Une puissance d’effroi digne d’un film d’horreur qui, malheureusement, ne traverse pas tout le film. Alors que MOULIN prend le parti d’oublier toute exhaustivité, il se perd tout de même étrangement dans une mise en place trop longue et laborieuse, une multitude de scènes inutilement étirées et des interrogatoires redondants.
Élégiaque et malickien dans ses images, le documentaire d’Alexander Murphy charme grâce à une famille de travellers parmi les dernières garantes d’un mode de vie ancestral et réprimandé.
Un premier film très sanguinolent pour la réalisatrice française Marion Le Coroller qui, malgré un effet de déjà vu dans la mise en scène, tire son épingle du jeu par un regard affûté sur une jeunesse en burn-out.
Le retour inespéré du réalisateur de THE STRANGERS avec un flamboyant blockbuster, protéiforme et mutant. Du cinéma d’auteur et commercial qui sait prendre des risques.
Un petit goût rétro donné à un récit à hauteur d’enfant qui ne manquera pas de bouleverser les plus grands.
À trop vouloir être à la fois étrange, politique, merveilleux et grivois, WICKER s’égare et ennuie poliment. Plus « osier » qu’osé.
Si le film marie si bien le spirituel et le charnel, l’histoire, elle, et la manière dont Gessica Généus la raconte auraient mérité d’être plus terriennes et moins éthérées. Reste des fulgurances de mise en scène qui rendent l’expérience de cinéma intense.
Pour son troisième long-métrage, Shaun explore l’épouvante avec malice et empile les références savoureuses au cinéma de genre.
Mais la plus grande réussite de cette odyssée réside dans sa singularité, portée par un folklore philippin généreux et une sincérité désarmante. Une magnifique respiration dans un paysage saturé de suites et de reboots à la chaîne.
Grave et aérien, LA GRADIVA raconte la fin de l’adolescence comme la perte annoncée d’un monde. Un premier film comme une déflagration de cinéma. Extraordinaire.
Andreï Zviaguintsev, comme pétrifié par sa colère, en oublie qu’un film ne se résume pas à son propos et s’embourbe dans un récit éculé et inintéressant.
En quittant la rondeur de la 3D numérique pour la douceur de l’aquarelle, Louis Clichy va à l’essentiel et bouleverse.
Sur un pitch qui aurait pu aisément sombrer dans le grotesque, Brian Duffield, en dépit d’élans sentimentaux bancals, continue de démontrer la singularité de son regard.
Face à une Ella Rumpf excellente en psy retorse, Manenti livre une interprétation à cran qui porte merveilleusement l’ambiance du film, étrange, drôle et cringe. Une identité bien marquée, qui compense certains errements d’un récit qui, parfois, part un peu dans tous les sens.
Plus proche de THE NEWSROOM et des SEPT DE CHICAGO que de THE SOCIAL NETWORK, dont elle ne retrouve pas le brio et la force de cinéma, cette « suite » brille néanmoins par son art du storytelling et son propos fort et engagé.
Efficace, conceptuel, conscient.
C'est un peu tout le souci du film : s'il aurait peut-être bizarrement gagné à être une fresque de trois heures, il peine à poser ses enjeux, erre son but, à savoir explorer les névroses de la masculinité. Lorsqu'il y arrive enfin, il trouve son rythme et son impact émotionnel.
La collaboration, l’absence de colonne vertébrale et le travail comme aliénation : un film phénoménal.
Satire farcesque au croisement de Stanley Kubrick et Ari Aster, mais aussi continuation touchante de BARDO, le nouvel Iñárritu brille autant qu’il pèche par son jusqu’au-boutisme.
Les corps-à-corps – et la manière dont ils sont filmés – offrent alors à HER PRIVATE HELL sa grâce et ses moments de bravoure. Ici, le film assume d’être viril ; mais lorsqu’il s’intéresse aux personnages féminins, il n’échappe pas à une imagerie machiste et à un ton patriarcal qu’on tolère plus difficilement aujourd’hui.