Passé les retrouvailles, joyeuses et sincères, avec le quatuor d'excellents acteurs qui portait le premier film, "Le Diable s’habille en Prada 2" manque d’une direction scénaristique claire. Multiplier les clins d’œil à l’original n’est malheureusement pas suffisant : la suite s’éparpille, enchaîne des scènes décousues jusqu’à devenir ennuyante.
Si le film restitue avec justesse la relation complexe et tragique entre un père enfermé dans la folie, et son fils, déchiré entre l'amour qu'il lui porte et la peur qu'il lui inspire, on est loin de l'extrême noirceur et de la puissance de terreur qui traversait le roman de David Vann.
Une mise en scène qui finit, elle aussi, par s'assécher dans un esthétisme outré, qui ne suffit pas à masquer la vacuité d'un scénario au message un peu brouillé sur la féminité, et sur le désir.
Avec sa dernière œuvre, Mahamat-Saleh Haroun s'offre une incursion dans le fantastique, ponctuée par une bande originale tout à fait de circonstance, et une réflexion métaphysique, notamment sur ce qui lie les êtres vivants à leurs morts et plus généralement à ceux qui les ont précédés.
Dans une mise en scène réaliste et fluide, avec des cadres justes pour souligner la drôlerie des situations et des notes surréalistes astucieusement distillées, Sophie Beaulieu exploite à fond son idée, enchaînant les scènes loufoques.
Ce qui confère le plus de puissance au biopic, c'est la reconstitution spectaculaire de longs passages de concerts, grâce à la performance physique saisissante de Jaafar Jackson dans les habits de son oncle (la voix chantée demeurant celle de l'artiste disparu).
En mettant en scène le spectacle médiatique de ce fait divers, Gus Van Sant donne à voir, sans faire l'apologie du preneur d'otage, l'envers de la médaille du rêve américain, et l'illusion tragique de toute forme de résistance à un système qui protège les puissants.
Ce dernier film du binôme est très bon cru, une performance pour ces deux réalisateurs qui se sont mis eux-mêmes mis la barre très haut avec des pépites comme "Le Sens de la fête" ou "Nos jours heureux".
"Morlaix" est à double tranchant : soit on s’abandonne à la lente poésie de Jaime Rosales, visiblement dans un élan nostalgique de la Nouvelle Vague et des films d'Eric Rohmer. Soit on s’ennuie devant ses plus de deux heures de film très bavard et avant tout conceptuel, où il ne se passe au final pas grand-chose.
Pas mal d'humour, malgré le sujet, sans qu'on sache vraiment d'ailleurs si on rit forcément au bon moment, mais ce n'est pas grave : le but du réalisateur anglais Kirk Jones est justement d'équilibrer moments légers et séquences plus graves.
Avec ce film à la fois intime et sociétal, porté par la grâce de la jeune comédienne Llucia Garcia, la réalisatrice espagnole de 38 ans confirme une signature cinématographique.
Le manque de ressort dramaturgique de ce premier film de fiction de Camille Ponsin finit par tourner en boucle et nous fait décrocher. Mais quand à la toute fin apparaît à l'écran la silhouette frêle et déterminée de Nana, cette femme, la vraie, qui pendant des années a veillé de loin sur sa fille pour lui éviter l'enfermement, ou la mort, alors cette histoire prend tout son relief, et l'émotion nous submerge.
Avec Le Cri des gardes, Claire Denis honore la mémoire de Bernard-Marie Koltès, sa poésie et son engagement. Elle ajoute une pierre à son travail sur l'Afrique, cette terre où elle a grandi, et qu'elle ne cesse d'interroger à travers une œuvre cinématographique inventive.
Le duo Lamy-Le Berre fonctionne bien : leur attachement progressif est crédible parce qu’il s’appuie, sur l’effort partagé, mais surtout sur la complicité née parce qu'ils vivent des moments décisifs de leur existence. E
Si la mise en scène est bien menée, et le casting au rendez-vous, on regrette presque que le réalisateur norvégien n'ait pas poussé encore plus loin les curseurs de son parti pris décalé.
Dans une mise en scène brillante, volontairement théâtrale, İlker Çatak met à jour les mécanismes insidieux de la dictature, qui viennent empoisonner la société, et les individus, jusque dans les sphères les plus intimes.