S'abrutissant au fur et à mesure de son déroulement [...] "Killer Elite" n'a finalement rien à envier aux titres les plus mornes de la filmographie de Statham.
On ressort complètement sonné, avec la certitude d'avoir contemplé la naissance d'un vrai classique, profondément américain dans le meilleur sens du terme.
Les partis pris de Placido lui permettent d'introduire, sans lourdeurs ni préchi-précha, le cheminement de Vallanzasca vers [...] une forme de lucidité.
Toutes les séquences d'action sont bluffantes de rythme et d'intensité, et ne souffrent jamais d'un surdécoupage hystérique et d'effets spéciaux numériques parasites. (...) Un programme généreux et loin d'être olympien qui, s'il se perd parfois en route (...), honore ses engagements haut la main (...) et s'impose comme une réussite inattendue, pour ne pas dire inespérée.
Si cette relecture tente régulièrement de s'approprier la gloire de l'original, c'est pour mieux le travestir en véhicule pour Jason Statham, et c'est bien ce qui fait toute la différence. Charles Bronson servait le film de Michael Winner par son charisme évident et assuré. Statham, lui, s'approprie le sujet pour faire une démonstration de force.
Après [une] première bobine qui envoie, (...) "Faster" s'enlise alors dans un existentialisme ampoulé, pour finir sur un twist balisé et surtout sur une bien belle leçon de rédemption protestante, comme on en a rarement vu dans un film de bourrins qui suent.
Le polar suédois, cinématographique et littéraire, est à la mode (...), et le film de Daniel Espinosa aussi, l'image fruste de la vidéo y voisinant avec une mise en scène bourrée d'effets. Cet "Easy Money" vaut néanmoins pour l'enchâssement de différents univers, que laisse deviner le scénario.
Baran bo Odar, dont c'est le second long-métrage, réussit le tour de force de ne jamais céder à une diabolisation facile de la pédophilie, sans pour autant en atténuer le moins du monde la gravité.
Valette semble se délecter de clichés usés jusqu'à la corde, investis paradoxalement avec tellement d'enthousiasme et si bien adaptés à la culture et l'imagerie franchouillardes qu'il parvient à leur donner une seconde jeunesse.
(...) oeuvre d'équilibriste, "Fighter" est un tout, et renvoie dans son enchevêtrement de portraits aux débuts de Martin Scorsese (...). "Fighter" y gagne en humilité ; heureusement, l'émotion n'y perd rien en force.