voilà le type même du film infaisable aujourd'hui. Bertolucci, marxiste bon chic bon genre filme si gracieusement ce qu'il dénonce que le film a tous les attraits et la beauté des films ambigus et contestés de l'époque comme Portier de Nuit et Lacombe Lucien..le fascisme, c'était beau et çà c'est compliqué à expliquer..
L’homme semble faire payer à son entourage la blessure de son enfance. Ce meurtre qu’il a commis et qui le pèse. D’où ce personnage froid et détestable qui recherche chez tout le monde l’approbation de son besoin d’être un homme comme tout le monde alors que tout le monde le voit comme un différent et en cela attirant ou repoussant. A partir de là et à mon grand regret, le film qui prend un tour politique, car c’est le thème sous-jacent en vérité, m’ennuie profondément. On est dans l’analyse, psychologiquement parlant mais historiquement parlant aussi. Le contexte est bien sûr auréolé de cette douleur enfouie et les souvenirs se mêlent au désirs d’être un autre.
Un film évidemment politique et peut être uniquement car son manque de dynamisme et son austérité n en fait pas un bel objet de cinéma. L axe qui est pris de montrer que le fascisme nait chez cet homme par goût de la convention et de son envie de rester dans la norme est intéressant; en revanche le montrer comme un individu instable et perturbé désamorce le propos et la charge virulente qu il voulait laisser apparaître. Dommage pour Jean Louis Trintignant impressionnant dans un premier rôle ou sa froideur glace le sang tout en laissant apparaître que ses démons bouillent à l intérieur.
Psychanalyse d'un fasciste ordinaire des années 30 en quête de "normalité", hanté par son passé et ses désirs refoulés. Visuellement esthétique et doté d'un casting séduisant (notamment Jean-Louis Trintignant et Dominique Sanda) mais le récit manque de fluidité.
Pensé comme un concept de cinéaste, ce drame mêle les différentes temporalités dans une narration digne d'un littéraire courant de conscience, exploite les contrastes de couleurs ou de lumières (excellente séquence dans le bureau de l'ancien enseignant), utilise le pouvoir symbolique des choix de caméra. Cependant, le synopsis de départ, potentiellement riche en thématiques ou réflexions stimulantes, devient une analyse psychologique très discutable (ou du moins simpliste) de la raison du succès du fascisme puisqu'une frustration identitaire seule la justifie, à travers l'exemple de cet intellectuel en quête de conformisme pour cacher ou renier ses aspirations profondes - et auquel Jean-Louis Trintignant ne confère aucune densité, son personnage révélant toute sa veulerie (scène du meurtre brillamment mise en scène) après sa misogynie (on en parle de la scène de viol qui rend amoureuse?!). En outre, cette recherche esthétique se fait parfois poseuse, à l'instar de la direction d'acteurs qui tire sur l'excès - d'emphase ou de minimalisme selon les cas - et fournit un nouvel exemple de l'impossibilité de rendre pleinement les passions en les filmant de manière purement cérébrale... Un propos maladroit bellement enveloppé.
La thèse défendue dans Le Conformiste est intéressante : le parfait fasciste, c'est l'homme qui au lieu d'accepter sa propre différence veut la gommer tout entière, pour être le plus normal possible. Trintignant est l'acteur idéal pour ce rôle, lui qui est justement l'archétype de l'acteur à l'allure normale, mais qui semble cacher des blessures profondes. Cela donne donc un thriller psycho-politique assez convaincant, même si l'écriture des autres personnages est quant à elle très inégale, au même titre que la mise en scène.
Marcello Clerici (Jean-Louis Trintignant) a grandi sans amour entre un père qui finit à l’asile et une mère qui sombre dans la toxicomanie. Après de brillantes études, il adhère au parti fasciste et rejoint ses services secrets. Par conformisme, il se marie avec Giulia (Stefania Sandrelli) une femme superficielle et frivole pour laquelle il n’a aucun sentiment. Une mission lui est confiée à l’occasion de son voyage de noces à Paris en 1938 : y rencontrer Luca Quadri, son ancien professeur, devenu une figure de la lutte anti-fasciste, endormir sa confiance et l’assassiner. Dans le cadre de cette mission, Marcello fait la connaissance de Anna (Dominique Sanda), la jeune épouse du professeur.
J’ai toujours exprimé des réserves sur le jeu de Jean-Louis Trintignant que je trouve laid et inexpressif. J’ai sans doute tort si j’en crois l’engouement qu’il suscite et les éloges qui ont accompagné son décès. Mais mes réserves sont pour beaucoup dans le peu d’intérêt que j’ai pris à ce film réalisé par un jeune réalisateur encore quasi-inconnu et où Trintignant y est horriblement doublé en italien – comme c’était l’usage à l’époque – au point même d’y parler le français avec un accent ridicule.
J’ai été désarçonné, sinon perdu par la première moitié du "Conformiste", dont je n’ai pas compris grand-chose à force de flashbacks et de flash-forwards. Les choses se sont arrangées dans la seconde partie qui prend un cours plus linéaire. Y apparaît Dominique Sanda dont la beauté glaciale irradie la pellicule. Las ! La passion qu’éprouve le personnage interprété par Trintignant pour celui qu’elle interprète ne transpire guère. Tout se termine par une scène mythique, mais bizarrement artificielle, dans les forêts enneigées des Alpes.
