Bien sûr qu’il y a des maladresses dans ce long-métrage assumant sa modestie tout en faisant de l’œil au thriller, mais les comédiennes Malou Khebizi et Soundos Mosbah construisent une alchimie singulière qui fait de ce Triangle d’or une très belle découverte et la séquence finale a l’effet d’un uppercut.
La richesse du propos nous semble noyée dans un récit nonchalant, étiré et souvent monotone (la durée n’est pas justifiée). Pourtant, le personnage de Veska, sexagénaire flegmatique et inflexible, imprime durablement notre mémoire, sublimé par l’aura inattendue de Yana Radeva, comédienne débutante qui aurait pu prétendre à un prix d’interprétation.
Mais le réalisateur fait montre d’une foi à toute épreuve et d’une ambition réelle, en montrant l’exil dans ce qu’il a de plus urgent, aléatoire, frénétique… et tragique.
Nouvel avatar de la franchise « Evil Dead », cet opus permet au réalisateur français Sébastien Vanicek de travailler pour un studio américain sans perdre son appétence pour une horreur hardcore qui ne tourne pas à vide.
Adaptation d’un roman de Victor Jestin, peuplé de jeunes acteurs non professionnels épatants et singuliers, La Chaleur trouve sa place entre le thriller introspectif et le teen movie sensuel, décrit un âge où la réalité se veut mouvante et incertaine, associe la culpabilité et le désir à une même peur de l’avenir. L’embrasement intérieur de l’adolescence a rarement été filmé avec autant de justesse.
Un an après « Superman », « Supergirl » se veut moins policé et mise sur une tonalité badass et décomplexée, mais s’enlise dans des enjeux pas passionnants.
Un joli film drôle et touchant sur une trentenaire en galère qui va peut-être trouver son salut en devenant sirène professionnelle. Impeccable Aloïse Sauvage.
Entre prudence et pudeur, on sent même une hésitation à se lancer plus volontairement dans le registre du mélodrame fiévreux. Seul bémol de ce joli film.
Chaque personnage existe, avec force. Passionnant ! Et pendant ce temps, les Allemands demeurent majoritairement hors champ. Le parti pris est vraiment gonflé, mais il donne à cette colossale fresque son identité propre et rafraîchit grandement la mémoire.
Tout ne fonctionne pas comme espéré. Les dialogues modernes et allusions anachroniques sont certes assumés. On devine une démarche portée vers un divertissement ludique, mais l’ensemble, poussif et éparpillé, ne fait pas toujours mouche.
Il paraît que sa musique faisait réagir les cétacés. Rone a donc pris le large et tenté d’établir un dialogue sonore, voire musical, avec les baleines à bosse. Captivant et poétique au départ, plus embarrassant à l’arrivée.
Malgré son approche documentée, Ulysse, dévoilé au Festival de Cannes (Un certain regard), se présente comme le portrait vibrant et quasi romanesque d’une femme tenace et lumineuse qui a toujours eu foi en son fils.
Le dialogue se fait duel et malgré l’aspect verbeux du dispositif, l’enjeu se déploie : l’art qu’on produit, qu’on détruit, qu’on manipule, qu’on redessine. Soderbergh s’interroge à l’évidence sur son propre métier, avec une touche de détachement et de roublardise. Au point de nous livrer sciemment une œuvre inachevée ?
Alors oui, c’est drôle, assez malin, très cohérent aussi. Dupieux interroge notre rapport à l’existence, asticote les charlatans de la tech, moque les imposteurs égotiques passant leur temps à se regarder dans le miroir, et joue le jeu du film gigogne au point de proposer un bêtisier de tournage.