Un huis clos très réussi par le maître du suspense. Les artifices sont toujours là et les plans allant avec : le plan fixe pendant que la gouvernante range la table, la porte qui bascule pendant que Brandon range la corde, les rideaux tirés et le regard accusateur de la ville, les longs plans rapprochés sur les objets de la pièce lors du dénouement... On retrouve tous les grands traits d'un film hitchcockien et ce bien avant les classiques comme 'Fenêtre sur cour' ou 'La mort aux trousses'. Déjà, la séquence initiale montre le meurtre cruel et dur avec une strangulation par les deux auteurs aux pensées bien radicales, on voit bien le style du réalisateur. Heureusement, la durée est courte et le rythme rapide malgré les mondanités vite agaçantes de l'époque. James Stewart relève le niveau en professeur radical et finalement perturbé comparé aux deux jeunes premiers sur jouant légèrement, le reste de la distribution fait figure de pure figuration. Une théorie est expliquée à la fin (dantesque et à couper le souffle) et c'est la morale de l'histoire : Le professeur prend conscience de ses idées et de leur mise en pratique par ses étudiants fascinés d'un peu trop près par ces dernières. Alors certes cela ne vaut pas un classique hitchcockien des années fin 50 - début 60 mais c'est certainement du niveau de 'Frenzy'. A voir pour les puristes du film à suspense ou pour les fans d’Hitchcock.
L'intrigue est intéressante, bien menée, mais il y a la sensation que le pot aux roses est découvert trop facilement. Ca reste agréable, et ca passe très vite....trop vite !
Un Hitchcock mal aimé qui pourtant vaut véritablement le détour! Bien qu'il faille à sa réputation de tourné en un seul plan, il n'en reste pas moins un des plus cynique et probablement des meilleurs hitchcock!
Quel suspens ! Quels bons acteurs ! Quel crime presque... parfait ! Je m'ennuie souvent devant un Hitchcock, mais celui-ci est excellent et nous tiens en haleine jusqu'à la fin qui est... ratée... C'est ce qui ampute ce film d'une demi étoile, car celle-ci est encore une fois trop prévisible... Pourtant dans un film comme ça de nombreuses bonnes fins seraient possibles... Dommage, mais la corde reste quand même un bon film.
Avec cette "corde" , on apprécie le huis-clos offert par M. Hitchcock de par son scénario, ses bons acteurs (James Stewart, John Dall...) et ses prouesses techniques au montage (la caméra qui passe dans le dos pour enchainer les bobines est vraiment ingénieux car on y voit que du feux sans lecture prévenu).
Oeuvre à part dans la vaste filmographie du grand Hitchcock, puisqu'il est tourné comme une pièce de théâtre...mais quelle pièce de théâtre! Un scénario génial, passionnant, poignant dès le départ: deux étudiants étranglent leur ancien camarade de classe pour se donner des sensations fortes, puis organisent un repas autour de la caisse où le cadavre a été caché...Autant vous dire que la tension monte en creschendo jusqu'à la fin, que le suspense prend aux trippes à chaque nouvelle répliqe. Film original également: ce sont les meurtriers qui sont les protagonistes. Ils livrent leur psychologie, leur "morale" et leur état d'esprit au spectateur, créant une irrésistible empathie. Les codes du film à suspense se trouvent inversés: le spectateur ne se demande pas qui est le meurtrier, mais plutôt comment ces deux meurtriers vont-ils se débrouiller. Il se prend même à souhaiter avec eux leur réussite, tant l'empathie est efficace. Croyez moi, rien n'est plus poignant que d'assister aux agissements de ces deux meurtriers et d'étuder leus réactions, leurs pensées...La succession des péripéties est excellente, subtile, elle parvient à tenir en haleine jusqu'à la scène finale. Les dialogues sont tout simplement extraordinaires, d'une subtilité délicieuse qui nous livre les plus infimes détails de la psychologie des meurtriers, d'une vivacité qui fait de chaque scène un acte de théâtre passionnant. Le film pose un certain nombre de questions à propos de la criminalité, du bien et du mal...Le scénario fait preuve d'un cynisme délectable, superposant la bienséance de la haute société aux pulsions meurtrières et à l'excentricité des protagonistes. La mise en scène d'Hitchcock est elle aussi d'une subtilité impressionnante, parvenant à créer une forte tension grâce aux plans séquences, ou à focaliser le suspense sur un objet précis sans rompre l'illusion du récit. Le film est néanmoins limité par son format: c'est une très bonne pièce de théâtre, mais ça reste une pièce de théâtre: on est très loin, par exemple, de la dimension romanesque de la Mort aux Trousses; les surprises sont elles aussi assez limitées, et on regrette l'absence d'un coup de théâtre final. ça reste un très bon film de suspens psychologique, tendu, noir, macabre, qui devrait ravir les fans du Maître du Suspense, lequel nous prouve une fois de plus son talent et sa diversité.
