Un film excellent ! Une histoire des plus classiques mais qui malgré tout nous laisse de l'espoir jusqu'à la fin. Des dialogues un peu plats parfois, mais on se régale du début à la fin. La dernière demie heure s'emballe dans un rythme effréné. Du grand thriller à la logique implacable.
Dès la scène d’introduction splendide on s’aperçoit que l’on va avoir droit à un grand Brian de Palma et l’impression ne trompe pas. En effet le cinéaste livre un polar haut de gamme, qui marque ces retrouvailles avec un Al Pacino au top qui retrouve un rôle à sa hauteur en incarnant ce trafiquant de drogue qui a sa sortie de prison est tiraillé entre son désir de se ranger et ses anciennes connexions dans le milieu. Une histoire bien ficelée qui monte en tension crescendo jusqu’à un final magistral qui réserve un suspense haletant dont seul le réalisateur a le secret.
Après avoir dévoré les deux romans du juge Edwin Torres “Carlit’os Way” et “After Hours”, Al Pacino écrit le scénario de “L’impasse” avec David Koepp et recrute Brian De Palma pour sa réalisation. Le comédien prend le rôle titre de Carlito Brigante qui après cinq années de prison, décide de se réinsérer dans la vie et monter une affaire honnête aux Bahamas avec la femme de sa vie. Mais son passé de caïd le rattrape, une course poursuite contre la mort est entamée. Mais sous sa couverture de thriller puissamment mis en scène, “L’impasse” est le drame mélancolique d’un homme sur son chemin de croix. Dix ans après “Scarface”, le duo Pacino, De Palma se reforme avec une prise de maturité assez exceptionnelle et qui font de “L’impasse” un film noir fascinant. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Par un étrange retournement de situation, le Tony Montana de Scarface (1983) est devenu une icône de la pop culture, élevée au rang de porte-étendard dans les milieux de la musique (hip-hop, rap) et du ghetto. Ce qui est d'autant plus troublant que le film de De Palma ne montrait jamais son anti-héros sous son plus beau jour mais vilipendait volontiers ses travers (dégaine grotesque, caractère égocentrique) et sa vision du monde étriquée. Une figure pathétique, quoiqu'un sentiment de sympathie restait possible. Mais pathétique quand même. 10 ans après, Brian De Palma a décidé de clarifier les choses. Carlito Brigante est diamétralement opposé à Tony Montana. Une mauvaise graine qui a décidé de se ranger des voitures pour cultiver les germes d'un avenir plus radieux. Mais évidemment, la sortie par la grande porte va vite se transformer en course pour des issues de secours. Un héros tragique pour répondre au salaud chimérique immortalisé dix ans plus tôt. Deux facettes d'une même pièce, et le fait qu'Al Pacino (toujours extraordinaire) campe les deux protagonistes prolonge le vertige. De Palma voit un écrin parfait pour mêler ses grands motifs (mensonges, paranoïa) et livrer peut-être son œuvre la plus humaine. Et bien sûr, l'un de ses films les plus opératiques (notamment, dans sa dernière partie, tout simplement renversante de maîtrise). Il y a une décennie, le cinéaste avait choisi de railler le strass et paillettes par l'excès. Cette fois-ci, c'est le ton nettement plus terre-à-terre et mélancolique qui se charge de la besogne. Des félicitations, il faut en présenter à beaucoup de monde : Sean Penn royal (cette coupe de cheveux improbable !), Penelope Ann Miller touchante, John Leguizamo pétaradant. Une réponse en bonne et due forme au malentendu Scarface. Qui ôte toute emphase et évite l'outrance pour ne garder que les hommes qui s'effritent. Bizarrement, le chemin de croix de Carlito se termine précisément là où une légende à toutes les chances de commencer. Et celle-ci serait on ne peut plus méritée cette fois.
Film de gangsters, action, thriller… Sur une trame archi rebattue, un modèle du genre, efficace, intelligent, virtuose par moment. Scénario classique, donc, mais développé avec un savant équilibre de temps forts et de scènes plus intimes. Réalisation de haute volée, avec une grammaire visuelle bien riche (plans-séquence, caméra renversante…) et quelques morceaux d'anthologie (le gunfight dans le bar au début, la course-poursuite finale dans le métro puis dans la gare). Photo soignée. Et très bon sens du rythme au montage. Côté interprétation, on jubile : le tandem formé par Al Pacino (10 ans après Scarface, du même De Palma), tout en densité nerveuse, et Sean Penn, dans un registre cocaïné et borderline, est mémorable. Ce qui séduit également – cerise sur le gâteau –, c'est la touche de mélancolie crépusculaire, de désenchantement fatigué, qui irrigue le film. Il y a bien ici et là quelques imperfections et autres petites choses datées, mais L'Impasse reste l'une des plus belles réussites de Brian De Palma.
Rythme soutenu, action maîtrisée, juste représentation de l'engrenage criminel résumé par le personnage de Gail et interprétation millimétrée du duo principal permettent au film de nous accrocher malgré des défauts scénaristiques voire des incohérences psychologiques. De Palma s'amuse dans sa mise en scène dynamique même s'il ne réinvente pas le genre du récit de rédemption impossible. Divertissant.
