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stans007
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4,5
Publiée le 18 mars 2021
Un huis clos de quatre femmes dans un manoir, au chevet de l’une d’entre elles. Tout est rouge, l’ambiance est lourde et petit à petit on découvre la nature des personnages, leurs caractères, leurs défauts, leurs égoïsmes de classe, leurs souffrances et leurs relations ambigües. Film d’auteur, anti-romantique, très esthétique, très lent mais j’ai fini par rentrer dedans avec délectation.
C'est un film dur, glauque, effrayant mais aussi magnifique d'un certain point de vu que nous livre Ingmar Bergman avec "Cris et chuchotements". Une très belle et sobre réalisation et techniquement intelligent à l'image de l'utilisation des couleurs, le rouge symbolisant la mort, la maladie et l'agonie et qui est omniprésent. L'atmosphère est oppressante et étouffante et Bergman aborde intelligemment les thèmes de la maladie, les conflits familiaux, la mort (et son acceptation) ou encore l’égoïsme. La photographie est sublime et les jeux de lumières, notamment en extérieurs, sont superbes. Que ce soit les dialogues ou les personnages, c'est très bien écrit, que ce soit la servante dévouée ou les sœurs, l'une est aigrie émotionnellement et physiquement, tandis que l'autre d'apparence chaleureuse est mal dans sa peau alors que la troisième agonise... Comme souvent chez Bergman, la réussite vient aussi de sa direction d'actrice qui est ici excellente, et bien évidemment des interprètes toutes extraordinaires et prenantes. Une très belle œuvre, triste, poignante et doté d'une grande réalisation.
Un excellent Bergman menée par trois grandes actrices ( Ingrid Thulin, Liv Ullmann, Harriet Andersson ). On nous narre l'histoire de deux soeurs qui se retrouvent pour faire le point sur leurs vies car leur soeur est proche de la mort et n'est pas loin de l'éxpiration de son dernier souffle. Durant cette veille, cris et chuchotements se succédent sans cesse dans cette atmosphére d'attente ou régne les tensions les plus enfouies. Cette vie qui est devenue ce combat entre deux soeurs, puis ces réconciliations. Une évolution toute en lenteur, parsemé de bruits isolés, qui arrose de nombreux thémes ( comme toujours chez Bergman )amour, mort, famille. Ce qui marque aussi dans ce film, c'est cette excellence au niveau de l'ésthétisme comme au début avec ce blanc sur fond rouge ( superbe ) ou encore le défilement des horloges qui sonnent nous rapellant ce qu'est le temps. A noter une terrible scéne ou la femme n'en peut plus de coucher avec son mari et montre sa figure ensanglantée. Puis tout ces cris empreints d'une monstrueuse douleur se calment et malgré tout le tourment sans fin évoqué dans le film cesse. Tout s'arréte enfin, on renvoit la bonne, la lecture d'un journal. Ainsi s'éteignent cris et chuchotements.
Ce film donne des frissons, une violence psychologique extrême qui vous remue. La maladie, la mort, l'amour, le sexe totalement mêlés de façons morbide et terrifiante.. Ce film vous touche au plus profond. Sa puissance vous chamboule. Une prouesse cinématographique...
Deux sœurs viennent rendre visite à leur troisième sœur atteinte d'un cancer en phase terminale. Elles font chacune le point sur leur vie. Extraordinaire scène de mutilation sexuelle pour échapper à un mari répugnant. Il n'y a que Bergman pour parvenir à filmer ça sans être vulgaire. Vraiment un grand film. La mort finale est douce et apaisante.
On peut tout réaliser avec les ingrédients du cinéma... Un film rythmé comme un opéra avec ses bondissements et rebondissements, son inévitablement tragique, son faste mais fragile. A l'invitation des plans rapprochés, on se laisse pénétrer par l'écran, intrigué par le froissement des étoffes, les tic et tac des pendules comme pour se raccrocher à du vivant dans un espace qui se fait oppressant à mesure que se dévoilent les personnages, un peu comme dans un musée abandonné. Foin de critique, "Cris et Chuchotements" est bien un cadeau de cinéaste...
