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    Cris et chuchotements
    note moyenne
    3,9
    727 notes dont 69 critiques
    répartition des 69 critiques par note
    20 critiques
    27 critiques
    13 critiques
    5 critiques
    3 critiques
    1 critique
    Votre avis sur Cris et chuchotements ?

    69 critiques spectateurs

    Le comptoir du cinéphage
    Le comptoir du cinéphage

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    3,0
    Publiée le 21 juin 2014
    Un véritable classique du cinéma, qui je l'avoue, m'avait complètement échappé. Participer à une soirée entre cinéphiles et dire ouvertement que l'on a jamais vu Cris et chuchotements, c'est à coup sûr se prendre en pleine gueule le regard plein de dédain de toute l'assemblée. En même temps, je ne participe jamais à des soirées de merde comme celles-ci, donc j'ai juste regardé ce film pour satisfaire ma curiosité.

    Le pitch: Dans un manoir glauquissime vivent trois frangines, Karin, Maria, Agnès, et la servante Anna. Agnès, atteinte d'un cancer de l'utérus, est en train de mourir. Karin, Maria et Anna se relaient à son chevet, et tentent de l'aider à passer ses derniers moments. Avant que la jalousie, la manipulation et l'égoïsme ne finissent par s'inviter à cette veillée funèbre...

    Réalisé en 1973 par le grand Ingmar Bergman, le pape suédois du cinéma intello, Cris et chuchotements mérite sa réputation de film d'auteur exigent. 1973, c'est aussi la date de sortie du film l'Exorciste! Les puristes me crucifierons bientôt en lisant ces lignes, mais en 1973, on pouvait donc se mater deux grands films d'horreur au cinoche!

    Cris et chuchotements, c'est selon moi un véritable film d'horreur réalisé par un esthète philosophe. Le lieu déjà : un manoir recouvert de tapisseries rouge sang, un lieu de villégiature que le conte Dracula aurait sans doute bien kiffé. Vient ensuite la présence oppressante de la mort, une présence presque palpable qui imprègne tout le film. On rajoute la dessus la jeune cancéreuse qui n'a de cesse de hurler de douleur pendant les 30 premières minutes et on a déjà un bon film d'horreur made in Ikéa. Ces scènes de douleurs n'ont presque rien à envier aux séquences d'exorcismes de la chtite Regan, c'est pour dire... Bergman les filme en gros plan et étire leur durée afin que le spectateur ressente bien l'horreur de la situation.

    Le drame psychologique féminin, marque de fabrique du cinéaste, est ici traitée de manière bien spécifique. On assiste pas réellement à un jeu de massacre entre frangines comme le laisse supposer le pitch, mais plus à une démonstration hallucinée du long processus qui a mené les héroïnes à la folie. Enfermées dans leurs corsets, coincées dans leur château et étouffant sous les bonnes manières de la haute société suédoise de l'époque, les sœurs sont logiquement en mode nervous breakdown. "Ne jamais faire étalage de ses sentiments", voilà ce qu'on a inculqué à ces femmes. Le résultat: Une sœur aînée chaude comme l’antarctique et heureuse comme une petite fille dont le chiot vient de mourir sous ses yeux, et puis une sœur cadette, une manipulatrice au comportement bien l'on ne peut parler de Cris et chuchotements sans aborder le travail dantesque du directeur de la photographie Sven Nykvist. Le film est un régal pour les mirettes! Éclairage naturel, flous ultra maîtrisés, rouge pétant à tous les étages, du Le Caravage en live, bref, la claque totale! A noter quand même que le film est un peu ennuyeux par moment et qu'il fait parfois penser au sketch "Le Doutage" des inconnus, sketch d'ailleurs fortement inspiré par le film de Bergman. Cris et chuchotements n'est pas la bombe ciné à laquelle je m'attendais, mais le film reste impressionnant par sa maîtrise technique et son unicité.
    Antonin T.
    Antonin T.

