La Corde
Note moyenne
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269 critiques spectateurs

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cylon86

2 842 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 juillet 2010
C'est à un dangereux exercice de style qu'Hitchcock se frotte mais il réussit à merveille. La mise en scène est intelligente et jamais ennuyante. Le sujet et le suspense sont réussis et l'interprétation est formidable.
Appeal
Appeal

181 abonnés 569 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 septembre 2012
Un film maitrisé comme Hitchcock fait souvent, avec l'idée originale de voir comment deux jeunes hommes vont se laisser emporter par leurs illusions, illusion d'être supérieur par rapport aux autres humains, adoptant la pensée de Nietzsche du surhomme qui va les pousser à commettre un crime gratuit. A la fois horrible et intelligent, le film sortit en 1948 vient après le traumatisme du nazisme, et montre a la fois comment la sensation de supériorité amène à la criminalité et aussi comment les plus faibles peuvent être embarquer malgré eux dans ce cercle vicieux, et drôle car Hitchcock reste le maître du cynisme, et l'introduction de La Corde est assez fabuleuse avec l'atmosphère très teintée d'humour noir. La volonté de donner l'impression d'un seul plan séquence est génial pour accentuer la tension permanente (les invités vont-ils découvrir le cadavre?), même si les techniques employés sont assez grossières et visibles (le coup de la caméra qui rentre dans la veste noir n'est pas assez discret). Le trio d'acteur principal est bon, notamment John Dall qui pourtant ne fera jamais carrière après ce film, James Stewart est convaincant aussi. Le défaut du film reste qu'il s'essouffle plus il avance, si bien qu'au bout d'une heure l'ennuie gagne un peu, l'humour noir disparait petit à petit, et la fin n'est pas à la hauteur de nos attentes car classique et prévisible. Un bon Hitchcock, pas le plus grand.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 1 février 2011
Un film d'Hitchcock très proche d'une pièce de théâtre à l'intrigue trés bonne tout comme la prestation des acteurs mais c'est surtout la confrontation entre Stewart et John Dall qui est captivante avec une tension qui augmente tout le long du film , le film a tout de même assez vieilli.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 4 octobre 2011
Un huis clos comme je les adore. C'est le don de Hitchcock de faire monter la pression dans un salon ou les protagonistes se mêlent les uns aux autres et où nous nous demandons qu'elle a été l'erreur du meurtrier ?
De plus nous le voila servis avec James Stewart, que de plus?
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 31 janvier 2011
"La Corde" est un film malheureusement d'autant plus mal-aimé des critiques qu'Hitchcock lui-même a renié ce long-métrage en 11 plans. Pourtant, au niveau de la technique de mise en scène et de jeu des acteurs (James Stewart, génial), ainsi que la coordination entre ces derniers et la camera, on touche à une quasi-perfection. Mais il ne faudrait pas croire que ce film n'est qu'un pur exercice de style : le scénario nous tient en haleine pendant 1h20 jusqu'à la fin, comme dans un film "normal". Alors il est vrai qu'il va contre toutes les théories d'Hitchcock à propos du montage, que c'est un film à part dans la filmographie du maître du suspense et il est certain que ce genre de films se doit d'être une exception (sinon ça serait un peu lourd, à force), mais j'estime que "La Corde" est un pur chef d'oeuvre dans son genre. Excellent.
r0c-bribri
r0c-bribri

32 abonnés 818 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 février 2011
Le rythme peut refroidir mais les qualités techniques du film sont indéniables,huit plans séquences parfaitement ajustés et tout à fait fluides pour ne faire qu'un.Au delà de la mise en scène c'est aussi toute la critique d'un milieu social ,le film est pauvre sur un plan scénaristique mais A.Hitchcock derrière la caméra fait monter tout simplement la tension...simplement mais avec une telle maîtrise.
k11-sogood
k11-sogood

