Le réalisateur Akio Fujimoto évite les écueils. Le pathos, la démonstration. Il suit au plus près, caméra portée, ces deux enfants, qui nous bouleversent en promenant leur innocence dans un monde effroyable.
L’aspect didactique est néanmoins évité grâce aux envolées musicales qui, forcément, résonnent encore plus fort dans une salle de cinéma, avec un « gros son » qui amplifie les vibrations.
Pour autant, ce choix de condenser le récit sur une vingtaine d’années permet à Antoine Fuqua, le réalisateur de « Training Day », de livrer un long-métrage tenu, de doser efficacement les ellipses et surtout de mettre en lumière la relation de Michael avec son père, campé par l’excellent Colman Domingo.
Paradoxalement, dans ce film très dialogué, à la Rohmer, les gestes sans paroles sont les plus marquants. Fragiles regards amoureux, sourires inquiets. Ou le silence doux et suspendu de Gwen adulte, quand vingt ans après, elle pense à la vie qu’elle n’a pas vécue.
Le récit relève autant du thriller que de la parabole, tant il ouvre de pistes qui vont au-delà de l'affaire, sur le ressentiment, les rapports de classe. Gus Van Sant décrit aussi deux jeunes hommes qui ont en commun de ne pas vouloir ressembler à leurs pères.
Avec ses situations inventives et son humour corrosif, la satire atteint son but. Des qualités qui compensent un scénario confus, ce qui donne un aspect collage d’idées plutôt que celui d'une œuvre tenue et maîtrisée. Audacieux mais inabouti, donc.
Plombé par une mise en route laborieuse, répétitive, le film trouve son ton, et son émotion, quand il se concentre sur le combat d’une mère résolue à défendre les choix de sa fille, même si elle ne les comprend pas, et au risque de la perdre.
Dans cette enquête pudique, Carla Simon parvient à articuler colère et douceur, douleur et grâce. Dommage que le récit se perde dans quelques flash-back inutiles.
Alexandre Trannoy n’a jamais désarmé, continuant de s’accrocher à ses visions, à ses châteaux de sable cinématographiques. À travers cet attachant fantôme, Avril Tembouret et Vladimir Rodionov célèbrent le septième art, sa fragilité, sa puissance. Leur "Œuvre invisible" est comme un songe.
Avec ses ruptures de ton, sa volonté de ne pas se montrer moralisateur et des séquences très drôles, malgré la gravité ambiante, cette comédie noire séduit… sans être exempte de défauts, avec une mécanique assez répétitive et une tendance à tomber dans le bavardage, empêchant ainsi l’ensemble d’être encore plus mordant.
Malgré quelques longueurs et invraisemblances, le charme vénéneux opère, en grande partie grâce à Glen Powell, tout en cynisme et en décontraction. Ce film divertissant tient jusqu’au bout une ligne piquante, amorale, résiste à la facilité d'une conclusion moralisatrice.
Une immersion, à bonne distance, dans les coulisses de la J-pop, où les icônes sont aussi des esclaves. Le récit subtil et émouvant d’une émancipation.