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    5,0
    Publiée le 22 mars 2013
    Simplement exceptionnel
    Le senario, les actrice, la mis en scène...
    Anaxagore
    Anaxagore

    Suivre son activité 100 abonnés Lire ses 135 critiques

    5,0
    Publiée le 29 septembre 2006
    "Cris et chuchotements" représente selon moi, avec "Persona", le sommet de l'oeuvre de Bergman. Il s'agit d'un film d'une violence psychologique saisissante, presque insoutenable, qui laisse le spectateur littéralement les jambes coupées. Il est en outre d'une perfection de réalisation qui donne le vertige et d'une splendeur formelle qui suscite l'émerveillement. Comme la plupart des films du réalisateur suédois, il nous parle du mal, mais avec ce même pessimisme d'origine luthérienne qui faisait dire à Kant que le mal est "radical" au sens où il est invincible en ce bas monde. C'est donc avec une insistance accablante que Bergman montre la souffrance, la haine, le mépris, l'impossibilité de communiquer et finalement la mort qui rongent l'humanité dans ses membres. Le film raconte l'agonie d'Agnès, rongée par le cancer, et la manière dont ses proches réagissent. Et la mort, plutôt que de susciter une réconciliation, permet le surgissement de toutes les haines et des rancoeurs refoulées. Les femmes se souviennent de leurs déboires conjugaux, pendant qu'Anna se remémore la mort de son enfant. Alors qu'elles semblaient sur le point de se rapprocher l'une de l'autre, Maria et Karin se séparent sur un geste de mépris, tandis qu'Anna, la servante fidèle, est congédiée de manière odieuse. Le mal paraît triompher sans laisser briller quelque lueur d'espoir. Tout cela nous est par ailleurs conté dans un film d'une facture parfaite. Il est tout entier structuré autour du chiffre 4: quatre femmes (Agnès, Maria, Karin, Anna), quatre hommes (le mari de Maria, le docteur, le pasteur, le mari de Karin), quatre couleurs dominantes (rouge, vert, blanc, noir), quatre récits, les quatre saisons. La musique enfin, admirablement choisie et distillée avec parcimonie là où il faut, est de Bach et de Chopin. La perfection, vous dis-je! En tout cas, c'est encore un film que j'emporte sur mon île.
    falex
    falex

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    0,5
    Publiée le 18 juin 2007
    Ennuyeux à mourir. Un film torturé et prise de tête. Considéré comme un chef d'oeuvre, j'avoue que je n'ai pas dû comprendre toute la subtilité du propos. Le genre de film "intellectuel" avec tout ce que ça comprend de négatif.
    Adrien Perry
    Adrien Perry

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    1,5
    Publiée le 26 octobre 2010
    Toujours, toujours, toujours pareil avec Bergmann...Rien à rédire sur la plastique du film, le jeu des couleurs Rouge/Noir/Blanc est splendide et chaque scène ressemble à une peinture, Bergmann est un professionel et sur ce plan là, j'ai un profond respect pour son travail...MAIS le rythme est horriblement lent, c'est trop pesant (au sens negatif), on supplie la fin, on regarde le lecteur DVD pour voir les minutes restantes toutes les 20secondes..."Bergmann, Sublime mais chiant", toujours...
    Plume231
    Plume231

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    4,0
    Publiée le 5 février 2011
    Pour l'aspect esthétique, ce Bergman est une magistrale réussite. La photographie (récompensée par un Oscar!) est belle et l'utilisation de la couleur est très intelligente. En particulier bien sûr ce rouge omniprésent, même jusqu'au fondus, qui signifie la mort, l'agonie la souffrance et qui parvient sans mal à créer une atmosphère étouffante. Les rares scènes à l'extérieur, et la présence du vert, est au contraire une véritable bouffée d'air frais. Pour l'aspect thématique peut-être un peu étouffé par le premier, les sujets évoqués sont très nombreux : la maladie, la mort bien évidemment, mais aussi l'égoïsme, le puritanisme, la nostalgie, les liens conjugaux, la foi, etc... . Je pense que pour bien tous les saisir une deuxième vision ne doit pas être de trop. Quelques scènes véritablement dures et le jeu parfait des quatre comédiennes achèvent de faire de ce Bergman une oeuvre absolument incontournable.
    nekourouh
    nekourouh

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    5,0
    Publiée le 5 juin 2011
    Incroyable, effrayant et magnifique à la fois : du grand art.
    Grouchy
    Grouchy

