On aurait dû ressortir bouleversé d’un biopic affichant sur le papier une telle volonté de soulever les montagnes et de briser les tabous (l’amour, y compris charnel) mais le récit se révèle beaucoup trop lisse, prévisible, inutilement tire larmes, purement illustratif. L’interprétation, parfois hésitante, ne facilite pas l’identification.
Pauline Clément en célibataire manquant singulièrement de confiance et Arthur Dupont en petit patron tyrannique… Une rom com pleine de petites idées sympas mais parfois éparpillée.
Inspirée par sa propre vie, Carla Simón (Été 93, Nos soleils) fait de l’absence un personnage à part entière qui rouvre les blessures mais permet aussi une touchante éclosion.
Ours d’or au dernier festival de Berlin, ce mélodrame politique assez déchirant, souvent tendu, questionne l’esprit de résistance face à l’autoritarisme. De quoi rendre le propos universel.
Grognard de l’humour fidèle à son cinéma, Gérard Jugnot opte pour l’empathie, la compréhension, la tendresse même (une histoire avec Zabou Breitman). La dénonciation est explicite bien sûr, mais on a connu plus mordant. En résulte un film amusant, assez sage finalement, qui fait sourire et réfléchir sans bousculer.
On est surtout renversé par la prestation de Robert Aramayo (Games of Thrones, Le Seigneur des anneaux : les anneaux de pouvoir), qui a décroché deux BAFTA d’interprétation (César britannique) au nez et à la barbe de Leonardo DiCaprio et Timothée Chalamet.
Père et fils ont en tout cas coécrit le scénario. Mais c’est bien l’acteur qui nous impressionne, une fois encore, par la puissance de son jeu, et sa faculté à nous figer d’un simple regard. Face à lui, Sean Bean donne le change. Pour ce face-à-face crépusculaire et intense, le film mérite d’être vu.
Cette fausse famille apparaît parfois comme un leurre mais constitue une chaîne de sororité dont la cinéaste parvient à capter la rudesse et la force. Formidable quatuor de comédiennes, dont Shirel Nataf, déjà remarquée dans Ma frère.
Le plaisir vient d’un des plus réjouissants duos mal assortis qu’on ait vu sur grand écran ces derniers temps. Sandrine Kiberlain nous touche en plein cœur. Pierre Lottin fend l’armure.
Le sang coule, les roulottes brûlent (nous sommes chez les roms), la succession se prépare. La réalisation se montre quant à elle toujours aussi stylisée, parfois opératique. Peaky Blinders est définitivement une grande saga.
Clé de voûte du récit, l’éblouissante Ana Girardot trouve quant à elle l’un de ses meilleurs rôles, en pasionaria tourmentée à laquelle on s’identifie à l’évidence, dans ses convictions… comme dans ses compromissions.
Marier la science-fiction, la comédie, le buddy movie et le mélo dans un seul film, pourquoi pas ? À condition de bien emboîter toutes les pièces ! Le film de Phil Lord et Christopher Miller avec Ryan Gosling n’y arrive pas tout à fait et, sur plus de deux heures trente, se répète beaucoup.
Pour son premier film derrière la caméra, Jérémy Ferrari se donne le rôle du fils de Kadhafi, en mission dans le désert du Sahara pour retrouver l’or paternel en compagnie de deux bras cassés (Laura Felpin et Éric Judor). Parfois corrosif, parfois gênant.
On tique sur plusieurs points mais cette fresque folle et radicale autour de la figure (réelle) d’une prophétesse dans l’Amérique du XVIIIe siècle se révèle une incroyable démonstration de cinéma, portée par une Amanda Seyfried transcendée. À voir en étant prévenu.