918 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
77 critiques spectateurs
5
21 critiques
4
32 critiques
3
11 critiques
2
8 critiques
1
4 critiques
0
1 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Arthur Debussy
189 abonnés
777 critiques
Suivre son activité
2,0
Publiée le 22 avril 2017
«Cris et Chuchotements» est un film terrible sur la maladie et la mort, mais aussi sur les dissensions au sein d'une famille en apparence unie. Ici, la convalescence d'Agnes ravive les tensions familiales et brise tout espoir de réunification pour les trois soeurs : Karin évitant son mari et finalement tout contact humain, Maria l'air désinvolte et fuyant, il ne reste en définitive que la servante Anna pour s'occuper de la souffrante. Il apparaît rapidement que la douleur de la malade rappelle celle de ses soeurs, semblant vivre une existence tout compte fait peu enviable à celle d'Agnès puisque sans aucun amour. La figure centrale du film est peut-être alors celle de l'humble Anna, qui accompagnera Agnès jusqu'à ses derniers instants pour se faire ensuite brutalement licencier par ses harpies de soeurs, plus préoccupées par l'héritage à se partager qu'à récompenser le dévouement. Il est donc clair que «Cris et Chuchotements» est un long métrage très sombre, très pessimiste, et que l'omniprésence du rouge dans les plans n'a d'égale que l'intensité des passions qui s'y déploient. De plus, Bergman réalise ici un film ultra-esthétisé et ainsi fortement dénué d'humanité (à mon sens). La forme est rationnalisée et mathématique : 4 couleurs, 4 femmes dont chacune fait l'objet d'un récit,... Le film devient ainsi plus abstrait et s'il parvient sans peine à retranscrire une atmosphère lourde de non-dits et oppressante, les sentiments s'en trouvent d'autant moins précis et d'autant plus ambigus. Mais cela n'affecte en rien l'intensité du propos, au contraire il prend une dimension plus tragique car fataliste, dénuée d'espoir. Au final, «Cris et Chuchotements» s'avère être encore une grande réussite pour Ingmar Bergman, qui se trouve aussi à l'aise (sinon plus) avec la couleur qu'il l'était avec le noir et blanc. [4/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Dans un château suédois à la fin du XIXe siècle, l'agonie d'une femme, rongée par un cancer, fait ressurgir les conflits familiaux. Un drame austère et éprouvant qui souffre d'un scénario confus et d'un manque d'empathie éprouvé envers ces personnages complexes et névrosés, excepté la servante qui fait preuve de bienveillance.
Rien à dire sur l'esthétique du film c'est parfait, par contre la première partie est raté c'est long pénible et ça n'apporte rien, dommage car la deuxième partie comporte des passages assez impressionnant.
Selon le réalisateur, la genèse du film provient d’une image, une pièce rouge avec 4 femmes en blanc, image qui l’a poursuivi longtemps. D’où le synopsis, trois femmes qui attendent la mort de la quatrième. Le film débute par le générique sur fond rouge, avec une mazurka de Frédéric Chopin puis la 5e sarabande pour violoncelle de Jean-Sébastien Bach. Extérieur jour, brume à l’extérieur et bruit d’horloge. A la fin du XIXe siècle, dans un manoir, en automne, Agnès (Harriet ANDERSON), célibataire, se meurt d’un cancer tandis que ses deux sœurs, mariées, Karin (Ingrid THULIN) et Maria (Liv ULMANN) se relaient à son chevet avec Anna, la servante (spoiler: qui a perdu sa petite fille ) et la plus dévouée. Des flashbacks montrent l’opposition entre les 2 sœurs, très différentes et qui essayent de se réconcilier. Le film bénéficie d’un bel éclairage d’intérieur mais trop artificiel car on s’éclaire à l’époque à la bougie ! N’est pas Stanley Kubrick qui veut dans « Barry Lyndon » (1975) ! Quelques scènes sortent du lot,spoiler: telles celle où Anna prend dans ses bras et sur sa poitrine, Agnès agonisante, à la façon d’une Piéta . Quant aux personnages, difficile de s’intéresser à eux : ils sont névrotiques ou insignifiants et seule la servante fait preuve d’humanité. Le thème, déchirement d’une famille, n’est pas nouveau chez Bergman mais la mise en scène qui rend bien l’atmosphère lourde et confinée, est pesante, trop appuyée, de peur que le spectateur ne comprenne pas or « L’art efface l’art ». C’est ce qu’ont mis en pratique d’autres réalisateurs tels Douglas Sirk ou Pedro Almodóvar qui excellent dans le mélodrame ou même Lubitsch, qui a le sens de la légèreté, même sur des sujets graves [cf. « To be or not to be » (1942) sur l’invasion de la Pologne par les nazis]. D’où un film un peu ennuyeux. .
