Mort à Venise
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Marc L.
Marc L.

68 abonnés 1 828 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 février 2024
Qu’il est difficile aujourd’hui de percevoir en quoi ‘Mort à Venise’ fut un grand film réalisé avec peu de moyens, car il parle d’une époque dont les derniers témoins ont disparu, avec des référence que plus personne ne maîtrise intuitivement et dont le sujet prête le flanc au scandale (c’était, dans une moindre mesure, déjà le cas en 1971) à une époque où le concept de licence artistique semble avoir disparu du vocabulaire commun. D’ailleurs, il ne s’agit pas d’une adaptation de la nouvelle semi-autobiographique de Thomas Mann (qui, fondamentalement, ne racontait pas grand chose) mais sa traduction avec les techniques et le regard cinématographiques des années 70, pour laquelle les acteurs ont du accepter de s’effacer derrière une quasi absence de dialogues. Cet homme vieillissant et malade des nerfs qui se rend à Venise pour se ressourcer, c’est à la fois le compositeur Gustav Mahler, dont la musique berce le film et dont la mort soudaine en 1911 avait beaucoup affecté Mann (qui se trouvait alors à Venise), mais aussi l’écrivain allemand lui-même qui, bien qu’âgé de 36 ans, tomba éperdument amoureux d’un adolescent polonais lors de ce même séjour, ou encore Visconti, qui faisait partie de cette société cosmopolite qui fréquentait la cité des doges à la Belle Epoque, et dont plusieurs traits de personnalité se retrouvent chez le personnage d’Aschenbach. Il y avait donc une forte dimension autobiographique de la part de Mann dans la nouvelle, comme il y a une forte identification/admiration de Visconti dans le film envers ce que personnifiait Mann, l’ultime représentant d’un monde aristocratique voué à s’éteindre dans le fracas des deux grands suicides européens du 20ème siècle. Cet amour platonique interdit d’un homme mûr envers un éphèbe s’inscrit dans le courant décadentiste fin-de-siècle, en tant que tentative de conjurer l’inéluctable couplé à une fascination morbide envers ce qu’on ne sera plus jamais. Il s’agit aussi d’un plongeon vers la fin, une passion honteuse et réfrénée qui ne débouche sur rien, une déliquescence psychologique et physique qui se conjugue avec celle de la cité lacustre, en proie à une épidémie de choléra tenue secrète. Jamais le compositeur n’abordera l’objet de son désir. Au contraire, il se perdra de plus en plus dans ses souvenirs, ses rêveries et ses prémonitions jamais vérifiées, de plus en plus inconscient du mal qui le ronge. Nul besoin de dialogues chargés pour figurer cette dérive silencieuse, celle d’un homme qui fait face à la désagrégation des hautes valeurs intellectuelles et morales dont il avait cru qu’elles dominaient son être, contraintes de céder la place à des passions séniles bassement physiques : seul le souvenir des moments forts de l’existence passée semble encore présenter une réelle clarté. “Il ne se passe rien”, “c’est chiant”, on peut tout entendre à propos du chef d’oeuvre tardif de Visconti. Dans cette méditation sur la déliquescence, il est vrai que Visconti faisait preuve, à tous les niveaux, d’une volonté toute proustienne d’abolir le présent au profit d’un temps à jamais disparu. Ce sera sans doute encore plus vrai pour tous ceux que ‘Mort à Venise’ parviendra à toucher aujourd’hui.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 4 février 2012
Un ensemble qui est constitué de très belles scènes, notemment la naissance du désir dans une salle au début, les chants dans le restaurant extérieur et mention spéciale à la scène finale.
C'est également un portrait assez tragique de l'intellectel, ou l'Albatros : maladroit avec autrui, et dont les désirs prennent une forme magnifique. Il est également en décalage perpetuel avec sa culture (d'où une des utilités de la scène chez le coiffeur où l'on voit tout son malaise et son incompréhension). Excellent film !
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 7 juin 2011
Aaah... Luchino Visconti...
Le réalisateur de "Senso" et du "Guépard" apporte sa touche personnelle : accents baroques et minutie des détails.
A travers l'artiste (magnifique Dirk Bogarde, vu dans "Les damnés" du même Visconti, et dans "Un pont trop loin" avec Richard Attenborough), Monsieur Visconti peint la Belle Epoque de Venise. Dans ces décors originaux magistraux, l'artiste musicien est décrit dans sa globalité grâce à l'idée des flashbacks qui caractérisent si bien sa vie. A Venise, où il est venu chercher calme et sérénité (il sent qu'il est à la fin de sa vie), il fait la rencontre d'une adolescente qui résume assez bien sa vie : paradoxes musicaux, quintescence de l'âge, intelligence musicale, mais surtout la beauté de l'adolescente envahissante et dérangeante pour l'artiste (Dirk Bogarde). L'adolescente est incarnée par Bjorn Andresen, et même si elle n'apparaît que succintement à chaque fois, elle rallume la flamme de Dirk Bogarde. C'est ici que les vingt dernières minutes prennent tout un sens. Dans cette ambiance baroque resplendissante à souhait, sous fond d'une musique de Mahler en grande forme, Dirk Bogarde nous touche en toute simplicité sur sa vie (ses paradoxes) et sa stature de star déchue. La scène finale reste l'apothéose du talent irréfutable du duo Visconti/Bogarde.
La musique de Gustav Mahler a l'art de prendre de haut tous les personnages qui se caractérisent par des thèmes différents.
Avec aussi Silvana Mangano ("Barrage contre le Pacifique" de René Clément, "Théorème" de Pier Paolo Pasolini, "Dune" de Monsieur Lynch), Marisa Berenson (découverte sur ce tournage et vue par la suite dans "Barry Lindon") et Romolo Valli ("Il était une fois la Révolution", "1900").
Le scénario, très bien trouvé, mérite toutes mes félicitations : merci Luchino, et merci Thomas Mann (Il a écrit notamment "Les Buddenbrooks") !
"Mort à Venise" est un film assez typique de Monsieur Visconti qui appuie de plus en plus l'idée de la mort et de la décadence au fur et à mesure de ces films.
"Mort à Venise" n'est pas à prendre à la légère, et malgré qu'il soit des années 1970, ce n'est pas qu'il a vieilli, ce n'est pas que l'ambiance n'y est plus, mais c'est qu'il s'agit d'un Visconti sans doute pur et dur mais bougrement efficace dans le fond. Aujourd'hui, la forme a légèrement vieilli (surtout la musique de Mahler, pour ceux qui n'aiment pas la musique classique), mais il s'agit d'un Visconti, maîtrisé de part en part, alors au faîte de sa gloire.
Je le conseille vivement à ceux qui ont aimé "Cinema Paradiso", "Il était une fois la Révolution" et "Et au milieu coule une rivière".
A noter : "Morte a Venezia" a reçu le Prix du 25ème anniversaire du Festival de Cannes.
Patjob
Patjob

