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Jean Mariage
1 abonné
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4,0
Publiée le 22 mars 2026
Frank Jessup (Robert Mitchum), ambulancier, est appelé au chevet de Catherine Tremayne, victime d’une asphyxie au gaz. Celle-ci soupçonne une tentative d’assassinat, mais, faute de preuves, la police conclut à un accident. À cette occasion, Frank rencontre Diane (Jean Simmons), la belle-fille de Catherine, jeune femme aussi fascinante qu’inquiétante. Tombé sous son charme, et malgré ses fiançailles avec Mary, il accepte de devenir chauffeur au sein de cette famille trouble… « Un si doux visage » est à l’origine un film de commande, tourné en seulement dix-huit jours. Mais cette contrainte de temps s’accompagne d’une grande liberté artistique et, malgré des conditions de tournage jugées « exécrables » par Otto Preminger lui-même, le cinéaste livre une œuvre singulière : une petite perle vénéneuse, à la frontière du film noir et du drame psychologique. L’intrigue policière y importe finalement moins que l’atmosphère de fatalité qui s’installe d’emblée, comme si les personnages étaient déjà pris dans un piège dont ils ne peuvent s’extraire. Au cœur du film, Jean Simmons impose une figure de femme fatale particulièrement troublante. À la fois ingénue et manipulatrice, fragile et déterminée, elle compose un personnage d’une ambiguïté fascinante, capable de tout, y compris du crime, mais animé d’un amour sincère. Elle donne au film sa tonalité profondément dérangeante, d’autant que son emprise sur Frank est progressive, presque imperceptible. Non sans humour, le personnage se définit elle-même dès le début du film comme une sorcière — « J’ai garé mon balai en face » —, formule qui résume parfaitement son pouvoir de séduction et de destruction. Face à elle, Robert Mitchum incarne un homme apparemment solide, presque impassible, mais dont la résistance se fissure peu à peu. Ce couple déséquilibré entraîne le film vers une relation amoureuse vidée de toute illusion, où l’attirance se confond avec une forme de fascination morbide. Comme le résume très bien cette analyse sur le site de la Cinémathèque Française : « Avec son titre oxymorique, grand classique du film noir, le film explore avec subtilité la psyché et les machinations d'une femme névrosée, tueuse en puissance. Jean Simmons, garce gracieuse et ensorcelante, et Robert Mitchum, bloc de granit faussement blasé, évoluent vers une histoire d'amour sans réel sentiment. L’énigme passe au second plan, et l’atmosphère se fait trouble tandis que défilent de longs travellings dans un ascétisme glacé. » La mise en scène de Preminger se distingue par cette rigueur froide : travellings fluides, composition épurée, refus de l’emphase. Ce style presque clinique accentue le caractère inéluctable du drame et confère au film une dimension quasi onirique, comme si les personnages évoluaient dans un espace déjà condamné. Au final, « Un si doux visage » s’impose comme un film noir atypique, moins intéressé par le suspense que par la mécanique du désir et de la destruction, et porté par l’interprétation inoubliable de Jean Simmons.
Ce n'est pas faute d'avoir essayé mais non. Rien n'y fait. Ce "Si doux visage" ne me plaît pas. Il ne m'a jamais plu et ne me plaira jamais. Je pardonne bien volontiers des histoires un peu faibles ou qui comportent quelques temps morts ou les fins attendues, j'ai en revanche bien plus de mal à être clément face à un film qui se termine après 50 minutes. Et je vous jure que c'est la vérité. Passé le moment où la belle-mère est expédiée dans le ravin, à part un procès qui frise le ridicule, on n'a plus rien d'intéressant. Et puis, sérieusement, Jean Simmons est une sacrée erreur de casting. Jolie oui, mais rien de plus et certainement pas crédible comme femme fatale. Quant à Robert Mitchum, (une des mes idoles quand j'étais gamin et que j'adore toujours autant aujourd'hui) il ne fait qu'acte de présence. Son seul charisme n'est ici pas suffisant.
Ce drame aux allures de film noir présente dans une élégante réalisation des caractères intelligemment troussés auxquels Robert Mitchum et Jean Simmons prêtent leur fort charisme afin de développer telle une tragédie une romance devenue cruel fait divers. S'appuyant sur les ressorts psychologiques des protagonistes - dont la funeste passion de l'héroïne qui s'oppose à la raisonnable lucidité protectrice de la femme délaissée - l'intrigue nous happe jusqu'à son dénouement. Habile!
Film exceptionnel, ou on retrouve une part de l'ambiance du facteur sonne toujours deux fois, dans une histoire nettement plus noire. et des acteurs un peu plus complexes.
