Au début du 20ème siècle, un compositeur en mal d'inspiration se rend à Venise, espérant y retrouver le goût de vivre. Sur place, il va être frappé par la beauté d'un adolescent androgyne, mais il va également réaliser que la ville est en proie à un épidémie. Luchino Visconti filme avec élégance Venise, et offre un contraste fort entre l'angélisme du jeune homme visé par le protagoniste, et le voile de mort qui s'abat peu à peu sur la ville. Par ailleurs, Dirk Bogarde est très imprégné dans son rôle d'artiste vieillissant, pris entre la beauté et la mort, les deux thèmes évoqués dans la mise en scène. Mais à côté de tout cela, ne vous attendez pas à un film rythmé ! "Morte a Venezia" est une œuvre lente, filmée à coups de zooms et travelings lancinants, comportant peu de dialogues, et tournant à moitié rond. Cette lenteur en fera décrocher plus d'un, pour les autres il reste l'ambiance visuelle.
On a dit à sa sortie que c’était le chef d’œuvre de Visconti et que la Palme d’Or de Cannes 1970 lui avait été volé au bénéfice de Losey et « Le messager ». Le temps donne tout de même raison au jury de Cannes. Au bout de 30’ on a compris la thématique du film, mais Visconti choisit de tourner un long métrage de 2 heures autour de ce qui n’est qu’une nouvelle. C’est un film d’ambiance sans dialogue et sans rythme, et j’y suis resté insensible. En lisant le synopsis, je croyais voir un film sur un artiste en fin de vie et en manque d’inspiration succombé au charme d’un jeune homme car il était le reflet de LA BEAUTE à l’état pur. Et le début du film nous entraine sur des questions philosophiques sur ce sujet. Mais dans le rapport entre le jeune homme de 14 ans et l’artiste, cette réflexion s’effondre pour laisser place à quelque chose de plus cru et limite malsain : l’attirance homosexuel et pédophile du vieil homme pour le jeune qui, lui, s’enlace dans des jeux plus ou moins innocents avec d’autres jeunes garçons. La fièvre monte chez le vieil homme qui aimerait tant avoir 40 ans de moins. Quand on sait que Visconti, quelques temps après fera son coming-out, on comprend notre désarroi en visionnant ce film où l’homosexualité flirte avec des fantasmes pédophiles. Visconti est virtuose pour filmer tous les jeux de regards entre les deux personnages. Cette relation est platonique et ne repose que sur les yeux et ceci est bien rendu. Mais voilà, on s’emmerde.
Mort à Venise est un beau film, très poétique de la part de Luchino Visconti. L'histoire, adaptée d'un roman de Thomas Mann, est magnifique. Le film arrive à nous faire ressentir les émotions du personnage principal et ce, malgré le fait qu'il les dissimule. Les acteurs sont très bons : Dirk Bogarte porte très bien dans un rôle très renfermé et mutique. Le jeune Björn Andresen est assez naturel, même si son rôle n'implique pas forcément de grandes performances d'acteur. La musique de Gustav Mahler est absolument majestueuse, le film peut même être vu uniquement pour sa bande originale. Les décors de Venise sont très beaux (en même temps, c'est Venise). Encore un bon film de Visconti.
Il y avait des ingrédient prometteurs, l'interprétation sobre et géniale du grand Dirk Bogarde, la présence en arrière-plan de la si belle Silvana Mangano, une photographie superbe faisant de chaque plan un petit tableau vivant et puis la musique sublime de Gustav Malher. Quant au choix du thème il est courageux et aurait pu être intéressant. C'est ce dont se souviennent ceux qui dise avoir aimer le film, en oubliant que ça tourne en rond, que ça n'avance pas, les longueurs exaspérantes, les scènes inutiles qui se comptent par dizaines et qu'on ne s'accroche à rien. Les dialogues sont rares et soit ne servent à rien, soit sont franchement ridicules (à l'instar de ces discussions byzantines et improbables sur la fonction de l'art). Tout cela aurait pu constituer à la rigueur un court métrage de 20 minutes, mais là nous avons deux d'heures d'ennui avec un fin interminable. PS : pourrait éventuellement intéresser les fétichistes des chapeaux,de femmes il y en toute une collection et ils sont très jolis.
Un film envoutant à l'ambiance sulfureuse et parfois à la limite de la décence morale. Mais Visconti ne transige pas avec son œuvre et tient jusqu'au bout cette passion radicale, jouée avec brio par un Dirk Bogarde déchirant. La bande originale est sublime et le tout est glacé et très émouvant.
AMOUR. Dick Bogarde, le crépuscule d'un dieu. La vieillesse, la nostalgie de la jeunesse et de la beauté, les mystères de Visconti. Des plans magnifiques, comme les tableaux d'un musée, une symphonie tout en regard par un impressionniste du septième art.
Alors là je ne sais pas comment prendre ce film. Une ode à la perversion et à la vision particulière et tendancieuse, d'un artiste en panne d'aspiration, qui décide de faire un voyage à Venise pour se ressourcer et composer une autre symphonie. Déjà on arrive à la limite et la suffocation en lisant cette mise en bouche.
Comment réussir à faire près de deux heures avec un scénario si pauvre ! Oui mort à Venise est vraiment loin d'être un chef d'oeuvre salué par de nombreux cinéphiles.