43 abonnés 755 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 novembre 2020
La scène d’ouverture, l’arrivée par la lagune de Gustav Von Aschenbach, est déjà somptueuse. Par ses merveilleuses images dans la lumière brumeuse, voire blafarde, correspondant en cela au teint du personnage. Par ses différents éléments : les soldats qui courent le long des Giardini, qui renvoient le musicien au temps lointain de la jeunesse et de la santé, et qui sont annonciateurs de la guerre mondiale qui se profile ; le nom du bateau qui le transporte, qui évoque, et le fait pressentir, l’impossible amour ; les initiales de G V A sur sa malle, imposante et noire, préfigurant son cercueil. Le titre le disait déjà, c’est d’une arrivée vers la mort qu’il s’agit. Et le gondolier qui va l’emmener au Lido s’apparente au « passeur » de la mythologie antique. Au cours de ce dernier séjour, Von Aschenbach va découvrir un adolescent fascinant, pour lui le symbole de la beauté, beauté qu’il s’est efforcé d’atteindre par ses compositions. Dans une Venise en proie à l’apparition d’une épidémie de choléra que les discours officiels s’attachent à dissimuler, cette rencontre va faire surgir des souvenirs, souvent douloureux ou cuisants, et susciter de très riches réflexions, sur l’art, la création, et les limites de l’homme. Au rythme de scènes magnifiques (l’exaltation d’Aschenbach lorsqu’il trouve le prétexte du bagage égaré pour revenir au Lido, c’est-à-dire faire passer sa pulsion par-dessus la raison), de la fluidité et l’élégance que leur confèrent les nombreux lents panoramiques ou zooms, que Visconti expliquait en disant que le film est un échange de regards, scènes qui sont autant de glissements vers l’inéluctable. Au rythme aussi du merveilleux et délicat Adagietto de la 5ème symphonie de Mahler (dont le personnage a inspiré celui d’Aschenbach), qui est une composante essentielle de l’ambiance du film (et qui est pour moi difficilement dissociable du film et de la Sérénissime). Réflexion et émotion, grandeur et délicatesse, beauté naturelle et beauté artistique : Luchino Visconti a réalisé un inoubliable chef-d’œuvre, qui dépasse (le fait est assez rare) le livre de Thomas Mann.
SebD31
SebD31