Un excellent film noir porté par les charismatiques Robert Mitchum et Jean Simmons. Du cinéma américain à l'ancienne comme je l'aime, qui a tellement plus d'âme que tous ces blockbusters actuels qui ne misent que sur les effets spéciaux et la surenchère... Un film noir avec son atmosphère particulière et le jeu de ses comédiens totalement habités par leurs rôles. Une intrigue simple, mais très efficace. Et c'est ce que j'aime dans le Septième Art. Un film noir comme le jais, avec un final pour le moins.... tranchant comme la lame d'un rasoir affûté... Une scène d'accident de voiture m'a drôlement secouée, mais je préfère ne pas en dire plus. L'histoire, elle est très simple. Franck, ambulancier, est amené à porter secours à Catherine Tremayne, intoxiquée par des émanations de gaz. Il tombe rapidement sous le charme de sa belle-fille Diana dont le papa est un célèbre écrivain. Mais il s'avère que la jeune femme déteste profondément sa belle-mère... Franck, absolument sous le charme de cette jeune brunette "au si doux visage", plaque sa fiancée pour vivre son idylle avec Diana. Mais, est-elle si innocente qu'elle le laisse paraître ? Très contente de l'avoir découvert. Et encore une fois, quel final !!!
Voilà un film qui perd tout intérêt au bout de 50 mn. Procès ridicule, folie lourdement suggérée et fin très prévisible. Un film très peu noir du fait d'un manque cruel de rythme et de suspense.
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4,5
Publiée le 20 mai 2021
Le si doux visage de Jean Simmons, très lièe à son père mais en froid avec sa belle-mère, fou d'amour pour l'ambulancier taciturne Robert Mitchum! Le talent de ce couple maudit, le troublant romantisme qui s'en dègage, la musique de Tiomkin qui sublime l'ètrange, le final qui n'a jamais ètè surpassè font de "Angel Face" une oeuvre maitresse d'Otto Preminger qui vaut les deux ou trois chefs d'oeuvre de cet immense cinèaste ("Laura", "Where the Sidewalk Ends", "The Man with the Golden Arm"). Certes fondè sur la noirceur dans ce qu'elle a de plus fatale, le film n'en fut pas moins une belle rèussite du genre et eut le succès que l'on connait, surtout auprès des cinèphiles! Un incontournable des annèes 50...
Un film bien sombre avec sa fin assez inattendue !!!! L'homme est rentré dans les griffes de la femme sans se méfier. La construction du film est croissante mais la femme garde cette impassibilité qui fait peur presque. Excellent !!!
Quelle déception que ce film pourtant bien "considéré" dans le cinéma de Preminger ! Le scénario est indigent, les situations et les faits sont peu crédibles, jusqu'à une scène finale dans laquelle on perçoit ce qui va arriver, en souhaitant quand même que le cinéaste ne se laisse pas aller à une telle facilité grossière. Quelques bons dialogues, et le personnage de Franck, à la lucidité cynique, bien campé par Robert Mitchum, ne sauvent pas le film de l'ennui, puis de la consternation.
Le principal problème du film "Un si doux visage" (Angel Face) d'Otto Preminger, est qu'il arrive trop tard. Les codes rigides des années 50 du cinéma américain, enferment les femmes dans un carcan esthétique, et les actrices glamour du Hollywood des années 40, se sont rhabillées et coupées les cheveux. Les nouvelles venues, de Jean Simmons à Deborah Kerr remplacent Hedy Lamarr et Gene Tierney. Donc il faut faire avec cette nouvelle conception de la séduction féminine au cinéma où seules les actrices avec un sublime visage comme Kim Novak, Elizabeth Taylor ou Marilyn Monroe pourront fort heureusement émerger et contourner cette pudibonderie sociétale. Même si pour Elizabeth Taylor ses films des années 50 sont bien le témoignage étouffant de cette période, et reposent sur les codes des valeurs traditionnelles de la famille américaine. "Un si doux visage" est censé nous montrer l'étrange séduction et l'envoûtement que doit provoquer la beauté du personnage féminin sinon il n'y a pas d'histoire, pas de film. Croyez-vous sincèrement que cela fonctionne ? Jean Simmons si belle et ensorcelante au point de faire perdre la tête au personnage de Robert Mitchum ? On n'y croit pas une seconde. Alors un bien mauvais casting pour ce film. Jean Simmons rappelle le visage de Vivien Leigh, mais ce n'est qu'une copie ratée hélas. Donc il faut faire avec ça, et de créer un spectateur coincé et blasé. Si c'est pour vous la définition d'un Chef-d'œuvre ! On devra attendre 1953 et le film Niagara d'Henry Hathaway avec Marilyn Monroe, pour que le spectateur puisse enfin se réveiller et se sortir de sa torpeur.
