Wilde sait tenir le rythme de ce petit bijou de boulevard qui ne rechigne pas à un peu de provocation… Mais, on a quand même l’impression d’avoir déjà vécu cette soirée qui dérape.
Difficile de ne pas penser à « Mon roi » de Maïwenn ou à « L’Amour et les forêts » de Valérie Donzelli. Géraldine Nakache suit le même schéma insidieux de l’emprise, mais ajoute dans « Si tu penses bien » une singularité qui fait sa force : celle du judaïsme, convoqué à la fois comme un instrument d’emprise supplémentaire de Jacques sur Gil, et comme un possible levier de délivrance.
Avec de beaux dessins qui cachent une animation plus sommaire, Celia Catunda filme une histoire universelle : celle des enfants et petits-enfants de migrants, toujours cibles de quolibets mais qui ignorent le destin parfois tragique de ceux qui ont quitté leur patrie dans l'espoir d'une vie meilleure.
C’est là tout le talent de cette jeune cinéaste qui, après deux premiers longs-métrages prometteurs (« Ava » et « Les cinq diables »), fait montre d’une totale maîtrise d’un style narratif bien à elle : dévoiler subtilement des traumas et/ou un lourd passif au fil de l’histoire qui débouchent inexorablement sur un déchaînement de violence.
Rose est un homme car elle joue le rôle d’un homme, c’est aussi simple que cela, et c’est toute la profondeur du jeu de Sandra Hüller que de nous convaincre de l’impossible.
(...) le film se perd trop souvent. Dans une myriade de personnages anecdotiques ou caricaturaux, par le rythme artificiel du film, par la volonté parois de souligner à l’excès, quand la peur et l’héroïsme pourraient être simplement suggérés car presque induits.
Après « Un Amor », « Trois adieux » confirme qu’Isabel Coixet est aujourd’hui au sommet de son art cinématographique, expurgeant progressivement son cinéma des afféteries de certains de ses films pour toucher en plein cœur.
Davide Livermore et Paolo Gep Cucco tentent le grand écart entre l'imagerie numérique et la tradition musicale. Pour le meilleur mais surtout pour le pire.
Si le scénario exige du spectateur qu’il accepte de s’y perdre, c’est aussi la force de « L’Inconnue » de ne jamais s'offrir totalement à soi, de muter sans cesse, de nous questionner sur notre identité profonde et le sens de la réalité.
[Un] film qui passe à côté de son sujet (la renaissance après l’apocalypse), qui tente de ratisser large (de la pandémie mondiale à l’écologie) sans vraiment savoir ce qu’il veut dire, saupoudrant sa narration de propos fumeux et de scènes d’action qui s’enfilent comme des perles.
Louable intention de l’auteur-réalisateur de vouloir raconter sa terre natale, mais il aurait été inspiré de s’adjoindre deux ou quatre mains supplémentaires pour enrichir son script, et surtout lui apporter l’envergure promise d’un film de genre.
Jérémy Comte (...) démontre ainsi un humanisme à tous crins, ne l’empêchant pas (ou plus) d’affronter la réalité et de la balancer toute crue sur l’écran, prenant toutefois soin de maîtriser autant qu’il peut la mise en scène.
Parfaitement écrit, incarné par Sebastian Stan et Renate Reinsve, chacun dans une parfaite économie de moyens, « Fjord » ne prend jamais parti, se termine comme il avait commencé, sans fioriture. Il faut du talent pour savoir, à ce point, filmer le doute.