On a affaire là à un très grand film sur la mafia. Dans la lignée des Affranchies et autres Donnie Brasko, L'Impasse reste un film culte du milieu mafieux. Un très grand film pour tout ceux qui apprécient parrain, portes flingues et autres petites frappes haut en couleurs.
Rien de bien neuf dans ce film de mafia très classique dans son déroulement, dans le choix de ses acteurs et dans sa réalisation. Le genre commençait à être éculé...
Après "Scarface" en 1983 et "Les incorruptibles" en 1987, Brian de Palma pense avoir tourné la page du film de gangsters, ayant largement contribué à en rénover les codes. C'était sans compter avec la pugnacité du duo formé par Al Pacino et le producteur Martin Bregman que De Palma connait bien pour avoir travaillé avec eux sur "Scarface", depuis devenu culte. Les deux hommes souhaitent adapter en un seul scénario rédigé par David Koepp, "Carlito's way" et "After Hours, deux romans d'Edwin Torres, ancien juge de la cour suprême de New York. Si Abel Ferrara ou John McKenzie ont été un moment envisagés pour la réalisation, il semble que de Palma s'imposait depuis le début dans l'esprit de Pacino. L'idée pourtant classique de l'impossible rédemption des truands sortant de prison et la voix off prévue au scénario qui fait parler le héros post mortem comme dans les deux chefs d'œuvre incontournables de Billy Wilder que vénère De Palma, "Double Indemnity" (1950) et "Sunset Boulevard" (1950) ont finit par le décider. Bien lui en a pris car "Carlito's way", pourtant reçu assez froidement à sa sortie par le public déçu de ne pas voir une suite de "Scarface", s'avère sans doute une des œuvres les plus maitrisées du réalisateur qui ne sombre à aucun moment dans son pêché mignon de l'emphase visuelle qui a contribué à son succès mais aussi à son classement sûrement injuste au rang de petit maitre derrière ses camarades de promotion, Martin Scorsese et Francis Ford Coppola . Pacino davantage dans la retenue à l'image de son réalisateur, livre ici une de ses plus brillantes interprétations. Une rigueur de bon aloi qui permet à l'acteur italo-américain d'entrer pleinement dans la maturité et qui sera sa marque fabrique dans des films de genre tels que "Heat" (Michael Mann en 1995) ou encore le trop méconnu "Donnie Brasco" de Mike Newell (1997). spoiler: Le thème de l'impossibilité pour le truand d'échapper à sa condition est ici vécu en dilemme shakespearien par un Carlito (Al Pacino) rattrapé par un code de l'honneur devenu désuet qui finira par le conduire là où il s'était juré de ne plus aller. C'est sans doute le temps passé en prison qui constitue le véritable talon d'Achille de ces malfrats repentis qui à leur sortie paraissent à tout coup des dinosaures dans un milieu où les mœurs évoluent très vite, trop vite. Incapable de s'adapter à son nouvel environnement et mu par un fantasme de reconversion illusoire échafaudé dans le cocon malsain que constitue l'univers carcéral, Carlito comme beaucoup d'autres avant lui, se révélera au final une proie facile . De Palma filme cette course perdue d'avance en virtuose, pianotant sur toute la gamme d'un genre qu'il connait parfaitement tant au niveau narratif que formel. La photographie de Stephen H Burum et la musique de Patrick Doyle (conseillé par Régis Wargnier, ami de De Palma) encadrent parfaitement cette marche funèbre révélée d'emblée. Si Pacino inonde l'écran d'une présence souvent extatique, il n'est pas seul avec à ses côtés un Sean Penn, frisotté, complètement halluciné et spoiler: mauvais génie du vieux gangster redevable . Luiz Guzman, John Leguizamo, Viggo Mortensen débutant et Penelope Ann Miller complètent harmonieusement la distribution. Heureusement le film a depuis été largement réhabilité notamment par les Cahiers du cinéma. A placer dans le trio majeur de la filmographie du grand réalisateur, "Carlito's way" ravira tous les admirateurs de l'immense Al Pacino.
Plus qu'un parallèle à faire, l'Impasse apparaît en opposition directe avec Scarface, et ce n'est sans doute pas un hasard: là où De Palma avait dressé le portrait flamboyant et halluciné d'un jeune baron du crime, voici qu'il nous proposait désormais le négatif, avec Pacino toujours aussi impressionnant pour nous camper un gangster voulant se ranger des voitures. Servi par un casting brillant, et toujours appuyé sur une technique (mise en scène et musique) impeccable, ce film demeure en dépit des années un thriller toujours efficace, au ton mélancolique et désenchanté, prouvant une fois de plus qu'à l'aube des années 90 le Nouvel Hollywood avait encore de la réserve.
Ma première rencontre avec ce long métrage s'était soldé par une déconvenue ... Le génie de De Palma, Al Pacino, Sean Penn, Penelope Ann Miller, David Koepp, Patrick Doyle et consorts m'avais totalement échappé ! Carlito's Way est pourtant un des films les plus bouleversant du cinéma américain, un classique, une oeuvre d'art ! Je ne peux m'évité d’être pompeux au final tant ce long métrage m'a subjugué. Dans la lignée des très grandes compositions de Brian De Palma, définitivement un cinéaste à la filmographie remarquable.