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    4,0
    Publiée le 1 mai 2013
    Un silence parsemé de souffrances intérieures et extérieures : tel est le film de Bergman qui fait plonger le spectateur dans l'intimité de trois soeurs ayant perdu la joie de vivre et leur amour entre elleselles après que La mort de l'une d'entre elles aie engendré la discorde. Les interludes de portraits remplis de murmures inquiétants font que l'oeuvre de Bergman est un film de fantômes : les spectres du passé hantent les héroïnes, dont le souvenir d'enfance et la lecture du journal intime, ainsi que la voix de la défunte qui est la conscience des deux soeurs. Le peu de dialogues incite le cinéaste à exploiter le maximum des talents de ses comédiennes : il privilégie le plan fixe à longue durée, au but de chercher la moindre expression de tristesse dans les personnages. Chacun n'osera prouver le contraire : Bergman est un maître unique du cadrage. Ses cadres sont de véritables tableaux, les couleurs ( dominante violente rouge ) sont parfaitements gérées et la lumière fluide et douce. Il pourrait bien rivaliser avec les plans-tableaux de Barry Lyndon de Kubrick. Le cinéma de Bergman est un univers de l'humanité sous une forme mélancolique, dans tous les sens artistiques et narratifs.
    gimliamideselfes
    gimliamideselfes

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    4,0
    Publiée le 18 octobre 2009
    Un grand film, ça commence par des scènes de toute beauté durant 50 minutes, où le rouge et le blanc dominent à l'écran, la réalisation d'une beauté et sobriété absolue touche son spectateur avec une utilisation judicieuse du hors champ qui ne faut que ressortir la souffrance et parvient à créer une ambiance triste et horrible à la fois…
    puis la seconde partie est le point négatif du film pour moi j'ai eu du mal à suivre tout les flash back, j'ai pas vraiment compris l'utilité, une seconde vision sera sans doute nécessaire… le noir a remplacé dans les couleurs… jusqu'à la scène finale, magnifique où le blanc jaillit de l'écran beau comme jamais…
     Kurosawa
    Kurosawa

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    4,5
    Publiée le 24 mars 2019
    Quand Bergman s'apprête à tourner "Cris et Chuchotements", une partie de la critique le lâche, pointant son manque d'inspiration. Alors, Bergman répond avec un film tranchant, abstrait et cauchemardesque : le décor frappe par la présence marquée du rouge, un rouge agressif et sanglant (cris), tandis que l'on entend le bruit léger et continu des pendules (chuchotements) dans une ouverture tendue où aucune réplique ne se fait entendre. Manière de faire comprendre que si les mots sont habituellement chez le cinéaste empreints d'une cruauté insoutenable, le silence peut également lui substituer une angoisse tout aussi dérangeante. Des mots, il y en a dans "Cris et Chuchotements" mais peu sont décisifs; au contraire, les images ne sont que visions terrassantes, qu'elles soient explicites et symboliques (le plan où la domestique Anna console Agnes sur son sein nu dit la froideur des relations entre les trois sœurs tout comme il annonce une dernière scène déchirante – l'innocence de l'enfance comme seule échappatoire au malheur) ou ambiguës comme ces flashbacks où l'on ne peut statuer sur les images qui défilent : sont-elles réelles ou oniriques ? Ces retours en arrière indécidables vont contaminer l'action présente, comme en attestent les moments de folie succédant à la mort d'Agnes qui accentuent le rapport problématique de Maria et de Karin au corps, rapport se nourrissant de névroses qui restent implicites. En dépassant son austérité par une atmosphère énigmatique et abstraite, "Cris et Chuchotements" prend une place à part dans l'oeuvre de Bergman et demeure l'un de ses films les plus fascinants.
    lhomme-grenouille
    lhomme-grenouille

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    1,0
    Publiée le 3 janvier 2014
    Encore une fois, comme pour tous les films d’Ingmar Bergman, je ressens cette atmosphère morbide qui en fait le charme et face à laquelle je ne suis pas totalement insensible. Seulement voilà, comme pour tous les autres films, je suis tout de suite éjecté du film par cette narration lymphatique qui, pour un petit gars comme moi né dans les années 1980, est juste insupportable. En tant que curieux des origines du cinéma, je reconnais donc le talent de la démarche pour l’époque, mais en tant que cinéphile je reconnais surtout ce sentiment qui me fera fuir toute proposition à revoir ce film : l’ennui.
    Uncertainregard
    Uncertainregard

