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Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2015
C'est un film de bout en bout remarquable : art de la lumière, art du montage, rythme, acteurs. À voir et à revoir ! Trintignant est prodigieux dans ce rôle.
Une oeuvre majeure de Bertolucci sublimée par la photo de Vittorio Storaro, triplement oscarisé (notamment pour Apocalypse Now). Le réalisateur réussit la prouesse d'insuffler de la légèreté et de la grâce à la froideur que portent en eux le thème politique du film et son troublant personnage principal (magistral Trintignant). La scène de la forêt est tout simplement magistrale.
Une réussite sur le plan esthétique. Dominique Sanda est sublime, Trintignant troublant. Le problème, c'est, sur le plan politique, idéologique, psychologique, c'est complètement creux et raté. Le comble du ridicule est atteint avec cette militante antifasciste grande bourgeoise qui donne des cours de danse et s'habille chez les grands couturiers. Les personnages n'ont pas la moindre épaisseur et celui de Trintignant n'a aucune cohérence. Pourquoi donc un "conformiste", un homme médiocre qui veut faire comme tout le monde, prendrait-il le risque de s'engager dans une police secrète fasciste ? Ne serait-il pas plus logique qu'il suive le courant en se mouillant le moins possible ? On ne sait pas trop ce que veut nous dire Bertolucci sur le rapport entre la psychologie individuelle et le fascisme, mais il ne maîtrise pas son sujet.
Une œuvre de très haute tenue, malgré quelques points qui me laissent sceptique. Dénoncer le fascisme avec 30 ans d'écart me rappelle une phrase de Desproges qui critiquait tel artiste "engagé" qui prenait parti contre une dictature à l'autre bout du monde...Agaçant également, l'aspect manichéen et simpliste, à savoir "les communistes sont gentils, les fascistes sont des salauds", illustré dans la scène du bouquet de violettes. Heureusement malgré cela le film ne manque pas de qualités: les acteurs impeccables, avec en tête Trintignant très inspiré, des actrices magnifiques, dégageant sensualité, faiblesse, et force à la fois ; une musique superbe, et des décors "mussoliniesques" très réussis, étourdissants ; et puis malgré les maladresses citées plus haut, il demeure intéressant de s'interroger sur les motivations qui peuvent pousser un homme dans les bras du fascisme, ou de tout autre totalitarisme d'ailleurs, haine des différences, volonté d'être "normal", si tant est que l'on puisse définir des bordures à ce qu'est la "normalité"...
Film riche, complexe, et intello, Le conformiste sonde l'Italie mussolinienne à travers le portrait d'un homme froid et terne, incarné par Jean-Louis Trintignant, qui choisira le fascisme pour se fondre dans la masse. La mise en scène de Bernardo Bertolucci, particulièrement travaillée, est superbe.
« Le conformiste », c’est la tragédie d’un homme (Jean-Louis Trintignant) qui se voue à l’obsession du conformisme après qu’il a cru dans sa prime jeunesse avoir tué un jeune chauffeur de maître ayant abusé de lui. Devenu adulte à l’époque du fascisme triomphant, il décide de tenter d’oublier ce traumatisme dont il craint sans doute dans une Italie puritaine qu’il l’entraine vers la déliquescence morale qu’il constate chez son père interné dans un asile et chez sa mère, toxicomane abusée par son chauffeur, en se pliant à tout prix au conformisme social et moral du régime fasciste. La première vertu prônée par les régimes totalitaires étant la famille, il se fiance à une petite bourgeoise sans envergure (Stefana Sandrelli) prototype de la future bonne mère de famille sans histoire. La deuxième qualité du bon fasciste est l’allégeance au régime qu’il est de bon goût d’accompagner dans le maintien de sa domination sur les masses. Marcello zélé jusqu’à l’aveuglement se trouve vite pris dans la nasse du régime qui exige beaucoup de ses affidés notamment pour l’exécution des basses besognes. Marcello n’y échappera pas étant suivi de près pas un agent des services secrets (Gastone Moschin) qui encadre les missions délicates. Bertolucci qui adapte ici un roman d’Alberto Moravia et dont les idées libertaires sont connues montre très bien le piège qui se referme sur cet homme de piètre envergure dont les valeurs sont mal assurées. Jean-Louis Trintignant avec son allure de gringalet à la sexualité trouble est parfait dans le rôle, mais ce film réputé pour être un chef d’œuvre souffre du goût pour l’épate de Bertolucci qui terni grandement l'ensemble de son œuvre. Les effets de style visuels comme narratifs s’enchaînent sans réel fil conducteur, donnant le tournis à un spectateur qui finit par être aussi perdu que Marcello lui-même dans les méandres tortueux de son cerveau tout de même un peu dérangé. Il y a sans doute des choses qui échappent à une première vision ce qui est tout de même dommageable pour un chef d’œuvre dont la lecture devrait être immédiate. A revoir donc.
