Une musique tour à tour syncopée, mordante et fiévreuse, mélancolique et douloureuse, accompagne l’humanité de Vivaldi et l’humilité de son élève, que sublime la directrice de la photographie Daria d’Antonio, dans des images aux magnifiques clairs-obscurs.
C’est excessif, épuisant, éreintant, et parfois insaisissable. Sans doute faut-il consentir de s’y perdre, accepter l’inexplicable, pour partager ce portrait de femme différente.
Swann Arlaud joue avec force la figure instable et incontrôlable du père, sans rechercher une performance hallucinée à la DiCaprio dans The Revenant. Imprévisible, il passe d’une grande douceur à la plus extrême violence. Face à lui, le petit Woody Norman se charge de la peur grandissante du personnage du fils, avec naturel, un sens de l’inquiétude et de la tragédie.
Leyla Bouzid met en scène ce récit queer d’affirmation de soi avec d’infinies précautions, sans démonstration, sans excès, dans une approche qui applique presque de manière programmatique son titre.
Cette plongée dans la petite société d’un ensemble musical fait écho à ce que Federico Fellini avait brillamment mis en scène dans Répétition d’orchestre (1979).
Vincent Macaigne est un acteur parfait. Parfait pour l’époque avec ses figures masculines en plein désarroi et aux amours incertaines. Serait-il devenu un idéal-type pour jouer cette condition de l’homme contemporain ? Il a souvent cet emploi.
Sur un scénario sans génie de Jean-Pascal Zadi, L'Arnaqueuse, en salles ce mercredi, est une comédie malgré tout idéale pour que brille Josiane Balasko, dans un rôle rosse de vieille arnaqueuse transformiste.
Le cinéma de Yûho Ishibashi fait songer à celui d’Hong Sang-soo, par son sens de l’observation calme, ses dialogues naturels, ses scènes de discussions arrosées dans des restaurants ou cafés bon marché.
Se déroulant dans un présent intemporel, ces récits basculent dans une douce magie qui offre les mots et les idées nécessaires pour aborder des sujets importants avec douceur, mais sans nier leur gravité. Un film d’une grande sensibilité, toujours à hauteur d’enfants.
S’il ne réussit pas complètement à développer son univers, Wedding Nightmare : deuxième partie, en salles ce mercredi, est une comédie horrifique, à la fois sanglante et drôle, dans la lignée du premier film.
Llúcia Garcia incarne avec une fraîcheur et une justesse touchantes les errements de Carla « Marina » Simón, dans la suite de la quête autobiographique des origines de la cinéaste espagnole.
Tout se passe comme si l’histoire avouait une impossibilité de raconter de l’intérieur la créature des forêts, son étrange et singulière histoire vraie, qu’on dirait échappée d’un conte.