Émergent de ce film un élan vital communicatif, un amour du spectacle, de celles et de ceux qui en forment le cœur battant, et une foi dans le collectif capable de remuer des montagnes face aux contingences du réel. De la Comédie-Française est LA comédie de l’été, dont on ressort enchanté !
L’alchimie entre la création initiale – au dessin fixe et à la bichromie bleu sépia –, la portée intime et personnelle, et l’œuvre filmique – au mouvement ample et à la gamme multicolore – embarque totalement. On est saisi par l’aboutissement formel qui s’épanouit sur grand écran en format Scope. La délicatesse du trait épouse la pudeur du récit et des liens.
Empruntant au documentaire sa précision, Naomi Kawase propose une fiction sur des questions éthiques autour de la mort et de la disparition au Japon. On y retrouve ses sujets de prédilection et son rythme contemplatif caractéristique, non sans une propension au symbolisme parfois appuyé.
Lætitia Masson bouleverse en injectant dans son univers créatif un pan de son vécu personnel et familial. "Ulysse" s’affirme comme un trajet fictionnel plein de vitalité, comme une ode à la singularité, et comme un chant d’amour à son fils.
On en ressort relativement charmés, légèrement chargés. C’est que l’œuvre déborde d’idées, parfois jusqu’à l’excès, mais cela participe aussi à rappeler la générosité du cinéaste autant que sa façon de raconter.
Il est savoureux d’être encore agréablement surpris par l’œuvre d’un cinéaste aussi établi que Steven Spielberg quand il s’empare d’une thématique aussi souvent déclinée sur grand écran.
Diablement bien orchestrée, interprétée par des actrices et acteurs pétillants, rusée, circonspecte et si drôle, cette symphonie de l’air du temps nous ravit.
Si l’art imite la vie, est-ce que la vie imite l’art ? Sur cette question passionnante, le réalisateur Asghar Farhadi tisse un film vertigineux et foisonnant. Avec un casting d’enfer.
Le septième long-métrage de Rodrigo Sorogoyen brille par son amplitude, sa maîtrise et sa tension. Un nouvel affrontement cher au cinéaste, pour la première fois en compétition à Cannes, avec une œuvre qui parle aussi de cinéma, et qui offre à Javier Bardem et Victoria Luengo un face-à-face puissant.
Hagai Levi, ce génie, nous offre la série de l’année. Politique, humaniste et atemporelle. À voir sur grand écran avant diffusion sur le petit. Courez-y !
Hagai Levi, ce génie, nous offre la série de l’année. Politique, humaniste et atemporelle. À voir sur grand écran avant diffusion sur le petit. Courez-y !
À la fois drame familial et sociétal, "Sauvons les meubles" parvient, malgré un sujet cogné, à générer de l’inattendu, de la poésie, de la beauté. Et même du rire à travers les larmes.
C’est glaçant, inconfortable, mais nécessaire : un état des lieux qui hurle d’humanisme et prône une évidence (qui ne paraît pourtant pas si claire pour tout le monde) : « La guerre détruit notre avenir à tous ».
En choisissant de réunir, autour d’un texte d’Ovidie, des images d’archives et des témoignages intimes, Gabrielle Stemmer signe un film hypnotisant, à la croisée de la vidéo d’art et du documentaire.
Ode à la vie, le sixième long-métrage signé Alain Gomis fait l’effet d’une lente transe. Une communion avec ce et ceux d’où l’on vient et vers quoi et qui l’on va. Quelque part entre l’amplitude et la plénitude, sur le territoire bouleversant de la transmission.
Leyla Bouzid retrouve sa Tunisie originelle pour son puissant troisième long-métrage. L’occasion de tendre à son pays un miroir profond sur le tabou de l’homosexualité et l’acceptation collective, à travers le portrait de trois générations de femmes, et d’un homme, filmé en creux.
En quatre-vingt-dix minutes qui passent comme un rêve, le réalisateur (aidé d’une équipe hors pair de techniciens du son, de monteurs image et son) nous donne à voir et à entendre un monde en soi, une communauté au don magique, qui en rappelle tant d’autres. C’est foisonnant, passionnant. Unique.