Sur ce sujet tragique, le film est incapable de délivrer la moindre émotion. Naviguant entre drame intime, polar et œuvre de dénonciation politique, L’Enfant bélier souffre d’un scénario erratique, de personnages inexistants et d’une mise en scène dépourvue d’enjeu.
Invitation enthousiaste mais convenue à aller vers les autres, ce récit grand public tente de renouveler les histoires de lutins mais reste plutôt conventionnel dans son animation 3D.
Si la réalisation manque un peu de rythme et de vigueur, La Maison dorée saisit avec acuité les renoncements et les dénis qui ont longtemps fait tenir un système mortifère.
Appuyant de plus en plus sa pente dramatique, Sukkwan Island surjoue la tension pour tenir en haleine le spectateur, là où la plus belle scène du film tient pourtant dans un doux moment d’échange au bord de l’eau entre deux quasi-étrangers soudain gagnés pour une chaleureuse complicité.
On y retrouvera, dans la lignée de la franchise Conjuring, sa facture un peu archaïque, son affection pour le thème de la maison hantée, son goût des figures artificielles et mécaniques, sa manière plutôt élégante et subtile d’entretenir, entre épouvante atmosphérique et freudisme de circonstance, une petite mécanique bien huilée de l’horreur.
Quelque peu erratique, Die My Love avance avec une dynamique proche de la bipolarité. Il sauve des moments tendres à ce couple pris dans une danse, entre cauchemar domestique et épanchements amoureux, offrant notamment de beaux moments musicaux.
On aurait tort d’attendre de Dao un quelconque discours préformé sur la famille. Elle est là, elle fait corps, constituée par la seule opération du cinéma. Ce que le film rend sensible, c’est la tectonique secrète qui la meut, cette lame de fond inexorable, par laquelle toute génération en remplace une autre, et ainsi de suite.
En suivant ces deux femmes désaccordées, le cinéaste livre une passionnante étude de personnages à l’ère post-Covid, où se sont cristallisés, d’après lui, des comportements antagonistes.
L’horizon est à l’évidence cette comédie italienne depuis toujours chère au cœur du réalisateur, mais il s’en faut toutefois de beaucoup, hélas, que cette esquisse sans réelle profondeur parvienne à l’atteindre.
Histoire de fantômes et de vengeance, Marama derrière une narration au cheminement attendu pointe avec une certaine justesse les dérives d’un détournement exotique de cultures traditionnelles qui exigent un ancrage un peu plus authentique.
Le film de la réalisatrice tchèque Zuzana Kirchnerova bascule alors vers un récit d’émancipation d’un rôle d’aidant de mère empreint de beaucoup de culpabilité et de non-dits un peu plus attendu, qui peine en tout cas à donner sa pleine épaisseur aux personnages croisés sur la route.
Malgré la brutalité de l’Histoire, le film parvient aussi à être aussi le récit clandestin d’un groupe de jeunes femmes qui, au milieu du chaos, réussissent à se bricoler des espaces de beauté et de liberté.
Au-delà de la force des témoignages, dommage que, dans sa volonté de prendre un recul analytique sur la situation, le documentariste se contente de donner la parole au discours d’extrême gauche le plus radical, en dissonance presque avec l’effort déployé par Alice Kisiya pour démontrer qu’un autre Israël laissant sa place à chacun est possible.
C’est précisément là que Michael devient le plus intéressant : lorsqu’il laisse de côté la lourdeur du biographisme pour plonger dans l’électricité de la performance live.
Dès lors, Les Fleurs du manguier fait le récit de ce long et périlleux périple à travers mer et terre vers une destination qui nous est d’abord inconnue. Raconté à hauteur d’enfants, au fil des jours qui s’égrènent à l’écran, le film nous plonge dans le même sentiment de déboussolement que ses protagonistes.
En filigrane se dessine toute une hiérarchie entre ceux qui bénéficient de solos, ceux qui ont parfois le sentiment de ne servir à rien. Nous l’orchestre vire alors au film existentiel dans lequel il est question pour chacun d’apprendre à trouver sa place.