Cris et chuchotements
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78 critiques spectateurs

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Toompea20
Toompea20

13 abonnés 8 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 10 mai 2026
Il est paradoxal que les premiers mots d'un film intitulé "Cris et chuchotements" soient écrits et non oraux. Cet élément anecdotique énoncé, le film est un huis clos étouffant dans lequel sont traitées la maladie, la mort, l'amour et son absence. Cependant, ce que le film gagne en symbolique des couleurs, il semble le perdre en subtilité dans la narration.
On comprend que spoiler: l'histoire entre ses trois sœurs est remplie d'animosité, de jalousie, de rancune, que leurs personnalités est aussi le fait de leurs problèmes de couples
mais les personnages semblent moins bien construits que dans d'autres films de Bergman. On se dispute, on se réconcilie, on s'aime, on se déteste, sans que l'on comprenne véritablement pourquoi. En ressort un propos confus, superficiel sans la finesse psychologique à laquelle Bergman nous a tant habitués. Dommage
GéDéon
GéDéon

134 abonnés 711 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 13 mars 2026
L’univers d’Ingmar Bergman est souvent difficile d’accès. Si ce long-métrage, livré en 1972, bénéficie d’une mise en scène ultra soignée, accompagné d’une interprétation remarquable, l’austérité du propos peut largement dérouter le public. Dans un manoir au XIXème siècle, une femme gravement malade vit ses dernières heures en compagnie de ses deux sœurs et de sa domestique. Le réalisateur suédois brosse le portrait de quatre individus cloisonnés dans leur posture face à la souffrance. Le récit étudie l’amour, l’amertume, la compassion et la bonté dans ce qui s’apparente à chaque fois à un tableau funeste (l’utilisation de la couleur rouge rappelle le sang et la colère). Ces multiples symboles et allégories intellectualise l’histoire sans produire la moindre empathie pour les personnages. Le spectateur reste ainsi à l’écart de cette fable humaine dans laquelle les blessures du passé ne parviennent jamais à cicatriser. Bref, un drame psychologique d’une profonde noirceur.
Captain Ad Hoc
Captain Ad Hoc

1 abonné 32 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 janvier 2026
Deux sœurs s'occupent à son domicile de leur troisième sœur, gravement malade, alitée presque toute la journée. Elle sont aidées en cela par une quatrième femme, la servante de cette maison bourgeoise. Cette famille évolue dans une ambiance feutrée qui reflète la lourdeur de la mort qui menace.
Peinture réaliste et franche de personnalités humaines. Portrait sans concession, brut et honnête, des rapports sans intimité, des abandons et petites lâchetés autant que des rapprochements ratés. Surtout, l'affection manquée, l'attachement indigent, les émotions corsetées par le silence affleurent tout au long de ce film, comme un long cri muet, une déclaration d'amour et un appel à l'aide tout à la fois.
Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 307 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 septembre 2025
Il y a un truc qui m'avait interpellé la première fois que je l'avais vu : l'utilisation récurrente de ce fondu au rouge. Un rouge très vif, presque agressif pour les yeux et qui contrastait avec la noirceur et l'austérité du film. Noir et austère, c'est encore trop tendre pour qualifier ce film. Sinistre serait le mot exact. A tel point que même si on n'aime pas , on en ressort pas indemne. Trois soeurs. L'une se meurt d'un cancer de l'utérus. Les deux autres sont les témoins de sa déchéance. C'est alors le bilan d'une vie qui se déclenche. Une vie qui n'a jamais vu (ou si peu) le bonheur. Amoureusement, socialement et sexuellement parlant, tout n'est qu'un parcours perpétuellement miné par l'échec. En ressortent la frustration et la haine, noyées sous une avalanche de non-dits. Laissons donc de côté ce "coup de poing métaphysique" comme certains critiques dits professionnels se plaisent à dire, ça n'a rien à faire là. Surtout que pareille considération intellectuellement vaseuse en ferait oublier le pilier numéro 1 du cinéma de Bergman : les femmes. Elles en sont le coeur et l'âme. Ici, et dans des rôles d'une complexité vertigineuse, Harriet Andersson, Ingrid Thulin et Liv Ullman (qui connaissait déjà le truc... quand t'as joué dans "Persona" quelques années plus tôt...) sont fantastiques. Toutes trois auteures de prestation qui devraient servir de modèle. Je ne pourrais pas vous dire s'il s'agit du meilleur film de Bergman (je manque encore de connaissances le concernant) mais il est bien celui qui m'a fait le plus d'effet.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 230 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 15 novembre 2024
"Cris et chuchotements" recouvre des thèmes éminemment bergmaniens: la mort, l'incommunicabilité, la mésentente familiale. Ainsi Agnès est en train de mourir d'une cruelle maladie sous les yeux de ses deux soeurs qui se relaient à son chevet.
Le film est grave par son sujet et l'est aussi dans sa manière, où Bergman évoque l'agonie d'Agnès en des images pénibles de douleur et de souffrance. Le cinéaste observe également l'attitude de l'entourage, des deux soeurs en particulier, leur impuissance devant la maladie, leur capacité à la compassion puis leur engagement dans le deuil et le souvenir. Postures inégales et personnelles qui, de façon plus universelle, ramène le spectateur à sa propre hantise de la mort.
Il reste que le film fait également figure de pensum affecté et formel, parfois obscur dans l'expression de ses idées noires. L'austérité esthétisante de la mise en scène et l'invariable affliction qui détermine le jeu des comédiens (l'expression des visages est primordiale) concourent à un exercice de style consterné et factice. Le drame vécu par les personnages, les tourments moraux ou psychologiques qui sont les leurs ne me touchent pas, trop figés, trop mis en scène et intellectualisés, c'est-à-dire dépourvus de spontanéité.
Alolfer
Alolfer

