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iamameloche
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3,5
Publiée le 26 mars 2013
Comme toujours, une très belle fresque italienne comme Visconti savait si bien réaliser. Les décors, les costumes... la magie se situe aussi à l'arrière plan. Quant aux acteurs ils irradient face à la caméra. L'histoire en elle-même suit les traces du roman du même nom. On ne s'ennuie pas, les dialogues sont profonds, même si le tout mériterait quelques coupures...
Bon dieu que c'est beau ! L'adaptation à l'écran du roman de Gabriele d'Annunzio (sympathisant fasciste) par Luchino Visconti (descendant d'une célèbre famille d'aristocrates mais ayant flirté avec le parti communiste) est tout simplement sublime (au fait, les parenthèses politiques, c'est juste pour l'anecdote car elles n'ont aucun rôle ici). Le dernier film de cet immense cinéaste est une oeuvre dérangeante mettant en scène un monde hautement bourgeois intérieurement pourri que la vie n'a cessé de corrompre moralement. Les tromperies et autres vicissitudes amoureuses vont bon train, les adultères limites libertins (dans la façon dont ils sont décrits psychologiquement au niveau des dialogues) ne cessent d'alimenter une intrigue riche en rebondissements qui sait toutefois s'attacher de très près aux comportements de ses protagonistes et leurs bouleversements. C'est bien l'évolution de leurs caractères qui forme l'essence d'une oeuvre entêtante mais terriblement morbide où les fantômes exercent un rôle important, où la mort ne cesse de hanter ces esprits allant tout droit en enfer. Perdus dans leur folie, ils craquent un-à-un, parfaitement caractéristiques des thèmes récurrents de Visconti avec en plus cette petite touche d'un désespoir nostalgique du passé, lucide d'un destin impossible à contrer, celui d'une fin proche que le cinéaste a rendu palpable au cours de deux heures fantastiques que l'on peut par ailleurs également interpréter comme un écho, pour ne pas dire une suite indirecte à ce grand chef-d'oeuvre qu'est "Le Guépard". Les acteurs sont tous irréprochables, s'étant remarquablement accaparés de rôle pourtant difficiles. Peut-être y-a-t-il un très léger trou dans la transition avec l'acte final... Après tout peu importe : la splendeur de ces images gracieuses garde constamment le dessus et offre le temps de quelques envolées lyriques un dernier voyage avec le maître avant que celui-ci ne retrouve ce fameux royaume des morts auquel il ne croit plus...
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4,0
Publiée le 6 décembre 2013
Inspirè de l'oeuvre de Gabriele D'Annunzio, "L'Innocente" est le dernier film de Luchino Visconti qui est tout sauf une belle machinerie-imagerie d'èpoque à la façon d'un Zeffirelli! Le cinèma italien fut le grand spècialiste de ces vastes fresques dèpeignant tout un peuple à travers un destin exemplaire, Visconti n'ayant pas craint, pour sa part, de s'attaquer à des oeuvres consacrèes de la culture italienne! Selon lui, on pouvait modifier les oeuvres littèraires dans une version cinèmatographique, à condition de ne pas changer l'esprit! Et le cinèaste n'a pas changè d'esprit, se sentant le « coauteur » de "L'Innocente", tournè cependant en 1975-76, donc avec quelques modifications! Physiquement diminuè, Visconti a ètè fidèle à l'esprit de l'oeuvre de D'Annunzio, à cette occasion, comme dans ses autres adaptations, "Il Gattopardo" ou "Morte a Venezia". Ce qui aurait pu être la dernière oeuvre d'un auteur fatiguè sera bien au contraire un drame frèmissant où Giancarlo Giannini aime Laura Antonelli plus que tout! Alors pourquoi la trompe t-il ? Pour une femme libre, Jennifer O'Neill, qui ne paye pas de mots face à cette homme froid qui pense que l'amour dure ce qui dure, faisant sa place à la tendresse, à l'estime, aux intèrêts communs! Certes, dans la mesure du possible! Dans cette dècomposition tragique d’une famille bourgeoise, Giannini assume sciemment ses responsabilitès, ses fautes car s’il en a, ne se rachètent pas par le repentir ou les punitions! Mise en scène brillante, interprètation sèche et implacable (Giannini), èmouvante et vibrante de sensualitè (Antonelli, plus belle, plus grande que jamais), musique en parfaite osmose avec l’histoire (la douloureuse noirceur du film est renforcèe par les musiques additionnelles de Chopin et Mozart, Liszt et Gluck), final dèsespèrè et chaotique, l'ultime oeuvre d'un immense metteur en scène du 7ème art...
Portrait luxueux d'un couple de bourgeois romain du 19e siècle. Le style d'histoire mise en scène par Visconti ne m'a jamais beaucoup attiré, je trouve c'est film souvent distant. Somptueux décors et costumes, des dialogues très fins joués par de bons acteurs. Les dernières minutes sont tragiques et superbes.
