Gosses de Tokyo
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anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 8 mars 2011
Du grand Ozu!!Le film démarre avec une scène emblématique que tout le monde a vécu: un déménagement! A travers cette situation, le réalisateur japonais parvient dès le début à décrire le ressenti des personnages à la française tel le faisait Marcel Pagnol. En quelques images, on parvient à cerner les enfants, qui portent le film jusqu'au bout avec leurs mimiques et leurs farces. Le montage du film est nerveux, ce qui fait que le geste des acteurs suit exactement le geste de la caméra. Un magnifique travelling montre un groupe d'employés s'affairant à bailler au travail avec une prise de vue qui se pose sur chaque visage puis rebascule sur un groupe d'écoliers représentant la future relève de travail!Grâce à cet incroyable travail de montage et d'écriture, Ozu met en avant les souvenirs d'enfants et les conflits générationnels! La grève de la faim et de la parole des 2 fils pour montrer leur déception face à un père sacrifiant "son importance" au profit de son patron est filmée merveilleusement bien.Un chef d'œuvre.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 10 juillet 2012
Film amusant, bien fait et même parfois émouvant. Cependant on aura vu Ozu tellement meilleur! Notamment dans "Bonjour", considéré comme un remake de "Gosses de Tokyo", tellement plus émouvant, tellement plus ambitieux et plus créatif. Voilà pour critiquer négativement le film, on pourrait dire qu'il n'a rien d'exeptionnel contrairement aux autres films d'Ozu. On pourrait également rajouter, qu'il est étonnant que le film ne comporte aucune musique. Il me semble pourtant que la musique est essentielle dans un film muet ou du moins aurait rendu celui-ci nettement meilleur. Bref, voilà les points négatifs du film. Pour en arriver aux points positifs, on peut souligner un portrait touchant et amusant de l'enfance; enfance qui passe en un instant de la fierté aux larmes, de la joie à la tristesse. C'est l'être humain en construction, dans un émoi plus expressif que l'adulte qu'Ozu prend plaisir à filmer. Les acteurs sont de bon niveau, même les enfants qui se débrouillent tout à fait bien. Les plans sont de bonne qualité esthétique et bien construits selon les exigences communes des films muets. Puis la gestion du mouvement est également satisfaisante bien que pas encore aboutie (pas encore le fameux champ/contrechamp propre à Ozu). Au final, "gosses de Tokyo" est un film d'assez bonne qualité qui plaira au public ouvert d'esprit.
gimliamideselfes

3 429 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 décembre 2009
Grand chef d'oeuvre, ce film arrive à capter l'enfance, la caméra à hauteur des gosses de tokyo me donne l'impression de revivre une seconde jeunesse. Chose qui ne sera plus vu au cinéma jusqu'aux 400 coups de Truffaut. Les gosses de tokyo est un film sans musique, sans parole, mais jamais ennuyant pour un sous, si on peut noter qu'Ozu est bien meilleur dans ses plans fixes très nombreux que dans ses travallings ou autres mouvements de caméras, la puissance du film n'en est pas moins grande une seule seconde. Un film sur l'enfance, la relation père-fils, un grand film qui n'a pas perdu sa force à l'instar du voyage à tokyo, ce film reste encore très actuel, ces jeunes c'est aussi un peu nous.
ferdinand75