102 abonnés 553 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 septembre 2008
Un chef-d'oeuvre des années 70. Visconti aborde des thèmes intéressants comme la solitude, l'homosexualité ou encore la mort. Brillant d'un point de vue visuel. Dirk Bogarde est un acteur de très grande classe. Inoubliable !
oranous
oranous

161 abonnés 1 097 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 août 2008
Une relation des plus ambigües s’installe entre cette beauté angélique, beauté androgyne et ce vieux malade voulant retrouver sa jeunesse.
La fin est magnifique avec cette espèce d’ombre sereine et le corps mourant, la teinture dégoulinant le long du visage.
Très peu de dialogue mais lorsqu’il y en a ils sont très bons et concernent l’art, la beauté, les sentiments. Tout se joue dans les regards et les sourires. Le film est donc assez lent et peu paraitre parfois longuet. Mais la magnifique BO de Gustave Mahler comble les passages où il n’y a pas de dialogue et la caméra de Visconti filme magnifiquement bien ses acteurs.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 2 août 2008
"Mort à Venise", film lumineux et complexe, est probablement l'un des plus grands chefs-d'oeuvre du 7e Art. Il est une longue méditation sur l'ambiguïté de l'artiste confronté à son art et à la mort. L'histoire du film est centrée sur les états d'âme du héros et rendue plus intense et crédible par le recours aux souvenirs et aux réminiscences.
Un musicien arrive à Venise et croise à l'hôtel des Bains, où il est descendu, un jeune garçon d'une surprenante beauté qui le subjugue immédiatement. Leur relation se réduira à un jeu de regard mais n'en troublera pas moins le musicien qui voit soudain ses convictions remises en cause. Il tente de fuir, puis décide de rester, de prolonger son séjour, alors qu'une épidémie de choléra s'annonce et que la ville, elle-même, parait s'engloutir dans les eaux, ainsi qu'un navire en perdition.
Tout est subtilement évoqué de cette lente érosion à laquelle le temps condamne les êtres et les choses, alors que la beauté traverse cette réalité telle un ange exterminateur. On voit dans le gondolier un passeur d'âmes, dans le visage maquillé de poudre blanche d'Aschenback son fantôme dérisoire, dans les calli désertées et putrides une cité qui s'abandonne à l'oubli, dans l'hôtel que les estivants s'apprêtent à quitter, un monde sur le point de disparaître, mort annoncée d'une époque que la guerre va bientôt déchirer et ouvrir aux lendemains inquiétants du XXe siècle.
Le génie de Visconti est d'avoir trouvé le langage approprié pour exprimer la beauté et les sentiments qu'elle inspire et, par l'image et le son magistralement utilisés, rendu sensible l'angoisse, la mélancolie et le désir jamais comblé. ( Voir ma critique sur mon blog "La plume et l'image". Rubrique Cinéma d'hier - page 4 )
stillpop
stillpop