Honteux d’avoir pris à ce film aussi peu de plaisir, j’ai voulu découvrir le livre qui l’avait inspiré. De Moravia, j’avais lu "L’Ennui" que j’avais immensément aimé et "L’Amour conjugal" (on me glisse à l’oreillette que "La Désobéissance" est un bijou). Avec "Le Conformiste", j’ai retrouvé avec délice l’élégance proustienne de sa prose et l’intelligence de son psychologisme. Mais j’ai aussi compris ce qui m’avait dérangé dans le film de Bertolucci – qui frappe par sa fidélité et ne s’éloigne quasiment pas du livre sinon dans la mise en scène de l’assassinat de Quadri et dans les retrouvailles avec Lino. Tout le livre repose sur une thèse : l’adhésion au fascisme est ancrée dans un puissant besoin de conformisme, le besoin d’être conforme à ce que la société attend d’un homme et de se fondre dans la masse. Je n’oserai pas me prononcer sur cette thèse dont les historiens et les psychologues débattent depuis près d’un siècle ; mais le conformisme est devenu un tel repoussoir, à l’heure où l’anti-conformisme au contraire est érigé en valeur essentielle, qu’elle n’a pu que me dérouter.
Une leçon de cinéma : les décors gigantesques et vides illustrent le fascisme, le visage de cire de Trintignant côtoie les beautés froides de Sandrelli et Sanda, la caméra virtuose alterne les plans (gros, d'ensemble, droits, penchés) avec fluidité, les filtres (rouge, bleus) se succèdent. Un ravissement visuel. Tout n'est pas réussi cependant : 2 scènes sont loupées (spoiler: les assassinats dans la forêt enneigée, inutilement longs et théâtraux, et le maquillage grossier de Clementi, vieilli, dans le final ). Reste la certitude d'avoir vu un classique. Et un grand.
Belle photographie, des plans sensuels, le film oscille entre gravité politique et légèreté amoureuse. Le jeu des acteurs est plaisant, Trintignant habite vraiment le personnage.
C'est bien tourné, on a de jolies images. La philosophie de fond, c'est peut-être que le conformisme ou l'anticonformisme changent selon les périodes de l'Histoire, les pouvoirs en place, ou la folie groupale du fascisme. Comme quoi il faudrait surplomber tout cela, et garder une éthique personnelle supérieure aux aléas extérieurs. Cela pourrait sembler intéressant mais ici l'histoire s'avère un peu molle, et le conformisme que décide d'adopter l'anti-héros (Jean-Louis Trintignant) n'est causé que par un traumatisme hasardeux vingt ans plus tôt, et difficilement compréhensible : en quoi un mauvais acte peut engendrer une soif de conformisme au point de ressembler à une masse sanguinaire ? Film assez étrange, qui vaut le coup d'oeil mais une seule fois.
Le Conformiste est un long-métrage plutôt convaincant de par les thématiques très brutales qu'il aborde sans gant. L'histoire est assez intéressante (un homme en apparence sans histoire, embauché pour tuer un opposant politique). Les tergiversations et les dilemmes moraux de ce personnage conformiste sont particulièrement palpable. Malheureusement, en-dehors de cela, j'ai trouvé le film assez lent et peu dynamique. La force des thématiques abordées ne m'a pas empêché de m'ennuyer par moment. La scène de tuerie finale est particulièrement impressionnante et redonne un peu d'intérêt au film. Très visuelle, elle n'hésite pas à montrer directement aux yeux du spectateurs les morts sanglantes et froides du couple Quadri (ce qui, j'imagine se faisait peu à l'époque, les films suggérant plus les morts que les montrant). Jean-Louis Trintignant est très bon dans le rôle principal, délivrant une prestation à la fois froide et vulnérable. Il arrive à donner de la dimension et de l'empathie à un personnage sur le papier plutôt méprisable (contribuant aux pires atrocités sans avoir le cran de se salir les mains). Les autres acteurs et actrices (que je ne connais pas) sont eux aussi très convaincants. Un film un peu trop lent, selon les critères actuels d'appréciation d'un film, mais dont le sujet et la mise en scène fait froid dans le dos.
Un film très bien joué par Trintignant une photo superbe et de très bons cadrages mais l on s ennuie vite et la fin est ratée bref un film bien mais dépassé
Une oeuvre majeure de Bertolucci sublimée par la photo de Vittorio Storaro, triplement oscarisé (notamment pour Apocalypse Now). Le réalisateur réussit la prouesse d'insuffler de la légèreté et de la grâce à la froideur que portent en eux le thème politique du film et son troublant personnage principal (magistral Trintignant). La scène de la forêt est tout simplement magistrale.
Le conformiste est sans doute le meilleur film de Bertolucci. Quand on connait l'ensemble de sa filmographie, on comprend qu'il s'agit d' un très grand film. Une œuvre à la hauteur du livre de Moravia. Comme l'indique le dernier sous-titre du film "toutes ressemblances avec des faits existants ou ayant existés seraient fortuits". A bon entendeur salut ! Courrez voir ce film si vous ne l'avez jamais vu.