29 abonnés 269 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 mai 2010
Contrairement a un film classique dont la réalisation sert l'histoire, on sent vraiment qu'ici c'est la réalisation qui prime. Je ne vais pas m'etendre car d'autres le font bien mieux que moi. Mais incontestablement, l'aspect technique et scenaristique fait l'interet du film. Si on ne retrouve pas la "magie" du scénario qu'il y a d'habitude dans les Hitchcock on se délecte cette fois de l'humour et la finesse avec lesquels le réalisateur joue avec les codes sociaux : le cercueil qui sert de table aux convives, l'homosexualité en philigramme, le débat sur le droit des élites à tuer, la femme et la vénalité, la jouissance, le plaisir de tuer. Toujours dans la plus parfaite ambiguité !
L. Lawliet
L. Lawliet

23 abonnés 358 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 août 2023
Adapté de la pièce de théâtre à décor unique (Rope´s End), "La Corde", parus en 1948 fut adaptée par le Grand Alfred Hitchcock, qui nous proposa son premier film en couleur, remplit de suspens inquiétant. Sa filmographie est composée d'un grand nombre de thrillers et "La Corde" est sûrement l'un des plus connus. Cette œuvre du réalisateur de "Psychose" est un huis-clos rondement mené. Le film débute par le meurtre d'un certain David par deux hommes, Brandon et Philip, deux personnages voyant chacun la vie différemment… Mais exécutant tous les deux un meurtre cynique, pour lequel la vie humaine n’a aucune valeur face à la jouissance personnelle du danger et face au désir de mettre en pratique des théories spéculatives et provocatrices sur le meurtre. Ces deux amis le tue juste avant un dîner où David était justement invité, ainsi que ses parents et des amis. Le défi étant pour les deux meurtriers de parvenir à cacher leur assassinat aux invités, alors même que le corps du malheureux est encore dans la pièce. Aussi bien dans le fond que sur la forme, ce film est une réussite. L'enjeu est de savoir si le cadavre sera découvert ou non. Mais l'effet sur le spectateur est troublant : malgré l’horreur de la situation, on aurait presque envie que le cadavre ne soit pas découvert. C’est Rupert Cadell, interprété par le sublime James Stewart, qui, spoiler: loin d’être cupide, constatera l’angoisse et la méfiance des deux personnages tournant autour du coffre où repose le cadavre de David.

Son intrigue en huit clos est renforcée par la philosophie et les soupçons de chaque personnage, tous différents en apparence, mais fusionnel dans la peur de l’impensable. Être rassuré est le meilleur moyen d’accepter la situation, même si c’est un mensonge raconté (dans l’idée) par un monstre.
Mais sa plus grande particularité vient de sa mise en scène. En effet, le tout est filmé en un seul plan-séquence, ou le sol était convert de dessins et de cercle numérotés directement sous l’œil de la caméra à certains moments, mais impossible pour le spectateur d’y faire gaffe, intéressé par les conversations paradoxales des personnages, parlant de bourgeoisie, de peinture ou encore de meurtres ! Ces discours renforçant davantage la performance des acteurs tant tout est millimétré. Ce parti pris apporte un plus indéniable à travers cet œil qui se faufile pour se focaliser sur des détails que certains protagonistes aimeraient cacher. Le lieu où se déroule l'action est également bien pensé notamment via la grande fenêtre offrant une vue grandiose sur New York, servant au passage de cadran pour nous situer ou nous en sommes dans le déroulé de la soirée.
Les subtilités parfois discrètes, ou parfois théoriques dans les conversations, échapperont aux amateurs du cinéaste, quelques fois complexes.
Ainsi... si toutefois la corde n’est pas aussi fort que d’autres films du maître, il n’en demeure pas moins extrêmement intéressant, tant par la gageure technique précédemment évoquée, que par la réflexion qu’il suscite sur l’humanité. Ce fond passionnant est néanmoins malheureusement quelque peu gâché par le revirement intellectuel du professeur invité, bienséance oblige probablement.
"La Corde" est un film on l'on prend parti avec tous ces personnages, on encaisse les coûts de pressions et les variations du dialogue assez conjugales et théâtrales. Mais si nous n'avions jamais vu d'Hitchcock, voir "la Fenêtre sur Cour" ou "Sueur-Froide" nous aidera mieux à comprendre s'impliquer dans la finesse de sa réalisation !
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 30 janvier 2012
Plutôt décevant pour un Hitchcock, La Corde se trouve être plutôt mou du genou, ou du moins assez mal équilibré. Le petit jeu du chat et de la souris, sensé faire monter la pression; ne prend finalement pas, ou trop peu. Bon faut quand même rester honnête, c'est pas non plus une calamité, le film a bien des qualités et certaines scènes restent marquées par l'intelligence de l'illustre réalisateur. Je pense notamment à cette scène où l'on voit la servante commencer à débarrasser le coffre pour y ranger les livres. On y retrouve la facilité avec laquelle Hitchcock parvient à jouer avec les nerfs du spectateur. De plus, le film serait plutôt audacieux sur deux plans. Premièrement, le réal tente de créer l'illusion d'un long-métrage composé par un seul plan-séquence. Et même s'il vient malencontreusement tout gâché avec des coupes dissimulées mais ultra-voyantes (un peu paradoxale tout ça), tant pis, l'envie est tout de même là. Deuxièmement, le film aborde l'homosexualité, timidement certes mais pour l'époque ça a dû en choquer plus d'un. Rajoutez à ça un beau casting, James Stewart en chef de file, il en ressort un film loin d'être parfait mais néanmoins appréciable à sa façon !
GodMonsters

