de modeste durée, qui peut se regarder énormément de fois sans rien perdre de son étreinte suffocante.
Considéré comme un film mythique, j'ai été très déçu par "la féline". La mise en scène est paresseuse et académique. Les acteurs et les dialogues sont d'une rare platitude. Les effets de suggestion sont plutôt ratés. Le scénario est ultra minimaliste. En fait il ne se passe quasiment rien pendant 1h30. L'histoire aurait pu tenir sur un court métrage d'une demi heure, facile. Le pire est que le gros matou ne fait même pas peur.
On voit donc le psychodrame ennuyeux d'un homme terne qui épouse une inconnue à moitié déglinguée et qui aimerait bien la sauter après le mariage mais qui ne peut pas car celle ci s'y refuse en raison de légendes vaseuses de son village natale.
Sur le thème de la métamorphose, on avait déjà fait mieux, à la même époque, avec "the wolfman" et "the werewolf of London". Une réputation très surfaite, donc.
Nouveau thriller de la RKO aux allures hitchcockiennes, la Féline est un film singulier parmi ceux déjà produits. Une héroïne qui affiche son problème psychologique au premier plan et Tourneur, grâce à l'usage du hors-champ, nous met dans le doute concernant sa capacité à se métamorphoser. Le travail des ombres et des éclairages renforcent le surnaturel et le rejet de la science dans l'histoire, sans toutefois diminuer la sensation de longueurs.
Mention passable acceptée en tenant compte de l'âge du film, mais certaines œuvres plus anciennes ont pourtant suscité plus d'émotions que "La féline". La mise en scène est studieuse mais ne révolutionne pas l'époque, à noter tout de même la bonne scène autour de la piscine où l'actrice ressent la présence d'une panthère noire sans pour autant la distinguer dans l'obscurité.
Aujourd'hui désuet, «La Féline» n'en garde pas moins un certain charme. En premier lieu grâce au charisme de la jolie Simone Simon, attachante en pauvre jeune femme effrayée par ses propres pulsions (animales bien sûr), et magnifiée par une crépusculaire photographie en noir et blanc. L'autre intérêt de ce film réside dans le talent de Jacques Tourneur à faire monter le suspense sans jamais rien montrer. Il a l'intelligence (et peu de moyens financiers à sa disposition il est vrai) de ne pas verser dans le démonstratif destiné à en mettre plein la vue, évitant ainsi une vieillesse prématurée due à des effets spéciaux d'un autre âge. Utilisant au maximum les éclairages, jouant subtilement avec l'ombre et la lumière il sait parfaitement créer une atmosphère lourde et oppressante. Le travail sur la suggestion dans «La Féline» est exemplaire et devrait servire de leçon aux films d'aujourd'hui préférant la surenchère. Toutefois ce long métrage est plombé par des défauts qui ne pardonnent pas : un jeune premier fadasse et un scénario baclé. «La Féline» est donc une semi-réussite artistique, en revanche complète au box office, vu combien il a rapporté pour le peu qu'il a coûté. Une curiosité à voir, en partie pour l'influence qu'elle a eu sur bien des films d'horreur et de suspense par la suite, et pour sa charmante actrice française, dans l'un de ses rôles les plus connus. [1/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/