Mort à Venise
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131 critiques spectateurs

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ProjecteurTemporel
ProjecteurTemporel

1 abonné 58 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 mai 2026
Avec Mort à Venise, Visconti transforme la décadence et le désir en une expérience sensorielle d’une beauté presque irréelle, où chaque plan semble déjà contaminé par la mort. Dirk Bogarde incarne un homme qui regarde s’effondrer son monde intérieur avec une retenue bouleversante, prisonnier d’une fascination qu’il ne peut ni assumer ni fuir. La mise en scène avance comme une lente agonie élégante, sublimée par l’utilisation hypnotique de Mahler qui donne au film une dimension presque funéraire. Venise n’y apparaît plus comme une ville, mais comme un mirage malade et somptueux, suspendu entre l’art absolu et la corruption des corps. Une œuvre d’un raffinement vertigineux, où Visconti filme la beauté avec la conscience douloureuse de sa disparition inévitable.
Gentilbordelais

402 abonnés 3 539 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 21 avril 2026
Une oeuvre cérébrale, troublante et singulière, évocation du désir brûlant de la beauté et de la jeunesse perdue. C'est avec de nombreux travellings sans dialogues que le spectateur voit par le regard du personnage esseulé de D. Bogarde. La partition classique apporte une forme de tragédie romantique et de nostalgie désenchantée. Mais les scènes s'étirent de façon interminable pour raconter finalement trop peu. 2h d'une attente si longue.
Anne Maisonneuve
Anne Maisonneuve

9 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 19 avril 2026
Comment peut-on crier au génie en visionnant une telle horreur ! Visconti, quelques bons films mais certainement pas celui-ci.
Alasky

454 abonnés 4 539 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 11 septembre 2025
Soporifique au possible, Mort à Venise est pour moi un film malsain... Je sais bien qu'il est bien de remettre les films dans leur contexte historique, mais n'est-ce pas là une apologie de la péd*phi*** ? Les regards dérangeants de cet allemand chelou m'ont fait froid dans le dos. Non, franchement, ce serait impossible de faire un tel film aujourd'hui. Et à part les vues de Venise qui sont franchement jolies et la musique, je ne vois pas l'intérêt de ce film.
Thomasmichaelchoquet
Thomasmichaelchoquet

8 abonnés 7 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 juin 2025
La rencontre de deux maîtres de l'art : soixante ans après la parution du Meisterwerk de Thomas Mann en 1912, son adaptation cinématographique devient le capolavoro de Luchino Visconti. Le comte en a fait le cœur de sa trilogie allemande où il s'inspirait déjà de l'oeuvre mannienne pour Les Damnés et qu'il clôturera majestueusement avec son biopic du plus fantasques des monarques allemands : Ludwig, le crépuscule des dieux. C'est probablement le plus personnel des films du réalisateur milanais ; il y exprime toute la minutie de son travail, son amour pour la Sérénissime, pour Mann, et sa propre homosexualité.
D'autre part, La Mort à Venise est possiblement la plus fidèle adaptation d'une oeuvre littéraire de l'histoire du cinéma. Les tenues, gestes, dialogues des personnages sont reproduits à l'identique suivant les descriptions détaillées de l'auteur allemand. spoiler: Un exemple plus concret pourrait être la scène des musiciens de rue. Leur nombre, genre, état d'esprit, leurs costumes, leurs instruments et expressions faciales respectent à la perfection l'énoncé de la nouvelle. La pose de Tadzio, dos aux chanteurs, le bras gauche posé nonchalamment sur la rambarde de la terrasse, le droit prenant appui sur sa hanche, les pieds croisés et le regard dirigé vers celui qui l'aime correspond exactement à la description de Mann. Plus fort encore : Visconti est parvenu à transposer à l'écran une «rengaine en dialecte incompréhensible et sertie d'un refrain ri [...] où il ne restait rien sinon un rire rythmiquement ordonné mais maîtrisé avec un grand naturel, auquel le talentueux soliste savait véritablement donner une vivacité plus vraie que nature» (la traduction est mienne).

