Susanne Bier fait entrer au chausse-pied les thèmes féministes du roman de Hoffman : l’émancipation des filles, le sacrifice des mères, le libre choix de vie.
Avec sa stature dramatique, l’oscarisé Brendan Fraser rehausse avec force et sensibilité le tempérament d’Eisenhower, surnommé « Mr Bang », au seuil de la grande histoire sous tension du D-Day.
Probablement trop bourgeois pour être pleinement impliquant, La Vie d’une femme réussit pourtant son mélange entre comédie romantique et drame social grâce au talent de son rôle principal, Léa Drucker.
Récompensée par un prix d’interprétation à la Berlinale, l’Allemande Sandra Hüller (Anatomie d’une chute, La Zone d’intérêt) porte haut ce film queer aux airs de western rural, au noir et blanc somptueux.
Le récit est maladroit dans sa dimension fantastique et fantomatique, mais plus réussi, même si assez banal au fond, dans son exploration d’une adolescence tiraillée entre pulsions de vie et de mort.
Il revient à l’excellente Marie Bloching de porter ce film fort, qui se place du point de vue de la sœur; laquelle doit composer avec l’amour inconditionnel pour son frère et l’impératif moral.
Comment l’État turc a participé, au prétexte de la lutte contre le séparatisme kurde, à créer les conditions d’une violence politique légitime, en fournissant aux populations des zones concernées des armes.
Solide et perturbant scénario décalé d’une autobiographie devenue fiction de cinéma, La Frappe a été tourné vite, en 22 jours, dans une forme d’urgence, et d’authenticité brute préservée par l’absence de toute répétition et portée par d’épatants jeunes comédiens, au jeu simple et vif : Diego Murgia et Romange Fringeli.
Emma Boumali, qui était la révélation dans le film L’Abandon de Vincent Garenq, prend à bras-le corps son rôle de néo-footballeuse, jeu tout en physicalité, profil psychologique de la wineuse déterminée.
On y songe à son voisinage avec La Métamorphose de Kafka, histoire d’un homme qui se réveille en insecte monstrueux, récit poignant d’aliénation et de souffrance.
Un western post-apocalyptique survolé par le rêve d’un autre monde, où l’entraide serait un facteur d'évolution, comme dans la théorie de Pierre Kropotkine.
Andrew Patterson change l'or en miel et s'en va butiner du côté du western, avec un soupçon de film noir sans sucre, pour dégainer son "Oklahoma Honey", pas piqué des hannetons.
Le cinéma brillant d’Alvaro Olmos Torrico, son cadre, sa lumière, magnifie les personnes, les visages, les gestes, comme les paysages des hauts plateaux des Andes boliviennes, tout en pentes raides où s’accrochent des paysans et des bêtes à la vie rude, dont sa caméra rend compte dans une approche naturaliste brute.
Renate Reinsve et Sebastian Stan rendent justice à la complexité de leurs personnages de parents vite jugés. Ils les jouent même avec de l'opacité : on ne saurait dire, s'ils sont coupables ou victimes, mais emportent l'empathie en tout état de cause.
Jean-Baptiste Brucker, acteur fin comme une tige, au burlesque décalé, est une formidable révélation venue du théâtre, qui rappelle les débuts au cinéma de Benjamin Lavernhe dans "Le Goût des merveilles" (2015).