À partir de cet argument prometteur, Wilfried Meance orchestre un duel entre la jeune femme et cette aigrefine du troisième âge experte en travestissement qui amuse çà et là mais aurait gagné à être moins balisée, plus audacieuse dans la manière et surtout plus acide.
Dans ce premier long métrage, Sophie Beaulieu joue avec les codes de la comédie romantique pour aborder la solitude, le couple ou la masculinité avec ce qu’il faut d’humour absurde et d’ironie mais sans cynisme facile, posant un regard tendre sur son trio de personnages.
Le récit, lisse et sans aspérités (à part le génial Colman Domingo dans le rôle du père tyrannique), a cependant un atout incontestable : Jaafar Jackson, fils de Jermaine et neveu de Michael, absolument phénoménal.
Cochant toutes les cases du genre qu’elle visite, cette comédie romantique gentiment décalée, où deux personnages opposés en tout point finissent par se séduire, peine à exploiter son sujet, l’estime de soi, à force de se disperser. Elle n’en est pas moins pourvue d’un certain charme [...].
Drôle, rassembleuse, pleine de tendresse envers ses personnages bien dessinés qu'incarnent des acteurs épatants, [cette comédie] ravive un âge et une décennie avec une nostalgie joyeuse doublée d'une touchante sincérité.
Dans une mise en scène très étudiée qui fait de la bâtisse un personnage à part entière, Mélanie Thierry, toute en frustration, offre une belle fragilité face à Éric Caravaca, terriblement manipulateur. Dommage que l’intrigue tourne en rond car on ne la comprend plus cette femme, ni elle ni ses atermoiements sentimentaux.
Modeste mais aussi inconfortable que touchant, son drame doit beaucoup à Céline Sallette, bouleversante en mère courage, et Lou Lampros, bluffante de vérité dans le rôle de l’insaisissable sauvageonne.
Cela donne un huis clos à ciel ouvert qui figure la fixité des relations entre anciens colons et colonisés avec une approche très théâtrale se vérifiant aussi bien dans sa quasi-unité de lieu et de temps (une nuit) que dans ses longs dialogues et le jeu des comédiens. Au risque d’être trop bavard et redondant. L’atmosphère n’en est pas moins inquiétante et la tension, allant crescendo, celle d’une tragédie en marche.
Ce film d’aventures se réfère aux classiques du genre (Tarzan, Le Livre de la jungle), ne souffre d’aucun temps mort et diffuse sa magie grâce à son intrigue poignante se déroulant dans des paysages majestueux.
Le réalisateur a beau lorgner çà et là du côté de Philippe Lacheau, ici dans le rôle d’un flic bas du front, son humour a visiblement pris un coup de vieux.
Le voyage est aussi fléché que prévisible (entre disputes et rabibochages, jolies rencontres, magnifiques paysages), et la mise en scène sans grande subtilité (le format d’image changeant une fois le pèlerinage commencé par exemple), mais il y a là une histoire touchante portée par la solaire Alexandra Lamy et le convaincant Julien Le Berre.
Certes moins tendu et étouffant que le précédent opus du réalisateur allemand d’origine turque, l’excellent La Salle des profs, en partie parce qu’il aurait gagné à être resserré, ce drame engagé montre avec acuité et sans jugement facile envers ses personnages déclassés (...).
À travers son triangle amoureux, la réalisatrice tisse habilement une intrigue où entrelacés, naïveté, espoir, déterminisme et lâcheté accouchent d’une ironie cruelle et tragique.