Maintenant que j'ai vu ce film. Je peux me permettre de considérer ce genre de personnes comme des fous en manque de relations humaines et sexuelles et de vie sociale la plus stable possible. Ode à l'auto-onanisme artistique, cette oeuvre m'a fait mourir d'en mon sommeil à plusieurs reprises.
Impossible de s'accrocher sans raccrocher. Alors trois étoiles pour la partition symphonique inédite et réservée au film, mais c'est vraiment trop généreux.
Luchino Visconti adapte le chef-d'oeuvre de Thomas Mann dont il garde les thématiques majeures (la création artistique, l'idéal, la beauté, le désir, la mort) et le cadre (Venise, de l'aube au crépuscule, de la magnificence à la putréfaction). Mais il change la profession d'Aschenbach, le personnage central, d'écrivain à musicien, pour mieux adjoindre au récit la musique de Gustav Mahler, qui épouse avec une évidence majestueuse et triste le lyrisme du récit. Et surtout, il traduit la dimension intellectuelle du texte-source en une pure contemplation. C'est un véritable tour de force poétique où tout est dit à l'image, sans recourir (ou presque) aux mots, aux dialogues. Zooms avant et arrière pour exprimer les jeux de regards, le magnétisme, le trouble qu'éprouve le personnage principal pour le bel ado Tadzio, sa fascination, son obsession... Lents travellings pour dire la mélancolie d'une fin de vie, le bonheur de tutoyer la beauté incarnée et le malheur de ne l'atteindre jamais (comme cet horizon que désigne Tadzio à la fin du film). Parfum suave et vénéneux d'une passion saisie dans sa polysémie, entre joie et souffrance. Parfum qui se dégage des décors riches et fleuris de l'hôtel où ont lieu les rencontres quotidiennes. Parfum qui se dégage d'une séance chez le coiffeur, d'où Aschenbach ressort le cheveu teint et la peau fardée. Visconti suit son héros subjugué et pathétique (excellent Dirk Bogarde) dans une déambulation envoûtante, sans issue, composant autour de lui des tableaux vivants d'un raffinement sans nom (les scènes d'hôtel) ou de solitude infinie (les dernières scènes de plage, en plan large). Il ajoute à la narration quelques réminiscences proustiennes, n'évite pas toujours un certain maniérisme dans la richesse de son esthétique et la longueur de certains plans. Mais tant de beauté, de lyrisme et d'intelligence laisse pantois. À noter que le jeune acteur suédois qui interprète Tadzio, Björn Andrésen, était apparu un an plus tôt, en 1970, dans le premier film de Roy Andersson : A Swedish Love Story.
Après le muet et le parlant, le cinéma silencieux. Le récit est d'une ineffable évidence, son amplitude celle d'une poésie tragique. Et les images, les couleurs et les regards.
Le film est visuellement très beau. Chaque scène est un tableau, mais qui a tendance à se répéter. Mort à Venise est très contemplatif, presque dénué de dialogues et le récit progresse trop lentement, quand il progresse. Je me suis ennuyé comme ça ne m'était pas arrivé depuis longtemps. Émotionnellement je suis resté sur le quai.
Après Le Guépard dont j'en suis ressortis assez déçu je découvre mon second film de Luchino Visconti, Mort à Venise. La sensation est quasiment exacte, le film d'un point de vue esthétique est magnifique voir parfait. On assiste à une peinture en mouvement, la musique de Gustav Mahler, Franz Lehàr, Modeste Moussorgski et Ludwig Van Beethoven ( pour ce dernier une scène divine ) fait partie intégrante du long métrage, entendre ces notes est un pure émerveillement. Les thèmes abordés à première vue sont passionnant, mais la lecture entre les lignes et les interprétations des non dits à outrance me gâche presque tout plaisir ... Les séquences ou le mutisme règne sont d'une longueur terrible, il n'y a que quelques dialogues dans le film et ceux ci sont froid sans fièvre ... Je me suis ennuyé atrocement et ceux malgré les qualités indéniable de mise en scène de son auteur. Mort à Venise bouscule, oui c'est beau, mais il m'en faut beaucoup plus !
J'ai du mal à comprendre une note de 3,5 pour ce film tellement envoûtant. Pas exempt de défauts mais incomparable, inoubliable. L'un des plus intimistes de l'immense Visconti. La très grande beauté, la mort, l'incompréhension, la culpabilité, l'amour, la musique, la littérature, la douleur de la création, Mahler, Venise, et j'en oublie... ça ne suffit pas pour un 5 étoiles, que faut il de plus alors ?
Bon sang, quel film ! Je n'ai découvert Mort à Venise que trop tard et il fait désormais parti de mon top 3 ! J'ai cru mourir à plusieurs reprises, le déluge d'émotions et de sentiments, qui m'ont traversé, est impossible à supporter pour un seul homme. Au bout d'une heure, quand le compositeur s'apprête à partir en gare pour Munich et qu'il croise Tadzio, qu'il comprend qu'il ne le reverra certainement plus... Je ne sais pas comment j'ai fait pour ne pas pleurer. Il dégage de ce film, un flop de poésie, de sous-entendu, d'amour et de mort. Comme quoi, il ne doit pas forcément y avoir de dialogues dans une réalisation pour pouvoir transmettre le ressenti, la vision et l'émotion d'un personnage. Le rythme lent, les arrêts image sur le visage des personnages, les décors, la couleur, mon dieu ! Indispensable !