Même si quelques scènes sont un peu surjouées, "Papa où t’es ?" permet de mettre en avant les conditions de vie des enfants à l’ASE.
Dans une autofiction d’un narcissisme drolatique, l’actrice-cinéaste se livre sur sa «midlife crisis» de femme en préménopause et son désir impossible de rentrer dans le moule.
Nemes substitue au contexte historique la mythologie d’un personnage, et au parcours d’un homme de gauche devenu chef de la Résistance l’instantané d’un homme face à l’abîme du Mal. Il faut donc accepter l’approche de ce Moulin au registre quasiment symbolique, qui s’autorise le privilège – douteux ou pas – de contourner toute résonance avec l’actualité.
Longue course-poursuite entre humains et extraterrestres, le nouveau film du cinéaste sud-coréen est un spectacle comme on n’osait plus en espérer, entre science-fiction, action effrénée et comédie acide. Un requiem électrifié pour une espèce vouée au désastre, la nôtre.
C’est un beau film sur l’isolement d’une femme, devenu par ses choix et son obstination une famille dans le monde, pour le meilleur et pour le pire, drôle et tragique, toxique et merveilleuse, tout en même temps.
(...) le documentaire séduit, par son parti pris positif sans être mièvre. La prison, la délinquance et l’extrême pauvreté sont évoquées mais Alexander Murphy, sans les éluder, sait les amortir par un regard tendre, apaisé, sans condescendance bienveillante ni quincaillerie tribalo-viriliste.
Le film tourné clandestinement par Jacques Panijel, longtemps censuré, est un objet essentiel sur les violences subies par les Algériens dans la capitale il y a soixante-cinq ans, dans lequel s’intercalent les images de la brutalité policière.
Mais on regrette que Judor, à l’instar d’un Ricky Gervais, enferme sa persona comique, qui s’étend pourtant du burlesque débile à la satire noire, dans des projets de plus en plus dévitalisés. "Le Roi du game" ne plaira qu’aux spectateurs fidèles, aussi friands des œuvres que de la promo qui les accompagne.
Dans un plaidoyer pour la liberté, la cinéaste et actrice Gessica Généus sublime l’amitié d’une prostituée et d’un évangéliste, pris dans les paradoxes de la société haïtienne de nos jours.
Road-trip d’un vétéran autochtone dans une Amérique raciste et souillée par la pollution, le documentaire d’Isabelle Ingold et Vivianne Perlemuter sonde les ravages de la guerre et du silence.
Malgré ses airs de téléfilm pantouflard, le film, qui raconte la reconstruction d’une femme après un viol, réussit çà et là à sauver des instants d’émotion sincère.
Pas une once de subtilité – le parallèle acteur vedette/monstre protéiforme fait des saltos sur un char de feu – mais il faut reconnaître à l’engin son efficacité et sa propension à aller chercher les idées, notamment côté effets spéciaux (les dernières séquences sont, de ce point de vue, très réussies).
Le premier film de la cinéaste déploie un art du portrait lumineux et questionne le mythe de la méritocratie scolaire, au plus près du vertige de lycéens en voyage sur les ruines de l’antique Pompéi. Une révélation.
La paillardise absolue de "Wicker" semble relever surtout d’une ultime stratégie de ce dernier pour s’attirer la Gen Zbeul, qui refuse elle aussi de faire partie des meubles.
Après la fausse piste d’un polar rural, le film s’enfonce dans la grandiloquence, avec le portrait d’une communauté religieuse à la frontière de l’Espagne.
Plein de bons sentiments et de gros sabots, le thriller de Brian Duffield tourne plutôt au mélo, malgré de bonnes idées et un Austin Abrams efficace.
Pris dans le noir du studio, dans une solitude quasi confessionnelle, ces récits semblent arrachés à la nuit, presque livrés au corps défendant de ceux qui portent comme une gageure de plus celle de témoigner. "Qui vit encore" se situe au cœur de ces paradoxes, entre l’abstraction qui guette et la chair qui résiste.
Le trouble ne vient pas d’une simple critique de la parole médiatique. C’est la délicate, la merveilleuse, la troublante imprécision des êtres qui touche au cœur, ces paroles qui tombent toujours à côté, cette incapacité à dire ce qu’on pense, ce qu’on est, tout juste bons à se faire le reflet d’un instant.
Ne reste qu’une succession de scènes mal fichues emballées à la chaîne comme souvent chez Blumhouse.
Le charme du "Corset" tient à cette manière d’entrelacer souvenirs personnels, fiction un brin nostalgique et sens du détail documentaire sur le quotidien de l’exploitation agricole dans ces paysages de champs à perte de vue et de course au productivisme.

