Tous ces talents réunis offrent une œuvre puissante dont le propos est toujours autant d’actualité dans nos sociétés où les jeunes ont de plus en plus de mal à se faire leur place en tant qu’individus singuliers au sein d’un groupe.
Produite par les Duffer Brothers, la série disponible sur Netflix ce jeudi 21 mai s’avère immersive, touchante, par moments carrément terrifiante, et aborde avec finesse de beaux sujets universels.
On retrouve ici tous les ingrédients classiques du grand feuilleton populaire estival : rivalités anciennes, destins croisés, drames enfouis. Sans oublier plusieurs meurtres pour tenir en haleine et renforcer son pouvoir d’addiction.
Certes, certaines séquences s’étirent et la densité des enjeux géopolitiques perd un peu le téléspectateur. Mais ces longueurs sont compensées par la force émotionnelle du récit et de l’interprétation sobre et habitée de Colin Firth.
Phoenix est bien plus qu’un fantastique thriller environnemental particulièrement bien documenté. Dès les premières minutes, la question est posée frontalement : Qui sont les vrais terroristes ? Cette jeunesse qui se bat pour son futur ou ceux qui aggravent la crise climatique sans se soucier de l’avenir de leurs enfants ?
Alors comment reprocher à une réalisatrice de dépeindre des personnages un poil énervants, mais terriblement touchants ? Voici plutôt le fruit d’un projet mené à bien, d’un portrait brossé avec sincérité et justesse. Et lorsque la série ralentit pour laisser respirer ses personnages — dans un silence, un regard —, elle touche encore plus juste.
Alors, certes la sauce ne prend pas tout de suite, cette version met du temps à trouver son rythme, ses débuts sont hésitants. Mais attendez un peu. L’ensemble finit par trouver son ton. In fine, les comiques de situation, entre quiproquos, gaffes, et enchaînements absurdes, rendent la série amusante et particulièrement efficace.
Il est très facile de se laisser prendre par cette suite, même si l’effet nostalgique ne fonctionne pas quand on est novice. On imagine qu’on passe à côté de pas mal de clins d’œil au passé mais le scénario fonctionne. Difficile en revanche de s’attacher réellement aux nombreux personnages en si peu de temps. Seule la performance de Bryan Cranston est époustouflante.
La grande réussite de cette résurrection est de parvenir à recréer tout ce qui a fait le sel des débuts : un humour doux dingue, des monologues intérieurs et séquences farfelues qui prennent vie dans la tête de J.D. – toujours resté un grand enfant –, de l’empathie et une humanité qui envahissent chaque couloir.
Certes, le scénario n’est pas des plus originaux, flirtant parfois avec quelques clichés et des dialogues déjà entendus, mais cette création coche toutes les cases du bon thriller : du mystère, de la tension, une traque, le tout sublimé par de jolis paysages suisses.
Plus lumineuse, cette suite n’en est pas moins puissante, au contraire. Les nouveaux épisodes prennent aux tripes, sont remarquablement interprétés et réservent même de belles surprises pour les fans de la première heure.
Le scénario est bien plus efficace dans l’enquête policière du passé que dans celle du présent, un peu trop tarabiscotée. Mais la force de l’ensemble réside dans le mélange entre polar et drame familial. Les protagonistes étant pour la plupart liés autant dans leur intimité que dans leur vie professionnelle, les dynamiques ont énormément de relief.