178 abonnés 1 739 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 juin 2024
Pour le moment, le cinéma de Bergman ne m'a jamais déçu malgré que certains de ces films, ne soient pas accessibles. Pour le moment, la majorité de ses films que j ai pu voir, sont d'une reussite total ! Pour "Cris et Chuchotements" il met en scène, trois soeurs, dont une gravement malade auquel son destin est connu d'avance. Ce que j aime par dessus tout sur ce film, c est le recul sur ses personnages. Tout semble touchant et detestable pour chacun de ses personnages, comme si elles essayaient de se justifier de leur présence. C est tout de même le cas. Bergman réussit à nous faire plonger dans cette intimité familiale, sans qu'on sache plus de détails. Et c'est ça, la magie de Ingmar Bergman : nous plonger dans un secteur privé, où l'on sent comme chez nous. La mise en scène de Bergman est toujours aussi incroyable et parfaite, mettant en lumière des éléments qui deviennent compréhensifs au fur et à mesure (la couleur rouge est tout le temps présente par exemple). Un film culte de sa filmographie !
Simplicissimus
Simplicissimus

10 abonnés 232 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 2 avril 2025
Mon premier Bergman, mais je ne sais pas si j'aurai envie d'y regoûter.
Chef d'oeuvre ou pas ? En tout cas, pas ma tasse de thé, dont je goûte peu l'austérité oppressante.
Bergman filme au plus près, impitoyablement, les visages décomposés de ses actrices : la souffrance insupportable de l'une, la haine de soi ou la concupiscence des deux autres.
Seule, la servante, Anna, apporte une humanité maternelle et apaisante ; servante qui sera sacrifiée sur l'autel des calculs égoïstes et du mépris de classe.
Les trois hommes ne sont que des figurants dans ce huit clos consacré aux actrices..
Patjob
Patjob

