Papa où t’es ? ne cesse d’être autre chose que la recherche du père : le témoignage à tout instant bouleversant de la maltraitance et du chagrin d’un enfant ballotté qui avait oublié ses traumatismes, que ses souvenirs éparpillés vont finir par reconstituer, mémoire puzzle d’une douleur enfouie.
Une éducation sentimentale flaubertienne renversée, plongeant une méconnaissable Valeria Golino dans la tristesse majestueuse d’un romantisme noir.
Au bord de la route et dans cette caravane d’infortune, les enfants rient, les petits jouent, les plus grands regardent ailleurs, les parents résignés et cabossés font de leur mieux, d’une absolue droiture et dignité, même quand rien ne va droit. Ils sont admirables et ouvrent à l’empathie.
Quelques mots d’amour offre un joli regard sur la vie.
Une animation merveilleuse produite par le studio français Xilam, digne des œuvres du maître japonais Hayao Miyazaki.
Face à l’inconnu des derniers jours du résistant dans la réalité, le film choisit d’être une fiction centrée sur la psychologie d’un martyr. Un choix porté par une réalisation impeccable et une distribution remarquable. Mais qui va faire débat. Pouvait-il en être autrement avec Jean Moulin ?
Ses réussites sont grandioses, ses échecs abyssaux, Hope est bel et bien la surprise décrite par Michael Fassbender. Après tout, quitte à être bancal, autant marquer les esprits.
Et si, en termes de narration, Sanguine n’est pas aussi efficace que voulu, sa thématique est d’une cruelle actualité. Des jeunes devant s’adapter à un monde du travail valorisant davantage l’accomplissement d’une tâche que l’épanouissement, et forcés d’entrer en compétition dans un système inique pour décrocher une simple place ?
Un cinéma singulier, qui en même temps qu’il se cogne au réel dur et violent, ne cesse de le trouer, jusqu’à toucher à la grâce d’un presque conte, à l’onirisme élevé.e.
Le dernier rejeton des studios de Dreamworks Animation n’échappe pas à la leçon de vie, mais on n’oubliera pas son énergie.
L’éloge d’une passion simple, tournant au passage en ridicule l’archaïsme du patriarcat, non sans loufoquerie, avec même un côté farce conjugale savoureuse.
À force de surcharge, dommage, l’histoire avance avec des semelles de plomb.
Un drame sectaire outrancier, dans lequel Marion Cotillard paraît jouer sa peau comme son personnage, sous la menace d’un tyran inquiétant qui a la carrure de Denis Ménochet.
La parodie de l’heroic fantasy médiévale tient de la petite aventure de troupe comique. Éric Judor fait équipe avec Alexandra Lamy, Marc Labrèche et Hafid F. Benamar, pacte de losers plus tristes sires que mesquins, confrontés à une succession d‘épreuves et de situations abracadabrantesques. Les Monty Python de Sacré Graal (1975) ont trouvé leurs pitres héritiers.
Un récit au naturalisme saisissant.
Autour de son chien moche, Mochy (de Jérémie Degruson et Yanis Belaid) propose non pas une comédie, mais une aventure dramatique à hauteur d’enfant. Un pari bien tenu.
Le huis clos dans le ventre glauque et gluant de la bête vomit une succession de flash-back indigestes, dans un chromo sentimentaliste.
Un film modeste, presque confiné, sur le métier d’actrice, dans un dispositif très théâtral.
Le drame assume son sujet en toute fin. C’est à ce moment-là qu’il est permis à la lumineuse Sara Montpetit, vue récemment dans la comédie française Un grand raccourci, de jouer sur le fil la fin de la vie, avec de la délicatesse et de la sobriété.
Tragédie impitoyable au cordeau, le récit de cette élite russe corrompue servant l’effort de guerre est glaçant.