Mais ce qui permet à La Vie d’une femme de s’incarner, c’est Léa Drucker. Le film n’existerait pas sans elle. Tous les défauts précédemment énumérés fondent comme neige au soleil devant la facilité de la star à passer de la comédie romantique au drame social en un instant avec une humanité chevillée au corps. Celle d’une femme qui a vécu, qui vit et qui a encore à vivre.
Drame âpre, Rose chevauche les codes du western rural, sur le thème de l’installation des fermiers et des pionniers de l’Ouest américain. Rose, c’est Sandra Hüller, admirable dans ce rôle tragique, une performance magnifique.
Cela donne un cinéma alourdi, littéral, qui n’arrive jamais à faire du fantôme autre chose qu’un artifice narratif un peu grossier pour signifier le manque, l’absence, la présence du souvenir, tout en lui faisant jouer par moments un rôle curieux, d’observateur et commentateur des événements.
Intéresse la référence historique aux Qiaopi, les correspondances échangées par les émigrés chinois et leurs familles restées au pays, à qui elles adressaient des nouvelles et de l’argent. Elles ont été inscrites au patrimoine documentaire mondial de l’Unesco en 2013.
Le récit, avec sa juxtaposition de thèmes en 80 minutes, manque de soin et de profondeur dans l’écriture des personnages et des situations, bousculées de surcroît par une temporalité accélérée, tout se passant en 24h chrono.
Entretenue par ses cauchemars inquiétants, une folie paranoïaque fanatise un chef de la milice locale, figure de la terreur brillamment jouée par l’acteur star Caner Cindoruk, défait ici de son faux air de George Clooney turc.
L’ennui guette sur la longueur, malgré la présence lumineuse et sereine d’Alba Rohrwacher, sa manière de toucher à la tristesse sans désespoir, à la fragilité avec puissance, son souci de ne pas laisser le mélodrame déborder de sentimentalisme.
Entre son humour certain enfantin mais qui évite d’être trop lourdingue et une dernière partie à l’intensité bienvenue, Tad l’explorateur et la lampe magique est un film d’aventures tout à fait recommandable pour les plus jeunes.
La petite Maya O’Rourke a peu à jouer, sinon la perte de l’innocence dans un monde en mutation, mais dont elle ne saisit pas tout, tout comme le spectateur, désorienté plutôt que désarçonné, qui ne sait pas trop ce que ce récit veut lui montrer et où il veut en venir.
Kurt Russell dans le rôle du roi de l'apicole, magnat du miel, son pétrole doré à lui, paraît s’être échappé de la galerie des zozos déglingués et méchants des films des frères Coen.