Olivier Clert signe une œuvre qui se joue des rebondissements pour embarquer le spectateur dans la psyché d'une petite fille qui compose avec ses traumatismes.
Le film de Rudi Rosenberg raconte une quête existentielle et la mystérieuse alchimie de la filiation saupoudrée de cette fantaisie, parfois inhérente au drame. Ce dosage équilibré a tout pour faire succomber à ces "Quelques mots d'amour".
Derrière cette enveloppe très propre, "Papa où t'es ?" réussit son pari : mettre en lumière le système de l'ASE, et les défaillances dont sont victimes 384 900 mineurs et jeunes majeurs.
[Laszlo Nemes] fait de Klaus Barbie un enquêteur habile et matois sans parvenir à éviter l'écueil du manichéisme et de la caricature. Le scénario aurait certainement gagné à être plus nuancé.
Une chronique intimiste, magnifiquement filmée, au plus près de ce petit clan qui vivote en marge du monde (...).
Absent pendant dix ans du grand écran, le réalisateur sud-coréen signe son grand retour avec un film de genre au pluriel faisant une fois de plus la démonstration de sa virtuosité.
"Une femme aujourd'hui" s'ajoute à la filmographie réconfortante de Robert Guédiguian qui, par sa fidélité à un style, à une famille et à des convictions, finit par agir comme un baromètre de notre temps, et de nos propres vies.
Radical et fascinant dans la forme et dans le fond.
"La Gradiva" est un film qui ressemble à la vie dans ce qu'elle a de plus beau, de plus fragile, de plus tragique aussi. Une pépite.
Fred Cavayé relève le défi de restituer les dimensions dramaturgiques, historiques et sociales de l'œuvre, en signant un film divertissant délivrant des messages humanistes et politiques, qui restent d'actualité aujourd'hui. Le réalisateur passe en revanche à côté, mais il n'est pas le premier, du souffle littéraire de Hugo, en restant accroché à une intrigue, à des personnages, à un discours, sans chercher à réinventer pour l'écran une forme qui ouvrirait une autre lecture, cinématographique, de cette œuvre littéraire puissante.
"Le Corset" dit avec poésie ce monde rural peu visible sur grand écran. La narration est portée aussi par de belles trouvailles scéniques renversantes et un dessin attachant, des aquarelles sur papier.
Enfin, le principal problème réside dans le fait que deux thèses sont en permanence entremêlées dans le film : celle, d'une part, de la dénonciation des choix discutables du gouvernement israélien actuel, et celle, par ailleurs, qui avance l'idée que les violences et déplacements de population associés à la naissance d'Israël trouveraient un prolongement dans la destruction actuelle de Gaza. Ce mélange des genres discrédite malheureusement un film qui se voulait lanceur d'alerte, d'autant qu'aucun représentant de l'armée israélienne ou du gouvernement n'a été interrogé pour répondre aux lourdes accusations formulées par les témoins, ce qui atténue quelque peu le caractère journalistique de l'enquête.
Dans une mise en scène d'une efficacité remarquable, avec une caméra toujours bien placée et une lumière au cordeau, le réalisateur (...) porte ce drame intime à l'écran avec la force des tragédies antiques.
Le film, de facture classique malgré certaines séquences et un final très stylisés, est porté par l'affrontement savoureux entre ses deux acteurs principaux, inquiétants et impeccables.
Dans son précédent long-métrage, la réalisatrice s'intéressait déjà aux interactions complexes dans une cellule familiale. Son dernier film atteste de la poursuite d'une radiographie teintée d'onirisme.
La mise en scène classique, mais bien menée, est portée par une distribution – un spectacle en soi – qui nous fait oublier toutes les petites imperfections et les petites longueurs de cette savoureuse comédie.
Avec des comédiens formidables, Kantemir Balagov déploie son brillant scénario dans un rythme toujours juste, et une mise en scène parfaitement maîtrisée.
Mais même si l'on sursaute deux ou trois fois et que les comédiens de ce huis clos venimeux distillent avec talent l'ambiguïté de personnages un peu stéréotypés, le film, avec un scénario attendu et une mise en scène convenue, ne parvient pas à nous tenir en haleine bien longtemps.
Derrière cette fable en apparence grand-guignol et simpliste, Alejandro Gonzalez Iñarritu signe un film complexe, qui questionne avec âpreté le monde contemporain (...).
En montrant comment, subrepticement, pas après pas, jour après jour, une majorité finit par adhérer à des thèses racistes pour collaborer ensuite d'autant plus facilement au régime criminel qui les met en œuvre, ce film magistral - autant sur un plan historiographique que cinématographique - nous invite à méditer sur le passé, sur l'Histoire, mais aussi (et surtout) sur notre présent.