Tout le début d’Aprile faisait déjà penser à Huit et demi, autre film né de l’impuissance à faire un film, raconté à la première personne. (…) Il n’est pas seulement le meilleur cinéaste italien de son époque, il est aussi le meilleur acteur.
Du reste, Webley fait beaucoup de rétention pour ne dévoiler son vrai sujet qu’à la fin, et encore à la faveur d’un carton – l’éphémère « loi refuge » qui permit l’abandon d’enfants au Nebraska suite à la crise des subprimes en 2008. Trop tard, donc, pour nous en dire quoi que ce soit.
L’ épopée en animation 3D est sympathique, tout comme ses personnages et leurs dialogues. Leurs relations viennent enrichir une intrigue centrale trop vite ficelée et sa métaphore un peu appuyée de l’écologie. Reste pertinente la partition de l’enfance en deuil, à travers le chemin fantaisiste et tout personnel de Providence dans les pas de ses parents, activistes écologistes.
Akiko Ohku parvient à énoncer à travers une œuvre joliment sophistiquée combien le manque d’attention à l’autre peut mener à des douleurs irréparables.
Dans Gorgona, sans trop d’effets spéciaux, si ce n’est dans le regard, Maria foudroie ses adversaires, et Evi Kalogiropoulou invente la femme aux yeux revolver, au regard qui tue.
Comment aborder le vaste complexe postcolonial sans verser dans l’esprit de sérieux ou l’assénement péremptoire ? Ulrich Köhler a trouvé la solution : elle s’appelle Gavagai.
Le film met en scène des us, croyances et pratiques andins qui donnent une certaine envergure au cadre du film, ce dernier ne servant pas seulement de décor. La fluidité de l’animation et l’intrigue pèchent cependant.
Si le long-métrage, loin d’atteindre la puissance de ces grands maîtres, est empreint d’une volonté affichée de rendre hommage au pouvoir enchanteur du cinéma dans sa diversité et dans sa dimension très matérielle, il n’en délaisse pas moins son personnage, pris au cœur de tiraillements liés à son jeune âge et à sa classe sociale.
Avec un beau sens du cadre et une place importante accordée à la musique, Amel Guellaty raconte avec une touche de fantaisie et de poésie un pays encore sous tension économique, sclérosé et corrompu, qui peine à offrir aux plus jeunes les meilleures opportunités.
L’effet comique est assuré. Mais comme s’il fallait alourdir un récit qui ne reposerait que sur des bases fragiles, Anders Thomas Jensen ajoute différents éléments scénaristiques (trauma enfantin, retour d’un complice violent) qui n’apportent rien de conséquent au loufoque projet d’origine. Dommage.
A la recherche d’une esthétique originale susceptible de figurer le chef-d’œuvre épique de l’Antiquité, le cinéaste joue la carte du grandiose, avec un casting de prestige et d’énormes moyens, sans parvenir à convaincre.
Il semble que Microstar, interprété par des nepo babies, désireux de se confronter à la superficialité d’un certain milieu, ait été comme englouti par son sujet.
La manière pourtant dont se multiplient ici les points de vue – celui du réfugié, celui du militaire, celui du passeur abject (Omar Sy assez convaincant) ou celui du garde côtier grec, bon Samaritain écrasé par son devoir – au gré de retours en arrière et d’une dislocation de la chronologie, parvient à une forme d’abstraction détaillant le système même de l’émigration comme une superstructure.
Si ce récit alterné évite de surjouer la carte du mélo, le contraste entre des images tendres et attendues d’un quotidien amoureux (la rencontre, le mariage, etc.) et l’exploration plus âpre de l’après, parasite un peu les émotions. Et évacue trop vite certains enjeux passionnants.
Les enjeux (racisme et contrôle social) peinent à s’incarner entre les trois personnages, filmés caméra à l’épaule dans un style qui produit surtout du flottement.