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stans007
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4,5
Publiée le 17 mars 2021
Le fascisme à travers un roman d’Alberto Moravia. La photo et les plans sont sublimes, visuellement le film est une féérie avec des scènes (la confession, l’assassinat dans la forêt) magistrales. Excellente direction d’acteurs (il y a du Romy Schneider en Dominique Sanda nymphomane). Le point le plus faible serait le scénario, mais c’est relatif…
Trintignant disait de son rôle, un personnage complexe, qu'il était parmi les plus importants de sa carrière. Le jeu de Stefania Sandrelli, son épouse dans le film, est également impressionnant : non seulement elle contraste avec les autres personnages, moins spontanés, mais elle se révèle à la fin spoiler: plus consentante à la situation qu'il n'y parait, dans un amour volontairement inconditionnel .
L'enfance n'est pas à la fête, deux histoires d'abus par des adultes sont narréesspoiler: , jusqu'à l'arrivée de la fillette du couple, à l'innocence joyeuse, qui symbolise le renouveau et la fin de la dictature.
Seul bémol du scénario : l'origine du lien entre Marcello et Anna n'apparaît pas clairement.
L'interprétation du dénouement s'avère délicate : spoiler: Marcello a-t-il pris conscience du caractère erroné des motivations l'ayant conduit à adhérer au fascisme ? ou bien se tourne-t-il vers le type de conformisme désormais attendu selon lui?
Sa dénonciation liée de l'homosexualité et de la collaboration me fait pencher vers la seconde hypothèse, d'autant que l'hypocrisie sociale et l'opportunisme sont par ailleurs abordés à plusieurs reprises.
Le thème allégorique de la cécité revient également de manière récurrentespoiler: , avec le mythe platonicien de la caverne mais aussi à travers la figure de l'ami physiquement aveugle, fidèle aux idées fascistes malgré le renversement du régime.
Comment décrire Le Conformiste? Faisons simple: c'est pour moi le plus beau et le plus grand film de l'histoire du cinéma (et je n'ai pas peur de le dire).
Un peu lent mais d'une esthétique, d'une photo et d'une profondeur époustouflantes, ce film n'est pas loin d'être un chef-d'oeuvre... sublime Sanda ! ...Trintignant est parfait, en veule passif mais contrarié et que ses complexes enragent finalement... à noter une chose peu dite : le meurtre à l'italienne, c'est décidément le meurtre par un tourbillon de spadassins assassins, chacun virevoltant, portant un coup pour s'enfuir ensuite illico presto...qui est donc le meurtrier premier et ultime dans cette nuée d'estocades ? ...on retrouve le même procédé dans l'assassinat de César, dans les assassinats pratiqués au temps des cités-Etats de la Renaissance, dans l'assassinat de notre Duc de Guise, à une époque et dans un décor italianisants, et même dans Lorenzaccio de Musset...
Ce film aborde le fascisme sous Mussolini, l’auteur nous embarque dans le meurtre commandité d’un professeur de philosophie ayant fuit à Paris, représentant une menace par ses savoirs subversifs et son engagement anti-fasciste. 55ans plus tard le film nous renvoie à notre contexte actuel qui ne se veut pas rassurant. Le personnage du conformiste incarne cette ambivalence entre sa propre interprétation du fascisme et l’envie d’une vie « normale », sans ennuis et sans dérives.
Film d'une lenteur à toute épreuve mais pouvait il en être autrement finalement.
Trintignant est définitivement impressionnant et il incarne à merveille ce personnage qui se laisse finalement porter par la vie sans jamais prendre position. Ne pas prendre position, n'est pas en prendre une malgré tout ? Le film y répond bien évidemment.
Rien que pour la photographie j'aurais regardé le film, depuis l'enfance, les manières de filmer qui sortent de l'ordinaire m'attirent... Évidemment nous sommes sur un niveau artistique hors norme.
Mais le film raconte une histoire chère au réalisateur, celle du fascisme en Italie, celle d'un homme et d'une femme, celle d'une société, celle de la responsabilité, de la culpabilité, celle des racines. Je conseille ce film pour les amateurs de cinéma qui seraient passés à côté.
