Né aux Philippines au cours des années sanglantes de la loi martiale sous le règne de Ferdinand Marcos, le jeune Lav Diaz se dirige tout d’abord vers des études d’économie et de droit. Fou de cinéma, Il commence très vite à travailler sur des scénarios au début des années 1990 comme ceux de Mabuting kaibigan masamang kaaway d’Augusto Salvador (1991) ou Daddy Goon de Rudy Meyer (1991).
C’est en 1998 que Lav Diaz réalise son premier long-métrage, Serafin Geronimo : Ang kriminal ng Baryo Concepcion. Ce film sera suivi d’une longue série d’autres longs-métrages à un rythme assez soutenu. En effet, le cinéaste réalise près d’un film par an.
Entre 1998 et 2025, il en signe dix-huit et devient peu à peu l’un des principaux représentants du "slow cinema", à savoir un style qui se caractérise par des plans fixes, un rythme contemplatif et un engagement profond avec le temps et l’espace. Ses films sont remarquables pour leurs durées exceptionnelles, pouvant parfois excéder les dix heures.
Au cours de sa carrière, Lav Diaz va souvent être mis à l’honneur dans de nombreux festivals dans lesquels ses films seront sélectionnés et récompensés. Parmi ses récompenses les plus prestigieuses, le réalisateur philippin a notamment reçu le Léopard d’or de Locarno pour From What Is Before (2014), l’Ours d’argent de la Berlinale pour Berceuse pour un sombre mystère (2016) ou encore le Lion d’or pour La Femme qui est partie (2016).
Plébiscités par la critique, plusieurs de ses films réussissent à être distribués en France malgré leur radicalité et leur durée (La Saison du diable – 2018, Halte – 2019, Quand les vagues se retirent – 2022).
En 2025, Lav Diaz consacre son nouveau long-métrage, Magellan, à la vie célèbre explorateur portugais interprété pour l’occasion par Gael García Bernal. Le cinéaste a déjà plusieurs films déjà tournés ou à un stade avancé qui doivent sortir dans les prochains mois (Kawalan, Henrico’s Farm, Une amazone).