Et il y a donc la présence de Romain Duris, impeccable guide qui porte littéralement le drame sur ses épaules, parvenant à provoquer de l’empathie avec un personnage qui, pendant une grande partie du film, cherche à rendre à sa famille de sang son fiston adoptif. Tout le symbole de la difficulté d’aimer, même si les sentiments, au fond, ne demandent qu’à être réveillés.
Bien qu’inégal dans sa conception et bancal, cinématographiquement parlant : on regrette l’absence d’ambition visuelle, tant les décors permettaient de mieux immerger dans l’arctique glaciale et la voix off explicative, qui finit par alourdir l’ensemble, La sincérité de la démarche est palpable. L’émotion vive, palpable transparait à l’écran, permettant de toucher le spectateur.
Quelques passages musclés, dont l’un en voiture aux abords d’un passage à niveau, dynamisent l’ensemble pendant que la musique inspirée de John Williams insuffle une ampleur supplémentaire.
Un duo truculent qui permet au maître d’œuvre de multiplier les joutes verbales tout en posant une petite réflexion sur le rapport entre les générations et les traces que l’on laisse – ou pas – derrière soi.
L’ensemble doit beaucoup à l’interprétation de Barbara Ronchi (L’Enlèvement de Marco Bellocchio) et Roschdy Zem. Tous deux insufflent la force nécessaire à leurs personnages respectifs. De nombreux flashbacks reviennent sur le fameux passé de la meurtrière, sans pour autant apporter des éléments de réponse concrets.
Une œuvre viscérale, donc, inscrite dans la lignée des débuts d’Ari Aster ou de Robert Eggers, qui dégage une force tranquille sans appuyer ses effets.
Premier passage derrière la caméra pour Juliette Binoche, qui, pour l’occasion, signe un documentaire sur l’un de ses anciens projets datant de près de vingt ans. La démarche peut sembler surprenante, mais se révèle pourtant pertinente, ne serait-ce que dans son concept qui plonge, au cours de la première heure, le spectateur au cœur du processus de création.
Une très bonne surprise donc pour tous les amateurs d’épouvante et la naissance, à coup sûr, d’un nouveau cinéaste hype, bien déterminé à nous faire ressentir des sueurs froides.
Sa direction d’acteur millimétrée (même si Asghar Farhadi utilise chaque star dans un registre déjà vu) et la roublardise de l’ensemble apportent un certain cachet à ce Histoires parallèles pensé dans son moindre détail…
De quoi ravir, donc, les spectateurs, qui découvriront une toute autre facette de l’artiste le 29 juillet avec The Ugly, un drame intimiste beaucoup plus psychologique que ce pur trip efficace et qui « change » par rapport aux habituelles productions du genre sans renier, sans renier l’influence de classique tel le Zombie (1978) de George Romero.
Louable mais vain, tant on sent les mécanismes d’écritures. Tous ces aspects pourraient passer au second plan si le rythme et l’audace étaient au rendez-vous.
Ponctué de séquences loufoques et servi par la justesse de l’interprétation, ce Tout va super réussit au final à délivrer son message positif, compensant une mise en scène en retrait
L’envie de Rachel Lang est d’interroger la notion de vérité et de rentrer dans la psyché de son héroïne, une femme de poigne, résiliente, empêchée, meurtrie, interprétée avec conviction par Eye Haïdara. Il s’agit également de dépeindre l’envers du décor, les rouages administratifs du monde de l’espionnage, quitte à ce que cette vie semble parfois, pour l’action-woman comme pour le spectateur, assez pesante.
Un film glaçant, avec un Antoine Reinartz incroyablement juste dans le rôle de Samuel Paty, qui met en lumière la façon dont le mensonge, le fanatisme, la rupture de communication et la désinformation peuvent mener à des événements terribles.
Entre quiproquo et faux semblant, loufoquerie et romance, un film en trompe-l'œil dans le beau décor du Paris de la Belle époque, où l’on se prend à adorer des personnages que l’on pourrait détester s’ils n’étaient par sauvés par l’écriture sensible et humaniste de l’auteur des "Apprentis" ou "Cible émouvante".
Film sincère, marqué par la justesse des relations — Guilaine Londez et Yoann Zimmer sont parfaits, respectivement dans la peau de la maman et du frère —, "Sauvons les meubles" doit également beaucoup à l’interprétation de Vimala Pons.