Un film de plus sur la guerre me disais-je avant de regarder ce film. Eh bien non, Yves Sautet, le réalisateur est aussi un pourfendeur d'injustices et récidive avec cette hérésie militaire. Il a derrière lui une longue carrière partagée entre le grand écran et les films TV et il a totalement déserté le premier en 1991. Encore bon pied bon oeil, Yves Sautet 75 ans en 2014, nous prépare un film sur les secrets du "Père Lachaise"... "Le pantalon" : voici un titre qui surprend et qui n'est pas en tête d'affiche par hasard ni pour faire bien, mais aussi surprenant soit-il c'est bien pour une histoire stupide de froc qu'un brave et courageux soldat de 14/ 18 va être traduit devant le conseil supérieur de guerre spécial pour refus d'obéissance aux ordres devant l'ennemi ! Non seulement, nos troupes étaient décimées, mais on se tuait entre nous côté français, pour des futilités, et pour que des officiers français croient assoir leur autorité et aspèrent faire carrière à l'armée ou en politique ! La grande muette continue à l'être aujourd'hui et Yves Sautet se souvient qu'il n'a pu trouver de terrain historique en France, pour réaliser cette oeuvre, l'armée lui mettant des bâtons dans les roues.! Par contre, la Belgique l'a accueilli mais là ce sont des écolos qui se sont opposés à ce que l'on creuse des tranchées trop profondes. Sauf à embaucher des nains pour la figuration, un autre compromis fut trouvé avec les égouts ! Un film qui témoigne d'une époque et continue de donner envie de se révolter aujourd'hui contre toutes ces absurdités ! Mais les chefaillons de tout poil continuent aujourd'hui d'exister ! Même si aucun acteur ne démérite, Bernard-Pierre Donadieu, qui a la "gueule de l'emploi" nous réalise une excellente composition. willycopresto
On a un peu oublié aujourd'hui qu'Yves Boisset qui vient de publier ses mémoires de cinéma ("La vie est un choix") reste sans doute l’un des derniers réels pourfendeurs des injustices historiques qu'elles soient sociales, juridiques ou politiques. Ne trouvant plus de financement au cinéma depuis plus de vingt ans alors qu'il avait pourtant mis un peu d'eau dans son vin, il s'est consacré à la télévision où il a pu continuer son travail de réhabilitation des personnages controversés ou injustement condamnés par l'histoire. C'est ainsi qu'il se penchera sur les affaires Seznec, Dreyfuss ou Salengro. "Le pantalon" est un hommage à tous les fusillés pour l'exemple de la Grande Guerre à travers la triste histoire de Lucien Bersot, mort pour avoir refusé de porter le pantalon souillé d'un mort en remplacement du pantalon blanc que l'armée lui avait fourni en lieu et place des fameux pantalons couleur garance réglementaire qui faisaient le bonheur des tireurs allemands. On pense naturellement au film culte de Kubrick "Les sentiers de la gloire" longtemps interdit en France qui dénonçait le cynisme et l'incurie du haut commandement français pendant la guerre de 1914. Aidé par un Bernard-Pierre Donnadieu au sommet de son art, Boisset s'évertue à montrer comment la machine à broyer se met en place pour maintenir sous le joug d'un commandement qui continue à tenir salon à quelques kilomètres du front, des hommes de troupe qui ne sont plus que de la chair à canon que l'on dispose sur des cartes pour tenter quelques manœuvres originales qui pourraient sans garantie aucune surprendre l'ennemi. Tout ceci est bien sûr horrible mais malheureusement d'une logique implacable, car comment imaginer qu'autrement des jeunes gens arrachés à leur foyer accepteraient d'aller donner leur vie pour une cause qui les dépasse. Sans les moyens du cinéma, Boisset en très grand professionnel parvient à un créer réalisme suffisant pour impliquer le spectateur. Nous tenons là encore pour quelques années un cinéaste qui fait œuvre utile. Espérons qu'il a encore des choses à nous dire.
Si le film souffre du manque de (moyen/talent????) à la réalisation. (comme lu dans une autre critique "carton pâte" mais les ricains aussi font du "carton pâte" mais travaille l'éclairage, les effets... même en 1997). Mais souvenons-nous en 1997... Oui 14/18 fut une boucherie, mais 14/18 fut une grande victoire glorieuse de la FRANCE pendant de très (trop?) longues années.
Je mets 4 étoiles pour les efforts considérables qu'ont du mettre l'équipe du flim pour pouvoir réaliser un flim brulot sur l'armée française du moment ! rappelons que "Les sentiers de la gloire" flim de 1957 put être diffusé qu'en 1975 et libre à chacun de le diffuser sans autorisation en .... 1997 ! comme quoi.
