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Un visiteur
4,5
Publiée le 28 février 2011
Aux mouvements de caméra complexes de Mizoguchi, Ozu préfère faire de nombreux plans fixes et démontre d'une science du montage résolument moderne pour un film des années 30. Ses rares travellings sont parfois maladroits, mais ce n'est pas le plus important. Ce qui compte, c'est qu'un film vieux de 80 ans, venu du Japon, naturellement en NB, muet, mais aussi carrément sans musique, puisse être aussi intéressant. L'histoire est simple, banale, universelle. C'est du cinéma à l'état brut, et ça vous enlève tout préjugé sur le cinéma muet.
Un film en noir et blanc, muet et japonnais de surcroit, pas beaucoup de points positifs qui m'ont ammenés à aller voir ces "Gosses de Tokyo", en version accompagnée. 4 musiciens accompagnent la scéance, qui devient mi-concert, mi-projection. D'abord les images qui pourraient être tirées d'un film de Prévert ou de Truffaut, tant le monde des enfants et de leurs jeux parfois cruels est raconté tel qu'il est. Cette partie est peut-être un peu longue. Ensuite, le film prend un tournant plus dramatique lorsque ces enfants s'aperçoivent que leur père n'est "qu'un employé". Les paroles deviennent bouleversantes, soulignées par les plans en noir et blanc presque fixes. On est touché au coeur, comme ce père qui ne sait pas parler à ses enfants, qu'il aime pourtant. Très beau film d'Ozu qu'il vous faut découvrir!!
Ce film est un bijou ! Du grand Ozu. Mieux que le remake "Bonjour" quelques années plus tard. Et le moment où les enfants comparent leur père est inoubliable. Arigato gosaimasu Ozu sensei !
C'est sans conteste un film très intéressant qui raconte de façon simple une histoire simple, un peu trop même. Bon pour sûr le réalisateur n'en fait pas des tonnes, il n'en fait pas trop et ne rend pas son film lourd à en mourir d'ennui, cependant quelques longueurs non pas dans le scénario mais dans le film en général. A certains moments je me suis un peu ennuyée même si le film passe très bien et assez vite dans l'ensemble. Bon je n'y ai pas trop trouvé mon compte mais ça reste absolument regardable, et de loin.
Premier film d'Ozu que je regarde et tres bonne impression malgré une absence totale de son et une qualité d'image pas terrible. Le film passe a une vitesse folle et reste d'actualité malgré ses 80 ans.
les gosses de tokyo , réalisé par ozu; j'ai moins accroché par rapport à d'autres films d'ozu, mais la seconde partie du film, met en scène de nouveau les rapports fils-père: on retrouve certains thèmes habituels à ozu: le père cherchant l'admiration de ses enfants, se trouvant lui-même souvent médiocre, et voulant une vie plus "importante" pour ses enfants, prêt à se sacrifier pour eux; bien sûr dans ce sacrifice il n'y a pas vraiment d'écoute vis à vis de ses enfants : il cherche à donner à ses enfants l'image qu'il a lui de ce qu'est une vie importante; cette image pourrait être contrecarrée par l' "innocence" de l'enfance qui pourrait donner un autre sens à cette "importance", mais ils sont déjà bien déformés par cette éducation; il y a beaucoup d'émotions qui ressortent de cette relation père-fils, où l'on sent la détresse du père qui se "prostitue" face à son patron , et ne veut pas que ses fils vivent cela. Bien sûr comme les autres films d'ozu, tout cela reste bien d'actualité.
Ce film se dissocie beaucoup de son prétendu remake "Bonjour".Il s'agit d'un film muet traitant du rapport des enfants à l'éducation et à la hiérarchie plus qu'aux révolutions culturelles occidentales dont il est plus question dans Bonjour. Une autre différence et non des moindres, ici les personnages principaux sont de façon claire les deux enfants, tandis que dans "Bonjour" il n'y a pas de personnage principal clairement défini ce qui fait le charme du film, son caractère insaisissable, indéfinissable. "Gosses de Tokyo" n'en demeure pas moins un film sympathique mais où les moeurs du Japon sont moins palpables que dans "Bonjour" où apparaissent les formules de langage ce qui est forcément moins simple avec le muet. Préferez "Bonjour" à ce film, il séduit de façon plus prononcée, en fait c'est juste un chef d'oeuvre, à côté, "gosses de Tokyo" fait un peu figure d'exercice. C.Royal
Ce film est un veritable chef-d'oeuvre et est à mon sens un des meilleurs films du grand Ozu. On a ici affaire à une histoire simple, banale, au quotidien d'une famille japonaise ordinaire des années 30, et c'est tout bonnement passionant. Que tous ceux que les films muets ennuient jettent un oeil à ce superbe film.
C'est à la fin des années 70 que j'ai vu "Gosses de Tokyo" une petite merveille dont je garde le souvenir vivace. Je confirme l'opinion de Laurent Lenormand, concernant la "double détente" ; effectivement en 1932 Ozu pose avec accuité une question toujours d'actualité qu'est ce qui justifie la domination des chefs? Une question épineuse dans le Japon militariste posée avec une infinie délicatesse, non dépourvue de pertinence aujourd'hui comme hier, là-bas comme ici. Décidement le noir et blanc garde toujours sa fraîcheur.