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Alolfer
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4,0
Publiée le 30 juin 2025
Aussi dingue que cela puisse paraître, Akira Kurosawa, en galère durant des années, revient pour un projet titanesque. Aidé par George Lucas et Francis Ford Coppola, le cinéaste japonais confirme de nouveau, son talent unique, de créer des véritables fresques comme on n en fait plus aujourd'hui. Durant presque 3h, Kurosawa démontre dans son histoire, un point de vue "spectateur" d'une successions de guerres pour la conquête d'un pays entier. Derrière ce personnage "spectateur, se dégage un souhait de paix par une violence inouïe. Tout cela est jumelé par une grande réalisation ! Depuis sonbpassage à la couleur, Kurosawa ne cesse d'expérimenter ces plans, rendant une image marquante ! Son introduction, les scènes de batailles, ou tout simplement sa fin, donne une impression d'une avancée technique pour son époque. Il est difficile à croire que ce Kagemusha soit sorti en 1980...
Une grande prouesse technique accompagnée d'une histoire poétique
Ce qu'il y a de toujours agréable avec les bons films c'est qu'on voit jamais le temps passé. Ce récit ancré dans les batailles historiques entre clans de samourai au cours du 16ème siècle, surprend par la qualité des dialogues, de la mise en scène et de son intrigue. L'interprétation à la fois pathétique et tragique de Tatsuya Nakadai est remarquable. Il interprète l'ombre d'un chef de clan, ombre qui va permettre de protéger le clan car elle est un symbole plus important que le chef. Mais tout finira tragiquement une fois l'illusion découverte et la chute sera terrible pour celui qui aura perdu à la fois identité et fierté. Les scènes de bataille sont mangifiquement filmées et la photographie très propre (les couleurs flamboyantes pendant le rêve ou lors de la bataille de nuit, les intérieurs dans le chateau etc). A voir et continuer avec Ran.
Cette fresque épique en couleur produit par Lucas et Coppola fait parti de ces grandes réussites du cinéaste Kurosawa dans les chambaras. Il allie l'héroïsme au pathétisme, l'humour au drame avec une maîtrise exceptionnelle et livre une fabuleuse aventure qui mérite d'être vue. Impressionnant et humble à la fois, il sait allié les moments grandioses à ceux beaucoup plus intimes et balance un concentré d'humour très efficace, dans lequel son héros burlesque et pourtant touchant fait des merveilles.
Palme d'Or du Festival de Cannes en 1980,"Kagemusha" est surtout une oeuvre phare dans la carrière de l'incomparable Akira Kurosawa.Financé par Coppola et Lucas,Kurosawa a pu laisser son imagination créer cette ambitieuse fresque historique,aux relents shakespeariens.Le Japon du XVIème,la guerre civile,les luttes de clan,les traditions féodales.Reconstitution impeccable,où les couleurs chatoyantes cotoient un luxe de détails impressionnant.C'est aussi une réflexion sur le pouvoir et ses faux-semblants.Car ici,Shingen Takeda,maître de son clan,demande à ses vassaux de le remplaçer par son sosie une fois sa mort venue.Ce double n'est qu'un vulgaire vagabond,qui doit faire illusion,afin de maintenir la cohésion du clan,et ne pas exposer ses faiblesses à l'adversaire.Il représente l'ombre du guerrier,jamais considéré,chassé manu militari une fois la supercherie découverte,se livrant finalement à la débâcle finale corps et âme.Kurosawa prouve ici qu'il ne croit pas à la transmission filiale,mais uniquement à la transmission par l'art ou par la conscience professionnelle.Sur un rythme volontairement lent,et quelque peu déstabilisant,Kurosawa livre des scènes de bataille éloquentes et des scènes intimistes enjouées et élégantes.Presque un tableau.
Oh, que ça commençait mal avec cet interminable plan fixe censé nous poser le cadre du récit. Mais ça devient très vite intéressant, de par le sujet (le pouvoir et ses coulisses) et par la beauté des plans. Ils peuvent d'ailleurs surprendre, des hommes en armes à foison des scènes de sièges, d'avant bataille, puis de fin de bataille, mais pratiquement pas d'engagements, n'empêche que c'est visuellement magnifique. Un grand film !
A mon sens, l'oeuvre la plus aboutie de Kurusawa. Tragique dans on intrigue comme dans ses sentiments exacerbés, violent et démesuré comme l'oeuvre de Shakespeare qu'elle revisite avec bonheur. Une plongée au coeur du Japon moyenageux comme un prétexte pour fouiller le coeur des hommes, pour évoquer la condition humaine, la vanité de la conquête et du pouvoir, l'égalité des hommes devant la mort et l'oubli. Un chef-d'oeuvre du cinéma.
