Sous les traits de Jafaar son neveu, Michael Jackson est un génie doux et rien d'autre, ami des animaux, des malades du cancer, de sa maman, de ses frères, de son garde du corps et de son manager. (...) Laissez vous aller. Vous êtes presque au cinéma, presque devant un film, presque devant vos souvenirs de jeunesse. C’est presque ça. Presque.
Dommage toutefois que le scénario effleure plus ses sujets qu’il ne les explore véritablement. Reste un personnage central assez attachant, très bien campé par Vincent Macaigne et bien secondé par le casting féminin
Malgré son sujet, la réalisatrice évite tout pathos pour s’en tenir à la justesse des émotions, sublimées dans les regards que se donnent la mère et le fils, tel un langage secret rien qu’à eux qui ne dit autre chose que l’amour indestructible qu’ils se portent mutuellement.
Mais la douceur de la mise en scène et la place laissée au merveilleux permettent de ne jamais réduire ces héroïnes au statut de victimes et de célébrer la puissance d’une sororité en lutte contre ces diktats ancestraux.
On pourrait aussi l’attribuer à la spontanéité de cette attachante fratrie qui s’adonne face caméra à ses habituelles chamailleries. Mais on préfèrera s’arrêter sur des détails d’apparence anodine. Comme ce dernier intertitre qui s’affiche d’une écriture plus enfantine qu’à l’accoutumée, en miroir au sort de Shafi, livré à lui-même. Ou cette serviette orange qu’il ne quitte plus, douloureux clin d’œil au t-shirt de sa sœur.
On ressort de Première ligne le sourire jusqu’aux oreilles après avoir assisté à de multiples situations souvent cocasses traitées avec dérision mais non dénuées d’émotions.
Le sous-commandant Marcos distinguait deux états : le travail et la poésie. Le film l’illustre parfaitement, en montrant comment les zapatistes cherchent à partager le travail pour profiter au plus de la vie, malgré la menace étatique qui rôde, partout autour.
Adnan, étudiant fraîchement débarqué à New York le temps d’un stage en galerie d’art, voit son existence bousculée par toute une série de rencontres artistiques mais aussi charnelles. Comme dans son précédent film Fin de siècle, il n’hésite pas à déstructurer complètement son récit, quitte à laisser au passage le spectateur au bord du chemin mais soigne l'esthétisme de son œuvre (...).
Le récit patine un peu et ne trouve réellement sa force que vers la conclusion, mais l’angle est tenu. Pas un chef-d’oeuvre de subtilité, pourtant son esthétique picturale - certains plans sont à tomber - et son ambiance pesante méritent toute votre attention
L’espace pourrait en être redéfinit si les énergies contraires ne replaçaient chacun dans son camp (à soi) Le documentariste Yanis Mhamdi (Netanyahu, portrait d’un criminel de guerre…) prend le parti de rester d’un seul côté, celui d’Alice, Alaa et tous les autres. Un collectif en lutte. En colère. Une colère qui devient aussi la nôtre.
En brossant le portrait de sa mère, Gaël Kamilindi esquisse en creux celui d’une génération de femmes marquées par des années de répression et de génocide. C’est finalement avec beaucoup de délicatesse et d’acuité qu’il s’emploie à conjurer l’oubli.
Au gré des archives professionnelles et amateures, se tisse un réseau de métaphores sophistiquées. On est loin de l’abstraction du film expérimental : textes et images d’archives évoluent en miroir, racontent la même histoire, redoublant la radicalité du propos. Un objet de cinéma éclair, d’un autre temps, et pourtant si moderne.
Si côté images, on a parfois l’impression de regarder un film amateur, on ne peut que se prendre d’affection pour ces êtres pétris d’amour l’un pour l’autre.
Autant de rouages bien huilés de cette gigantesque boîte à musique, décortiqués d’une manière si virtuose qu’elle fait dire que ce film ne présente pas un, mais deux maestros : l’un devant la caméra, l’autre derrière.
Mais, à l’instar de Bêtes blondes, Affection affection peine à tenir la distance sur 1h41, où l’on finit par trop voir les coutures de ce jeu de pistes azimuté qui perd peu à peu de sa fluidité. Un format de moyen métrage aurait sans doute été plus approprié.