Voyage à Tokyo
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80 critiques spectateurs

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NeoLain

5 888 abonnés 4 743 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 octobre 2013
Le film le plus célèbre d'Ozu fut son premier à sortir en France. Voyage à Tokyo, retenez bien ce titre. Suivez deux personnages âgées qui rendent visite à leurs enfants vivants dans la capitale du Japon. Ils prendront le train et vous de même, car c'est votre billet de séjour dans le parchemin de l'authenticité d'Ozu et sa délicatesse de raconter une histoire forte. Palpable, réel, un chef-d'oeuvre de plus pour ce réalisateur.
ferdinand75

723 abonnés 4 462 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 février 2024
Un film magistral, l’on pourrait probablement utiliser le qualificatif de parfait, un peu comme certain chef d’œuvre :« Citizen Kane » ,« 2001 » ou « Le Mépris » . Tout y est ; un sujet intemporel, ou plutôt une foison de sujets, et puis surtout un style unique, envoutant, épuré, mais tellement cinématographique, de la beauté à l’état brut et en même temps sophistiqué, ultra raffiné. Bien sûr nous sommes toujours en plan fixe à ras du tatami, souvent cadré serré sur les visages, des acteurs pleine face caméra , et toute l’émotion transmise directement vers chaque spectateur, individuellement, et puis des interludes de plans fixes de paysages , comme des têtes de chapitre qui annoncent ce qui va suivre , et c’est là où le « Voyage à Tokyo » est un chef d’œuvre c’est que chaque plan transforme un paysage « anodin » et en fait une substance qui annonce la séquence à suivre .On a l’impression d’être dans un tableau de Velázquez, avec cet effet « mise en abime ». Les plans d’usines ou de métro bondé annoncent l’arrivée à Tokyo. Un plan fixe de mer à la station balnéaire, introduit la cure thermale, et les plus beaux plans fixes de Ia ville noire, vidée, désolée, pluvieuse de Onimichi ( petite ville de province éloignée) annoncent le décès de l’héroïne . C’est énorme et diabolique. Il y a un seul travelling dans tout le film, une merveille de sobriété, travelling latéral devant un bâtiment délabré qui découvre soudain les deux grands-parents esseulés, isolés mais solidaires. Sur le fonds le film est d’une grande puissance : ce voyage de la génération sénior vers la mégapole Tokyo, où vivent leurs enfants, adultes, tous très actifs, qui n’ont pas le temps de s’occuper de leurs anciens. La vie moderne, le Japon de la croissance et de l’occidentalisation, qui happe la nouvelle génération. Cette distance, ce manque de temps et de disponibilité est décrit avec rigueur, austérité, mais pas d’aigreur ou de douleur, juste un constat, froid presque clinique ; en douceur , la famille qui se dilue, en finesse : c’est l’évolution du monde du XXe siècle, c’est universel .Très dur, très émouvant , mais qui peut-on ? L’autre sujet est celui de la jeune veuve, jeune femme magnifiquement interprétée par Setsuko Hara , probablement son plus beau rôle dans les films d’ Ozu , elle est illuminée , radieuse, c’est la Greta Garbo ou Marlène Dietrich du cinéma japonais . Elle intériorise sa douleur, son veuvage depuis 7 ans, en compensant par une sorte de bonté naturelle, de grâce. Ses beaux -parents vont tout comprendre, l’écouter, l’aimer et essayé de la motiver à réapprendre à vivre, à profiter de l’instant. Dernières scènes magnifiques où la vieillesse, la mort qui arrive pour certains est échangée contre la vie qui doit revenir , contre le bonheur assouvi. Sublime.
Y Leca
Y Leca

