Les films de Breien ont l'élégance de ne jamais faire la leçon, mais de questionner les autorités et leur pouvoir, non sans nuances de points de vue, et parfois avec humour.
Les films de Breien ont l'élégance de ne jamais faire la leçon, mais de questionner les autorités et leur pouvoir, non sans nuances de points de vue, et parfois avec humour.
Van Sant s’attache effectivement à dépeindre avec nuances cette relation contrainte, fluctuant au gré des humeurs de Tony qui, lorsqu’il n’est pas agité par la colère, peut autant faire preuve d’une cordialité envahissante que d’une sincérité déconcertante. La Corde au cou ne se cantonne néanmoins pas à l’espace privé et au drame psychologique. Le cinéaste s’intéresse tout autant à l’articulation de l’actesolitaire et du fait social.
Le détail des infimes répercussions du totalitarisme ferait mouche s’il prenait le risque du mélodrame ou de la franche comédie. Mais Ilker Çatak, soucieux sans doute de ne pas les héroïser en résistants, décrit avec froideur ces “bobos”
Dans le deuxième long-métrage de Jean-Luc Gaget, ce jeu de triangulation des regards peine malheureusement à dépasser les intentions scénaristiques d’une comédie romantique gentillette.
Un lugar más grande pâtit presque d’un d’excès de respect: en accordant une importance presque égale à tout ce qui est filmé et monté, il dilue le point de vue sur les événements.
Certes marqué par une esthétique télévisuelle relativement conventionnelle, le documentaire n’en demeure pas moins captivant, révélant une zone méconnue de l’histoire du cinéma américain.
L’intelligence du film est de prendre en compte le secret de l’écriture du livre [...] Vladimir de Fontenay a bien compris que le cœur de celui-ci n’était pas le récit d’une aventure rêvée mais la dimension psychique et rédemptrice de son écriture même.
Le film se déploie vraiment lors d’un dernier tiers de toute beauté libérant toute la puissance de ses décors. Le basculement dans une forme de bizarrerie fantastique offre à Soumsoum de toucher enfin à l’abstraction.
L’intérêt de Scream 7 ne se loge toutefois pas dans son scénario indigent, culminant dans un dénouement aussi confus que raté, mais dans les pointes de classicisme dont font preuve les séquences d’épouvante.
Le film, nourri de l’enfance du réalisateur et d’entretiens réalisés notamment avec la mère de la véritable Anja, garde donc un aspect documentaire (il s’ouvre et se clôt sur des images d’archives), mais prend aussi, à l’inverse, l’allure d’une fable sur l’amour inconditionnel qu’une mère porte à son enfant.
Cette dynamique est le vecteur émotionnel d’un récit qui, s’il s’enferme dans un programme à cocher [...] est sauvé par les jeunes amants dont l’interprétation tout en fragilité empêche la satire de s’épuiser
Si Pour Klára saisit avec force l’impact destructeur de l’anorexie sur les liens familiaux, il s’épuise dans le cadre de sa coproduction internationale : un cinéaste slovène, un casting éclaté entre Tchèques, Slovaques, Slovènes et Anglais, et une alternance incessante de langues.
Sur un fond de misanthropie qui ressasse ce que les relations humaines ont d’humiliant, le stéréotypage est dans ce premier long-métrage un principe indépassable d’écriture et de mise en scène.
Porté par la justesse de ses jeunes interprètes, Morlaix capte la fragilité des sentiments et insuffle aux choix des personnages une gravité déjà teintée de mélancolie. Mais cette épure se fissure à mesure que Jaime Rosales accumule les effets – pirouettes narratives, variations de formats et de cadres, passages du noir et blanc à la couleur – sans véritable nécessité.
Intriquant l’intime (le film s’inspire d’une véritable affaire vécue par une aïeule: la quête généalogique de Mary, c’est la sienne) et l’examen d’une emprise aux accents impérialistes, sa mise en scène ne chamboule pas les topoï de l’horreur mais illustre la fétichisation des corps exotiques par des signes concrets.
Y transparaît, par-delà l’ambition de brosser un état de la société française mid-eighties, le voeu de prolonger un cinéma de papa mis au chômage. Ce n’est pas un hasard si fils et père y fredonnent « Chabadabada », avec sur le bout de la langue le titre du film auquel l’air est emprunté.”
Le défi de David Roux est de dresser le portrait de cette grande bourgeoisie catho sans tomber dans le jeu de massacre ou la satire. Il trouve une voie singulière et drôlement efficace : c’est par la littéralité des dialogues que cette ambiance familiale nous semble immédiatement mortifère, inhabitable.
Le film, dont le scénario s’attache souvent à recréer les scènes brodées, fonctionnera ainsi sur le principe de l’entrelacs et de l’ellipse, faisant fi de la chronologie pour recréer, autour du personnage d’Adnan, un anti-récit sans véritables aspérités qui célèbre [...] le réalisme des scènes de cruising et de sexe ou le progressif enchantement du réel.