Là où le film est le plus touchant, c'est dans le tourbillon d'émotions et de pulsions antagonistes dans lesquelles la jeune fille se débat, tiraillée entre vie et mort, vérité et mensonge.
Avec un scénario intelligent, qui mêle histoire intime et grande histoire, des dialogues affûtés et une mise en scène efficace jouant habilement de son sujet à l'image et au son, Pressure est un film aussi passionnant que divertissant, qui propose un regard inédit sur l'un des événements majeurs du XXe siècle.
Avec des décors et des costumes réalistes contrastant avec un magnifique noir et blanc installant une atmosphère picturale hors du temps, et la puissance de jeu de Sandra Hüller, le film nous emporte loin dans le spectacle saisissant d'une aventure humaine qui en dit long sur le statut de la femme.
Ce film singulier, qui ne cherche pas à faire de son sujet un spectacle, parvient à saisir la souffrance d'êtres différents comme Otto et Léna, confrontés pendant l'adolescence à la violence des logiques de groupe.
C'est dans ce présent, à distance des faits, que le film dessine les crimes passés. Une distance qui permet d'éviter l'écueil du voyeurisme, et qui montre la persistance des blessures, des années après les agressions.
Alternant des scènes d'une grande douceur lumineuse et d'une froide austérité, avec un grand sens du détail dans la mise en scène, voici un premier film très maîtrisé, sur le fond comme sur la forme.
Servi par un casting de luxe, avec une mise en scène fluide et immersive grâce à un tournage à caméras multiples, ce nouveau film du réalisateur de "Thelma et Louise" ne suscite pourtant pas de grandes émotions.
"Dégel" est un film d'atmosphère au rythme lent. Comme les héros du film, le spectateur est pris dans un brouillard qui se dissipe peu à peu. La réalisatrice crée une tension et installe par sa mise en scène un climat oppressant, amplifié par la musique.
Malgré un récit qui peine à avancer et un rythme très inégal, "Decorado" est une expérience en soi, que les plus curieux seront ravis de découvrir et de questionner.
Le récit se perd parfois et ne parvient pas à aboutir pleinement ses thématiques. Il en demeure, malgré toute sa lenteur contemplative, un second long métrage tout aussi fascinant par sa forme que par son fond, ne serait-ce que pour la découverte de cette communauté dont on ne sait que peu de choses.
Tout en nuances, le premier film de Jérémy Comte est une grande réussite. "Paradise" est court, efficace dans sa narration et dans l'écriture de ses personnages principaux.
Dans une mise en scène au cordeau, Cristian Mungiu déploie cette histoire dans les paysages magnifiques de Norvège, qui tranchent avec la noirceur du drame.
Mais force est de constater que la seconde partie d'"Oklahoma Honey" – qui se distingue assez clairement de la première – ne parvient pas à maintenir ni le rythme entamé, ni la magie singulière instaurée alors. Le récit prend des allures de film de casse un peu alambiqué, mais plus convenu dans sa forme.
"La Fin d'Oak Street" se veut un film d'aventures qui mélange le fantastique, le survivalisme et le drame familial, tout en s'essayant, de temps à autre, à l'humour potache. Mais à tout vouloir explorer, le film s'éparpille, refuse de choisir une destination claire et finit par bâcler la quasi-totalité de son intrigue par une succession de scènes toutes très convenues.
Par ces moments de grâce cinématographique, plus que dans les dialogues un peu scolaires et roboratifs, "Soudain" offre une réflexion métaphysique qui transmet un message profondément humaniste.