    Suivre son activité 65 abonnés Lire ses 1 267 critiques

    1,0
    Publiée le 12 janvier 2010
    Une photo magnifique, Liv Hulmann toujours au top, pourtant cette histoire de Bergman ne m'a pas intéressé pour le moins du monde d'autant plus que sa mise en scène me parait peu inspirée...
    Peter Franckson
    Peter Franckson

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    3,0
    Publiée le 20 novembre 2018
    Selon le réalisateur, la genèse du film provient d’une image, une pièce rouge avec 4 femmes en blanc, image qui l’a poursuivi longtemps. D’où le synopsis, trois femmes qui attendent la mort de la quatrième. Le film débute par le générique sur fond rouge, avec une mazurka de Frédéric Chopin puis la 5e sarabande pour violoncelle de Jean-Sébastien Bach. Extérieur jour, brume à l’extérieur et bruit d’horloge. A la fin du XIXe siècle, dans un manoir, en automne, Agnès (Harriet ANDERSON), célibataire, se meurt d’un cancer tandis que ses deux sœurs, mariées, Karin (Ingrid THULIN) et Maria (Liv ULMANN) se relaient à son chevet avec Anna, la servante ( spoiler: qui a perdu sa petite fille
    ) et la plus dévouée. Des flashbacks montrent l’opposition entre les 2 sœurs, très différentes et qui essayent de se réconcilier. Le film bénéficie d’un bel éclairage d’intérieur mais trop artificiel car on s’éclaire à l’époque à la bougie ! N’est pas Stanley Kubrick qui veut dans « Barry Lyndon » (1975) ! Quelques scènes sortent du lot, spoiler: telles celle où Anna prend dans ses bras et sur sa poitrine, Agnès agonisante, à la façon d’une Piéta
    . Quant aux personnages, difficile de s’intéresser à eux : ils sont névrotiques ou insignifiants et seule la servante fait preuve d’humanité. Le thème, déchirement d’une famille, n’est pas nouveau chez Bergman mais la mise en scène qui rend bien l’atmosphère lourde et confinée, est pesante, trop appuyée, de peur que le spectateur ne comprenne pas or « L’art efface l’art ». C’est ce qu’ont mis en pratique d’autres réalisateurs tels Douglas Sirk ou Pedro Almodóvar qui excellent dans le mélodrame ou même Lubitsch, qui a le sens de la légèreté, même sur des sujets graves [cf. « To be or not to be » (1942) sur l’invasion de la Pologne par les nazis]. D’où un film un peu ennuyeux. .
    Arthur Debussy
    Arthur Debussy

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    2,0
    Publiée le 22 avril 2017
    «Cris et Chuchotements» est un film terrible sur la maladie et la mort, mais aussi sur les dissensions au sein d'une famille en apparence unie. Ici, la convalescence d'Agnes ravive les tensions familiales et brise tout espoir de réunification pour les trois soeurs : Karin évitant son mari et finalement tout contact humain, Maria l'air désinvolte et fuyant, il ne reste en définitive que la servante Anna pour s'occuper de la souffrante. Il apparaît rapidement que la douleur de la malade rappelle celle de ses soeurs, semblant vivre une existence tout compte fait peu enviable à celle d'Agnès puisque sans aucun amour. La figure centrale du film est peut-être alors celle de l'humble Anna, qui accompagnera Agnès jusqu'à ses derniers instants pour se faire ensuite brutalement licencier par ses harpies de soeurs, plus préoccupées par l'héritage à se partager qu'à récompenser le dévouement. Il est donc clair que «Cris et Chuchotements» est un long métrage très sombre, très pessimiste, et que l'omniprésence du rouge dans les plans n'a d'égale que l'intensité des passions qui s'y déploient. De plus, Bergman réalise ici un film ultra-esthétisé et ainsi fortement dénué d'humanité (à mon sens). La forme est rationnalisée et mathématique : 4 couleurs, 4 femmes dont chacune fait l'objet d'un récit,... Le film devient ainsi plus abstrait et s'il parvient sans peine à retranscrire une atmosphère lourde de non-dits et oppressante, les sentiments s'en trouvent d'autant moins précis et d'autant plus ambigus. Mais cela n'affecte en rien l'intensité du propos, au contraire il prend une dimension plus tragique car fataliste, dénuée d'espoir. Au final, «Cris et Chuchotements» s'avère être encore une grande réussite pour Ingmar Bergman, qui se trouve aussi à l'aise (sinon plus) avec la couleur qu'il l'était avec le noir et blanc. [4/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
    anonyme
    Un visiteur
    4,0
    Publiée le 11 avril 2013
    Une des plus célèbres œuvres du cinéaste que je découvre enfin, réunion de ses actrices fétiches – hormis Bibi Anderson – autour de ce drame se déroulant au XIXème siècle. Preuve de qualité, même notre illustre ancien président Sarkozy l’a adoré…