“Kagemusha”, datant de 1980, est l’un des films les plus réputés de la seconde partie de l’oeuvre du maître japonais, aux côtés de « Derzou Ouzala », « Ran » ou « Rêves ». Mais celui-ci possède un statut particulier dans son œuvre puisqu’il fut coproduit par George Lucas et Francis Ford Coppola, deux admirateurs de Kurosawa. Du coup c’est sans doute son film le plus américain dans sa construction et sa mise en scène. S’il apparaît un peu trop sage, conventionnel, sans assez d’audace ou de folie, « Kagemusha » n’en demeure pas moins un film passionnant et bourré de talent. En 1573, Shingen Takeda, l’un des seigneurs les plus respectés du Japon, intercepte un voleur qui lui ressemble trait pour trait. Plutôt que de le faire tuer, Shingen décide d’en faire son double (Kagemusha en japonais) et de l’envoyer à sa place lors des combats trop risqués, à une époque où trois clans rivaux se disputent la prise de Kyoto, la capitale, et donc la domination du pays. Mais Shingen meurt plus tôt que prévu. Avant de passer de vie à trépas, il demande à son double, avec la complicité de son entourage proche, de se faire passer pour lui durant trois années, le temps de remporter les victoires guerrières nécessaires à sa conquête du Japon. Le double fera illusion pendant la quasi-totalité de ces longues années. Il trompera les proches de Takeda, sa famille, ses maîtresses, et même son petit-fils qui ne le reconnaît pourtant pas au départ. Seul un cheval ne supportant de n’être monté que par son maître le confondra. Le double démasqué, s’ouvre alors un océan de désolation pour le clan Takeda. Son armée est réduite à néant, les hommes sont exterminés par milliers alors qu’impuissant, le Kagemusha, redevenu vagabond, assiste au chaos. Il s’était tellement identifié au seigneur que, pris d’une crise d’empathie, il va littéralement offrir son corps à ce carnage sanglant. Celui-ci s’en ira inerte, dans les eaux rougies d’un océan malade, rejoindre le blason de ce clan devenu chimère.
Une fresque grandiose aux accents Shakespeariens. C’est bien cela qui définit le mieux ce « Kagemusha ». S’il est avant tout un grand film de cinéma, il puise sa conception dans des arts différents : le théâtre dans la plupart des scènes « narratives », la peinture dans l’utilisation de la couleur et la construction des plans, la chorégraphie dans les scènes « guerrières », où les mouvements de caméra complètent et s’harmonisent avec le déplacement des armées multicolores. Deux histoires s’entremêlent pour constituer la trame du film. Une histoire collective, celle de la guerre des clans dans le Japon médiéval, inspirée de faits et de personnages historiques réels, et celle d’un mensonge d’Etat, imaginée par le réalisateur. Dans cette histoire collective, les ressorts de l’action sont l’appétit du pouvoir, la soif de puissance, et les jalousies et trahisons qu’ils génèrent, mais aussi le sens des responsabilités et le dévouement à un homme ou au collectif auquel on appartient (la nation ou le clan). Elle débouche sur une dénonciation de la guerre et de ses atrocités, dans des images paradoxalement d’une grande beauté. Une histoire individuelle, celle du « double », qui donne son titre au film. L’itinéraire de ce « double » tourne autour des questions de l’identité : celle que l’on perd, où l’on n’existe plus ; celle qu’on usurpe, ici par concours de circonstances et volonté d’autrui ; celle qu’on acquiert, par capacité d’adaptation (quelle est la part de la position humaine et sociale dans la construction d’une personnalité ?) ; celle à laquelle on s’identifie. Dans un même film, le créateur Kurosawa réunit des scènes de styles bien différents (le plan fixe, sobre, mais intense qui ouvre le film, par rapport aux mouvements de caméra qui accompagnent les scènes de troupes ou à l’explosion visuelle de la scène du cauchemar) qui touchent parfois au sublime : le dépôt de la dépouille de Shingen dans le lac et ses brumes (qui évoque un peu «Les contes de la lune vague » de Mizoguchi), le rejet déchirant du Kagemusha par la communauté sous la pluie battante, ou sa dernière action, guidée tout autant par la fidélité à un idéal que par le désespoir.
Lauréat de la Palme d’or du festival de Cannes en 1980, ce film d’Akira Kurosawa nous entraine dans une histoire très shakespearienne. Dans le Japon de la fin du XVIème siècle, englué dans des conflits entre clans rivaux, le décès d’un grand chef est caché à la population par l’intronisation de son sosie (Tatsuya Nakadai). La description du pouvoir de l’époque, des règles de respect et de dévouement reste totalement étonnante et passionnante. Malheureusement, les scènes de batailles demeurent très théâtrales et beaucoup trop longues. Certes, il convient de leur reconnaître un caractère spectaculaire avec de nombreux figurants et costumes d’époque, mais cela ne suffit pas. Notons également que les délires oniriques si chers au réalisateur nippon, sont ici peu présents. Bref, une fresque sobre mais sans passion.
