On ressent la boue, le froid et les coups fourrés. Pas de morceaux de bravoure, mais pas de gras non plus dans cette authentique et vaillante série B old school.
Le film, en compétition au dernier Festival de Cannes, n’en demeure pas moins un thriller rural captivant jalonné de plusieurs fulgurances dont vous vous souviendrez à coup sûr.
Rythmé, hilarant, psychanalytique et surtout porté par un quatuor de comédiens en totale alchimie : Olivia Wilde, Seth Rogen, Penélope Cruz et Edward Norton.
Véritable portrait d’une adolescence perdue, Adieu monde cruel se pose avec pudeur à hauteur de personnages auxquels les interprètes donnent une profondeur inattendue. Bravo à Milo Machado-Graner et Jane Beever, porteurs d’une note d’espoir bienvenue.
Pressure revient sur un épisode méconnu de la Seconde Guerre mondiale, mais réhabilite surtout la parole des scientifiques face aux décideurs, politiques ou militaires, particulièrement quand ils disent des choses qu’on ne souhaite pas entendre. Par les temps qui courent, l’exercice n’est pas inutile…
Au final, cette romance inattendue en compétition à Cannes en mai ne se distingue pas par son absolue originalité, mais plutôt par sa faculté à placer ses interprètes dans une position d’excellence.
Entre ses instants de grâce et ses moments plus convenus (« Je pense qu’on doit vivre les choses pleinement »), Trois adieux, mélodrame gracieux, propose en tout cas un portrait de femme moderne et émouvant.
Le réalisateur britannique se montre plus apaisé et écolo dans cette fable à grand spectacle où un pilote idéaliste s’efforce de trouver l’espoir dans un monde qui s’est effondré.
Si le film est porteur de questions sur l’identité, le genre, le sexe, la famille ou la solitude, le réalisateur n’en fait pas un propos et garde les yeux résolument fixés sur ses personnages, qui traversent une réalité tangible, concrète et immuable en état de détresse et de sidération. Eva-David et David-Malia, visages et corps d’acteurs connus mais ici presque méconnaissables, offrent au spectateur une expérience intense et oppressante. Vertigineuse.
Le propos est dérangeant, sera diversement accueilli selon sa propre morale mais, en refusant la simplification et le manichéisme, il envisage surtout l’enfance, trop souvent cantonnée au second plan, comme quelque chose de sacré.
On a le droit de regarder sa montre, d’être par exemple désarçonné par cet exposé inopiné sur le capitalisme nuisible, mais on sera aussitôt happé par des fulgurances rivalisant de beauté et de douceur. Aussi pure que le cristal, l’amitié entre ces deux femmes tend vers un seul message : prenons soin les uns des autres.
La très éclairante réflexion sur le déterminisme et l’ascenseur social par le prisme de la réussite à tout prix bifurque vers le thriller dont certains rebondissements manquent sans doute de personnalité, voire de crédibilité. On n’est quand même pas loin du gros coup de cœur de l’été.
Plusieurs personnages ou enjeux souffrent d’un manifeste déficit d’écriture. Mais si Ilyes Djadel tombe du ciel, il retombe aussi sur ses pattes en proposant une comédie estivale humble et œcuménique, pleine d’énergie et d’intentions louables.
Le manque de moyens est évident mais on aurait tort de s’y arrêter. Visible dès l’âge de 10 ans, Kyma fait montre d’une touchante foi dans son sujet, dans ses jeunes personnages espiègles mais pas ridicules, et dans ses effets spéciaux à l’économie (cool, l’ambiance sonore). Susciter de l’empathie pour une onde, ça n’était pourtant pas gagné.
Bien sûr qu’il y a des maladresses dans ce long-métrage assumant sa modestie tout en faisant de l’œil au thriller, mais les comédiennes Malou Khebizi et Soundos Mosbah construisent une alchimie singulière qui fait de ce Triangle d’or une très belle découverte et la séquence finale a l’effet d’un uppercut.
La richesse du propos nous semble noyée dans un récit nonchalant, étiré et souvent monotone (la durée n’est pas justifiée). Pourtant, le personnage de Veska, sexagénaire flegmatique et inflexible, imprime durablement notre mémoire, sublimé par l’aura inattendue de Yana Radeva, comédienne débutante qui aurait pu prétendre à un prix d’interprétation.