Deux marginaux se rencontrent au bord d’une voie de chemin de fer et vont se lier d’amitié. L’épouvantail est un Road Movie assez classique qui vaut surtout (uniquement) pour ses deux acteurs principaux. Gene Hackman alors au sommet de sa carrière est excellent avec son loubard bas du front qui rêve entre deux passages en prison d’ouvrir une station de lavage et Al Pacino qui lui est à ses débuts et qui est bluffant avec son personnage perché, qui a peur de la vie. Un portait de l’Amérique des années 70 des gens de peu, entre carcasses de tôle , friches, bars minables souvent sans issus.
Qui a classé « L’Épouvantail » dans le genre des comédies dramatiques ? Pour moi que ce film n’a jamais fait rire, c’est un drame sans être une tragédie. Certainement pas une comédie. Dès les premières images, je m’y sens vraiment mal à l’aise. Entendons-nous bien : le spectacle offert par le duo Max (Gene Hackman) et Lion (Al Pacino) est quasi parfait, l’un en cynique rêveur un peu pervers, l’autre en naïf manipulé désespérant n’a rien qu’on puisse vraiment lui reprocher. Le scénario est bien ficelé, l’atmosphère assez bien rendue. Alors pourquoi est-ce que j’éprouve longtemps avant la fin le désir de pouvoir passer à autre chose ? Mais pourquoi, en même temps, ai-je voulu le revoir ? Je n’ai pas de réponse.
Ancien photographe de mode réputé, J.Schatzberg passa au cinéma avec " portrait d'une enfant dechue" film magnifique interprété par F.Dunaway qui devint sa compagne à la ville.
Après avoir découvert et révélé Pacino dans " panique à needle park", c'est Gene Hackman qui creva l'écran, avec son interprétation admirable dans " l'épouvantail " qui obtint la palme d'or ( partagée avec " la méprise " de Alan Bridges ) à Cannes en 1973 ( encore appelée grand prix ).
Film sur l'amitié entre deux hommes ( Schatzberg reviendra sur ce thème dans " l'ami retrouvé ").
A partir de la rencontre entre deux marginaux (l'un ouvert au monde, l'autre méfiant et réservé à l'égard de ses semblables), c'est aussi la valorisation de la joie et de la bonne humeur comme manière d'exister, au milieu du côté tragique de la vie .
Le point d'orgue de " l'épouvantail " survient dans son dernier quart d'heure, d'une réussite totale par l'émotion qu'elle transmet et par la sincérité des sentiments qu'elle montre.
Il est évident que pour son auteur, l'amitié, mais l'amitié véritable au sens romain du terme, est un des ses sentiments les plus nobles, peut-être même le plus grand, que l'Homme pourra connaître.
Troisième réalisation du cinéaste, c'est son film le plus titré dans une œuvre majeure d'un cinéaste de premier ordre du nouvel Hollywood. Malheureusement pour le spectateur, beaucoup de ses opus ne sont pas facilement visibles.
Jerry Schatzberg signe un très beau road-movie qui repose avant tout sur le tandem formé par Gene Hackman et Al Pacino, tous deux excellents dans leurs rôles de marginaux paumés liés d'amitié après avoir partagé le feu d'une dernière allumette. Souvent touchant et mélancolique, "L’Épouvantail" est aussi un peu pathétique dans la manière dont il dépeint ses personnages qui n'ont rien d'héroïques qui se contentent de poursuivre des rêves simples mais qui ont de l'importance à leurs yeux. Une vraie leçon d'humanité pour un grand moment de cinéma.
Un des grands films du cinéma américain des années 70, dans la lignée de "Five easy pieces" ; les personnages principaux, anti-héros par excellence, sont admirablement joués par un duo de comédiens exceptionnel. Leur parcours est tracé avec beaucoup de sensibilité, dans un monde impitoyable auquel ils ne peuvent s'adapter. C'est le portrait terrible d'une Amérique sans pitié, où les marginaux n'ont aucune place. Le scénario fait la part belle à l'émotion et révèle peu à peu les failles des différents personnages, avec une réelle tendresse, comme dans les romans d'Edward Anderson.
Film touchant sur l'amitié entre deux héros paumés, un grand bourru et un petit clownesque, interprétés merveilleusement pas Gene Hackmann et Al Pacino. La réalisation soignée ajoute encore du charme à ce sympathique voyage.