La vraie réussite du film réside dans le fait que les personnages sont magnifiquement écrits et sont éloignés des stéréotypes habituels et réagissent de façon parfois inattendue comparés aux films de l'époque. Otto Preminger signe un drame terrible mais jamais larmoyant, un Film Noir qui détourne les codes et qui, mine de rien, modernise le genre à une époque où l'homme est un dur machiste et la femme soit l'épouse idéale ou la vénéneuse à éviter.
Alors qu'il est appelé par la famille Tremayne suite à l'accident dont est victime la maîtresse de maison, un ambulancier va y rencontrer la belle-fille de celle-ci, pour le meilleur et pour le pire...
S'ouvrant sur ce sauvetage, on découvre assez vite le visage angélique de Jean Simmons dont, très vite, on devine qu'il se cache derrière une face sombre et ambiguë. Une ambiguïté que laisse planer Preminger tout le long du récit, notamment sur les personnages et enjeux et très vite ce jeu dangereux et psychologique devient intriguant et captivant, servi par une très bonne mise en scène. Il nous entraîne entre manipulation, charme et pouvoir, ainsi que la façon dont elle va peu à peu tendre son piège autour de l'ambulancier.
Alors, si l'ensemble m'a paru parfois un peu trop froid notamment autour de Jean Simmons dont la nature sombre est assez vite évidente, c'est tout de même une réussite de la part de Preminger, qui bénéficie d'un scénario aussi habile qu'intéressant et amoral, qu'il orchestre avec brio de bout en bout, nous emmenant dans divers chemins parfois inattendus. De plus, l'ensemble bénéficie de l'excellente partition de Dimitri Tiomkin, renforçant le sentiment d'un amour sombre et fataliste.
Il met en place une atmosphère troublante et tragique autour de cette passion aussi obsessionnelle que destructrice et la mise en scène de Preminger est assez sobre, évitant tout excès ou lourdeur et nous emmenant de belles manières au coeur de cette histoire. Bénéficiant d'une belle photographie en noir et blanc, il use d'un jeu d'ombres avec brio et met parfaitement en valeur ses personnages. Jean Simmons est d'ailleurs inoubliable avec ce visage d'ange cachant une personnalité bien complexe et ambigu et face à elle Robert Mitchum impose sa classe et son charisme.
Otto Preminger met en place un jeu de séduction, de manipulation et de danger autour de ce magnifique couple où ambiguïté, noirceur et fatalisme sont au cœur du récit pour une oeuvre, certe non sans défaut, mais troublante et passionnante.
Jeu de séduction machiavélique entre Robert Mitchum et Jean Simmons. Mieux vaut donc se méfier des apparences dans ce film noir signé par Otto Preminger. En dépit d’un petit manque de rythme, « un si doux visage » reste un classique qui tient joliment ses promesses.
J'ai beau aimé Robert Mitchum, ce film ne passe vraiment pas et ce, pour plusieurs raisons. "Un si doux visage" d'Otto Preminger se veut d'être un thriller sombre qui peine à trouver ses marques et à imposer un tempo régulier. Résultat, malgré l'interprétation indéniable de ses acteurs, Mitchum en tête, le film ne décolle jamais et peine sans cesse à captiver un seul instant le spectateur malgré un pitch de départ dès plus intéressant. Dommage car il y a quelques jeux de lumières et séquences qui sont plutôt réussis. L'ennui débute très rapidement jusqu'à en devenir lourd et peinant pour le récit qui se termine sans queue ni tête. Bref, un film raté !
Il n'y a que dans la vraie vie qu'il existe des femmes encore plus noires que Diana. Au cinéma, je n'en connais pas de plus torturée, de plus égoïste, de plus cynique qu'elle. Ce qu'elle nous fait ressentir est terrifiant, le sentiment d'une vie dépourvue de sens autant pour elle que pour les autres comme la conclusion le montrera. Preminger maitrise son sujet de bout en bout grâce à une mise en scène glacée. Quant à jean Simmons elle touche au sublime du négatif puisque elle repousse quasiment 100% des spectateurs masculin alors que 8 ans plus tard dans ''Spartacus'' elle les fera tous tomber à ses pieds. Mitchum ne fait pas grand chose, il se contente de paraitre, de se comporter comme un idiot mais comme c'est déjà une immense vedette cela se remarque moins, un autre acteur aurait fait aussi bien. Les 5 étoiles sont pour Preminger qui signe ici un travail personnel de grande valeur; son oeuvre cinématographique le classe dans le paquet de tête des grands cinéastes.