Muriel d’Ansembourg questionne davantage le détachement émotionnel d’Alec par cette exposition précoce au monde du X. Sa situation extrême apporte une réflexion plus vaste sur le trouble introduit par ces images dans l’expression de nos émotions les plus intimes, notamment amoureuses pour Alec.
Lentement, le film convainc en laissant le spectateur décoder les non-dits et les quelques émotions verbalisées et accéder, en creux, au portrait d’une jeunesse nippone inquiète de l’avenir et étouffée par les vieux modèles. En questionnant ses choix de vie, Nozomi parviendra à une réponse simple, mais touchante.
Le duo de choc derrière NOS JOURS HEUREUX revient à ses souvenirs d’enfance pour une comédie tendre et politique sur la famille, les années 80 et le vivre-ensemble.
Pour son troisième long-métrage, la réalisatrice catalane Carla Simón nous entraîne dans une histoire familiale autobiographique avec un geste aussi déchirant que poétique, où elle raconte le traumatisme des années Sida.
À revoir en 2026, le film n'en devient que plus doux et amer, portrait d'un idéal, d'un désir de liberté encore de nos jours bien corseté par les normes.
Jamais nébuleux ni aliénant, SILENT FRIEND observe les âmes esseulées avec douceur, comme si la caméra réifiait le point de vue de cet arbre immobile et immuable, témoin de nos vies éphémères sur Terre comme autant d’histoires à raconter. Étonnant.
Dans son désir d’exhaustivité, le cinéaste semble faire un listing des situations abusives d’une société indienne encore très attachée à la hiérarchie arbitraire des castes et son conflit avec le Pakistan musulman d’à-côté (ce qui malheureusement résonne fort en ce moment).
L’ULTIME HÉRITIER évite certes de tomber dans la petite tarantinade 90’s, mais se déploie sans aspérités et encore moins de surprise. Banal en somme, il ne tient finalement que grâce à la conviction de Powell, et au charmant duo qu’il forme avec la discrète mais toujours excellente Jessica Henwick.
Le film souffre de la continuité voulue avec les trois précédents opus de Koike, mais une fois lancée, la proposition renouvelle LUPIN III dans le fond et la forme, par la violence décomplexée ou le chara-design plus adulte revenant aux sources hard-boiled du personnage.
Comme la lettre de deux enfants à leur père, comme un souvenir qu’ils tentent de graver dans leur esprit avant qu’il ne s’évanouisse, MY FATHER’S SHADOW dévaste par le contraste entre la grande maturité de sa forme, forgée par deux adultes, et la grande souffrance des deux enfants qui s’expriment à cœur ouvert.
Le film est fort de personnages au tempérament de feu et de ses interprètes d’un naturel ébouriffant (notamment Shirel Nataf, déjà de MA FRÈRE). Un léger misérabilisme et une petite fascination du pire peuvent éventuellement refroidir.
L’amitié est mise à l’épreuve dans ce film somatique sur le traumatisme. C’est aussi un premier passage au long, un peu sage mais particulièrement immersif et touchant, pour son réalisateur Valery Carnoy.