On ne peut qu'applaudir face à une vraie générosité dans le spectacle (il était temps concernant les films avec Tom Holland), un Michael Giacchino qui se réveille enfin à la bande son, une vraie sincérité de la part du casting.
On retiendra les performances des deux comédiens principaux, les clins d’œil à "9 semaines et demi" et le pied de nez du cinéaste en confiant le rôle du patron à une femme. Mais force est de constater que l’énergie du Gregg Araki d’il y a 20-30 ans s’est émoussée, que son côté transgressif en a pris un petit coup…
Une satire anticolonialiste et antimilitariste sous forme de fable déconcertante. [...] Le film est saisissant et on en sort comme les personnages à la fin : troublés.
Le film [...] nous assène un grand coup de couteau dans le cœur, que l’on n’avait pas vu venir. Le cinéaste semble alors plus à l’aise dans ce mélodrame saupoudré de suspense, qui parle avant tout de son pays, de sa reconstruction et des débuts liés à une évolution rapide.
Porté par Malou Khebizi, découverte dans un tout autre registre dans "Diamant Brut", le métrage doit beaucoup à sa prestation toute en rébellion canalisée, et à une mise en scène qui utilise entre autres les angles des caméras de surveillance, pour mieux poser un contexte d’enfermement, de liberté restreinte. [...] Un huis clos troublant.
"Les Matins Merveilleux" est un récit de retour à la vie, porté par ces petits riens qui provoquent surprise ou élan, ces choses qui permettent de rattraper des moments jusque là non vécus, et ces rencontres qui changent parfois beaucoup. En douceur, on se laisse embarquer dans ce voyage en territoire intime, qui affiche un humour discret.
Le jeune interprète principale, Frida Hornemann, s’en sort tout de même plutôt bien, parvenant à nous faire croire aux blessures et hésitations de son personnage adolescent pas si transparent. Mais ce nouveau long métrage d'Eva Trobisch [...] parait se complaire dans une certaine banalité qui ne provoque ni émotion ni réelle empathie. Peut être le scénario veut-il traiter trop de sujets en arrière plan, avec trop de personnages.
Seule Noée Abita surnage et livre une prestation intense et subtile. Cela en devient encore plus frustrant : comment un tel jeu et un tel personnage peuvent-ils être à ce point gâchés par tout le reste ?
Un programme qui pourrait être intéressant s’il prenait davantage à corps son sujet et s’attardait moins sur la relation bancale de Maja et Nourou et les scènes à rallonge de Médée, dont le parallèle avec l’histoire principale finie par nous échapper.
Certes attendu dans ses rebondissements, le métrage reste efficace, jouant de manière sympathique avec nos nefs sans jamais vraiment se prendre au sérieux, tout en donnant à la nature environnante un rôle intéressant de destructrice ou intégratrice du cocon familial.
"Charlie et les kangourous" se pose en expérience divertissante et dépaysante, avec ses paysages australiens authentique, ses thèmes fédérateurs et la découverte d’une tradition des autochtones pour lesquels les croyances liées aux animaux totems sont religion.
On est rapidement fasciné par la personne atypique que l’on découvre. Rapidement, son apparence de préciosité et d’élégance s’entrechoque avec la crudité de ce qu’il peut raconter (et de ce que le film montre) […]. Au final, "Les Madeleines" est le portrait baroque d’un être inclassable, et cela ne laisse pas indifférent.
Du grand spectacle très souvent capable de parler la langue des dieux de son art lorsqu’il s’en donne les moyens (la photo minérale de Hoyte van Hoytema et la BO électro-gutturale de Ludwig Göransson n’y sont pas pour rien), mais avec parfois le timbre d’un mortel un peu trop sûr de lui pour maîtriser les accents toniques.
Enième signe de cette philo-packaging qui s’étire ici en pure perte sur une heure et demie qui paraît en durer le double, et dont la seule destinée est de finir empaquetée en salle à destination de spectateurs qui ne se sont jamais posé de questions dans leur vie.