Ultime œuvre de Luchino Visconti,"L'Innocent"(1976)peut se voir comme le reflet ou la suite du fabuleux "Guépard". L'Italie aristocratique de la toute fin du XIXeme siècle. Les intérieurs ultra-luxueux et clinquants. La Mort rodant autour d'êtres désespérés,désaxés comme ce Tulio Hermil,grand bourgeois égoïste,misanthrope et jaloux qui perd facilement les pédales. Quand sa femme et sa maîtresse le quitte tous les deux,il commet l'acte de trop... Le montage n'est pas maitrisé,et aurait nécessité de nombreuses coupes. On peut aussi se lasser des échanges très théâtraux et empesés entre les différents protagonistes. Mais Visconti,entre amertume et nostalgie,parvient tout de même à faire passer un souffle glaçant sous les oripeaux des bonnes manières et de la luxure.
Visconti démontre une dernière fois sa précision, son goût pour les décors riches et les personnages torturés. Malheureusement j'ai eu du mal à m'intéresser au scénario replié sur lui même. Le film se déroule sans grande surprise et n'a aucune résonnance.
Cela commence par un malade contri par la langueur d’amour qui le consume. « On donnerait son âme pour la jeunesse » Un homme fier et qui demande à sa femme d’être son « cher ami » et cela devient un drame terrible par la personnalité froide du héros. Son rapport à la mort, la « conclusion » qu’il veut donner à sa vie pour garder la tête haute et son erreur sur les femmes dont il croyait être aimé. Somptueusement tourné et musicalement profond à la manière d’un Ludwig
Grand film; signé Luchino Visconti, réalisateur génial de "Mort à Venise", "Rocco et ses frères" et bien sur "le guépard". Visconti démontre également la parfaite maitrise de ce que Deleuze appelera "Image Cristal". S'oppose en effet dans ce film sans cesse, les images actuelles et fictives, l'opaque et le limpide... Visconti exerce un formidable travail esthétique qui est certainement la plus grande qualité de l'oeuvre. Mention spéciale à la scène dans le jardin. Du point de vue de la mise en scène, donc, les plans sont absolument magnifiques. La gestion du mouvement est très travaillée, ambitieuse, qualitative et originale. Le jeu d'acteur est de qualité. La musique également et bien utilisée. Un film qui possède donc de réelles qualités. Avec un final surprenant et une ouverture intéressante. A voir.
Ultime film réalisé par Luchino Visconti, L'Innocent raconte l'histoire d'un homme défiant en permanence les règles de la morale courante à Rome à la fin du dix-neuvième siècle. Il s'agit d'un superbe mélodrame au rythme assez lent certes mais aux images et aux interprètes somptueux. Visconti s'attarde sur les regards et filme ses acteurs en gros plans la plupart du temps. Le réalisateur démontre également que ces regards disent en permanence le contraire de ce qu'affirment les dialogues, en particulier pour le personnage de Tullio incarné par Giancarlo Giannini. Une histoire violente (la scène où l'enfant est exposé au froid de l'hiver est très dure), une histoire d'amour et de trahison conduisant à la mort telle une véritable tragédie. Laura Antonelli est superbe et ambigue. La deuxième partie pèche par un manque de rythme flagrant mais Visconti se rattrape par le soin extreme apporté à la mise en scène (certains plans évoquent des peintures) et à sa direction d'acteurs irréprochable. Pas un chef d'oeuvre mais un excellent film.
Le testament de l'immense Luchino Visconti est une fresque qui n'a rien à envier au Guépard ni à Mort à Venise pour sa beauté et sa nostalgie. L'histoire émouvante d'un aristocrate aveuglé par son orgueil et son honneur, qui ira jusqu'à commettre le pire des crimes pour servir l'égoïsme de ses passions. Une dernière fois, le maître dépeint la déchéance des êtres avec tout son génie et toute sa force.
Un très beau film dans tous les sens du terme . Visuellement superbe comme souvent chez Visconti les gros plans sur les visages très impressionnants . Sur le fond les comédiens sont excellents et on ressent cette jalousie qui monte sur le personnage du mari jusqu'à aller au dégoût. Le final est filmé encore une fois de superbe manière tout très théâtrale.
Encore un film merveilleusement restauré par les techniques modernes... Le dernier film de Visconti peut laisser perplexe! Une histoire (d'après d'Annunzio) parfaitement inintéressante, sauvée par une mise en scène (décors, costumes etc.) d'une somptuosité extraordinaire. Pourquoi ce plat mélo intéressait Visconti? Mystère. Néammoins la beauté formelle du film est telle qu'elle fait passer la pillule de ce drame bourgeois comme on n'ose plus!