Vous serez servi en ce qui concerne les tubes et moments de danse (on ne peut qu'applaudir le mimétisme confondant de son neveu, Jaafar, qui reprend ses traits ici), mais jamais la mise en images ne dépassera le postulat de la retranscription. Pour les fans peu regardants, le film pourrait faire l’affaire, pour les autres revoyez "This is it".
On ne retiendra que la bonne performance des interprètes, surtout les seconds rôles, Corinne Masiero et Sandrine Bonnaire, ainsi qu'un beau message d'espoir que Philippe Croizon porte depuis des années en continuant de nous surprendre.
Si le contenant est solide, le contenu demeure trop fragile en raison d’un pitch basique renvoyant davantage à celui d’une série B sèche et brutale qu’à celui d’un vrai pamphlet creusé et habité.
Le scénario semble calqué à la ligne près sur la BD sans vraiment lui insuffler le souffle nécessaire pour le passage au grand écran. Seul le personnage du psy joue avec exubérance mais cela est plus agaçant que convaincant. Néanmoins, au fil de l'histoire on se laisse charmer par le personnage de Lucien, démon attachant diablement bien interprété par Fabien Cloutier.
De facture quasi documentaire, avec sa caméra portée et ses décors naturels, "Les Fleurs du Manguier" fait preuve d’une sensibilité rare due au naturel de ces deux enfants, peu à peu isolés dans un système où chacun ne lésine devant rien pour exploiter la misère de l’autre, et où même la langue devient un obstacle.
En soulignant par petites touches la domination par les hommes [...], Sophie Beaulieu dénonce le diktat des artifices [...]. Elle livre une forme de conte aux élans féministes.
Sciemment, le metteur en scène choisit de se limiter à la période de construction du processus, sans montrer, sauf lors d'un hommage final, la montée des conflits armés et les assassinats qui résultèrent de cette expérience. Une option qui permet de poser cette autonomie comme une possibilité, loin des éternels tricheurs qui tente d'acheter son échec.
Dans la lignée de "Lingui, les liens sacrés", son film précédent, Mahamat Saleh Haroun signe une œuvre foncièrement féministe, avec plus de douceur et une bien meilleure qualité d’interprétation, le tout dans un cadre magnifique : le plateau de l’Ennedi, site tchadien classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Une œuvre délicate et ensoleillée, en forme d’échappée belle, qui évite au final tout angélisme pour se mieux souligner l’amour inconditionnel d’une mère.
Ce n’est probablement pas le film le plus réussi quant à sa forme, on pourrait facilement pointer du doigt la réalisation, mais l’enjeu est ailleurs ici, il se joue dans l’humain, dans ce qu’il montre, aussi maladroite que la démarche peut l’être.
Au manque d’originalité, s’ajoutent des défauts de mise en scène et d’écriture : le tempo comique n’y est pas, les dialogues ne font pas souvent mouche, l’alchimie entre les deux tourtereaux ne fonctionne pas, le rôle du méchant patron est trop caricatural et même l’emploi de Karin Viard dans son propre rôle [...] est mal exploité. [...] Pas la pépite attendue.
Portrait d'un homme pris entre deux feux. [...]On était en droit d'attendre mieux de la part de Cheyenne Carron, qui brille souvent par la justesse et la pertinence de son écriture. On ne parvient pas à être convaincu par ce film qui se trouve comme à court d'argument. Peut-être a-t-on déjà tout dit sur le sujet.
"Juste un film de passage à l'âge adulte de plus. [...] Que ce soit sur l'adolescence, les liens familiaux ou la religiosité, on est sur du déjà-vu. [...] il convient tout de même de souligner que "Juste une illusion" est plutôt une bonne comédie. C'est drôle, alors, on ne va pas bouder notre plaisir face à des dialogues qui font mouche ou encore face à la performance d'un Pierre Lottin encore une fois remarquable.
Derrière les coloris apaisants et pops, et l’aspect lumineux de la photo, "La fille du Konbini" est un plaidoyer doux-amer sur le droit à l’erreur, la survie au monde du travail au Japon (souvent synonyme d’heures sups, de mépris, de brimades et de dépression), et l’acceptation d’un échec temporaire. Calme, à l’image de l’apaisement que recherche le personnage.
Les frères Rifkiss parviennent à faire ce pas de côté, vis-à-vis d'un ton humoristique dominant, pour dresser le portrait sensible d'un couple fragilisé par l'absence d'enfant. Si on peut regretter quelques longueurs et des choix musicaux discutables, cela ne vient pas gâcher un film d'une grande sensibilité et d'une intelligence bienvenue sur un sujet aussi difficile.