Dans son troisième long métrage, l’Autrichien Markus Schleinzer […] poursuit avec ce film son exploration glaciale des systèmes qui broient l’individu – religieux, domestique, patriarcal. Sandra Hüller y est sidérante.
Le pari est (très) réussi avec "La Vie d’une femme", beau titre et beau portrait impressionniste d’une quinquagénaire incarnée idéalement par Léa Drucker.
Travail délicat sur le deuil surement, sortilège de résurrection un peu, cette étude filmique post-mortem esquisse la possibilité bouleversante d'une seconde rencontre entre un père et son fils.
La dépendance du cinéaste à des formes datées, et notamment à des postures archétypales de l’héroïsme, était déjà frappante dans "Gladiator II" : elle l’est plus que jamais dans ce récit par nature travaillé par la question du passé et du monde perdu, où une nostalgie peut aisément en cacher une autre.
Plus que la peur de la disparition, c’est peut-être celle de ne plus rien voir qui étreint "L’Inconnue". Dans cette déperdition inquiétante survit pourtant le lien, les autres. Et l’apathie finit par se dissoudre pour s’ouvrir à la profondeur de la tristesse.
"Dégel" est un film magistral et impressionnant, qui flirte parfois avec le surnaturel. Manuela Martelli, à seulement 43 ans, confirme qu’elle est l’une des figures majeures du cinéma latino-américain.
Des décideurs hollywoodiens se figurent visiblement qu’un tel bâclage suffit et trouvera toujours un public peu regardant : merci de nous prendre pour des veaux.
Peu féru des chemins classiques de la fiction, João Nicolau leur préfère les voies buissonnières de la fable avec une empreinte artisanale, musicale et extravagante reconduite de film en film.
Le film trouve ainsi sa force dans son anti-manichéisme, et son refus de tout jugement définitif, offrant finalement à Clara la possibilité d’un juste milieu, entre émancipation et affirmation identitaire.
Après le déjà convaincant "The Vast of Night" (2019), Andrew Patterson confirme sa position de grand cinéaste indépendant en devenir, à l’aise dans tous les genres, capable de les mêler avec subtilité pour ouvrir toujours plus grand l’horizon offert à ses personnages.
En renvoyant dos à dos les idéologies qui opposent une famille conservatrice à son voisinage progressiste, le film de procès de Cristian Mungiu pâtit d’un traitement simpliste et d’un relent réactionnaire déplaisants.
Il sort aujourd’hui ce modeste projet d’épouvante, qui serait presque un film attachant si Mitchell en dégainait un semblable tous les deux ans, mais qui après pratiquement une décennie d’attente, n’est pas un rendu très sérieux.