1 387 abonnés 2 645 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 juillet 2010
Un long-métrage extrêmement beau dans sa forme, visuellement (réalisation, plans, photographie...) c'est très appréciable. Scénaristiquement c'est un peu plus "simplet", j'ai eu un peu du mal à retrouver le petit quelque chose qui fait toute la force des scénarios des films de Alfred Hitchcock. Mais globalement "La corde"est une œuvre très appréciable avec une réalisation magistrale et un casting haut de gamme... A voir, pour les admirateurs des films du cinéaste !
ManoCornuta

365 abonnés 3 089 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 mars 2016
Un très bon Hitchcock, où il ne s'agit pas ici de résoudre un grand mystère mais, comme dans Columbo, de chercher l'erreur commise par l'assassin. Avec l'illusion du plan-séquence unique, Hitchcock maintient et amplifie au long du film la sensation d'étouffement et de malaise qui s'installe. Servi par des interprètes brillants et des dialogues ciselés, la Corde est un suspense efficace et stylisé tout à fait remarquable dans son genre.
Themistocle_480
Themistocle_480

87 abonnés 240 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 janvier 2012
Oeuvre à part dans la vaste filmographie du grand Hitchcock, puisqu'il est tourné comme une pièce de théâtre...mais quelle pièce de théâtre! Un scénario génial, passionnant, poignant dès le départ: deux étudiants étranglent leur ancien camarade de classe pour se donner des sensations fortes, puis organisent un repas autour de la caisse où le cadavre a été caché...Autant vous dire que la tension monte en creschendo jusqu'à la fin, que le suspense prend aux trippes à chaque nouvelle répliqe. Film original également: ce sont les meurtriers qui sont les protagonistes. Ils livrent leur psychologie, leur "morale" et leur état d'esprit au spectateur, créant une irrésistible empathie. Les codes du film à suspense se trouvent inversés: le spectateur ne se demande pas qui est le meurtrier, mais plutôt comment ces deux meurtriers vont-ils se débrouiller. Il se prend même à souhaiter avec eux leur réussite, tant l'empathie est efficace. Croyez moi, rien n'est plus poignant que d'assister aux agissements de ces deux meurtriers et d'étuder leus réactions, leurs pensées...La succession des péripéties est excellente, subtile, elle parvient à tenir en haleine jusqu'à la scène finale. Les dialogues sont tout simplement extraordinaires, d'une subtilité délicieuse qui nous livre les plus infimes détails de la psychologie des meurtriers, d'une vivacité qui fait de chaque scène un acte de théâtre passionnant. Le film pose un certain nombre de questions à propos de la criminalité, du bien et du mal...Le scénario fait preuve d'un cynisme délectable, superposant la bienséance de la haute société aux pulsions meurtrières et à l'excentricité des protagonistes. La mise en scène d'Hitchcock est elle aussi d'une subtilité impressionnante, parvenant à créer une forte tension grâce aux plans séquences, ou à focaliser le suspense sur un objet précis sans rompre l'illusion du récit. Le film est néanmoins limité par son format: c'est une très bonne pièce de théâtre, mais ça reste une pièce de théâtre: on est très loin, par exemple, de la dimension romanesque de la Mort aux Trousses; les surprises sont elles aussi assez limitées, et on regrette l'absence d'un coup de théâtre final. ça reste un très bon film de suspens psychologique, tendu, noir, macabre, qui devrait ravir les fans du Maître du Suspense, lequel nous prouve une fois de plus son talent et sa diversité.
Thibault F.
Thibault F.