722 abonnés 4 451 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 janvier 2025
Un « must see » absolu de Ozu, que l’on peut voir actuellement au quartier latin dans une version restaurée et magnifiquement musicalisée, ce qui fait que l’on ne perçoit pas qu’il s’agit d’un film muet. C’est peut-être le meilleur film de Ozu, devant « Voyage à Tokyo » ou le « Goût du Saké » ses deux chefs d’œuvre, postérieurs. Car c’est le plus complet, le plus noir aussi, sur la condition humaine, axé sur la transmission d’une génération à l’autre et surtout de la transmission parentale, de l’exemplarité , complétement contemporain. Le film commence comme une comédie douce- amère, dans le monde des enfants. Un employé de bureau déménage avec toute sa famille, par suite d’une promotion. Ses deux garçons changent d’école et ont du mal à s’intégrer à ce nouveau groupe d’écoliers. Les deux frères subissent du « harcèlement », par un groupe de méchants, on est dans l’esprit de «La Guerre des boutons » et de deux bandes qui s’opposent , des codes de domination s’instaurent , enfantins mais durs, chef de bande des deux côtés , intimidation, brimades . Rien de « gentil » chez ses enfants, mais de la concurrence, de la jalousie et de la rancœur, très contemporain aussi .
La 2eme parie est cruelle, dramatique car elle va révéler aux garçons qui ont réussi à « dominer » l’ensemble de la bande concurrente, dont fait partie le fils du patron de leur père, ces 2 garçons vont découvrir que leur père est un être « dominé », qu’il n’est pas un mâle Alpha , mais un soumis. C’est pour eux, à 10 ans, la découverte du monde réel ,de la réalité de la nature humaine adulte , encore plus dure que celle déjà cruelle des enfants . L’image du père béni, du père adoré s’effondre. Pas de pitié pour l’autre, Darwin est bien là. Un raccourci et une illustration du drame de la civilisation humaine, non égalitaire, de l’organisation sociale , avec ses codes et ses castes, complétement actuel . Ce thème n’a quasiment jamais été abordé de manière aussi frontale : la filiation, le respect parental, de l’honneur. Suite à une séquence de projection de cinéma Super 8, les 2 garçons sont passés à l’âge adulte, insoutenable.
Des images sublimes, noir et blanc de leur retour de cette séance, dans une noirceur Soulagienne, ou proche des peintures de cauchemars de Goya. Ozu réussi un film très dur mentalement, d’une modernité étonnante, visionnaire, d’une fulgurance d’analyse, pessimiste mais lucide , que le studio avait tout d’abord refusé, trop noir, mais qui fut ensuite un immense succès commercial . Des cadrages au cordeau, alternance de plans fixes et de longs travelling, paysages de banlieues désertées, train qui filent au loin.
soulman
soulman

140 abonnés 1 397 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 mai 2025
Un des derniers muets d'Ozu et l'un des plus remarquables, qui dépeint la vie des gosses au début des années 30 dans la banlieue de Tokyo. Deux frères apprennent à se faire respecter dans un groupe d'enfants et comprennent que leur père, même s'il n'est pas "quelqu'un d'important", est le chef de famille auquel ils doivent obéir et un homme qui a également une place dans la société, aussi modeste soit-elle.
Tournant surtout en extérieurs, Ozu ne place pas sa caméra au raz du tatami, comme il le fera quelques années plus tard, mais donne un panorama saisissant du Japon de l'entre-deux-guerres.
Corinne76100
Corinne76100

85 abonnés 630 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 janvier 2025
Magnifique version restaurée en qualité d'image, mais pourquoi avoir mis une musique de fond aussi horripilante et beaucoup trop forte? Insupportable. Le jeu des personnages (surtout des enfants) est extraordinaire. Relativement moderne et expressive pour la période de tournage.
riverainpsy
riverainpsy

42 abonnés 433 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 novembre 2022
Un très beau film de jeunesse de Ozu qui dirige ses poulbots avec beaucoup d'à propos et de fraîcheur , sans lâcher un arrière plan social explicite et universel . Les interprètes sont tous ici t remarquables. Ces gosses de Tokyo enchantent un univers de câbles, de voies ferrées, de terrains vagues, de barrières toujours présents dans le cadre . Outre leur imagination pour humaniser ce triste univers moderne , ils se réfugient, et nous aussi , caméra à hauteur de japonais agenouillé, dans les intérieurs familiaux qui deviendront la marque du réalisateur. On remarquera, en discret filigrane, la militarisation de ce Japon des années trente ( uniformes, ambitions militaires, marche au pas...) qui allait sans s'en rendre compte à la catastrophe que l'on connaît.
traversay1

4 473 abonnés 5 347 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 août 2016
Les films muets d'Ozu sont assez éloignés de ceux de la deuxième partie de sa carrière (années 50). Pas de plans fixes "au ras du tatami", qui deviendront sa marque de fabrique, mais au contraire de nombreux mouvements de caméra, parfois virtuoses, qui vont bien avec la liberté de ton et l'impertinence de ce film considéré comme le meilleur de sa période muette. C'est un Ozu optimiste et gai, là encore à mille lieux du cinéaste mûr et désabusé de l'après-guerre. Déjà, Ozu étonne par ses ellipses temporelles et stupéfie par ses capacités dans la direction d'enfants acteurs.
Pascal
Pascal

253 abonnés 2 388 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 janvier 2025
Ressortie en salle de ce titre muet (1932) de premier ordre, d'un des maîtres de l'âge d'or du cinéma japonais Y.Ozu.