43 abonnés 755 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 mai 2022
Je ne comprends pas comment j’avais pu ne pas apprécier ce film lors de la précédente vision. Sans doute faut-il, si ce n’est une préparation, du moins une disponibilité émotionnelle pour « vivre » avec ces quatre femmes et supporter leurs souffrances et leurs tourments. Le film s’organise, après un prologue d’une grande sérénité évoquant la permanence de la nature (les plans extérieurs du parc) et l’inexorabilité du temps (la succession d’images d’horloges), en quatre « parties », dont chacune des quatre femmes sera le personnage central. Les moments montrés sont pour le moins éprouvants, mais la façon de les filmer leur donne une forme de grandeur. La mise en scène est d’une précision absolue, entre autres dans la façon dont la caméra se promène, dans une même scène, d’un détail signifiant à l’autre, d’un visage discrètement expressif à l’autre. Formellement le film est admirable, l’esthétique épousant la symbolique de cette symphonie en trois couleurs (le blanc, le rouge et le noir / l’idéal de pureté, le sang et la mort) et de nombreux plans, comme celui, saisissant, de Anna tenant Agnès dans ses bras, révèlent toute l’ambition picturale de Bergman. Ce film sombre et terrible, presque désespérant, se termine néanmoins sur une faible note d’espoir, la possibilité de vivre quelques fugaces moments de plénitude ; c’est alors le vert de la nature qui l’emporte, belle correspondance avec la scène de souvenir de la mère, et avec les premières images du prologue.
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 831 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 octobre 2021
Toujours excellent dans sa mise en scène Bergman joue de symboles et de détails pour silencieusement établir les liens entre ces femmes ainsi que leurs états d'âme, assisté par les viscérales interprétations de ce puissant quatuor. D'emblée, avec le gros plan sur Harriet Andersson reprenant celui de Monika, on comprend que le cinéaste va explorer plus profondément ses questionnements sur les femmes, la culpabilité et le destin mais d'une façon crue, dénuée de toute fioriture émotionnelle. Et de fait, filmer cette lente agonie lui permet une violence difficile à appréhender. La justesse des dialogues levant le voile sur des tabous et des vérités pénibles à assumer rend le récit âpre voire dérangeant à suivre. Eprouvant.
Shawn777

805 abonnés 3 934 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 juillet 2021
Ce film, réalisé par Ingmar Bergman et sorti en 1972, est vraiment très bon, et j'en suis le premier surpris ! Enfin pas vraiment surpris quant à la qualité du film mais vraiment sur le fait que j'ai apprécié ! Ce film est ma première entrée dans la filmographie du célèbre réalisateur suédois, que j'ai toujours boudé. Je ne suis en effet pas vraiment fan de ce genre de film intello et c'est toujours l'impression que m'a donné ce réalisateur, la preuve en est d'ailleurs avec ce film-ci. Néanmoins, même si c'est effectivement très intello, que c'est très lent et que ce n'est clairement pas du cinéma grand public, et bien, je me suis très facilement laissé porter par l'histoire, que je trouve superbement écrite ! C'est celle de deux sœurs qui sont au chevet de leur troisième sœur, mourante. Mais seule Anna, la domestique, semble aimer véritablement Agnès. Alors oui c'est du cinéma d'auteur, ça a certes un côté prétentieux (comme dans tous films d'auteur j'ai envie de dire) mais il n'empêche qu'on ne peut qu'être touché par cette histoire ! Le film dépeint le portrait de quatre femmes et de leur bonheur manqué. Cela peut aller d'une simple aventure extra-conjugale à la perte d'un enfant, mais le spectateur ne peut qu'être touché par la force dramatique que le film dégage. Enfin, je sais que, face à ce genre de film, chaque spectateur réagit à sa façon et je comprends très bien ceux qui se sont terriblement ennuyés ou ceux qui n'y ont vu aucun intérêt. Alors, certes le film est long mais cette lenteur est à mon sens nécessaire (et de toute façon annoncée dès le début avec les pendules) puisque c'est grâce à cette lenteur, à cette quasi-absence de paroles que nous allons pouvoir comprendre cet univers étouffant dans lequel vivent les personnages et les relations qu'ils entretiennent. Cet univers est de toute façon déjà très pesant et étouffant de par les décors et les trois couleurs dominantes du film, à savoir le rouge, le blanc et le noir, possédant chacune une symbolique propre. Nous avons également des scènes très dures, notamment celles dans lesquelles Agnès souffre ou alors celles dans lesquelles Karin déverse sa haine. La mise en scènes est quant à elle superbe, chaque plan est chargé en symbolique et métaphore et le film est visuellement magnifique surtout dans la construction des plans. En ce qui concerne les actrices, nous retrouvons Harriet Andersson, Kari Sylwan, Ingrid Thulin et Liv Ullmann qui jouent toutes très bien. "Cris et chuchotements" est donc un très bon film sous lequel je suis littéralement tombé sous le charme.
stans007
stans007

36 abonnés 1 462 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 mars 2021
Un huis clos de quatre femmes dans un manoir, au chevet de l’une d’entre elles. Tout est rouge, l’ambiance est lourde et petit à petit on découvre la nature des personnages, leurs caractères, leurs défauts, leurs égoïsmes de classe, leurs souffrances et leurs relations ambigües. Film d’auteur, anti-romantique, très esthétique, très lent mais j’ai fini par rentrer dedans avec délectation.
Roub E.