86 abonnés 824 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 octobre 2015
Premier film en couleur pour Hitchcock, La Corde use des ficelles théâtrales pour lancer le spectateur à corps perdu dans une sorte de partie de Cluedo grandeur nature. Ici, il est nul question de savoir qui est le meurtrier mais de savoir comment celui-ci va être démasqué. C'est franchement une réussite, une prouesse technique sans précédent avec une volonté pour le réalisateur de faire croire au spectateur qu'il assiste à un seul plan séquence (malignité du metteur en scène qui ne possède que des bobines de 10 minutes). Le mouvement de la caméra est fluide, vogue à travers la multitude de personnages qui se trouvent essentiellement dans une seule pièce. Un huit clos convaincant, solide mais qui possède quelques défauts à commencer par des personnages secondaires inutilisées entrainant une certaine forme de frustration chez le spectateur et une mécanique qui semble s’essouffler dans les 10 dernières minutes. Cela reste divertissant et surtout une très belle prouesse cinématographique !
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 15 juillet 2010
Hitchcock a filmé ce huit-clos tel une pièce de théâtre filmée d'un trait, sans coupure. D'aucuns en parle comme une prouesse, mais il s'agit plutôt d'une audace digne d'être saluée, le résultat étant fort original et fort plaisant. D'autant que pour un œil moderne et critique les raccords paraissent souvent grossiers, et, par ailleurs le même observateur pourra aussi s'attarder attendri sur une maquette de New York pour décors nocturne. Ceci étant, sur le fond, La corde affiche des dialogues absolument savoureux, et le sujet résonne également comme intemporel: une classe supérieure persuadée de détenir la vérité et de pouvoir sacrifier le faible selon un dessein qu'il est seul à pouvoir entrevoir. Le moins éduqué n'étant qu'un instrument révocable. Cette
lutte des classes récurrente chez Hitchcock trouve ici une illustration culminante tant elle s'approche du nazisme, et tant l'Histoire ou l'observation du monde de notre quotidien correspondent parfaitement à ce mécanisme cynique.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 28 février 2011
Bon film d'Alfred Hitchcock, et même presque très bon film, s'il ne jouait pas tant sur le coté "dissertation de philo", comme je vais l'expliquer... Mais l'idée est excellente (adaptation d'une pièce de théâtre, tiré lui-même d'un fait divers) : deux étudiants, Brandon (John Dall, bon dans son rôle d'ignoble abruti) et Philip (Farley Granger moins bon, exagérant trop son côté poule mouillée au fur et à mesure du film), décident de tuer un de leurs camarades, Dave, sans aucune raison et pour ainsi dire pour l'expérience, et organisent à la suite de ce crime un dîner avec leurs proches sur le lieu même de ce crime, où le père et la fiancée de Dave sont présents parmi d'autres. Servir, sur le coffre dans lequel repose le cadavre, un buffet aux proches de Dave, quelle oeuvre d'art ! Quelle ( - non pas ignominie, puisqu'il s'agit d'amoralisme mais) beauté !