Une remarque : la traduction des deux titres originaux sous lesquels fut exploité au Japon " gosses de Tokyo" en dit bien plus long que son titre hexagonal

" Livres d'images à lire pour adultes " ou " je suis né avec une opportunité, mais..." déplace la réputation de film un peu léger consacré à l'enfance, en une réflexion profonde sur la vie.

Si la première partie peut éventuellement correspondre à l'image d'un film charmant consacré à l'enfance, la seconde ou les véritables thématiques sont abordés, la remet en question.

Ozu aborde dans cet opus, mais de manière subtile la question des classes sociales, de l'injustice par le biais du regard des deux jeunes garçons.

Nos deux héros se transforment finalement comme deux observateurs judicieux, qui tel l'enfant du " costume neuf de l'empereur" nous dit que le roi est nu.

Par delà les considérations d'ordre social, c'est aussi celui de l'étape où l'on modifie la vision portée sur ses parents, que l'on avait jusque là idéalisés.

Ozu parvient dans " Gosses de Tokyo" grâce à une maîtrise de sa mise en scène associée à un scénario formidable, à reussir (selon moi avec " récit d'un propriétaire " 1947) sans doute un de ses meilleurs opus de sa période qui précéda celle, exceptionnelle, des années 50.
Parkko
Parkko

190 abonnés 2 020 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 février 2012
C'est une expérience curieuse et intéressante que de voir Gosses de Tokyo au cinéma. Le film commence, pas un son, pas une musique, pas un bruit. A part celui de la salle et des spectateurs. C'est assez intriguant comme sensation.
C'est un cinéma qu'on a pas l'habitude de voir, je ne peux pas dire que j'ai adoré le film qui, malgré certains bons passages, ne me semble pas aussi génial que certains le clament (disons que sur l'enfance j'ai déjà vu des films que j'ai trouvé bien meilleur), mais Gosses de Tokyo reste une expérience intéressante.
Misoramengasuki
Misoramengasuki

79 abonnés 399 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 9 novembre 2006
Un film muet qui en dit bien plus que la plupart des films parlants ! Et surtout une œuvre à double détente remarquablement construite. On croit d’abord avoir affaire uniquement au "livre d’images pour adultes" annoncé au générique, c’est à dire à une description attendrie de l’univers de ces gamins d’une banlieue de Tôkyô. Notez que rien que cet aspect est déjà génial. Il faut dire qu’Ozu a déniché deux stars (le cadet surtout, aux mimiques inénarrables) et que les petites aventures à la Doisneau version japonaise où il les plonge sont délicieuses. On ne va pas épiloguer sur les qualités techniques du réalisateur, son alternance de plans fixes et de travellings d’autant plus efficaces qu’ils sont rares, son art de la perspective (la toute première scène!). Son humour aussi, et c’est une qualité qu’on ne mentionne pas assez à son propos (scène hilarante de la projection de films où le patron se trouve filmé accidentellement en compagnie de geishas). Et c’est justement à ce moment que le film bascule. Sans coup férir, le ton devient plus grave, le propos plus acide. La gentille badinerie devient réflexion sur la société : les riches, les pauvres (enfin, les "moyens") qui travaillent pour eux, la justice et l’injustice du monde, le choix de se rebeller ou de jouer le jeu, la cruauté et la justesse du regard des enfants, la figure du père... Tout cela est traité avec un à-propos, une précision et une sûreté du trait qui annoncent les grandes œuvres de la maturité du réalisateur. Grâce à cette dernière partie, le film prend une envergure étonnante, qu’on n’aurait jamais soupçonnée même à mi-parcours. Preuve s’il en était besoin qu’Ozu était aussi grand scénariste que metteur en scène. Un peu comme Luc Besson, pourrait-on dire. Mais en mieux. Beaucoup, beaucoup mieux.
Léo Peteytas
Léo Peteytas