Le génie de Bergman n'est pas de nous montrer la mort c'est de nous la faire ressentir, dans ce chef d'oeuvre tout est mit pour faire ressentire un sentiment d'oppression. Les plans sont lourd, l'action se passe uniquement dans une maison, la caméra se concentre surtout sur les visages, celui d'une femme en décomposition qui est d'une pâleur effroyable. Celui de ses sœurs tantôt rayonnants de folie, tantôt refermés, ressortant la haine enfouie au plus profond de leurs êtres. Cette sensation d'oppression se joue aussi et surtout sur le jeu d'acteur. Harriet Andersson est si incroyable dans son rôle de condamnée et femme en décomposition que l'on à presque l'impression que ce tournage lui a été fatal, les deux actrices jouant le rôle des sœurs sont aussi tout bonnement effarantes. Liv Ullman nous sort le grand jeu mais c'est surtout Ingrid Thulin qui se démarque en nous sortant un double jeu, une double manière de pensé incroyable, son personnage et tout juste détestable tant elle joue à merveille son rôle de sœur démoniaque. Kari Sylwan jouant la servante de la famille en étant très proche d'Agnès joue son rôle de servante un peu renfermée excellemment, la bonté de son âme se fait ressentir, c'est dire... Bergman nous pond un diamant d'une valeur inestimable qui ne peut pas laisser de marbre après visionnage tant l'oeuvre est puissante, émouvante et tragique, encore un coup de maître.
Rouge ! Du début à la fin le rouge nous étouffe. Quelle claque je me suis pris ! Rares sont les films qui m'ont provoqués tant d'émoi ( Huit et demi, Le miroir et le Salon de musique entre autre). L'histoire est saisissante, la réalisation toujours aussi efficace et que dire des décors ! Certains plans sont parfaits. Les acteurs nous subjuguent dans leur interprétation. Le scénario est excellent. On ne peut que conseiller de le voir. Celui qui n'aime pas ce film est un imbécile ou un inculte et très certainement les deux en même temps.
Un très beau Bergman, mais excessivement dur. Il ne faut pas s'y tromper : c'est un film horriblement glauque, terrible. Et pourtant, une force inattendue : les actrices sont magnifiques. Il n'y a, de fait, rien de plus sexy que les actrices de Bergman: filmées comme des statues, des déesses païennes, elles resplendissent, blanches, dans ce véritable tableau. La maîtrise technique est évidemment incontestable, mais j'aurai plutôt tendance à mettre en valeur la direction d'acteur, et la difficulté qu'il y a justement à exprimer des non-dits, des interdits. C'est là le véritable sujet de film, traité superbement par Bergman.
Qu'on se le dise, Cris et chuchotements n'est pas un Die Hard. Que ceux qui n'aiment pas le cinéma dit "d'auteur" ou qui sont allergique à Bergman passent leur chemin. Ici, l'histoire n'est pas palpitante, et le portrait de ces quatre femmes n'est pas ce qu'on a fait de plus intéressant, mais que dire de ce rouge omniprésent, qu'il s'agisse d'un décors ou d'un fondu, tout est rouge ! La couleur du sang découle en permanence, à la fois sur la pellicule mais aussi dans la tête du spectateur. Difficile de s'y mettre, mais quand on y est, on est scotché !
Film fort, émouvant, vraiment terrible. Des cris, persants, durs, des déchirements, de la souffrance... Des chuchotements, et des souvenirs dans ce manoir, un passé trouble pour chacune des protagonistes. Et tout ce rouge, et ce temps qui passe, ou qu'il reste.
J'ai récemment revu ce film, pour la première fois depuis sa sortie, en 1972. Est-ce moi qui ai changé, ou l'esprit de l'époque ? Toujours est-il que j'ai eu du mal à suivre ce film en entier, et la violence recherchée et assumée (l'agonie d'une des sœurs principalement), me parait aujourd'hui gratuite et insoutenable. Restent la beauté des images, et quelques scènes d'une grande beauté et d'une profonde poésie, comme la dernière du film.
