La réalisatrice Vania Leturcq délivre avec "Au sein des autres" une fiction puissante et émouvante brisant le tabou autour du cancer.
Malgré une première partie trop répétitive, la justesse et l'approche humaine finissent par toucher.
CONTRE : Quel contraste entre la sobriété du jeu de Gilles Lellouche et l’emphase de la mise en scène de Laszlo Nemes... L'interrogatoire de Jean Moulin par Klaus Barbie a bien eu lieu, mais personne ne sait ce qu’il s’est dit durant ce huis clos. Est-il vraiment utile, sur des faits aussi graves, de s’en remettre à l’imaginaire, de flirter avec le romanesque ?
C’est monstrueusement bien ! Un film brillant et décoiffant, divertissant et métaphorique. Cette créature destructrice et indéchiffrable nous renvoie aux catastrophes qui jalonnent l’actualité, qui nous dépassent tout en impliquant une responsabilité humaine. Covid, climat…
POUR : Une œuvre choc, marquante, provocante même parfois, mais qui, aux côtés du Rayon et les Ombres de Xavier Giannoli et de Notre salut d’Emmanuel Marre, témoigne de la volonté des cinéastes de rappeler les horreurs commises et d’appeler à redoubler de vigilance pour ne pas retomber dans de tels extrêmes.
Là où l’on aurait pu craindre que ce parti pris débouche sur un mélange de styles bancal, il n’en est rien et le résultat est cohérent d’un bout à l’autre.
Si le récit se disperse un peu dans la première partie, "La Gradiva" laisse une empreinte durable. L’exigence formelle, le travail sur la texture de l’image, ne font jamais écran à l’émotion et à l’humanité. La fin est bouleversante.
Un film libre et généreux.
Le DC Universe se dote d’un « body horror » viscéral en racontant la métamorphose de l’inquiétant Clayface, l’un des ennemis jurés de Batman.
Cette modernité se ressent donc d’un bout à l’autre de l’histoire, où la reconstruction personnelle passe par l’action collective et la nécessité de se sentir utile s’engageant corps et âme dans une cause. Une belle idée, traitée sans artifice, avec énormément de générosité (...).
Tout est dépeint avec simplicité et justesse. La principale qualité du « Corset » étant de véritablement nous faire ressentir le bouillonnement, l’ouragan intérieur qui sommeille dans Christophe et qui ne demande au fond qu’à exploser.
À défaut de se montrer original dans ses situations ou dans son rendu visuel, toutefois correct, Mochy vaut par son rythme, qui trouve un bon équilibre entre action et humour. De quoi donc divertir les enfants, même si en face, avec la sortie du Corset et la semaine prochaine de Lucy Lost, qui se situent nettement au-dessus en termes d’esthétique et de profondeur, la concurrence est rude.
Derrière ce projet et cette approche, on ressent aussi la présence de Jonathan Glazer (réalisateur de « La Zone d’intérêt », sur le quotidien d’une famille nazie vivant aux portes d’un camp de concentration), qui est producteur exécutif de cette œuvre essentielle, d’utilité publique, qui connaît une sortie exceptionnelle.
Portée par Vincent Lindon et Tahar Rahim, cette superproduction assume la générosité du grand spectacle populaire et fait résonner l’œuvre de Victor Hugo avec notre époque.
Dans « Minotaure », le monstre est invisible, tapi dans les mœurs d’un régime qui prospère sur la bassesse et la terreur.D’une grande beauté et d’une grande noirceur, ce thriller intime d’Andreï Zviaguintsev décrit la déroute morale des élites poutiniennes.
Une investigation conduite avec grand sérieux (le studio a même engagé un cabinet d’avocats pour faire face aux contraintes juridiques), et une interprétation solide de la part de Mikey Madison (la révélation du palmé « Anora ») et Jeremy Allen White (« The Bear ») dans la peau de Haugen et Horwitz.
La mise en scène sombre parfois dans le cliché ou la démonstration. Pourtant, malgré ces maladresses, on s’attache à Pyteh, car il est filmé avec empathie. Cette approche humaine sauve « Butterfly Jam » de l’exercice de style.
Entre polar, tragédie et absurde, Sarah Arnold fait preuve d’audace pour son premier long métrage, qui, au propre comme au figuré, sort des sentiers battus.
Cette comédie fait mouche, par son rythme, son humour, et le regard corrosif, lucide, porté sur les rapports de domination dans le monde du cinéma
On note aussi la pertinence des portraits, forcément douloureux, qui ont été choisis, touchant à la famille, à l’enfance et même au monde du sport. Preuve que ce type de violence peut arriver de partout.