Cruel, mordant, terrible, bergmanien quoi ! Dans ce château suédois une femme n'en finit pas de mourir. Cette fin tragique est la fin de tout bonheur et surtout l'occasion d'éléments révélateurs plus effroyable les uns que les autres. Comment le sort a-t-il pu se montrer si cruel sur cette famille, peut-on se demander, comment autant de haine et si peut d'amour peuvent ainsi resurgir ? Pourtant ces 3 soeurs ont vécu le bonheur (du moins d'après Agnès, la soeur mourante) mais cette période semble si éloignée qu'on a l'impression que 2 mondes bien distincts nous ont été ici décrits (l'action se passe en hiver, les flashs back en été) Un film dur à voir mais essentiel car l'incroyable intelligence de Bergman nous fascinera toujours. A l'image de " Scènes de la vie conjugales " cette oeuvre ne vieillira pas plus vite que nos sentiments, c'est-à-dire jamais.
Toujours excellent dans sa mise en scène Bergman joue de symboles et de détails pour silencieusement établir les liens entre ces femmes ainsi que leurs états d'âme, assisté par les viscérales interprétations de ce puissant quatuor. D'emblée, avec le gros plan sur Harriet Andersson reprenant celui de Monika, on comprend que le cinéaste va explorer plus profondément ses questionnements sur les femmes, la culpabilité et le destin mais d'une façon crue, dénuée de toute fioriture émotionnelle. Et de fait, filmer cette lente agonie lui permet une violence difficile à appréhender. La justesse des dialogues levant le voile sur des tabous et des vérités pénibles à assumer rend le récit âpre voire dérangeant à suivre. Eprouvant.
Film impressionnant sur la mort physique et les rites qui l’entourent.Le rouge est partout dans ce film grave et amer. L’atrocité de l’agonie est restituée avec un soin si minutieux qu’on a un peu l’impression de partir un peu aussi ! Et tout du long court le sentment cruel des regrets de la vie.
"Cris et chuchotements" est un film sur lequel plane la mort. Agnès (Harriet Andersson) se meurt d'un cancer. Agonisante, elle est veillée par ses deux sœurs, Maria et Karin mais aussi par Anna, sa femme de chambre. Les trois femmes se relaient au chevet d'Agnès alors que les souvenirs se bousculent et que la mort est inévitable. Comme souvent chez le cinéaste, c'est une affaire de femmes qui se déroule sous nos yeux. Des femmes qui, même si elles ne sont pas mourantes, sont rongées par un mal dévorant leur être. Dans ce manoir aux couleurs rouges (la couleur de l'âme selon Bergman), seule Anna apparaît complètement bienveillante. Suivante fidèle, c'est elle qui apporte le réconfort à Agnès alors que ses sœurs ne savent que faire pour pallier à une souffrance contre laquelle elles ne peuvent rien faire. Agnès se meurt peut-être physiquement mais intérieurement, Karin et Maria ne sont pas belles à voir. Indifférente à son mari, Maria (Liv Ullmann) le trompe avec le médecin du coin qui n'hésite pas à la juger sévèrement et à lui dire la vérité : c'est une femme froide et superficielle. Karin (Ingrid Thulin), de son côté, va jusqu'à se mutiler pour éviter d'avoir des rapports avec son mari.
Ce film, réalisé par Ingmar Bergman et sorti en 1972, est vraiment très bon, et j'en suis le premier surpris ! Enfin pas vraiment surpris quant à la qualité du film mais vraiment sur le fait que j'ai apprécié ! Ce film est ma première entrée dans la filmographie du célèbre réalisateur suédois, que j'ai toujours boudé. Je ne suis en effet pas vraiment fan de ce genre de film intello et c'est toujours l'impression que m'a donné ce réalisateur, la preuve en est d'ailleurs avec ce film-ci. Néanmoins, même si c'est effectivement très intello, que c'est très lent et que ce n'est clairement pas du cinéma grand public, et bien, je me suis très facilement laissé porter par l'histoire, que je trouve superbement écrite ! C'est celle de deux sœurs qui sont au chevet de leur troisième sœur, mourante. Mais seule Anna, la domestique, semble aimer véritablement Agnès. Alors oui c'est du cinéma d'auteur, ça a certes un côté prétentieux (comme dans tous films d'auteur j'ai envie de dire) mais il n'empêche qu'on ne peut qu'être touché par cette histoire ! Le film dépeint le portrait de quatre femmes et de leur bonheur manqué. Cela peut aller d'une simple aventure extra-conjugale à la perte d'un enfant, mais le spectateur ne peut qu'être touché par la force dramatique que le film dégage. Enfin, je sais que, face à ce genre de film, chaque spectateur réagit à sa façon et je comprends très bien ceux qui se sont terriblement ennuyés ou ceux qui n'y ont vu aucun intérêt. Alors, certes le film est long mais cette lenteur est à mon sens nécessaire (et de toute façon annoncée dès le début avec les pendules) puisque c'est grâce à cette lenteur, à cette quasi-absence de paroles que nous allons pouvoir comprendre cet univers étouffant dans lequel vivent les personnages et les relations qu'ils entretiennent. Cet univers est de toute façon déjà très pesant et étouffant de par les décors et les trois couleurs dominantes du film, à savoir le rouge, le blanc et le noir, possédant chacune une symbolique propre. Nous avons également des scènes très dures, notamment celles dans lesquelles Agnès souffre ou alors celles dans lesquelles Karin déverse sa haine. La mise en scènes est quant à elle superbe, chaque plan est chargé en symbolique et métaphore et le film est visuellement magnifique surtout dans la construction des plans. En ce qui concerne les actrices, nous retrouvons Harriet Andersson, Kari Sylwan, Ingrid Thulin et Liv Ullmann qui jouent toutes très bien. "Cris et chuchotements" est donc un très bon film sous lequel je suis littéralement tombé sous le charme.
