En adaptant le livre jeunesse de Michael Morpurgo (l’auteur de Cheval de guerre), Olivier Clert signe un premier long métrage entre récit intime et épopée romanesque.
Deux petites filles dans une cour de récréation. La première explique que si elle n’a jamais vu son papa, c’est parce que ce dernier n’ose pas et qu’il a peur. Elle est catégorique : “C’est mon père, donc je sais qu’il m’aime”. “Bah oui, tous les pères aiment leurs filles”, renchérit la seconde. Comment expliquer à ces demi-portions dont l’inexpérience préserve encore la candeur, fillettes-philosophes qui parlent grand pour faire genre, que dans la vie, tout n’est pas si facile ?
Entre les cinéastes françaises et le body horror, l’histoire d’amour continue. Après Grave de Julia Ducournau et The Substance de Coralie Fargeat, Marion Le Coroller s’essaie à son tour au genre pour son premier long. Trois films appartenant à la même famille donc mais possédant chacun leur singularité. Celle de Sanguine est de s’aventurer sur le terrain du body horror social hospitalier, celui de son court Dieu n’est plus médecin où une jeune interne à bout de souffle voyait son corps soudain transpirer du sang.
Avec un documentaire comme Irish Travellers, il y a toujours la crainte d’essentialiser le sujet, de finir par dire « voilà, une famille de voyageurs irlandais au XXIe siècle, ça doit ressembler à ça ». Mais le film d’Alexander Murphy est porté par autre chose, une grande dose d’inventivité peut-être, suffisante pour transformer le doit en peut : entre les parents et la dizaine d’enfants des O’Reilly, chacun trouve sa place et finit par inventer son propre espace.
Une proposition singulière où le malaise n'est jamais très loin, qui s’étire malheureusement un peu trop inutilement.
Nicolas Trouvé est surtout connu par son pseudo sur Internet, Nico Là. Ce créateur de contenu de 27 ans s’illustre avec des contenus humoristiques sur TikTok (où il a des millions d’abonnés) et sur la plateforme Twitch. Mais Nicolas n’a jamais connu son paternel et a été séparé de sa mère à l’âge de trois ans : ce docu est l’occasion pour lui de se mettre sur la piste de ce père qui l’a abandonné à la naissance, à partir d’informations parcellaires.
Il y a, avec ce témoignage d’Andrea sur la maltraitance maternelle qu’elle a subie dans son enfance, une réelle volonté d’innover. Dans la forme, d’abord, puisque de très belles séquences animées donnent corps aux mots de la jeune femme, comme pour en adoucir l’âpreté. Dans le fond, ensuite, tandis que le réalisateur tisse en voix-off des liens avec sa propre histoire (une mère autoritaire et nocive). Pour autant, le rendu n'accroche pas aussi bien qu'il le souhaiterait.
Magistrale heure d’ouverture pied au plancher, où la menace reste longtemps invisible, mais suivie à la trace par les cadavres et les murs explosés qu’elle laisse derrière elle. Les morceaux de bravoure s’enchainent, jouissifs, et chaque séquence d’action semble vouloir pulvériser la précédente
Après Les Rayons et les ombres, le diptyque De Gaulle et Notre salut et en attendant pour le 20 janvier La Troisième nuit, le remarquable film de Daniel Auteuil sur le sauvetage des enfants juifs de Vénissieux, l’exploration de la période de la seconde guerre mondiale par le cinéma français se poursuit avec ce Moulin, découvert en compétition à Cannes, dont il est reparti bredouille.
Pendant deux heures, la caméra refuse de se détacher du visage de Derrick, ami depuis une trentaine d’années avec la réalisatrice Marie-Pierre Brêtas. Ensemble, ils revisitent les lieux de sa vie, du plus impersonnel — le parking d’un supermarché où il passe ses nuits en attendant de quitter les États-Unis — au plus intime — cette rue où, un soir, sa vie a basculé après une violente altercation. Ce visage fermé, c’est d’abord celui d’une Amérique fracturée, gangrenée par le racisme et la précarité.
Après Superman et Supergirl, le DCU met le cap sur Gotham avec cette sympathique tentative body horror centrée sur le personnage de Gueule d’Argile, qui manque cruellement de nerf mais pas d’humanité.
Un peu plus de 30 ans après sa toute première apparition dans le court-métrage Wallace et Gromit : rasé de près et 11 ans après le premier film qui lui était entièrement consacré, Shaun le mouto revient pour ses troisièmes aventures sur grand écran. Celles-ci se situent au cœur d’Halloween et le voient s’improviser en savant fou pour réparer le saccage par le fermier des citrouilles tant aimées par son troupeau.
En 2021, son premier long, Freda, nous avait conquis. L’haïtienne Gessica Généus y proposait une plongée dans le quartier populaire de Port-au-Prince en se concentrant sur trois femmes et leur émancipation dans un pays dominé par la corruption. Elle reste fidèle à son île mais orchestre cette fois-ci un face-à-face basculant peu à peu dans le côte à côte entre deux personnes qu’a priori tout oppose
Plonger dans un Guédiguian, c’est se confronter au monde qui nous entoure. Une femme aujourd’hui s’inscrit pleinement dans ce cinéma engagé en épousant ce qui divise la France de 2026. Mais à la différence de ses deux précédents longs (Et la fête continue, La Pie voleuse) teintés d’une lueur d’espoir, Une femme aujourd’hui se révèle plus rugueux, moins aimable.
Il y a, au cœur de ce blockbuster d'animation, une belle idée assez déchirante : et si grandir, c'était accepter d'oublier ?
La promesse d’Isabelle Ingold et Vivianne Perelmuter avec Les recommencements tient avant tout à la protéiformité de leur documentaire. En suivant Al Moon, vétéran du Vietnam habitant aujourd’hui sur le territoire de la nation Yurok, le film enquête sur plusieurs fronts à la fois.
Un village façon Astérix et Obélix avec sa poissonnière qui débarque le pas lourd au milieu d’une populace ad hoc, auréolée de sa mauvaise humeur et odeur. C’est la grande Olivia Colman qui s’y colle. Elle donne de sa personne et fait oublier les lambeaux d’Elisabeth II qui pourraient encore lui coller à la peau (cf. The Crown) Wicker est, en fait, un mélodrame qui entend repécher (!) des êtres à priori disqualifiés pour l’amour.
Une merveille de premier film.
En comédie, quelques secondes suffisent à comprendre qu’un film va droit dans le mur. Une vanne qui tombe à plat. Un rythme atone. Des premiers échanges malaisants. Trois symptômes qui sautent aux yeux et aux oreilles devant l’entame du Roi du Game.
Mais, au milieu de cette révolution personnelle, un élément reste intact. La place que le cinéaste laisse à ses comédiens. À commencer par Marion Cotillard, pour laquelle il a imaginé cette héroïne complexe qui prend en charge le suspense et les rebondissements du récit.