26 abonnés 125 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 janvier 2025
En montrant le Japon des années 30 à travers les yeux d'enfants, Ozu livre un panorama saisissant des transformations alors à l'œuvre dans le pays du soleil levant. La modernité nouvelle du pays, sans cesse rappelée par ce train qui traverse la campagne, les codes sociaux traditionnels, transmis par l'éducation dispensée à l'école, l'activité physique militaire, seulement entraperçue et qui prépare les corps et les esprits de la jeunesse à l'obéissance de l'autorité, sont autant de documents d'archives, témoignant de la vie d'un peuple à la veille d'un conflit qui n'épargnera rien ni personne. Gosses de Tokyo est un récit de l'enfance ; à travers les chamailleries et les jeux que se livrent des enfants d'un quartier périphérique de la capitale, le temps semble comme suspendu. Le processus d'occidentalisation engagé par le Japon au cours du XIXe siècle est perceptible. Le changement gagne inexorablement la vie de la communauté et des familles via des modes de transport, des normes et pensées nouvelles, et des produits étrangers ; et les enfants vivent dans ce monde qui évolue en expérimentant les rigidités du système, éprouvant pour la première fois incompréhension et dégoût, puis du rejet. Le père est une figure majeure de ce récit ; par son emploi d'employé de bureau, il appartient à cette nouvelle classe laborieuse du XXe siècle, ni riche ni pauvre, moyenne, privilégiée par rapport aux autres, mais quand même, exploitée, soumise à une hiérarchie inique, comme immuable. Est-il possible de se démarquer quand subsistent les privilèges ? Est-il possible de vivre heureux de son travail, quand fonctionne à pleine puissance la machine à comprimer les destins dans le moule du travail salarié moderne ? Où est le sens ? Existe-t-il ? Spectateur silencieux mais engagé de son temps, Ozu dessine finement les contours de cette tendance du capitalisme à son stade le plus avancé ; le travail comprime l'être, et réduit ses espoirs à une faible lueur dépendante des interstices habilement laissés par une structure consciente qu'à une totale fermeture, est préférable l'illusion génératrice de paix sociale et de stabilité. Ils n'y sont pas encore, mais demain, ce sera leur tour ; séquence d'une puissance extraordinaire, la confrontation entre ce père démuni et sa progéniture aimée laisse planer un doute - le propos est emprunt d'un certain optimisme : rien n'est encore absolument déterminé, dans cet univers en mouvement, les deux garçons peuvent se réaliser. Ils ont toutes leurs chances. Si le caractère martial de la société dans laquelle ils grandissent perturbe leur aspiration à être libres, leur inculquant des notions de commandement, hiérarchie, domination, supériorité malheureuses, ce ne sont que des enfants. Ils jouent ; la satire sociale n'en est que plus puissante.
Plume231

4 405 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 avril 2012
Oeuvre muette de Maître Ozu dont il fera lui-même plus tard un remake avec l'excellent "Bonjour". Personnellement, je préfère ce dernier mieux équilibré notamment par l'intermédiaire de personnages secondaires plus exploités et qui donnent plus de vie à l'ensemble. Il y a beaucoup de différences entre les deux qui ne donne pas du tout l'impression de voir le même film une seconde fois : le dégoût que leur père fasse le lèche-bottes auprès de son patron remplace ici l'envie d'avoir une télévision et la grève de la faim prend la place de la grève de la parole, et couvre une beaucoup plus infime partie de l'intrigue que dans le remake. L'oeuvre originale regorge de qualités car il montre que le jeune Ozu avait déjà un sens très aiguisé de l'observation, qui ne fera que s'affiner par la suite pour trouver sa plénitude dans ses derniers films, sur les japonais moyens et un regard assez juste sur l'enfance.
Benjamin A

806 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 8 octobre 2017
Ce qui m'a d'abord marqué dans le cinéma d'Ozu, c'est sa façon de mettre en scène, avec autant d'intelligence que de finesse, les liens familiaux, l'ordre établi dans une famille ainsi que les cicatrices qu'elles peuvent générer.