    Partant sur de si belles bases, on ne peut qu’être fasciné par ce film, et pour ma part ce fut le cas. C’est peut-être paradoxal de faire cette comparaison car le réalisateur en question n’est apparu que bien plus tard, mais il y a tout d’abord un côté assez hanekien, de par l’évocation du titre, et Bergman exploite cette idée à merveille. Dans ce grand manoir où le rouge si significatif est prédominant, Bergman déshabille chacune de ses actrices, allant des sœurs à la servante, et nous les expose nues, telles qu’elles sont réellement, en dehors de leurs couvertures sociales.

    Ainsi, et par un procédé narratif extrêmement intelligent, on entre dans le passé, les fantasmes, souvenirs, et même rêves, de chacune des protagonistes. Liv Ullmann la coquette, cette scène au début où Josephson (le futur couple culte de Scènes de la vie conjugale et Saraband) regarde Ullmann dans le miroir, et fait ressortir de son visage les encoignures, les rides, toute la méchanceté, l’indifférence, qui caractérise le personnage. Puis l’adultère avec ce même médecin, poussant le mari d’Ullmann à une tentative de suicide – ratée. Je ne vais pas tous les faire pour chacun des personnages, mais à chaque fois Bergman détaille avec une précision et une beauté sidérantes la vie de ces femmes.
    Les fondus répétés en rouge, associés à toute la décoration de la même couleur, rendent l’ambiance oppressante, âpre. La mort d’Agnès, seule sœur « bonne », qui se souvient de sa mère, ayant la foi – (avec une grosse ironie) même plus que le prêtre qui viendra pour la cérémonie – dont les deux sœurs s’en fichent éperdument (« Personne ne peut m’aider ? » assène-t-elle à plusieurs reprises), et ne trouvant du réconfort que par la pauvre servante Anna.

    Après la mort, on a droit à de violentes confrontations entre Ullmann et Thulin, et hormis une scène (réelle ?) où elles semblent heureuses à discuter, ce n’est que déchirement. L’une tente le rapprochement mais l’autre la hait, et refuse tout contact physique, et au moment de partir cette dernière tente de se rattraper, mais c’est cette fois Ullmann, par un égoïsme bien prononcé, qui se désintéresse de sa sœur.
    Ce qui est fort ici, c’est que Bergman n’utilise pas un élément familial comme caractérisant la désunion entre les sœurs. Dans les films en général on voit un testament, un crime façon Christie, ou tout autre chose qui divise les membres de la famille…

    Non, là dès le départ, avec tous ces flashbacks, on sait que les 2 sœurs sont par essence mauvaises, par leur personnalité, leur caractère, leur attitude, et la mort d’Agnès accentuera un peu plus ça, mais ce n’est pas l’évènement en lui-même qui crée ça. Et là c’est fort, c’est extrêmement fataliste certes, mais on ne tombe pas dans ce genre de mélo où simplement un drame fait ressortir les défauts de chacun, non là les défauts sont déjà présents, dans chacun des personnages, ils sont mauvais par nature, et ce pessimisme me ravit, c’est réaliste.

    Enfin comment terminer sans parler de cette dernière scène ? Quelle beauté… Dans le parc du château où les 3 sœurs et la bonne, habillées en blanc, courent, se chamailler, se font balancer, qu’est-ce que c’est magnifique, simplement splendide, un grand moment de cinéma, comme tout le film en somme…
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