Le film vaut surtout pour la présence d'hackman énorme et un bon abattage d'Al pacino, pour le reste c'est une histoire d'amitié et un road movie bien réalisé mais pas totalement abouti.
Un film dur qui révèle au grand jour toute la palette du talent d'Al Pacino. Le duo qu'il forme avec Gene Hackman vaut véritablement le détour. Une lente descente aux enfers qui peint l'envers du décors de l'American way of life. Un très bon film qui obtint la Palme d'or à Cannes.
Film qui lance des pistes de réflexions intéressantes sur l'amitié et l'Amérique des années 70, mais sans jamais les développer. Alors on a tendance a tourner en rond au grès des péripéties, tantôt drôles tantôt touchantes, d'Al Pacino et Gene Hackman. D'ailleurs, le tournage fut raccourci de 6 mois, et Al Pacino lui même évoque beaucoup de déception quant au résultat final de ce film.
Palme d'or complètement oubliée dans la mémoire collective, "l'épouvantail" s'annonçait intéressant pour son ode à l'amitié ainsi que son parallèle sur la société américaine de l'époque (vers le début des années 70) et son fameux "american dream" où tout le monde peut arriver à tout en partant de rien. Ce qui attirait surtout, c'est le duo d'acteur à l'affiche, pour le moins alléchant. Et il est vrai que les deux acteurs s'en donnent à coeur joie et sont l'atout majeur du long métrage. AL Pacino exelle dans un registre assez méconnu de son jeu, où il a plutôt l'allure d'un looser. Gene Hackman est assez troublant, cachant derrière un calme apparent une grande intensité. Le scénario leurs offres de belles possibilités, de belles rencontres, des conflits et des scènes d'union, bref ce sont deux grands personnages. La critique de la société est intéressante bien que pas tellement approfondie, mais néanmoins touchante grâce aux personnages. Le modeste garage des héros symbolise le rêve américain que beaucoup tentent d'atteindre. Le principal soucis, c'est que le metteur en scène ne se montre pas à la hauteur de ses ambitions, complètement effacé derrière son scénario et ses stars. Dommage, car il y avait un potentiel dans ce film. A voir néanmoins pour ses acteurs et son intrigue, "l'épouvantail" est une palme d'or décevante
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2,0
Publiée le 5 juin 2021
Il n'y a rien de plus frustrant qu'un drame raté. Au moins on peut rire d'une comédie ou d'un film de science-fiction raté. Ce qui rend ce film d'autant plus frustrant c'est qu'il met en scène deux des plus grands acteurs américains Hackman et Pacino au sommet de leur art. Mais il les gaspille sur des personnages stéréotypés et prévisibles. Max est toujours belliqueux mais farouchement loyal envers son ami Lion tandis que Lion est toujours un clown mais tout aussi loyal envers Max. Pour renforcer l'impression que chaque scène est la même Max parle sans cesse de son rêve de posséder une station de lavage de voitures. Le spectateur avisé peut facilement deviner ce qu'il adviendra du rêve de Max bien avant le point culminant. C'est un film des années 70 après tout et le désespoir était à l'ordre du jour. L'intrigue est trop épisodique et décousue bien qu'elle soit répétitive et l'amitié entre Max et Lion se consolide trop rapidement pour être convaincante. Les rebondissements de l'intrigue sont étrangement prévisibles et même la dispute entre Max et Lion semble clichée. C'est une belle tentative mais je ne pense pas qu'il vaille la peine d'être vu pour Hackman et Pacino...
Deux ans après "The Panic in Needle Park", Al Pacino retrouve Jerry Schatzberg. J'ai vu ce très beau film plusieurs fois et je le place dans mon top 100 personnel. Palme d'Or méritée au Festival de Cannes 1973. Road movie où 2 laissés pour compte que tout oppose vont partager un bout de route ensemble. Magnifique composition de Pacino et de Gene Hackman. Un an plus tard en 1974, "The Conversation" de Francis Ford Coppola décrochera la Palme d'Or au Festival de Cannes, avec un Gene Hackman époustouflant.
"L'épouvantail" est un film sur l'errance qui fut couronné d'une palme d'or. Il y a de vraies longueurs mais sa réalisation soignée et le duo Hackman-Pacino en font un film vraiment à part.