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Un visiteur
5,0
Publiée le 1 avril 2008
Revu à la télé la semaine dernière ce film qui m'a fait découvrir le 7e art à sa sortie.D'une beauté implacable et inégalée... Le regard de Visconti pénètre l'homme dans ce qu'il a de plus secret.L'horreur et la beauté qui convergent vers un etre d'une sensibilité extreme...La contemplation de la beauté au moment ou la mort vient vous chercher...La scène finale ou Tadzio semble saluer son admirateur en s'avaçant dans la mer est grandiose...Sublime
Je remercie Visconti d'avoir réalisé cette véritable bombe cinématographique, un film d'une trés grande beauté. Un des plus beaux films que j'ai vu, l'interprétation de dirk bogarde est tout simplement énorme, un trés grand classique qui marquera à jamais l'histoire du cinéma.
Visconti est un grand cinéaste, indéniablement. Et "Mort à Venise" est assurément un chef d'oeuvre. Cependant, le cinéma de Visconti ne m'a jamais profondément emballé ou touché. Il y a quelque chose de trop rigoureux, de trop maîtrisé chez ce cinéaste, qui, au final, fait que ses films sont superbes, certes, mais d'une beauté froide, distante, qui ne parvient jamais à me submerger totalement. Je me reconnais ainsi complètement dans les propos de Godard à cet égard, dans son célèbre texte "Bergmanorama", auquel je renvois donc le lecteur. "Mort à Venise", adapté de la nouvelle de Thomas Mann, est un film somptueux qui mûrit lentement après le 1er visionnage et révèle alors toute sa richesse thématique: l'art, la Beauté, le désir, la mort, la fuite du temps, la pureté et l'impureté, la crise de sens de la bourgeoisie... Rien de moins, malgré le fait que l'anecdote du film est bien mince, se résumant à un simple jeu de regards. Superbement filmé jusque dans les moindres détails, bercé d'une douce mélancolie, le film illustre parfaitement la maîtrise stupéfiante que Visconti a de son outil, malgré quelques scènes flirtant parfois avec un romantisme légèrement niais, en raison d'un abus certain des travellings optiques et de la musique de Mahler. Il n'empêche, c'est très beau, et très riche. Je relèverai un parallèle saisissant entre l'art de Visconti et les propos d'Aschenbach, celui-ci estimant que la Beauté est le fruit du travail rigoureux et acharné de l'artiste, opposé en cela à son ami Alfried, qui affirme qu'elle n'est en aucun cas le fruit d'un travail. Le film donne raison à Alfried, dans le fond, mais est une application des théories d'Aschenbach, dans la forme. On imagine alors la part autobiographique contenue dans le film et on comprend mieux pourquoi l'adaptation de cette nouvelle tenait tant à Visconti. "Mort à Venise" révèle une maîtrise parfaite, trop parfaite... Au final, c'est un film que j'admire, non que j'aime. N'est-ce pas Jean-Luc?
Je n'oublie jamais ces regards et cette musique ainsi que ces couleurs qui participent bien sûr à faire de "Mort à Venise" un film à part, un "chef-d'œuvre".
Dix-sept ans après "Senso", Luchino Visconti revenait à Venise dans un contexte radicalement différent. Fini le 19ème siècle et les grandes fresques historiques, le style flamboyant aux couleurs vives, l'excentrisme marqué des personnages et le rythme sans aucun temps mort... Place au drame intimiste et obsessionnel, introspectif également ; parfaitement ancré dans une approche de cinéma dit d'"auteur", lent, contemplatif et profond, allant directement au sujet principal sans forcément proposer les différents niveaux de lecture d'un magnifique "Guépard" et autres oeuvres semblables. S'il met un peu de temps à démarrer vraiment, la faute à une introduction trop longue se regardant dérouler, ce long-métrage possède LA scène déclic extraordinaire, significative du grand maître lorsqu'il atteint les plus hauts sommets. En quelques mouvements de caméra, tout est posé, décrit, construit avec une précision implacable : les personnages entrent et ressortent du cadre, se déplacent avec une grâce inouïe et servent la formidable mise en scène d'un L.V. enfin lancé. Lui a tiré les enseignements du passé et s'est inspiré du cinéma "moderne" mis en place en Europe au cours des années 60 sans délaisser les origines de sa maîtrise : son image est plus soignée que jamais et comporte des figures de style maniant aussi bien la caméra à l'épaule (rare toutefois), que les zooms (abusifs et lassants) ainsi qu'autres audaces narratives comme le flash-back ou la voix-off, tous deux intelligemment utilisés. La réflexion sur l'intégrité artistique est passionnante, celle d'un homme se mourrant tout autant. Quant aux amours tant décriés, ils sont finalement remarquablement rendus dans un souci de justesse cinématographique rare. Parfois long voire auto-satisfait, un peu élitiste (attention à la prétention), "Mort à Venise" captive cependant sans soucis par l'appui de plusieurs séquences ravageuses psychologiquement et émotionnellement.