Comment Alfred Hitchcock peut-il faire d'un huit clos,un chef d'oeuvre?Reponse avec La Corde(ou encore Fenêtre sur cour)!Deux étudiants étranglent un troisième(David)pour se donner des sensations fortes et le cache dans un coffre qui servira de buffet pendant la réception qu'ils donnent le soir.Parmi les invités se trouve leur ancien professeur au lycée,dans cette soirée celui-ci va d'abord soupçonner puis découvrir au fur et à mesure dans cette seule soirée comment les étudiants ont tué David.Hitchcock nous prouve avec ce film qu'il ne sait pas que réaliser des films d'action de gros budgets et sait varier les genres(même si il y a toujours un minimum de suspense).Au fur et à mesure,on s'imprégne dans l'histoire pour découvrir le final tant attendu!Je suis juste déçu que James Stewart met un peu de temps à apparaître.Bref le film est très très bien(j'ai hésité entre 4 et 4,5)et réussi encore à nous prouver qu'Hitchock est un des plus grands réalisateurs au monde!
Un thriller de maître de plus à l'actif de Sir Alfred.Le pitch de départ à beau être simple, Hitchcock en fait quelque chose de remarquable et fait monter le suspense en crescendo pour scotcher littéralement le spectateur à son fauteuil.La critique du système nazi est bien vue et bien intégrée à l'ensemble et le tout est servi pas un casting de premier choix.Bref un grand thriller.
Un bon Hitchcock mais sans plus. On pourrait appeler ça plus une pièce d'un théâtre qu'un film. Trop court, pas assez de grande scènes... Des acteurs néanmoins excellents. Même si il est considéré comme un classique , ce n'est vraiment pas un de mes préférés...
Tout bonnement excellent, on est en extase devant le génie d'Hitchcock, seuleument 8 plans !! Les dialogues sont savoureux, pas de moments creux. Si je n'ai pas mis 4 étoiles c'est parce que "l'enquête" est peut-être un peu simple (c'est surtout de l'observation).
C'est à un dangereux exercice de style qu'Hitchcock se frotte mais il réussit à merveille. La mise en scène est intelligente et jamais ennuyante. Le sujet et le suspense sont réussis et l'interprétation est formidable.
Le départ est un peu pompeux, quelques dialogues après le sont encore, mais globalement, c'est très bon. Le suspens est intense, les personnages évolulent tout le long et chacun a son importance. Le scénario est bien ficelé et la dénonciation du système nazi est plutôt bien ancré.
Un classique de sir alfred . Ni le meilleur hitchcock , ni le plus mauvais, mais l'un des plus remarquables au niveau de la réalisation , c'est certain avec cette impression de plan séquence interminable. Du grand art
Hitchcock a filmé ce huit-clos tel une pièce de théâtre filmée d'un trait, sans coupure. D'aucuns en parle comme une prouesse, mais il s'agit plutôt d'une audace digne d'être saluée, le résultat étant fort original et fort plaisant. D'autant que pour un il moderne et critique les raccords paraissent souvent grossiers, et, par ailleurs le même observateur pourra aussi s'attarder attendri sur une maquette de New York pour décors nocturne. Ceci étant, sur le fond, La corde affiche des dialogues absolument savoureux, et le sujet résonne également comme intemporel: une classe supérieure persuadée de détenir la vérité et de pouvoir sacrifier le faible selon un dessein qu'il est seul à pouvoir entrevoir. Le moins éduqué n'étant qu'un instrument révocable. Cette lutte des classes récurrente chez Hitchcock trouve ici une illustration culminante tant elle s'approche du nazisme, et tant l'Histoire ou l'observation du monde de notre quotidien correspondent parfaitement à ce mécanisme cynique.