Dirk Bogarde fait preuve d'un talent sans égal pour rendre compte des états d'âmes du personnage d'Aschenbach, uniquement via ses expressions et sans nécessiter de dialogue interne. La sublime splendeur de Silvana Mangano (à travers laquelle Visconti a cherché à rendre hommage à sa propre mère) se marie quant à elle admirablement avec la beauté transcendente de son «fils» Björn Andrésen.
Une divergence entre la nouvelle et le film pourrait cependant être relevée : la profession d'Aschenbach. C'est un écrivain chez Mann, Visconti en a fait un compositeur. Mais là encore la différence n'en est peut-être pas une puisque le comte avait toutes les raisons de penser que le Nobel de littérature avait lui aussi un musicien en tête. Ainsi le titre de la nouvelle renvoie-t-il directement à Richard Wagner, principale personnalité allemande morte à Venise. Venise est également le lieu de composition de Tristan et Isolde, et le nom du protagoniste, Aschenbach, fait écho au personnage d'Eschenbach dans Tannhäuser. Le lien avec le père de l'opéra allemand semble donc évident.
Pourtant, Visconti fait un rapprochement non pas avec Wagner mais avec Mahler (à travers certaines scènes, notamment celle de la mort de la fille d'Aschenbach, épisode central de la vie de l'auteur des Kindertotenlieder). Rappelons que Mann et Mahler se connaissaient et que ce dernier est mort en 1911, l'année de la rédaction de La Mort à Venise ( spoiler: dont le héros meurt aussi à la fin)
. D'ailleurs Aschenbach est prénommé Gustav comme le compositeur. L'écrivain lui-même a reconnu s'être inspiré de Mahler pour le héros de sa plus célèbre nouvelle.
Le génie de Visconti transparaît encore dans le choix de la musique extradiégétique qui revient sans cesse aux moments cruciaux. C'est le sublime adagietto post-romantique de la cinquième symphonie de Gustav Mahler, dont le thème central plus dynamique s'inspire directement du leitmotiv du regard dans Tristan et Isolde (qui je le rappelle fut écrit dans la ville lagunaire), et au travers duquel l'artiste déclara sa flamme à sa future épouse : la compositrice Alma Schindler. En somme, avec ce seul air Visconti parvient à faire un lien entre Mahler, Wagner, Venise, l'amour mais aussi la décadence qui caractérise toute l'esthétique de l'Autrichien, ainsi que celle de Mann.
En résumé, le réalisateur de Morte a Venezia a su témoigner d'une connaissance parfaite de l'intégralité de l'oeuvre de Thomas Mann, du lien que la décadence y entretient avec la musique de Wagner, de la dimension post-romantique d'un monde dont la noblesse (à laquelle appartient Aschenbach) se meurt, remplacée par une bourgeoisie marchande, du tiraillement entre vie d'artiste et vie bourgeoise et du charme complexe, mais perdu et regretté de la Belle Époque.
Luchino Visconti a ici réalisé son chef-d'œuvre, un film qui, enfin, révèle toute la dimension artistique du cinéma.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 230 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 mai 2025
Le titre de l'oeuvre annonce très judicieusement cette parabole sur la beauté parfaite, la splendeur absolue qui consument la vie et que le compositeur von Aschenbach, l'artiste raisonnable et intègre entre tous, croyait qu'on atteignait avec de nobles sentiments. Mais la présence à Venise d'un adolescent inabordable, confondant de beauté et de grâce, entraine l'homme vieillissant dans un tourment inconnu et dans la passion funèbre. La mort n'est pas loin, qui couronnera -ou sanctionnera- l'extase tout autant que l'impuissance de l'artiste, cette mort qui se profile, qui vaut mieux qu'une existence terne et qui pousse von Aschenbach à dédaigner l'épidémie de choléra se répandant dans Venise.
Dirk Bogarde incarne avec conviction et émotion cet homme que son désir homosexuel inattendu culpabilise. C'est par ce biais "honteux" parmi d'autres, que l'artiste von Aschenbach part à la rencontre de la beauté pure. Et le film n'est jamais aussi poignant que lorsque la musique de Mahler (adagietto de la Cinquième symphonie) recouvre Venise et accompagne la mise en scène crépusculaire de Visconti.
chrischambers86

16 164 abonnés 13 124 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 mars 2025
Adaptation somptueuse et poignante, d'après l'oeuvre de Thomas Mann, dans l'un des chefs d'oeuvre les plus dèchirès du cinèma italien, sinon le plus beau esthètiquement parlant tournè à Venise. L'approche solitaire de la mort selon Luchino Visconti. Si, à la vision de la scène finale au Lido di Venezia, vous n'avez pas les larmes aux yeux, c'est que vous êtes dur et que ces images contemplatives et crèpusculaires ne sont pas pour vous. Une leçon de mise en scène vous dis-je et un Dirk Bogarde au sommet de son art. Avec cerise sur le gâteau l'envoûtante musique de Mahler. Et si c'ètait ça l'amour vu par le « Guèpard » du cinèma ?
Geneviève Coote
Geneviève Coote