46 abonnés 1 174 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 27 février 2025
Désolé de ne pas crier au chef d'œuvre comme les spécialistes et la majorité ici, mais quel ennui ! Déjà il faut composer avec les comportements japonais (courbettes, sourires forcés) mais quand c'est joué aussi mal en plus (les grands parents surtout : les mmmm du pépé!).En ce qui concerne la technique c'est limité : plans fixes, gros plans, le tout dans les intérieurs minuscules et à ras du sol (les japonais ont des bons genoux) comme convenu dans ce pays (avec sandales et kimonos bien sûr). L'histoire, elle, se résume à l'ingratitude des enfants vis à vis de leurs vieux parents. L'intérêt principal est d'observer l'habitat, la culture et les échanges sociaux dans le Japon de l'époque, mais pour ce qui est des sentiments ça reste donc très aride, à l'image de la pudeur et de la retenue de ce peuple.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 5 février 2014
Voyage à Tokyo est un film qui sait prendre le temps, sans se faire ennuyeux et qui nous propose des plans particulièrement bien construit. Les personnages parviennent à se faire attachant, à tour de rôle, ce qui ajoute une grande part de complexité à ce film qui démontre brillamment qu'être une famille n'est pas une chose aisée. La culture japonaise est joliment mise en avant. Parfois, on s'interroge sur les actions des uns et des autres, le choc est-il culturel ? Ou peut-être qu'en connaissant parfaitement cette culture les actions nous choqueraient tout autant ? Il est parfois difficile de faire la part des choses.

Un vrai moment de cinéma, de réflexion et de poésie.
Un film a voir.
mazou31
mazou31

130 abonnés 1 361 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 mars 2021
Un chef-d'œuvre du cinéma japonais, datant de 1953, qui aurait été fortuitement découvert qu’en 1978 en France ! Le rater aurait été bien dommage. Ozu est moins connu que Kurosawa mais tout aussi immense, avec un talent démesuré pour filmer l’intime de l’être humain et tout particulièrement du natif nippon – c’est les Japonais qui le disent. En effet on est touché, sans aucun effet mélo, par la justesse du sujet, les rapports de génération, les dégâts du matérialisme, mais il est certain que certains aspects psychologiques nous échappent, nous Occidentaux déjà bien formatés par la vie moderne et la vie citadine.
Et cette magnifique histoire qui n’en est pas une puisqu’en fait elle est la vie, celle ce chacun d’entre nous, cette émouvante histoire donc nous captive alors qu’il ne se passe rien ! Sinon une interprétation sans défaut épaulée par une science unique des cadrages et un art consommé du noir et blanc et des ombres.
Un film dans lequel il faut se laisser dériver sans impatience et retenir toute la matière sur laquelle réfléchir pour soi-même et sa propre famille.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 septembre 2015
La vie d'une famille. C'est simple, c'est juste et c'est terriblement émouvant. Superbe musique qui retranscrit à merveille les émotions et dont Delerue est le digne héritier en France. Ozu sait s'attarder sur les moments essentiels et parfois se taire. Juste filmer l'inaction. Très expressif.
Bernard D.
Bernard D.

129 abonnés 613 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 avril 2022
« Voyage à Tokyo » de Yasujirō Ozu (1953) dont c’est loin d’être le premier film mais qui va le consacrer, va contre l’idée que nous avons du respect des Asiatiques envers leurs aînés. Shukichi (Chishū Ryū) et sa femme Tomi (Chieko Higashiyama), habitent à Onomichi, une petite ville portuaire au sud-ouest du Japon, et ils entreprennent un dernier voyage pour rendre visite à leurs enfants qui habitent à plus de 800 km à Tokyo. Après les rituels de l’accueil, très rapidement le fils ainé (médecin de quartier) et une fille coiffeuse n’ont manifestement pas le temps de s’occuper de leurs parents. Finalement c’est leur bru, Noriko (Setsuko Hara), veuve de leur fils Shoji, qui s’occupera d’eux et leur fera visiter le Tokyo moderne. Les enfants proposent à leurs parents de passer quelques jours dans la station balnéaire de Atami mais celle-ci n’est nullement adaptée pour les personnes âgées. Shukichi et Tomi de revenir plus tôt que prévu : Shukichi – après une soirée de souvenir bien arrosé par le saké avec 2 anciens amis – ira dormir chez ami et Tomi chez sa belle-fille Noriko. Le couple déçu rentre chez lui et après un arrêt à Osaka où vit un autre de leurs fils. Mais Tomi aura un souci de santé. De retour dans leur maison, la situation médicale empire… et les enfants de faire – par convention ? – rapidement le voyage pour les funérailles (dont par pudeur le déclin et la mort ne sont pas montrés) et seule Noriko restera quelques temps avec son beau-père, Shukichi qui lui répétera qu’elle doit se remarier, son mari Shoji étant décédé à la guerre il y a déjà 8 ans !
Un film sans fioriture cinématographique avec des plans souvent fixes à hauteur de tatami d’une grande pureté et des dialogues succins… et surtout sans aucun heurt ! Un film mélancolique d’une grande finesse.
Spiriel
Spiriel