1 306 abonnés 5 373 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 décembre 2020
Trois sœurs dans une maison aristocratique suédoise, l’une d’elle est à l’article de la mort, les deux autres se relaient à son chevet avec un entrain de façade. Cris et chuchotements et un film austère, quasi mutique, qui parle de la mort, de la peur qu’engendre cette dernière pour la personne qui va la subir et pour celles qui restent, de la jalousie, de l’égoïsme, de l’ennuie qui frappe les personnes qui ont tout d’un point de vue matériel mais dont le néant intérieur n’est que plus apparent... et tout un tas de chose encore tant la place qu’il laisse à l’interprétation et à la contemplation est importante. Mais c’est un film qui pourra laisser de côté pas mal de spectateur, à ne pas mettre un soir de fatigue ou de déprime, car on est face au temps qui s’écoule, le nôtre aussi et il y a des expériences plus agréables que celle ci . Est ce que j’ai pris plaisir à le voir: oui sans aucun doute. Est ce que je prendrais plaisir à le revoir : je ne pense pas.
Hotinhere

790 abonnés 5 464 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 décembre 2020
Dans un château suédois à la fin du XIXe siècle, l'agonie d'une femme, rongée par un cancer, fait ressurgir les conflits familiaux.
Un drame austère et éprouvant qui souffre d'un scénario confus et d'un manque d'empathie éprouvé envers ces personnages complexes et névrosés, excepté la servante qui fait preuve de bienveillance.
fabrice d.
fabrice d.

44 abonnés 1 882 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 mars 2020
C'est un film intimiste, un huis-clos presque où le réalisateur nous fait le portrait de 4 femmes, 3 soeurs et la servante.
L'ambiance souvent teintée de rouge, intimiste et très personnelle, donne à ce film quelque chose de spécial.
Les visages tourmentés souvent filmés en gros plan apportent aussi une touche de secret, de froideur et d'élégance à ce film.
L'histoire décousue n'est pas toujours facile à suivre mais c'est cela qui donne de la magie à ce film.
A revoir surement une seconde fois pour une meilleure imprégnation.
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 777 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 9 mars 2020
Mon 3ème Bergman après « Les fraises sauvages » et « Fanny et Alexandre » ; mais surtout le plus mythique et première déception. Je suis resté hermétique à cet huis clos féminin hyper codifié. Deux sœurs accompagnées de leur servante accompagnent la dernière de la fratrie dans ses derniers instants ; atteintes par un cancer utérin la faisant horriblement souffrir. Les cris de la mourante sont déchirants et ces scènes de fin de vie (sans morphine !!!) sont violentes mais tellement crues que moins touchantes que celles d’Haneke dans « Amour ». Les cris pour la sœur célibataire, aimante et aimable ; les chuchotements pour les deux sœurs mariées mais tellement malheureuses car assujetties aux désirs masculins. Le tout se déroule dans le cadre feutré du manoir familial ; feutré mais rouge du sol au plafond comme pour symboliser l’utérus féminin duquel sont sorties ces 4 femmes. Le rouge est partout, il réapparait en fondu enchainé lorsqu’il s’agit d’évoquer un souvenir douloureux pour chacune d’entre elle. Des flashbacks un peu appuyés pour expliquer où elles en sont au moment d’affronter la mort. Le thème n’est donc pas la mort, même si omniprésente, mais c’est un portrait d’une famille bancale handicapée par une éducation rigoriste. Enfermées dans un carcan, elles fuient le contact physique entre elles, l’amour fraternelle et peut être l’amour tout court les a fui… voire même ne les a jamais touchés. Seule la servante sait avoir les gestes d’affection et de réconfort et on sent bien que la mourante est en attente de ces gestes. Pire encore elle fantasme des relations familiales harmonieuses. Ces vœux consignés dans un carnet resteront pieux. Film codifié, corseté comme ses personnages qui est bien loin du chef d’œuvre attendu.
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