Une œuvre de très haute tenue, malgré quelques points qui me laissent sceptique. Dénoncer le fascisme avec 30 ans d'écart me rappelle une phrase de Desproges qui critiquait tel artiste "engagé" qui prenait parti contre une dictature à l'autre bout du monde...Agaçant également, l'aspect manichéen et simpliste, à savoir "les communistes sont gentils, les fascistes sont des salauds", illustré dans la scène du bouquet de violettes. Heureusement malgré cela le film ne manque pas de qualités: les acteurs impeccables, avec en tête Trintignant très inspiré, des actrices magnifiques, dégageant sensualité, faiblesse, et force à la fois ; une musique superbe, et des décors "mussoliniesques" très réussis, étourdissants ; et puis malgré les maladresses citées plus haut, il demeure intéressant de s'interroger sur les motivations qui peuvent pousser un homme dans les bras du fascisme, ou de tout autre totalitarisme d'ailleurs, haine des différences, volonté d'être "normal", si tant est que l'on puisse définir des bordures à ce qu'est la "normalité"...
Fresque politique d’une élégance vénéneuse, Le Conformiste explore la soumission comme un désir intime autant qu’un choix idéologique. Avec une stylisation somptueuse, Bernardo Bertolucci transforme chaque décor et chaque lumière en reflet de la psyché troublée de son protagoniste. La quête de normalité du personnage (composition admirable de Jean-Louis Trintignant) devient une dérive tragique, où le besoin d’appartenance mène à la compromission la plus froide. Les compositions visuelles, d’une beauté presque irréelle, contrastent avec la violence morale qui irrigue le récit. De cette alliance entre esthétique raffinée et analyse politique naît un chef-d’œuvre hypnotique, d’une modernité toujours saisissante.
Un grand film politique, admirablement interprété par Jean-Louis Trintignant, sans doute le meilleur film du cinéaste italien Bertucelli qui analyse les racines humaines du fascisme et observe avec une grande lucidité la banalité de l'horreur...
Malgré un ventre mou dans la partie parisienne, ce film visuellement magnifique est une peinture passionnante et effrayante du conformisme social et du fascisme, de la décrépitude morale d'un homme qui a renoncé à sa liberté, à sa dignité, à son identité. L'ironie étant qu'il est le plus lucide sur sa condition et sur l'horreur de la situation, l'homme le plus différent possible d'un fasciste convaincu (les scènes où il est noyé dans la foule). Les personnages sont écrasés dans des décors froids et démesurés, le plus fou et le plus inhumain étant celui qui se conforme en tout point à la société. Jean-Louis Trintignant est parfait dans ce rôle trouble, et face à lui Stefania Sandrelli et Dominique Sanda interprètent parfaitement des personnages féminins très bien écrits, spoiler: même celui de Giulia qui n'est pas aussi potiche qu'elle n'en a l'air, et qui ne cherche qu'à profiter de la vie et à se détacher du traumatisme qu'elle a vécu enfant . Merveille de réalisation, Le Conformiste est un grand film dont certaines images et séquences sont immédiatement inoubliables (flash-back, spoiler: scène du palais fasciste, du meurtre ). spoiler: Et cette fin, à la fois tragique (quasiment mythologique) et cruellement ironique est à la fois une punition, la chute d'un homme enfermé dans sa duplicité et l'espoir d'un rachat ...
Film de Bernardo Bertolucci , que je n'avais encore jamais vu , qu'il adapte , librement , du Roman éponyme d'Alberto Moravia , publié en 1951 . C'est l'histoire d'un Homme , magistralement interprété par Jean-Louis Trintignant , dont le réalisateur cherche à percer le mystère puisqu'il aurait pu être tout autre chose qu’un Fasciste, si ne le tenaillait le désir d’être « normal » . En ça cela fait penser à la banalité du mal selon Hannah Arendt . Dans cette analyse psychanalytique, Bertolucci brosse également le tableau d’une Italie qui n’en finissait pas de digérer son Fascisme .
Attendre 1h30 pour qu'il se passe quelque chose - surtout lorsque le film dure 1h50 - c'est un peu longuet... Avant cela, on admire, certes, la beauté des images de Bertolucci, portée par une musique parfaite, mais impossible d'être capté par le propos. Tout se déroule sans que l'on arrive à y porter ne serait-ce qu'une attention polie, en attendant que le film décolle enfin. A ce titre, les 20 dernières minutes sont très réussies mais cela ne suffit pas à sauver ce «Conformiste» du naufrage.
Dommage, car le sujet était intéressant : un homme, qui par conformisme, pour «être dans la norme», devient fasciste et reçoit pour mission d'assassiner son ancien professeur, un opposant à Mussolini. Une telle histoire, mettant en lumière une période sombre et la manière dont certains hommes ont fait allégeance au mal, aurait mérité d'être traitée avec plus de profondeur et de force.