Un film dur, très dur mais tout aussi magistral. Bergman nous dresse un portrait pessimiste et rude d'âmes en peine, réunies autour d'une mourante, Agnès. Le cinéaste filme sans retenue des visages rongés par la douleur, qu'elle soit physique ou mentale, et offre un véritable chef d'oeuvre d'une extrème noirceur. Les gros plans sur les visages de ces (fantastiques) actrices arrivent à nous captiver et à faire graviter toutes leurs émotions autour de nous. Un film très intense, et une véritable baffe pour ma part!
Tragique, poignant, déchirant, Cris et chuchotements semble être un condensé de beauté, la quintessence même de la poésie bergmanienne.
La force du cinéma de Ingmar Bergman est de transposer l'intériorité dans le réel, de rendre l'obscur clairvoyant, et par là-même, l'oeuvre de Bergman découle d'un humanisme, non pas obsolète et lourd, mais complexe et nuancé.
Cris et chuchotements marque un aboutissement. Agnès souffre d'un mal anonyme et probablement symbolique et elle hante les autres protagonistes. Cris et chuchotements est davantage un film sur la détresse qu'une oeuvre habitée par le deuil et la mort, bien que certaines scènes, certains plans confinent à l'absolu et à la décadence.
Bergman est un cinéaste un tantinet nietzschéen mais là où le philosophe répond à l'absurdité par le cynisme, Bergman reprend les formules de la tragédie grecque, qu'il incorpore dans une mise en scène purement symbolique.
Mais l'intérêt de ces Cris n'est pas tant de débattre quant à leur contenu et à leur propos, mais de se laisser bercer par la pureté des relations entre les personnages, leur ambiguïté et leurs perversions.
Cris et chuchotements est un objet filmique d'une beauté absolument sidérante, parfois sublime jusqu'au paroxysme : je pense à cette séquence, quand Liv Ullman, se regarde dans le miroir ou des vingt dernières minutes, bouleversantes.
On peut certes déplorer des petites longueurs au milieu mais Cris et chuchotements demeure un film ultime en quelque sorte.
Un chef d'oeuvre d'une terrible noirceur, à la fois dénué d'humanité et profondément humain. Bergman parvient à donner une version de la souffrance et de la mort incroyablement saisissante; dans un lourd et continu silence, de nombreux gros plans sur les visages des (extraordinaires) actrices, jouant des personnages tous tourmentés, que ce soit physiquement ou mentalement. Cette souffrance se fait ressentir avec force, sous l'oeil impitoyable de la réalisation, et donc du spectateur: en effet, à l'instar des deux soeurs et de la suivante d'Agnès, mourante, venues l'assister au moment de ses dernières douleurs, on se retrouve en face de personnages tous profondéments meurtris. C'est la mort d'Agnès qui semble raviver leurs douleurs; de la même façon que le pessimisme du film parvient inévitablement à nous toucher. Oui, "Cris et chuchotements" est une oeuvre cruelle, car sans concessions, sur la mort. Mais pas seulement. C'est aussi un film qui aborde avec un regard aiguisé la face sombre de la nature humaine; l'hypocrisie, les sourires de façade, les nons-dits ... Seul touche de clarté au milieu de ce sublime tableau ténébreux: l'espoir qu'avait Agnès, à ses dernières heures, de revivre des moments d'intimité et d'amour avec ses soeurs. Espoir qu'elle emportera à jamais avec elle dans la mort ...
Revenant à un plus grand classicisme tant formellement que narrativement, "Cris et Chuchotements" est le troisième et dernier tournant dans l'oeuvre de Bergman. Tons rouges, moins onirique, plus "psychologique" que "psychanalitique" et allégorique (à part la présence constante de sons d'horloges), Bergman est moins dans l'introspection que dans l'exploration des rapports entre les êtres. Incommunicabilité, ressentiment, culpabilité liée à l'amour même, égoisme et indifférence, toujours cette incroyable foisonnement, cette richesse thématique. La mort des autres n'est rien que la mort des autres semble dire Bergman. Mais, seul lueur d'espoir, reste cette joie qui nous submerge par instants, moments d'éternité si ephémères, et qui donne sens à nos actes.