43 abonnés 318 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 octobre 2008
Le dernier opus de la trilogie de Noriko, après Banshun et Bakushu (le meilleur Ozu), s'apparente à une relecture du Make way for tomorrow de McCarey. Les vieux parents vont à la ville pour renouer avec leurs enfants. Ceux-ci, accueillants et chaleureux dans un premier temps, vont vite ressentir la gène que leur occasionnent leurs parents, qui dérèglent leur train de vie déjà pas commode. Culpabilité de cette ingratitude pour les enfants, refus des parents de juger négativement leurs enfants bien que ceux-ci aient moins réussi qu'ils le pensaient et qu'ils soient plus "durs"... Personne n'est innocent, mais comme chez Renoir Ozu accorde une émouvante humanité à chacun de ses personnages, qui souffrent d'être conscients de la laideur de leurs pensées, paroles et actes, mais qui ont leurs raisons... ils sont avant tout victimes d'une société qui se soucie peu de l'Humain. La mort de la mère affecte sincèrement tout le monde, mais très vite il faut replonger dans cette société sous peine d'en être écarté. Le personnage de Noriko (légendaire Setsuko Hara) est dans une situation différente, qui permet de donner une dimension supplémentaire au film. Son profil pourrait la faire passer pour une sainte, surtout en comparaison de ses beaux frère et soeur que les évènements n'ont pas exactement flattés. Mais Noriko sait qu'il n'en est rien. Elle aussi a ses raisons, tout simplement. Le film est un pur drame familial, là où la plupart des films d'Ozu post 1949 ne collaient à aucun genre. C'est ceci, en plus d'une immense qualité et du hasard historique qui font que ce film est dorénavant l'étendard du cinéma d'Ozu en occident, systématiquement cité. La vérité c'est que sa filmo est extrêmement homogène mais que l'occident l'a découvert avec ce film, qui en plus était moins typiquement nippon dans ses thèmes que d'autres. Ici, Ozu est moins tendre et drôle qu'il ne sait l'être, insistant ainsi sur l'âpreté de la vie tokyoïte, ce qui le différencie aussi du film de McCarey.
LAvisDuNeophyte
LAvisDuNeophyte

4 abonnés 656 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 mars 2025
Bon film sur la piété filiale. Bien cadre, bonne musique et mise en scène. Le film est cependant trop lent pour être captivant.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 21 octobre 2006
Ozu, les parents, les enfants, leurs rapports. Apres avoir vu Bonjour et Le Gout Du Saké on en redemande... et en fait, Voyage a Tokyo est plus lent, les rapports entre generations sont plus mechants aussi. Ozu est un grand maitre, il faut bien mettre une echelle sur sa filmographie impressionante toutefois.
Louis Morel
Louis Morel

61 abonnés 850 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 décembre 2013
Ozu peint ici la beauté et la sincérité d'une famille tiraillée et décomposée par la modernité, un peu long mais très poétique...
chrischambers86

