Leyla Bouzid retrouve sa Tunisie originelle pour son puissant troisième long-métrage. L’occasion de tendre à son pays un miroir profond sur le tabou de l’homosexualité et l’acceptation collective, à travers le portrait de trois générations de femmes, et d’un homme, filmé en creux.
En quatre-vingt-dix minutes qui passent comme un rêve, le réalisateur (aidé d’une équipe hors pair de techniciens du son, de monteurs image et son) nous donne à voir et à entendre un monde en soi, une communauté au don magique, qui en rappelle tant d’autres. C’est foisonnant, passionnant. Unique.
La force de ce beau film implacable, illuminé par la pureté immarcescible des deux petits (vraiment frère et sœur dans la vie), le regard bienveillant du réalisateur et celui, minutieux et englobant, caméra à l’épaule, du chef-opérateur Yoshio Kitagawa, c’est sa simplicité.
À la fois film d’époque, situé en 1985, et comédie sur l’adolescence, Juste une illusion déroule quelques passages obligés, mais trouve le ton juste entre mélancolie et drôlerie.
Sous sa forme amusante, zigzagante, mosaïque, de journal d’un jeu de pistes habilement narré par Avril Tembouret, beau conteur, cet objet filmique ouvre une vertigineuse réflexion ontologique sur le cinéma.
Sauvage rappelle à bien des égards les épisodes cévenols : à la fois fascinante, radicale et sombre, cette première fiction signée Camille Ponsin explore une double imprédictibilité : celle de la Nature, et celle de la nature humaine.
Avec son troisième long-métrage, Carla Simon continue de puiser dans son roman familial. Romería s’avère un bouleversant voyage vers sa jeunesse, vers la mémoire de ses parents et vers les prémices de son destin de cinéaste, pour mieux embrasser l’avenir.
Dans cette famille de grands bourgeois, Marianne est la pièce rapportée. Un objet aux contours délicats, qui fait joli sur la photo de famille. Le film la regarde devenir sujet et c’est passionnant.
Prodigue en cadrages de toute beauté, magnifiquement éclairés par le chef-opérateur Gergely Pálos, ce voyage poétique et puissant nous invite au cœur de ce qui nous lie.
Ce documentaire terrible, parce qu’au cœur même de la tragédie d’une famille qui en évoque tant d’autres, est d’une force et d’une humanité impressionnantes.
L’histoire vraie, et merveilleusement bien adaptée pour le grand écran, de John Davidson, qui a contribué bien malgré lui à faire connaître le syndrome de Gilles de la Tourette. L’histoire aussi d’un corps déréglé, de filtres inexistants, et d’un ordre social qui vacille.
L’Ours d’or berlinois 2026 brille par sa poigne et son engagement. Ilker Çatak signe une épopée humaine puissante, dans un monde en proie à l’étouffement des voix libertaires, et un geste politique qui n’oublie pas son élégance de cinéma.
La force de ce film foisonnant, c’est l’intelligence limpide avec laquelle il narre cette page sombre de notre histoire où se croisent les intellectuels, la presse et le cinéma de l’époque. Et c’est d’autant plus troublant que les échos avec la nôtre sont constants.
Pari technique et émotionnel, Planètes fascine autant qu’il interroge et ravit. Sa réalisatrice, Momoko Seto, prouve aussi qu’art et science font bon ménage, et qu’il est toujours sain d’arrêter la cadence pour (re)prendre conscience de ce qui nous entoure, à commencer par l’infiniment petit.
La Maison des Femmes est avant tout un lieu de travail, de solutions, d’enjeux, d’action. À l’écran, la circulation prime sur l’effet. Le son et la musique respectent l’attention, la portée des voix humaines, les portes, les téléphones, les pas résonnants, pour laisser l’émotion trouver sa place.
CONTRE : Un film qui ne parvient jamais à s’élever au-delà d’un didactisme étouffant, où tout est répété pour s’assurer de notre compréhension, par l’image, la voix off, les dialogues, et une musique d’orchestre en surplomb.