Figure incontournable de la scène culturelle italienne contemporaine, Mario Martone développe très tôt un intérêt pour les arts visuels et la dramaturgie. Dans les années 1970, il fonde la compagnie théâtrale Falso Movimento, qui explore les formes hybrides entre théâtre, vidéo et performance. Ce groupe fusionnera avec d’autres collectifs napolitains pour former Teatri Uniti, un pôle artistique majeur qui contribuera à renouveler la scène théâtrale italienne.
Martone fait ses débuts au cinéma avec Morte di un matematico napoletano (1992), un film biographique sur le mathématicien Renato Caccioppoli. Ce premier long métrage reçoit un accueil critique très favorable et remporte le Grand Prix du Jury à la Mostra de Venise. Tout au long des années 1990 et 2000, le metteur en scène construit une œuvre exigeante et marquée par l’histoire italienne, mêlant introspection personnelle et préoccupations sociales.
Il réalise L’amore molesto (1995), adapté d’un roman d’Elena Ferrante, Noi credevamo (2010), fresque politique sur le Risorgimento, et Il giovane favoloso (2014), un portrait du poète Giacomo Leopardi. Parallèlement, Martone poursuit une riche carrière de metteur en scène d’opéra, signant des mises en scène pour la Scala de Milan, le San Carlo de Naples ou l’Opéra de Paris, où il s’illustre par une lecture contemporaine des classiques du répertoire, de Mozart à Verdi.
En 2022, il est sélectionné en compétition officielle à Cannes avec le film Nostalgia, un drame mélancolique tourné dans sa ville natale, Naples. En 2025, Martone revient sur la Croisette avec Fuori, un drame inspiré de l’œuvre L’università di Rebibbia de Goliarda Sapienza. Le film, porté par Valeria Golino, explore les thématiques de la marginalité, de l’identité féminine et de la réinsertion dans la société, avec la sensibilité et la rigueur qui caractérisent son œuvre.
Laurent Schenck