16 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 février 2025
De superbes images portées par la musique de Mahler. Le film reste longtemps dans la mémoire. Dirk Bogarde est impressionnant, souvent filmé en gros plan sans une fausse note. Un bémol apporté par le thème du film dont certains aspects sont difficilement acceptables.
Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 307 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 décembre 2024
Et la maladie l'emportera. Il faut être réglo les gars, et dire les choses comme elles sont : d'une nouvelle à l'écriture apparemment rythmée (c'est ce que disent les lecteur assidus), Visconti opte pour un film aussi lent que contemplatif. Donc, dans tous les cas, on sent bien passer les 2h10. Et ensuite ? Très peu de dialogues. Ils se contentent du strict minimum et son même parfois recouverts soit par des bruits de fond, soit par les musiques de Mahler. Tout passe donc par les non-dits et les questions ne manquent pas. Pourquoi cette fascination pour ce jeune garçon à la longue chevelure blonde ? Parce que rappelant le souvenir d'un être cher, aujourd'hui disparu ? Parce que l'artiste, quel qu'il soit, est automatiquement captivé par quelque chose de beau ou que lui, trouve beau ? Ou parce qu'il y a attirance sexuelle ? Autant de questions qui se valent, mais qui ne trouveront jamais de réponses. Visconti laissant toutes les pistes ouvertes et laissant son personnage principal rongé par les tourments. A ce titre, la performance de Dirk Bogarde est incroyable. L'acteur anglais héritant d'un rôle d'une grande complexité. Cela dit, il en avait l'habitude. On regrettera alors dans tout ça quelques flashback mal incorporés et faisant un peu cache-misère ainsi que quelques digressions intellectuelles tombées du ciel sur les fondements de l'Art. Moi, je dis que "Mort à Venise" est un grand film, mais je garde à l'esprit que la frontière entre l'intérêt et l'ennui profond y est très mince et qu'il est très facile de tomber à n'importe quel moment d'un côté ou de l'autre de la barrière.
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 831 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 octobre 2024
La séquence introductive indique pleinement les qualités du drame: de superbes plans, une esthétique raffinée, un acteur principal intense, une atmosphère mélancolique voire funeste, un rêve impossible, une importance latente de l'art dont on questionne la force, la pertinence, l'intemporalité; or ces éléments réflexifs et scéniques riches ne peuvent empêcher la lassitude de la redondance ou de la lenteur narrative! Certes, le symbole d'une maladie dévorant les chairs autant qu'un désir inapproprié ou l'interrogation sur l'amour du Beau, sa pérennité, son universalité, enrichissent le récit mais il manque un souffle, un transport, un émoi pour valider l'exercice, trop plastique. Intéressant cependant.
Post_anthropocene_iel
Post_anthropocene_iel

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 juillet 2024
Attention chef d’œuvre.
Mais de quoi ça parle ?
Attention, je vais SPOILER quelques éléments d’un film dont beaucoup diront qu’il n’y s’y passe rien quand j’y voit une intrigue haletante.
Ça parle d’une longue scène de drague. D’un homosexuel refoulé qui après la mort de sa fille encore enfant et de sa femme, tombe sous le charme d’un jeune homme d’environ 15 ans, probablement homosexuel et qui deviendra pour qui connaît la sociologie homosexuel, placardisé, ce qui est toujours mieux que refoulé, mais ce qui est moins bien que priidé.
Le refoulement se retrouve jusque dans l’esthétique musicale du héros, ce qui le conduit à un formalisme musical pur et ennuyeux, et donc à l’échec professionnel.
C’est donc l’histoire d’un homo refoulé qui a perdu professionnellement et familialement, et qui se libère et vit enfin, au risque d’en mourrir.
Tout est clé dans ce film : le gondolier, les musiciens de rue, les joutes d’esthétique musicale, le coiffeur, l’épidémie.
C’est un chef d’œuvre visuel et un chef d’œuvre d’ambiguïté et de subtilité qui le rend plaisant même quand on ne suit pas bien l’intrigue.
Jegov48
Jegov48

