Alain Resnais, Toute la mémoire du monde (1956), 20’
Arthur Chopin, 512×512 (2024), 20’
Eryk Salvaggio, Human Movie: Six Meditations on a Compression Algorithm (2025), 35’
« Imaginons une gigantesque machine (un robot) capable de répondre à tout (…) Cette machine, cette Mémoire universelle connaîtrait non seulement tout le passé, mais aussi tout le présent. Ce serait le véritable Conservatoire de la Civilisation écrite. Cette machine, c’est bien sûr une Utopie ? Rien n’interdit cependant de la croire possible d’ici un siècle ou deux. »
Le premier synopsis du film d’Alain Resnais, écrit avec Remo Forlani, suggère plus d’une analogie avec l’intelligence artificielle : comme elle, la bibliothèque nationale traite un nombre illimité de données, qu’elle rassemble, catalogue et classifie, afin de favoriser la génération de nouveaux contenus. Mais quels visages et quels récits de l’humanité invente donc cette machine qui substitue sa mémoire à la nôtre ? Comme en écho aux réflexions de Resnais, Arthur Chopin et Eryk Salvaggio proposent chacun des réflexions épistémologiques sur l’IA, à partir de ses biais et ses limites, tandis que, dès les années 1970, Otto Beckmann génère ses premières images par ordinateur grâce à une machine, l’« ai70 », conçue par son fils Oskar au service de structures utopiques et rêvées.