Un véritable classique du cinéma, qui je l'avoue, m'avait complètement échappé. Participer à une soirée entre cinéphiles et dire ouvertement que l'on a jamais vu Cris et chuchotements, c'est à coup sûr se prendre en pleine gueule le regard plein de dédain de toute l'assemblée. En même temps, je ne participe jamais à des soirées de merde comme celles-ci, donc j'ai juste regardé ce film pour satisfaire ma curiosité.Réalisé en 1973 par le grand Ingmar Bergman, le pape suédois du cinéma intello, Cris et chuchotements mérite sa réputation de film d'auteur exigent. 1973, c'est aussi la date de sortie du film l'Exorciste! Les puristes me crucifierons bientôt en lisant ces lignes, mais en 1973, on pouvait donc se mater deux grands films d'horreur au cinoche!Cris et chuchotements, c'est selon moi un véritable film d'horreur réalisé par un esthète philosophe. Le lieu déjà : un manoir recouvert de tapisseries rouge sang, un lieu de villégiature que le conte Dracula aurait sans doute bien kiffé. Vient ensuite la présence oppressante de la mort, une présence presque palpable qui imprègne tout le film. On rajoute la dessus la jeune cancéreuse qui n'a de cesse de hurler de douleur pendant les 30 premières minutes et on a déjà un bon film d'horreur made in Ikéa. Ces scènes de douleurs n'ont presque rien à envier aux séquences d'exorcismes de la chtite Regan, c'est pour dire... Bergman les filme en gros plan et étire leur durée afin que le spectateur ressente bien l'horreur de la situation. Spoiler: A la fin du film, livide et allongée dans son plumard, Agnès décède et revient d'entre les morts pour causer à ses sœurs. On termine donc la recette du film de flippe par l'apparition d'une morte vivante! Perso, j'ai trouvé tous les ingrédients d'un bon film de genre à l’intérieur de Cris et chuchotements, que cela vous plaise ou non. Et qui se chargea d'acheter le film pour sa distribution sur le sol américain? Roger Corman himself!Le drame psychologique féminin, marque de fabrique du cinéaste, est ici traitée de manière bien spécifique. On assiste pas réellement à un jeu de massacre entre frangines comme le laisse supposer le pitch, mais plus à une démonstration hallucinée du long processus qui a mené les héroïnes à la folie. Enfermées dans leurs corsets, coincées dans leur château et étouffant sous les bonnes manières de la haute société suédoise de l'époque, les sœurs sont logiquement en mode nervous breakdown. "Ne jamais faire étalage de ses sentiments", voilà ce qu'on a inculqué à ces femmes. Le résultat: Une sœur aînée chaude comme l’antarctique et heureuse comme une petite fille dont le chiot vient de mourir sous ses yeux, et puis une sœur cadette, une manipulatrice au comportement bien chelou.Et l'on ne peut parler de Cris et chuchotements sans aborder le travail dantesque du directeur de la photographie Sven Nykvist. Le film est un régal pour les mirettes! Éclairage naturel, flous ultra maîtrisés, rouge pétant à tous les étages, du Le Caravage en live, bref, la claque totale! A noter quand même que le film est un peu ennuyeux par moment et qu'il fait parfois penser au sketch "Le Doutage" des inconnus, sketch d'ailleurs fortement inspiré par le film de Bergman. Cris et chuchotements n'est pas la bombe ciné à laquelle je m'attendais, mais le film reste impressionnant par sa maîtrise technique et son unicité.
plusieurs films m'ont marqué et cris et chuchotements fait indéniablement partie de cela. mise en scène, décort et histoire se marient formidablement et servent incroyablement bien le message du film, la réflexion que nous proposent bergman. c'est un film puissant, qui reste, qui ne peut pas laisser indifférent...bref un vrai petit bijou un trés grand chef d'oeuvre. pour moi c'est un incontournable, que je conseille a tous !!! sauf peut-être au depressif...et encore...!! vraiment génial en tout point!!!
Deux sœurs s'occupent à son domicile de leur troisième sœur, gravement malade, alitée presque toute la journée. Elle sont aidées en cela par une quatrième femme, la servante de cette maison bourgeoise. Cette famille évolue dans une ambiance feutrée qui reflète la lourdeur de la mort qui menace. Peinture réaliste et franche de personnalités humaines. Portrait sans concession, brut et honnête, des rapports sans intimité, des abandons et petites lâchetés autant que des rapprochements ratés. Surtout, l'affection manquée, l'attachement indigent, les émotions corsetées par le silence affleurent tout au long de ce film, comme un long cri muet, une déclaration d'amour et un appel à l'aide tout à la fois.