Juste un petit détail, Bersot n'était pas maréchal-ferrant comme on le présente dans ce film, mais vendeur dans un grand magasin de confection de Besançon et, donc, toujours tiré à quatre épingles dans le civil. Ce qui explique davantage sa réaction lorsqu'on lui présente un pantalon souillé. On se demande bien pourquoi on en a fait un manuel exerçant un métier où on devait probablement ne pas toujours être habillé en dimanche ! Là-dessus, on ne diffusera jamais assez ce film (qui passe aujourd'hui 28/7/2014 à 20h40 sur Paris Première) à un moment où le Président de la République est ardemment prié de respecter son engagement de réhabiliter tous les fusillés pour l'exemple (Bersot l'a été, mais d'autres non)
Par respect pour les pauvres bougres qui se sont faits trouer la peau je ne mets pas zéro. Mais quel navet. Réalisation française! Cocorico. Nous sommes les rois du carton pâte et des morts qui prennent la pose, des caractères taillés à l'obusier, et des dialogues (édifiants bien sûr), écrits par de bons élèves de collège. On dirait un feuilleton qui aurait pu s'appeler "Plus moche la mort", C'est aussi mauvais que ça.
quelques semaines apres lu le livre "fusillé vivant" me tourne vers ce film authentique, emprunt d emotion on se met a la place de ce martyr fusillé pour l exemple pour une futilitée a une epoque ou le courage et l obeissance etaient des mots d ordre, bien mis en scene
Je rejoins nombre des commentaires pour dire combien c'est agréable de voir un Télléfilm d'aussi bonne qualité (le jeu des comédiens surtout! Pour une fois!), des costumes excellents avec juste des moustaches un peu trop postiches à plusieurs reprises! Bernard-Pierre Donnadieu est parfait dans son rôle d'enf.... Yves Boisset (qui n'y est pas pour rien concernant la qualité!) nous livre là la cruelle absurdité de la guerre, la bétise des gens enlisés dans les conflits et l'étroitesse d'esprit des dirigeants politicards, leur égoïsme et leur fierté mal placée. Une triste et bien malheureusement histoire vraie!
Un film exceptionnel, culte et sans conteste le meilleur film concernant l'injustice militaire. Divinement bien interpreté et tiré d'une histoire vraie, ce film nous dit la verité sur l'affaire Lucien bersot ( Fusillé pour l'exemple ) qui entraina un proces et une polemique durant de longues années. INDISPENSABLE
Quelle surprise de voir que ce film est un téléfilm. Mais de courte durée car je lis également que c'est Y. Boisset qui l'a réalisé. Et on a droit à une très belle histoire, une réalisation minimaliste qui permet au sujet de s'épanouir et aux acteurs de donner le ton. Un très beau film qui mérite le détour, ne serait-ce que pour, une fois de plus, faire face à la bêtise humaine dans toute sa splendeur !
Petit frère télévisé français des « sentiers de la Gloire » de Kubrick, « Le pantalon » est une petite réalisation qui se défend bien. Son principal intérêt est bien entendu de montrer une facette méconnue de la Grande Guerre ; et des méfaits que la mentalité bourgeoise aristocratisante qui anime notre bonne vieille république peut avoir en temps de guerre dans l’armée. Chose qu’avait déjà fait magistralement Kubrick. Hors justement, l’autre intérêt majeur, est que cette vision négative de nous-mêmes est cette foi française : oh grande originalité en ce pays ! Yves Boisset à très fortement coller à cela dans cette réalisation, qui se veut d’une simplicité très rapprochée dans la présentation des choses, la façon de filmer, du jeu des acteurs, à une vision simple populaire bien française des français d’eux-mêmes. C’est donc un film nous offrant une vision bien différente du soldat que nous avons d’habitude avec les films étrangers. Si vous êtes animés d’un désir de mémoire, de réflexion sur nous même, c’est un film à voir. Et de petit moyen, c’est une bonne réalisation.
Comment un simple pantalon, via la bêtise et linjuste de la hiérarchie militaire, peut mener un homme à la mort. Si lauteur de « Dupont Lajoie » livre ici une charge féroce contre larmée, elle nen est pas moins juste puisque touts les faits sont authentiques. La mise en scène, si elle nest pas révolutionnaire, est plus qu'excellente, et cette production initialement prévue pour la télévision, égale ou surpasse biens des films français tournés pour le grand écran.