"Mort à Venise", film lumineux et complexe, est probablement l'un des plus grands chefs-d'oeuvre du 7e Art. Il est une longue méditation sur l'ambiguïté de l'artiste confronté à son art et à la mort. L'histoire du film est centrée sur les états d'âme du héros et rendue plus intense et crédible par le recours aux souvenirs et aux réminiscences. Un musicien arrive à Venise et croise à l'hôtel des Bains, où il est descendu, un jeune garçon d'une surprenante beauté qui le subjugue immédiatement. Leur relation se réduira à un jeu de regard mais n'en troublera pas moins le musicien qui voit soudain ses convictions remises en cause. Il tente de fuir, puis décide de rester, de prolonger son séjour, alors qu'une épidémie de choléra s'annonce et que la ville, elle-même, parait s'engloutir dans les eaux, ainsi qu'un navire en perdition. Tout est subtilement évoqué de cette lente érosion à laquelle le temps condamne les êtres et les choses, alors que la beauté traverse cette réalité telle un ange exterminateur. On voit dans le gondolier un passeur d'âmes, dans le visage maquillé de poudre blanche d'Aschenback son fantôme dérisoire, dans les calli désertées et putrides une cité qui s'abandonne à l'oubli, dans l'hôtel que les estivants s'apprêtent à quitter, un monde sur le point de disparaître, mort annoncée d'une époque que la guerre va bientôt déchirer et ouvrir aux lendemains inquiétants du XXe siècle. Le génie de Visconti est d'avoir trouvé le langage approprié pour exprimer la beauté et les sentiments qu'elle inspire et, par l'image et le son magistralement utilisés, rendu sensible l'angoisse, la mélancolie et le désir jamais comblé. ( Voir ma critique sur mon blog "La plume et l'image". Rubrique Cinéma d'hier - page 4 )
Mort à Venise est encore plus subjective que le Crépuscule des Dieux. Et c'est justement le thème de l'oeuvre la beauté est elle le pur produit des sens et de notre subjectivité où alors le fruit d'une harmonie entre les sens, la raison et l'imagination. Bien évidemment Visconti anti-kantien par excellence veut nous démontrer la première théorie. Le désir du beau est l'amour du musicien pour Tadzio. Il essaye de se raisonner mais se laisse tuer par son désir. Il veut atteindre cette harmonie mais ses sens pourfendent sa morale pour l'envahir par le désir destructeur. Encore une fois Visconti peint la décomposition de l'esprit par les sens. Les scènes sont filmées de façon a ce que nous contemplions cette marche au tombeau en nous procurant l'intensité du drame par par la contruction filmatographique d'une barrière morale incassable entre les deux personnages. Quel est le rôle de la musique de Mahler? La musique de Mahler se caractérise par un drame latent où nos sens sont perturbés et stimulés par des thèmes démoniaques et tutélaires. Chez Mahler il n'y a pas de beauté sans corruption des thèmes par la dissonnance. La musique de Mahler est alors le symbole de la destruction du personnage par son désir de la beauté et du mal. Dans la scène finale il se décompose sur la contemplation ultime de l'objet de son désir qui n'est que purement sensuel. Son amour le détruit comme la musique de Mahler a décomposé l'harmonie tonale pour nous faire dériver vers la dissonnance et la jouissance de l'ambigue. Quand le personnage se refait une beauté chez le coiffeur Mahler est là car il montre le persoonage détruit par sa vieillesse qu'il tente de camouffler pour satisfaire son désir qui le ronge. Visconti peint alors de façon magistrale la beauté qui éclipse la peste au point que le musicien dans son ultime idéal y sacrifie sa réalité c'est-à-dire sa vie. Le musicien se décompose alors sur la fusion de la beauté qu'est Tadzio et du mal qu'est Mahler.