Gosses de Tokyo ne déroge pas à cette règle, et ici il aborde cela par le prisme de l'enfance en mettant en scène deux frères qui ne parviennent pas à s'imposer dans une nouvelle école, et devant faire face à la morale du père. Il écrit son scénario avec autant de simplicité que de finesse, n'en faisant jamais trop et proposant un déroulement fort intéressant avec des personnages qui le sont tout autant, avant d'axer son oeuvre sur le conflit entre un père et ses fils.

Cette opposition sera forcément fragile, car familiale, chaque mot et regard peut provoquer une cicatrice éternelle, et c'est ce qu'on ressent lorsqu'on voit l'oeuvre. Par le prisme de cette opposition, il va aussi s'intéresser à la situation sociale, les difficultés d'une nouvelle vie et le respect dans la société, que ce soit au sein d'un environnement familial ou dans son travail. Il faut savoir s'accepter, c'est simple sur le papier mais pas toujours dans la vraie vie, et ça, Ozu le montre avec une très rare finesse et surtout une simplicité qui est clairement la bienvenue.

De cette simplicité découlent d'abord des émotions, et c'est là le plus important, Ozu à une capacité incroyable de véhiculer cette émotion par le biais de simples moments de vies, quelques gestes ou regards qui en disent parfois bien plus que de simples mots. L'évolution du récit est d'ailleurs remarquable, plus on avance, plus les tensions se révèlent fortes mais vont être traitées d'une manière similaire, avec aussi une dose d'humanité, de tendresse mais aussi d'humour, grâce surtout aux deux gosses et leurs inoubliables petites bouilles.

Gosses de Tokyo bénéficie aussi d'un savoir-faire certain du futur auteur de Voyage à Tokyo, âgé ici de 29 ans, que ce soit dans sa science du détail ou dans ses plans et l'utilisation de la caméra, comme en témoigne ce remarquable travelling montrant un groupe d'employés bailler. Ce conflit générationnel bénéficie aussi d'une jolie photographie en noir et blanc, ainsi que de très bons comédiens, que ce soit le père ou évidemment les deux enfants, qui ne tombent jamais dans le piège des interprétations théâtrales qu'offre parfois le muet.

Ozu propose avec Gosses de Tokyo un film tout simplement merveilleux, d'une simplicité qui n'a d'égal que son émotion, tendresse et humanisme, et il évoque la famille, les combats générationnels ou l'estime de soi avec autant de richesse que d'intelligence.
Moorhuhn
Moorhuhn

167 abonnés 579 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 janvier 2012
Je découvre Ozu avec ce film, pas son plus connu ni son plus aimé mais en tout cas la qualité était au rendez-vous, j'ai vraiment apprécié ce film. Visuellement parlant c'est très sobre mais en même temps pertinent, d'ailleurs Ozu gère mieux le plan fixe grâce à une maîtrise de l'espace de très bonne facture que le mouvement qui fait preuve de petites maladresses (mais rien de catastrophique pour autant, juste un peu aspect un peu trop mécanique qui se ressent). La mise en scène dans sa globalité est vraiment bonne, certains plans sont intelligemment pensés. Et Gosses de Tokyo c'est également un regard tendre sur l'enfance et amer sur la société. La bande de gosses ressemble à une véritable mafia où règne une situation de dominant-dominés, comme le décrivait si bien Bourdieu. L'incompréhension des enfants face aux inégalités du monde des adultes a quelque chose de touchant, la scène où les gamins reprochent à leur père de ne pas être un homme important est plutôt cruelle. Les enfants sont plutôt bons même si les scènes de pleurs sont surjouées à mort, globalement l'interprétation convainc quand même. J'ai bien aimé ce film car il apporte un avis social engagé sans que ce soit lourd, Ozu mêle tendresse, humour et sérieux avec réussite, le mix est plutôt savoureux. Ozu signe un film teinté de réalisme, avec un propos intéressant et une mise en scène habile, les quelques défauts qui subsistent ne gâchent pas tellement le plaisir du visionnage, en tout cas je découvrirais ses oeuvres majeures avec plaisir.
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