Palme d'or en 1980, ce film de Kurosawa est une fresque épique retraçant les guerres de clans durant le 16e siècle. Il raconte le destin d'un homme, sosie d'un chef de clan mort au front duquel il prend la place pour que l'ennemi le croit toujours en vie afin que la guerre puisse continuer. Mais ce n'est pas du tout un film où les batailles se succèdent mais plutôt un film sur le pouvoir, la stratégie et la politique. On va dire que pour apprécier pleinement le film il faut avoir un certain intérêt pour l'histoire du Japon à cette époque, qui est très différente de la notre, culturellement parlant, pour ma part j'ai très vite décroché ce qui n’enlève rien à la qualité du film.
La première fois que je l'ai vu, j'avoue avoir été quelque peu déçu par le manque d'action. M'attendant à une fresque se déroulant pendant l'époque Sengoku, j'avais été frustré de voir qu'il n'y avait que quelques courtes batailles et que ces dernières étaient assez implicites. Quatre ans et la maturité en plus plus tard, j'ai revisionné cette oeuvre et l'ai vu d'un oeil nettement meilleur ! Kagemusha est avant tout une tragédie, où un homme, même mauvais doit apprendre à oublier sa personne et devenir le remplaçant du seigneur le plus charismatique de son époque. La lente transformation du personnage est stupéfiante. Kurosawa prend le temps de raconter chaque point de son histoire, et c'est peut être là que le bât blesse réellement : certaines séquences sont trop longues, je pense notamment à la présentation des trois chambellans et des deux valets. Dix minutes pour présenter cinq personnages que l'on ne reverra presque plus par la suite, c'est un peu too much. Mais les décors, les costumes, la musique, le jeu des acteurs et la réalisation sans faille de Kurosawa (admirez les travellings sur les cavaliers) nous plongeront tellement dans le Japon médiéval que l'on ne verra pas le temps passer. Enfin concernant l'aspect guerrier du film, que j'avais tant critiqué à l'époque, il faut reconnaître que rajouter des plans de combats au corps à corps auraient été en décalage avec le film qui se situe du point de vue du kagemusha. Or celui-ci étant général, il ne peut apercevoir que des vues d'ensemble du champ de bataille, et en ce sens le fait que les batailles manquent de détails n'est pas gênant. La dernière est par ailleurs un grand moment de cinéma avec une maîtrise parfaite du hors-champ et un dénouement inoubliable. Du grand art.
Dans mon cycle Palme d'or, il n'était pas question de passer à côté du seul film de l'immense Kurosawa a avoir reçu cette récompense. Si elle n'atteint pas l'excellence de "Ran" et qu'elle souffre de quelques longueurs dans la première heure et demie, cette fresque historique est d'une très grande puissance. Certains plans dans les séquences de bataille (spectaculaires comme toujours chez le Maître!!!) et dans celle du cauchemar sont d'une beauté visuelle époustouflante. Quand aux scènes intimistes, elles donnent lieues à une réflexion profonde et intelligente sur le thème de double mais aussi sur celle du pouvoir et comment celui-ci peut changer en bien ou en mal les hommes (eh oui, c'est pas rien!). Tatsuya Nakadai montre une fois de plus sa prodigieuse capacité de transformation dans le double rôle principal (on ne dirait pas du tout le même qui jouera cinq ans plus tard le Lord Hidetora Ichimonji de "Ran"!), et la partition de Shin'ichirō Ikebe est très belle. Une oeuvre faste, émouvante et pessimiste qui pousse une fois de plus à nous incliner devant le talent d'un des plus grands génies du cinéma.
Une fresque de Kurosawa un peu vieillotte aujourd'hui, mais qui témoigne néanmoins du talent incontesté de ce cinéaste en matière de mise en scène : hypnotisant et théâtral, Kagemusha mérite largement le visionnage.
Un chef d'oeuvre de toute beauté. En revanche certaines personnes pourraient être rebutées par les longues plages de dialogues. Kurosawa signe ici son tout dernier film, d'une maitrise absolue de la mise en scène, avec des séquences d'action (à cheval) majestueuses ou encore des scènes oniriques (lors des rêves) aux couleurs chatoyantes, ressemblant à des tableaux de maitre. À l'instar de Ran, Kagemusha est l'un des plus beaux films du réalisateur que j'ai vu à ce jour. Un pur chef-d'oeuvre en forme de tragédie grecque, que tout amateur se doit d'avoir vu au moins une fois dans sa vie.
Une fresque historique des plus reconnues et des plus abouties au japon. En plus, réalisée par le maître incontesté du pays: Mr Kurosawa. Certaines scènes nous révèlent une esthétique grandiose qui exprime bien tout le talent du réalisateur. L'aspect dramatique très travaillé, très centré autour d'un personnage m'a rappelé Ran. Le scénario fidèle à l'histoire nous emporte dans ce monde peuplé de guerres, d'orgueil et de dignité. Une référence dans la filmographie de Kurosawa!