Un pur chez d'oeuvre pour inititiés , le meilleur acteur de ce film ç'est la musique de MALHER , regardez comment les images collent parfaitement à la musique (ou le contraire). Aprés la beautée des images , des personnages , Le trouble de dirk face à cette beautée juvénil , cette symphonie restera à jamais gravée dans vos mémoires et quand vous l'entendrez vous vous direz " mais je connais cette musique là ...... "
On peut souligner les plans magnifiques et l'audace de Visconti dans cette relation homosexuelle dans laquelle le réalisateur choisit de suggérer plutôt que de montrer... Oui, mais à force de suggérer et de s'éterniser dans la contemplation, il finit malheureusement par ennuyer et lasser son spectateur, pourtant même le plus réceptif, plutôt que le captiver. Du coup, on s'endort jusqu'à ne plus pouvoir se réveiller avant la fin de la projection! De quoi renommer, avec un zeste de cynisme, cette oeuvre dite magistrale "Mort du spectateur"...
Une relation des plus ambigües s’installe entre cette beauté angélique, beauté androgyne et ce vieux malade voulant retrouver sa jeunesse. La fin est magnifique avec cette espèce d’ombre sereine et le corps mourant, la teinture dégoulinant le long du visage. Très peu de dialogue mais lorsqu’il y en a ils sont très bons et concernent l’art, la beauté, les sentiments. Tout se joue dans les regards et les sourires. Le film est donc assez lent et peu paraitre parfois longuet. Mais la magnifique BO de Gustave Mahler comble les passages où il n’y a pas de dialogue et la caméra de Visconti filme magnifiquement bien ses acteurs.
On s'enfonce avec Dirk Bogarde dans cette ville qui nous emprisonne, accompagnés à tout moment par cette musique lancinante et omniprésente de Mahler. Sans pouvoir juger ni approuver, la fascination du héros pour un jeune adolescent nous rend captifs, et lentement nous sombrons aussi dans cet état presque végétatif en attente de la mort.
Un chef d'oeuvre ! Certainement le film avec lequel je suis le plus en phase. Ce qui est cool c'est qu'on peut s'attacher à différents aspects du films selon notre caractère : moi c'était la fascination du musicien en déclin pour le jeune éphèbe tadzio qui devien la muse ultime, mais il y a aussi la décadence propre du musicien désespéré qui se dégrade tout comme venise, ou encore la désespérance devant une jeunesse pleine d'espoirs perdu à tout jamais dont Tadzio est le symbole. Pour lui, il ne reste plus rien à espérer. Les plans de Caméra sont vraiment bien faits ce qui participe grandement à la beauté du film en tant que chef d'oeuvre artistique. L'acteur qui joue Tadzio est vraiment parfait dans ce rôle. Et la fin... Cette mort est la plus belle de toute l'histoire du cinéma (que j'ai vu du moins).
Sûr que ce film ne plaira pas à tout le monde, car c'est un film sur le temps, d'où les plans longs et le rythme très lent. Moi non plus, ce n'est pas mon genre de film, mais je peux comprendre qu'on l'apprécie. Mais il faut bien reconnaître qu'il y a de magnifiques plans et que Venise, véritable ville-théâtre, offre des décors extraordinaires. A condition de ne pas s'endormir...
Et encore, une étoile... pour la beauté de certains plans. Sinon, le film est ABSOLUMENT dénué d'intérêts. Il ne se passe rien, pour ceux qui trouvent que visconti est un génie... je pense que les zooms abusés ne sont pas vraiment une marque de maîtrise. Enfin bon, on m'a promis un chef d'oeuvre, je me suis retrouvé dans le sommeil.