94 abonnés 1 444 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 février 2012
L'histoire d'un homme fatigué de beaucoup d'échecs, qui va se reposer à Venise, comme d'autres font leur voyage de noces.
Voici un film culte à prendre avec des pincettes.
Le sujet tout d'abord. La découverte tardive de l'ambivalence de la sexualité masculine. Puisque tout est basé sur la beauté, la perfection et le look, et que les grecs ont compris bien avant le marais parisien : le pouvoir du plaisir de la ressemblance (on appelle ça un miroir), les hommes avec les hommes, les femmes pour procréer et blablater ensemble ! Qu'est ce qui empêche les hommes de 2008 d'aimer la jeunesse masculine, à part leurs goûts profonds, la morale catholique et la loi laïque ? Il est sûr que ce choix a participé à l'odeur de souffre de ce film. Mais s'il est essentiel pour comprendre que l'humanité ne se résume pas à la norme pour les moutons qui ont peur de se perdre dans les méandres de la beauté et de l'aventure, une jeune fille aurait autant fait l'affaire. Et pourtant, peut-être pas. Tout serait devenu plus salace, sinon vulgaire, ici, le jeune garçon joue et utilise tout son pouvoir de séduction naissant (et bientôt périmé) pour jouer contre un adversaire finalement plus proche donc plus complexe, et surtout à sa hauteur.
Si ce jeu très pervers de la proie sur le chasseur presque inversé prend tout son sel par son homosexualité, il est aussi original. Qu'on ne me parle pas de pédophilie ou de détournement de mineur, à 14 ans à cette époque, on était suffisament grand pour savoir ce que l'on doit faire et avec qui.
De signe de croix, il n'est pas question dans ce film, la bourgeoisie de l'époque avait depuis longtemps pris ses distances avec le clergé, et l'expression du physique masculin, avec des maillots plus que suggestifs annonçait la fin du corps que l'on cache, même en bonne société. A moins que la bourgeoisie ne considère l'adolescent indemne des stupres du désir charnel adulte.
Car ce que plusieurs passages à la télévision m'avaient fait perdre, c'est le jeu sournois de ce jeune Polonais. Sur grand écran, aucune indécision n'est possible, la jeunesse s'ouvre à la puissance de la séduction, et au danger de s'intéresser à l'autre, à une époque où la mixité était quasiment impensable, l'homosexualité était le premier expédient du désir des entrailles.
C'est finalement ce qu'il y a de plus choquant, l'homme frustré de tant d'échecs n'est pas le plus pervers, seul l'« innocence » fait l'avocat du jeune éphèbe.
Le film est évidemment aussi une histoire d'amour, mais tellement polluée de scandale et de pathos que l'on oublie presque que Visconti a parfaitement décrit sans aucune niaiserie les émois sentimentaux de ce vieil homme, sur presque tout les plans.
Tous les thèmes sont abordés, la vieillesse, la séduction, l'amour, la pédérastie, le changement de siècle dans l'art de la musique, la corruption intellectuelle d'une ville touristique comme Venise, et bien d'autres choses qui tiennent à peine dans 2h10 de film.
Et c'est beau.
Evidemment, tout n'est pas parfait, la lenteur incroyable de la première demi-heure donne à voir une belle photographie, mais ça ne suffit pas à sortir de l'ennui. Les plans qui tournoient (lentement) pour découvrir les salons sont intelligents, mais au troisième, on sent le système. Sans parler de ces zooms obligatoires du début du film sur Bogarde.
Les scènes de flash back avec l'ami critique d'art ou compositeur ne sont pas du tout maîtrisées à mon goût et tombent un peu comme un cheveu sur la soupe puisque les dialogues sont empesés et abscons tandis que le positionnement amical n'est pas très clair.
Et le vrai problème en ce qui me concerne, c'est que je crois que je n'aime pas Mahler, autant dire que le film est un peu pénible à ce niveau !
Le truc qui mettra tout le monde d'accord, même les imbéciles, ce sont ces deux superbes scènes sur la plage. La première, inoubliable, du compositeur écrivant face à la beauté pure, qui essaye de sauver un moment d'éternité, de cet enfant drapé à la romaine qui part contempler la mer dans un coin du cadre de la caméra, tellement gracieux, tellement au delà des contingences matérielles. Le genre de scène qui perd tout intérêt à la télé, mais qui prend sens et majesté au cinéma sur grand écran.
Celle où après une bagarre imbécile avec un camarade de son âge ingrat et puéril sinon machiste, il va chercher la pureté sans doute la maturité vers l'eau et le soleil qui crépite d'intensité sur sa magnifique ombre chinoise d'enfant polonais entre deux âges, sur une plage vénicienne filmé par un italien, marqué à jamais par la beauté et la grâce dont il abuse de manière ostentatoire, cette chance que le hasard lui a donné à la naissance.
Rien que pour ces deux moments, très courts, ce film est le chef d' œuvre absolu, qui montre la beauté parfaite, peu importe que ce soit un homme, un enfant ou une femme, Visconti a su diriger cette beauté du diable, et c'est éternellement magnifique.
JohanJett
JohanJett

39 abonnés 209 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 décembre 2012
Un film sentimentalisme et romantisme sur un homme mourant à Venise au 19 éme siècle .Luchino Visconti réalisera son film le plus personnel voire même le plus abouti de son histoire.

Toute cette histoire sur Venise dépeint avec grâce un hôtel et ses habitant(e)s autour d'une plage avec grâce toute la splendeur d'un grand réalisateur italien.

Une œuvre déchirante d'une grande clarté ,la mise en scène est très bien soignée,plusieurs plans séquentiels sont très raffinés comme ceux du principal personnage récurent fréquentant dans des flashbacks une jeune prostitué et pianiste dont le plan de la caméra est disposé d'une manière assez délicate avec un grand miroir au dessus d'elle afin d'éclairer sa chambre.

