En développant les psychologies de ce trio, "Paradise" interroge… même si l’ensemble est alourdi par des effets superflus (l’ouverture notamment) ou pseudo-réflexions philosophiques inutiles (le dénouement en particulier), comme si, à l’image des protagonistes, le film cherchait son style, plutôt que de l’imposer.
(...) la manière de dépeindre le monde rural méconnu, avec une enquête sur un vol de ruches, de multiplier les ruptures de ton et la volonté de surprendre constamment le spectateur pour le mener en terrain inconnu, témoigne de la singularité de cet auteur, à suivre de près.
En découle une pastorale, dont on sent l’inspiration Pagnol voire Alibert / Sarvil / Scotto et qui compense ses maladresses de rythme ou certains couacs d’interprétation – Jean-Baptiste Brucker, novice au cinéma a parfois du mal à exister face au reste de la troupe – par sa bonne humeur ambiante et la qualité des seconds rôles.
L’omniprésence d’un co-animateur bavard, à l’autre bout du fil finit aussi par lasser et ne sert qu’à meubler les temps faibles de cette œuvre que l’on aurait aimé plus aboutie.
Les rebondissements alternent pour leur part le chaud et le froid, avec certains cousus de fil blanc alors que d’autres parviennent à relancer la machine. Même constat au niveau technique, puisque les graphismes, assez sommaires, sont rattrapés par une direction artistique cohérente et de jolis jeux de couleurs.
Les deux futurs tourtereaux se croisent constamment par hasard dans New York et leur jeu de « suis-moi je te fuis, fuis-moi je te suis » est répétitif. Reste la présence de Callum Turner (acteur fortement pressenti pour être le prochain James Bond) et de Monica Barbaro (révélée en incarnant Joan Baez aux côtés de Timothée Chalamet / Bob Dylan dans Un parfait inconnu), duo qui ne manque pas de charme et dégage une véritable alchimie à l’écran.
Derrière le côté thriller, guère novateur dans son déroulé mais suffisamment bien rythmé, avec son lot de rebondissements, le volet social et l’immersion au sein de ces deux mondes - prolétaires et bourgeois - est d’autant plus réussie que le film évite les poncifs et s’appuie sur des personnages de tempérament (...).
Portée par un trio de jeunes comédiens prometteurs, dont Jules Lefebvre, qui incarnait il y a cinq ans le fils de Benoît Poelvoorde dans Profession du père, et enrichie par son approche réaliste qui ne recherche pas le spectaculaire pour le spectaculaire, la variation intrigue. Elle parle aussi d’amitié. Un point sur lequel le scénario se montre beaucoup plus conventionnel (...).
Le film s'avère toutefois scolaire dans son procédé, avec une caméra tremblante qui va, comme l’héroïne, vers l’apaisement et une tendance à appuyer le contraste entre la vie extérieure d’Hsiao-lee, plus insouciante, et celle à l’intérieur de l’appartement où elle vit, plus terne. La néo-cinéaste dose toutefois bien le côté mélo et insuffle une part de poésie nécessaire pour ne pas rendre l’ensemble (trop) plombant).
L’histoire principale, qui sert de fil narratif, n’est donc qu’un prétexte pour capter avec un humour souvent bien dosé l’atmosphère d’une brigade de province et l’esprit de camaraderie. Le choix de François Prévôt-Leygonie et Stéphan Archinard de tourner dans une vraie caserne est tout aussi concluant.
Le côté Jurassic Park fonctionne correctement et les scènes d’action se multiplient, ce qui permet de tenir en haleine les culottes courtes. La partie technique, léchée, est également au-dessus de la moyenne et surclasse en tout point – et heureusement – celle de la série TV, très générique.
La réalisation est tenue mais ne parvient toutefois pas à éviter le film-concept, ce qui prend le dessus sur l’émotion et ce, malgré la qualité de l’interprétation, notamment de Hae-hyo Kwon.
Assez sage dans son déroulé, qui manque de punch et ne tient pas totalement le côté huis clos, "Le Triangle d’or" se rattrape dans ses non-dits ses silences, et dans sa réalisation léchée, qui arrive également à fuir les poncifs. Prometteur donc.
Quatrième sortie en solo pour Tom Holland en Spider-Man, et, inutile de faire durer le suspense, elle surclasse les précédentes. Plus mature, plus sombre et plus abouti, le blockbuster franchit un cap et permet de relancer une machine Marvel en perte de vitesse depuis cinq bonnes années.
Sans être parfait, le jeu des acteurs est plus concluant, l’humour est au rendez-vous sous une forme parfois cartoonesque, appropriée pour ce type de film familial, et les méchants de service sont moins manichéens, cette comédie sensibilise à la cause animale.
De la même manière, si les seconds rôles sont basés sur des archétypes assez communs : le petit ami imprévisible, la mère ultra-protectrice, le tonton mafieux… l’interprétation d’acteurs comme Olivier Gourmet insuffle la crédibilité nécessaire pour qu’on croie à ce Cap Farewell, qui, sans révolutionner le genre, se suit sans mal.
Sous le ciel de Kyoto est aussi un film extrêmement dialogué et chose rare, choisit comme point de bascule un monologue central d’une amoureuse transie qui en dit long sur les ressentis des adolescents.
Le cinéaste joue habilement sur les ruptures de tons et sait doser ses révélations, tout en soignant la galerie de seconds rôles. Seuls quelques flashbacks viennent alourdir une structure plutôt habile, qui se révèle réellement lors du troisième acte.