"Le Conformiste" est un film bien étrange, partagé entre son histoire d'amour et de meurtre, avec une mise en scène qui refuse l'unicité pour s'adapter aux situations proposées. Celles-ci sont maigres d'intérêt, tout comme les personnages sont fades, globalement caricaturaux et inintéressants, incarnés (le mot est fort) par des acteurs peu convaincants (Trintignant troublant par moments mais le plus souvent mauvais dans un jeu outré qui ne lui va absolument pas). Ce film n'est pas aussi ignoble que "1900", mais laisse surtout indifférent, avec sa réalisation très tape-à-l’œil qui reflète une vision du grand Art désuète à souhait. Bertolucci se prend très au sérieux mais ne filme en fin de compte que des banalités, le tout de façon très démonstrative en dénonçant avec fureur le fascisme de façon plutôt douteuse (pour un pro-communiste, l'attaque est facile). Un film qui vise le chef-d'oeuvre mais qui n'a au fond que sa beauté très commune pour voiler sa vanité.
Déjà très politisé, ce film de Bernardo Bertolucci peut être considéré comme matriciel pour le réalisateur puisqu’il comporte non seulement tous les thèmes chers au cinéaste (l’engagement, l’opposition au fascisme, une sexualité exacerbée et souvent déviante) tout en affirmant haut et fort les ambitions artistiques du réalisateur. Sublimé par les éclairages de Vittorio Storaro, le film est d’une beauté visuelle à couper le souffle. Tout est là pour faire du film un pur chef d’œuvre : des décors grandioses, des cadrages virtuoses, des interprètes de grande tenue et une musique magique du grand Delerue. On atteint donc ici la magnificence de ce cinéma italien des années 70 tant célébré (avec raison). Si on peut reprocher un certain simplisme dans quelques scènes (les jeunes fleuristes qui entament l’internationale, symptomatique d’un certain cinéma de gauche), il faut reconnaître la capacité de Bertolucci de s’extraire du traditionnel film de propagande gauchiste en dressant des portraits bien plus ambigus que prévu initialement. Au final, le film est un petit bijou. Un classique indémodable.
Bernardo Bertolucci livre une leçon de cinéma, rien n'est à jeter, chaque plan est une réussite. La neige sur le pare-brise, le bal, l'arrivée de Marcelo et de sa femme dans l'appartement Parisien des Quadri et de cette discussion mémorable sur l’obscurité ... Les séquences marquantes de ce film se compte à la pelle, pourtant, je ne suis pas entièrement convaincu ! Quelques longueurs, le récit est pas toujours très clair, les personnages sont un peu faible par instant hormis Jean-Louis Trintigniant parfais de bout en bout, les autres sont juste la pour faire tapisserie ... Mais globalement ce film est une réussite, de part son propos et surtout par la mise en forme de celui-ci, intelligent et terrible !