16 164 abonnés 13 124 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 mars 2025
Tout en plans fixes, voici l'oeuvre la plus admirable du maître Yasujirô Ozu qui reprèsente à lui seul une parenthèse cinèmatographique èblouissante. « Voyage à Tokyo » pour ce couple se sentant vieillir et en mal de ses enfants! Le cinèaste nippon laisse une place pleine de tendresse aux parents devenus gênants! La subtilitè, la dèlicatesse et l'èmotion dont l'histoire regorge sont essentiellement dues aux talents dont Ozu a su s'entourer notamment l'impèrial Chishū Ryū et la merveilleuse et gentille Setsuko Hara! L'importance historique de "Voyage à Tokyo" (1953) est considèrable aujourd'hui au point que cet immense classique a ètè èlu comme l'un des plus grands films de l'histoire du cinèma! Rien que ça! Bref, il n’est pas nècessaire d’exprimer la beautè globale du film car il s’agit d’une oeuvre d’art quasi parfaite de Ozu! Aucune rèsistance à la vèritè sur le regret ou de la perte d'un proche! Juste un lent regard sur un bel horizon....
Hotinhere

790 abonnés 5 464 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 avril 2021
Une chronique familiale d’apparence simple mais tellement profonde et émouvante, à la photographie magnifique, mais dont l’ensemble souffre un peu de rythme.
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 831 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 février 2025
Subtilement corrosive, cette étude de moeurs déconstruit le mythe de la valeur refuge familiale grâce au récit d'un voyage de parents désireux de revoir leurs enfants: d'une part ces derniers ressentent leur venue comme une intrusion gênante (seule la bru veuve les prend gentiment en considération grâce au souvenir de son époux défunt), de l'autre les géniteurs se plaignent du manque de réussite ou d'attention de leur progéniture. Or, ce propos grinçant où les considérations pragmatiques dament le pion aux convenances sentimentales s'orne d'une mise en scène épurée qui laisse s'exprimer toute la pertinence du jeu des comédiens (hormis le surjeu de Setsuko Hara), chacun conférant densité ou complexité à son personnage (parfois écrasé sous l'ennui ou la frustration), et révèle le paradoxe d'une ville où modernité et traditions cohabitent en un équilibre précaire (symbolique scène introductive). Cependant, ce dramatique périple laisse de glace, la froideur de l'atmosphère, l'audacieux humour noir (irrésistible cynisme de certains dialogues) l'aspect de dissection psychologique des rouages du clan ne cédant aucune place à l'émotion. Un tableau cru, cruel, lucide, de la réalité d'un groupe lié par le sang...
Henning P
Henning P

82 abonnés 280 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 août 2019
Je mets rarement 5 étoiles mais ce film les mérite amplement.
Si la première heure met en place les personnages et les lieux, la suite est tout bonnement grandiose. C'est un long métrage d'une telle modernité ! Lorsqu'il l'a réalisé en 1953, la société japonaise n'en était qu'aux balbutiements de la société de consommation au sortir de la seconde guerre mondiale. Et pourtant Ozu a parfaitement retranscris ce monde à venir où l'égoïsme et les liens familiaux qui se distendent deviendront peu à peu une certaine norme. Il a parfaitement su retranscrire cette transformation à venir. La famille est au centre du film, spoiler: une fratrie qui délaisse ses parents et se comporte de façon ignominieuse.
Heureusement il y a Noriko, jouée de façon sublime par Setsuko Hara spoiler: qui redonne un peu d'espoir en la famille même si elle reste lucide sur l'idée de famille
. qui d'ailleurs a été la compagne d'Ozu dans la vie et qui à sa mort, a décidé de tout arrêter et vivre en recluse.

La mise en scène est remarquable et chaque plan est composé telle une oeuvre d'art. C'est du grand cinéma. Une oeuvre lumineuse avec un propos sombre. Une leçon de cinéma.
19,5/20
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