1 critique Suivre son activité

0,5
Publiée le 25 avril 2024
dirk bogarde est ridicule dans le rôle de l'enfilanthrope qui bande mou et se liquéfie dans un crépuscule qui est l'aube du
dieu tadziou. l'esthétisme fin de siècle arrose la scène et l'adagio gustavien berce mollement les gondoles de la ville
cholèrique.
bref ! du visconti qui étire mollement l'ennui érectile.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 10 avril 2024
Film un peu dérangeant du fait qu'il s'agit quand même des atermoiements sentimentaux d'un vieux pédophile qui se fait un peu mener en bateau. Mais au delà de ça il faut voir une allégorie sur l'amour et ses souffrances dès lors qu'il s'agit d'un sentiment unilatéral et de l'humiliation et la déchéance où ce sentiment peut conduire dans certaines circonstances! Je trouve ce film très proche de l'Ange Bleu sur cette idée.
J'ai vu ce film très jeune ( à la base je m'intéressais à Gustav Mahler) et je l'ai trouvé émouvant malgré tout car il n'y a rien de sale, juste de l'errance.
Marc L.
Marc L.

68 abonnés 1 828 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 février 2024
Qu’il est difficile aujourd’hui de percevoir en quoi ‘Mort à Venise’ fut un grand film réalisé avec peu de moyens, car il parle d’une époque dont les derniers témoins ont disparu, avec des référence que plus personne ne maîtrise intuitivement et dont le sujet prête le flanc au scandale (c’était, dans une moindre mesure, déjà le cas en 1971) à une époque où le concept de licence artistique semble avoir disparu du vocabulaire commun. D’ailleurs, il ne s’agit pas d’une adaptation de la nouvelle semi-autobiographique de Thomas Mann (qui, fondamentalement, ne racontait pas grand chose) mais sa traduction avec les techniques et le regard cinématographiques des années 70, pour laquelle les acteurs ont du accepter de s’effacer derrière une quasi absence de dialogues. Cet homme vieillissant et malade des nerfs qui se rend à Venise pour se ressourcer, c’est à la fois le compositeur Gustav Mahler, dont la musique berce le film et dont la mort soudaine en 1911 avait beaucoup affecté Mann (qui se trouvait alors à Venise), mais aussi l’écrivain allemand lui-même qui, bien qu’âgé de 36 ans, tomba éperdument amoureux d’un adolescent polonais lors de ce même séjour, ou encore Visconti, qui faisait partie de cette société cosmopolite qui fréquentait la cité des doges à la Belle Epoque, et dont plusieurs traits de personnalité se retrouvent chez le personnage d’Aschenbach. Il y avait donc une forte dimension autobiographique de la part de Mann dans la nouvelle, comme il y a une forte identification/admiration de Visconti dans le film envers ce que personnifiait Mann, l’ultime représentant d’un monde aristocratique voué à s’éteindre dans le fracas des deux grands suicides européens du 20ème siècle. Cet amour platonique interdit d’un homme mûr envers un éphèbe s’inscrit dans le courant décadentiste fin-de-siècle, en tant que tentative de conjurer l’inéluctable couplé à une fascination morbide envers ce qu’on ne sera plus jamais. Il s’agit aussi d’un plongeon vers la fin, une passion honteuse et réfrénée qui ne débouche sur rien, une déliquescence psychologique et physique qui se conjugue avec celle de la cité lacustre, en proie à une épidémie de choléra tenue secrète. Jamais le compositeur n’abordera l’objet de son désir. Au contraire, il se perdra de plus en plus dans ses souvenirs, ses rêveries et ses prémonitions jamais vérifiées, de plus en plus inconscient du mal qui le ronge. Nul besoin de dialogues chargés pour figurer cette dérive silencieuse, celle d’un homme qui fait face à la désagrégation des hautes valeurs intellectuelles et morales dont il avait cru qu’elles dominaient son être, contraintes de céder la place à des passions séniles bassement physiques : seul le souvenir des moments forts de l’existence passée semble encore présenter une réelle clarté. “Il ne se passe rien”, “c’est chiant”, on peut tout entendre à propos du chef d’oeuvre tardif de Visconti. Dans cette méditation sur la déliquescence, il est vrai que Visconti faisait preuve, à tous les niveaux, d’une volonté toute proustienne d’abolir le présent au profit d’un temps à jamais disparu. Ce sera sans doute encore plus vrai pour tous ceux que ‘Mort à Venise’ parviendra à toucher aujourd’hui.
LAvisDuNeophyte
LAvisDuNeophyte

4 abonnés 656 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 21 août 2023
Beaucoup trop lent, sinistre, prétentieux. L'histoire d'amour avec le jeune homme, heureusement inaboutie, avec le jeune homme est de nos jours inacceptable pour des questions d'âge.
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