"Le Conformiste" de Bernardo Bertolucci permet une fois de plus de constater tout le talent de Jean-Louis Trintignant, impeccable. L'autre très grande qualité de ce drame/polar, c'est la qualité de la photographie, nous offrant des paysages magnifiques (la forêt enneigée) comme autant de plans superbes (le paysage défilant par la fenêtre du train par exemple) et d'une incroyable poésie. Les femmes sont également filmées avec une sensualité assez sublime. Et si les dialogues sont de très bonnes factures, trop de longueurs, un scénario parfois abscons, et quelques maladresses au cours de scènes d'action spoiler: (le visage ensanglanté lors de la poursuite finale n'est pas cohérent avec la position du tireur) desservent malheureusement ce qui aurait pu être un très grand film. Intelligent, sans concession, beau, mais relativement confus.
Une belle réussite. Le scénario est très fort et nous montre un petit professeur fasciste par conformisme et acceptant une mission dont le dénouement va lui échapper et qui révélera sa lâcheté. Les décors italiens dans le style mussolinien sont assez prodigieux. La caméra donne le vertige, accumulant des travellings insensés et des plans séquences vertigineux. L'interprétation est excellente avec un Trintignant au top, Quant à Sandrelli et Sanda elles nous enchantent et les rares moments de nudité sont très joliment filmés. Certaines scènes resteront en mémoire, le fonctionnaire avec ses noix sur son bureau, le père dans son asile, la scène du bal à Nogent (une merveille), le final ou Trintignant pète un câble. Seul l'assassinat du professeur est un peu lourde, mais ça n'empêche pas le film d'être un réel chef d'œuvre de l'histoire du cinéma italien et du cinéma tout court.
Bertolucci signe un film vraiment intéressant, non seulement c'est une critique du fascisme, mais en plus la psychologie de Marcello est vraiment bien développée. De plus, je trouve le scénario vraiment original. La réalisation est fluide et travaillée, créant ainsi des plans très beaux. Mais il y a aussi la photographie magnifique et l'excellente musique de Georges Delerue.
Dans l'Italie des 30's, un homme obsédé par l'idée de devenir "normal" rejoint une police secrète fasciste, et se voit chargé d'abattre son ancien professeur devenu activiste politique. "Il Conformista" est un film ambitieux, qui mêle avec aisance d'une part une critique du régime fasciste, violent et intolérant, et d'autre part la psychologie d'un homme étrange, rongé par une culpabilité qui le pousse à se "conformer" à la norme jusqu'à mettre ses idées au placard. Jean-Louis Trintignant incarne ce personnage tout en retenue et en subtilité, que ce soit dans la froideur meurtrière ou la passion amoureuse. Mais le film captive surtout par sa forme. La photographie de Vittorio Storaro est magnifique, et donne lieu à de superbes images (décors hivernaux ou nocturnes, jeux d'ombres, etc.). Tandis que la réalisation de Bertolucci est fluide et soignée, livrant plusieurs clins d'oeil à l'Antiquité, offrant de très beaux plans, et exploitant à merveille l'architecture de l'époque. En somme, ce mélange de film noir et de thriller est à retenir.
"Le conformiste" est un très bon film de Bernardo Bertolucci. Comme souvent avec ce dernier, la photographie et les images sont magnifiques, les acteurs excellents (Un des meilleurs rôles de Jean-Louis Trintignant), la musique superbe. On comprend bien ici le propos de Bertolucci et l'idée de base de son film est des plus intéressantes. Je conseille l'édition blu-ray sortie chez Raro Video avec VO et VF notamment. L'image est sublime. J'ai redécouvert le film.
Les images sont magnifiques malheureusement le film n'est pas facilement abordable et on finit par le visionner assez distraitement. Du coup difficile de se faire un avis sur le personnage qui va comme un gant au jeu de Trintignant et sur le film. Je pense tout de même qu' il y a pas mal de mou pour le chat mais bon ...