Gorgonà, dans un mélange de réalisme cru, d’érotisme brut et d’onirisme hypnotique, est d’une séduisante puissance visuelle et sensuelle. Evi Kalogiroupoulou et son chef opérateur Giorgos Valsamis font un étonnant travail sur la lumière, les corps et les désirs en tension, qui rappelle celui de Claire Denis.
Le récit s’attarde. Les conversations bien anodines paraissent une éternité au spectateur, d’autant que la narration est souvent curieusement déboussolée, égarée comme ses personnages.
Il y a une forme de laisser-aller un rien flemmard dans ces vacances : Martin Fougerol et Ahmed Hamidi se laissent porter par le charisme de leurs personnages de buddy movie aux caractères opposés.
Seidi Haarla se met à nu et confère une existence organique intense à l’incarnation d’une maternité malade, écartelée entre le mal d’être mère et la dépossession de son propre corps, métamorphosé en corps-nid aliéné, étranger à elle-même.
Dans le temps compressé de cette histoire simple et resserrée sur un soir au Français, les emmerdes volent en escadrilles : ça secoue, ça chahute, ça malmène, et dans une veine burlesque se joue une délectable farce outrancière.
"Le Berger et les ours" est un documentaire sur la réintroduction de l’ours du point de vue d’un village de l’Ariège. Mais à trop abuser des outils cinématographiques, il s’affranchit de la réalité.
"Comète" se disperse au gré de sa trajectoire narrative de l’un à l’autre, un va-et-vient entre des caractères insaisissables, qui doutent, vacillent, cherchent à avancer, mais incertains et instables.
Il faut voir comment Yana Radeva, qui fait ses débuts au cinéma, se saisit avec un jeu naturel, comme directement attrapé de la vie, de ce rôle de femme forte inébranlable, qui fait face à la menace d’un monde criminel, aux hommes troubles et dangereux, où l’on dessoude pour un rien.
[Le film] embrasse beaucoup, trop de genres, avec pas mal de longueurs. Plus court, le film aurait été plus percutant ; il est simplement aimablement divertissant, plus que conséquent.
Road-trip entre Tunis et Djerba, "D’où vient le vent" est un formidable portrait de la jeunesse tunisienne, porté par des personnages aussi différents que complémentaires, forcément attachants.
Après Vermines, Sébastien Vaniček réussit son passage à Hollywood avec Evil Dead Burn, qui parvient à parler de violences conjugales avec justesse tout en proposant un film joyeusement sanglant.
Dix ans après le dessin animé, Vaiana passe à la moulinette Disney du film en prise de vues réelles. C’est à la fois une mauvaise chose - c’est le même film qu’en 2016 - et une bonne chose - ça reste une belle aventure.
L’actrice Valerie Pachner décuple une force émotionnelle hors norme, passe par tous les états, avec une puissance dramatique admirable, mais toujours de la retenue.
Stéphane Demoustier travaille avec tenue à la fois son cadre oppressant, la lumière éblouissante, crue et impitoyable de l’été caniculaire, l’espace clos angoissant du camping, et l’hermétisme distant et froid de son personnage.
Une comédie de l’excès, délectable et réjouissante, dont émerge le héros, lunaire, rêveur, musicien : c’est l’expressif Amir el-Masry, que l’on avait découvert dans Limbo.
Un magnifique rendu, visuellement époustouflant, rehaussé par un bruitage aquatique parfait, et surtout, par la musique originale d’Oklou et Rob, synchrone avec l’atmosphère sensible du récit.