Vingt ans après un premier film devenu culte qui écornait avec une méchanceté réjouissante le milieu de la mode, ce second volet, malgré son scénario plutôt artificiel, vaut le détour pour son casting trois étoiles, emmené par Meryl Streep, impériale.
Sorcellerie, disparitions, lourds secrets, tourments intimes, individus louches et autres morts suspectes : le programme inclut quelques morceaux de bravoure, il est divertissant, parfois ingénieux mais un brin trop chargé pour nous donner des insomnies durables.
Swann Arlaud est hallucinant en père halluciné dans l’adaptation de ce récit culte de David Vann, mais la mise en scène ne rend pas prenante et vertigineuse cette histoire de survie.
La métaphore sur la boxe (le papa est ancien champion et entraîneur, son fils aurait bien enfilé les gants à sa suite) demeure toutefois à peine exploitée, comme la plupart des pistes évoquées.
Pour la cinéaste allemande, dont les films d’animation oscillent entre douceur à l’ancienne et divertissement kitsch, la pièce tombe cette fois du mauvais côté.
Une plongée extraordinaire, signée Philippe Béziat, au plus près des cent vingt musiciens de l’Orchestre de Paris et du jeune chef finlandais Klaus Mäkelä, dans une mise en scène et mise en son virtuose.