Visconti avait réalisé un film sur la mort d'un compositeur avec virtuosité sur la perfection d'un artiste admirablement bien joué par un acteur anglais, Sir Dick Bogart
Attigus R. Rosh
Attigus R. Rosh

253 abonnés 2 690 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 mars 2017
Mort à Venise est un beau film, très poétique de la part de Luchino Visconti.
L'histoire, adaptée d'un roman de Thomas Mann, est magnifique. Le film arrive à nous faire ressentir les émotions du personnage principal et ce, malgré le fait qu'il les dissimule.
Les acteurs sont très bons : Dirk Bogarte porte très bien dans un rôle très renfermé et mutique. Le jeune Björn Andresen est assez naturel, même si son rôle n'implique pas forcément de grandes performances d'acteur.
La musique de Gustav Mahler est absolument majestueuse, le film peut même être vu uniquement pour sa bande originale.
Les décors de Venise sont très beaux (en même temps, c'est Venise).
Encore un bon film de Visconti.
Ghibliste
Ghibliste

94 abonnés 577 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 mai 2015
"Mort à Venise" est le premier long-métrage de Luchino Visconti que j'ai eu la chance de voir. Et quelle claquounette ! Cette adaptation d’une nouvelle de Thomas Mann est aussi superbe que tragique. Pourtant, les 3 premiers quarts d'heure - bien que visuellement sublimes et musicalement intenses - sont quand même très lents, et même si la suite ne sera pas beaucoup plus rythmée, l'histoire, elle, prendra un tournant dramatique bouleversant, avec de magnifiques et troublantes scènes - muettes - entre l'extraordinaire Dirk Bogarde et le jeune éphèbe Bjorn Andersen. Parce qu'en effet, il y a très peu de mots, hormis lors des échanges philosophiques entre le héros vieillissant et son collègue, mais la grande musique de Gustav Mahler et la réalisation précise de Luchino Visconti captivent. Ainsi, au fur et à mesure qu'avance ce film contemplatif, subtil, mélancolique et d'un esthétisme désarmant, la fascination gagne, jusqu'à cette scène finale sur la plage, d'anthologie... Une histoire d'un romantisme ahurissant, mais qui aborde surtout le thème difficile du désir interdit, avec une classe et une humanité nécessaires... Du très très grand cinéma !
petitlapinnoir
petitlapinnoir

73 abonnés 335 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 avril 2011
Au son de la 5e symphonie de Gustav Mahler, l'esthète du cinéma italien nous convie dans un univers morbide. Au discours intellectuel véhiculé par le film, s'ajoute une relation équivoque entre un bel adolescent, et un musicien sur le déclin. Au final, une oeuvre dérangeante et magnifique.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 4 novembre 2009
Du visconti, certes, mais du mauvais. Je n'ai vraiment pas adhéré à cette histoire de compositeur psycho-rigide tombant en pamoison devant ce jeune éphèbe comme le qualifirait Frédéric Mittérrand.. Tout le film n'est qu'un jeu de dupe guignolesque entre le vieil homme libidineux et le jeune gringalet. Seule la scène du sablier m'a réellement interpellée. Venise est tout de même magnifiquement filmée et la réalisation soignée, mais le jeu d'acteur et le scénario sont vraiment trop légers pour le coup.
Shékiinä .
Shékiinä .

66 abonnés 678 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 octobre 2012
Du grand art ! Le premier film de Luchino Visconti que je regarde, et je dois dire que je ne suis pas déçu du voyage même si au début du film j'ai eu du mal à complètement rentrer dedans. Mort à Venise est un film particulier, mystérieux, troublant, avec une réflexion philosophique (comme il y en a souvent dans le cinéma italien) et une façon de filmer spéciale : d'abord de loin puis la caméra se rapproche lentement petit à petit et s'arrête fixe devant les visages de Aschenbach et Tadzio pour qu'on puisse voir leurs émotions ; cela crée un rapport d'intimité entre les deux comme si plus rien ne semblait exister autour d'eux. L'acteur Dirk Bogarde est super, il incarne à la perfection ce personnage/artiste désabusé dont la mort inéluctable approche de plus en plus (la dernière scène est magistrale), qui est en quête d'inspiration et fasciné par la jeunesse et la beauté d'un adolescent qu'il croisera à plusieurs reprises, sans jamais osé le parler, se satisfaisant uniquement de leurs jeux de regard et de sa beauté angélique .
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 29 septembre 2006
Mais comment peut - on parler de "Mort", puisqu'il n'y a Aucune VIE qui se dégage de ce film ?!
De très beaux paysages ne sont que prétextes à une histoire inutile, sans intérêt et très ambiguë...
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