En somme, un huis clos très bien monté, amené par le premier plan/générique du film en extérieur, à la suite duquel tous les autres plans du film se dérouleront dans l'appartement de Brandon et Philip (oui, à travers tout le film coule une cordiale atmosphère d'homosexualité, mi-feinte mi-suggérée). L'espace confiné dédié au film agit très bien sur l'effet général : le spectateur est coincé, comme contraint à poursuivre l'odieuse scène que construisent les deux meurtriers. Bref, sentiment certain de gêne face à quelque chose à quoi l'on s'oppose fondamentalement, mais qui pourtant se construit très bien, et surtout rationnellement. Cela dit, faut pas déconner, le film n'est pas pour autant suffocant, simplement prenant mais sans prendre vraiment les tripes. Le boss du suspense, oui, mais en mode petit bras sur ce coup-là. Gros boulot quand même sur la forme du film, avec seulement 11 plans (!!!), produisant assez bien l'illusion d'une grande continuité, d'une grande plage unique sur laquelle viendrait se jouer une tragédie moderne. Côté son, pas grand-chose à se mettre sous la dent (à part deux trois incursions au piano par Philip ; mais on voit très bien qu'il ne joue pas, et je déteste ça).
Et pour une bonne raison, c'est que le film penche vers un dilemme, une lutte, une tension morale quasi intellectualiste (et donc quasi exclusivement discursive, et non musicale ou artistique) : le film est trop une dissert' pour être un chef-d'oeuvre. En gros, ça se résume à une idée assez simple, mais pas inintéressante (parce que nietzschéenne, bien entendu) : si rien ne compte dans la vie que l'intensité et l'accroissement de l'intensité (le plaisir n'étant pas disjoint de la problématique, se rajoutant comme un couronnement de l'intensité), le crime n'est-il pas une des sources les plus importantes d'inetnsité, de plaisir, et donc de vie ? Autrement dit, amoralisme radical du côté des deux étudiants tueurs (le crime n'est pas une chose immorale pour une certaine élite d'êtres supérieurs, il est par-delà bien et mal, comme disait l'autre, une simple affirmation de force sur les êtres inférieurs).
Contre cette machinerie infernale (limite nazie, il faut bien le dire, mais certainement pas nietzschéenne) se dresse la figure de Rupert Caldwell (James Stewart, très bon), l'ancien prof' (sûrement de philo) de tous les étudiants en question, qui découvre peu à peu le massacre intellectuello-hallucinatoire des deux fous faux-nietzschéens. Et ce qui est drôle, ou en tous les cas bien réussi, c'est qu'il résout l'affaire sur le terrain même des deux criminels : sur le plan de la morale, de la mauvaise conscience. Pour rentrer un peu dans les détails, Brandon assume le crime-intensité pas bêtise, mais Philip regrette, se confond de plus en plus dans la mauvaise conscience, la culpabilité et l'alcool. Bref, alors que le crime devait prouver l'amoralisme d'êtres supérieurement intelligents, c'est en fait la morale (mauvaise conscience jusqu'à l'aveu) qui prouve la bêtise du crime en question.
Bon renversement sur le plan des idées, c'est vrai. Et l'apothéose de ce renversement, la clé de voûte de l'édifice, le point de rupture et de bascul aussi, c'est la corde, évidemment, qui a tué, qui est rendue publique par les deux meurtriers dans un ultime excès ironique, qui déclenche la certitude chez le prof de l'événement en question, et qui symbolise la mort prochaine des deux tueurs, étrangleurs et futurs pendus. Tout est lié dans le film, dans le fond (comme élément-clé du renversement que je viens de décrire) comme dans la forme (j'ai déjà parlé de le semblant de continuité du film, comme un grand plan-séquence ficelé d'une heure et demi), par une simple corde. Brillant.
Bonne dissert', mais pas chef-d'oeuvre (finalement il manque du vrai nietzschéisme, de la vie-art, de la sensation). 15/20.

Et bien sûr, toutes les critiques sur le Tching's cine :
http://tchingscine.over-blog.com/
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