Une mise en scène dans la retenue (du moins jusqu’à la dernière séquence du film) où le cinéaste joue entre sa caméra portée et de longues poses fixes qui permettent de créer un rythme soutenu tout en étant teinté d’une mélancolie forte.
Récit de rédemption et de deuil, "Hokum" impressionne par son ambiance, son atmosphère onirique bizarroïde qui plonge immédiatement le spectateur dans un cauchemar s’écartant des autres productions contemporaines.
Le film choisit d’intercaler dans son récit des images d’archives du sit-in place Bardo et du Printemps Arabe à Tunis, et heureusement, car c’est dans ces moments-là qu’on se raccroche au récit en trouvant de l’intensité.
"Embarquement immédiat" sait aborder les sujets contemporains en traitant de toxicité amoureuse, de charge mentale dans la rupture, de dépression, de violence sexuelle voire de chemsex… des fléaux qui parlent aux générations d’aujourd’hui. Traiter de ces thèmes en mélangeant les tons, entre une noirceur et un second degré presque fantaisiste est un pari osé, qui fonctionne par moments mais dérape à d’autres.
Lynne Ramsay enfonce le clou de l’anxiété en usant du format 4:3 pour amplifier la sensation d’étouffement et de mal-être du personnage principal. Elle joue sur les sautes d’humeur de cette femme au travers d’une alternance de scènes d’exposition qui passent du jour à la nuit et où la photo est tantôt d’une lumière aveuglante tantôt sombre comme une nuit d’encre. [...] Jennifer Lawrence magistrale
Swann Arlaud trouve ici l’un de ses meilleurs rôles, incarnant ce père, déjà partiellement coupé de son fils par la langue, mais aussi par la distance imposée par la mère. Il est le facteur de perturbation, autant que les éléments (neige, vents, pluie, froid…), de l’harmonie tant espérée, flirtant avec l’obsession.
Utilisant la musique toujours à bon escient, comme marqueur d’un don pour Cecilia, comme petites touches qui émanent d’une écriture de partition pour Vivaldi, ou comme appui à certaines scènes clés du film, Damiano Michieletto n’en fait jamais trop.
Portée par la frustration, mais aussi la peur de ne plus connecter avec son enfant, Miriam Garlo incarne à la perfection Angela, alors que Álvaro Cervantes [...] émeut aussi particulièrement, dans sa volonté de bien faire.
Vous serez servi en ce qui concerne les tubes et moments de danse (on ne peut qu'applaudir le mimétisme confondant de son neveu, Jaafar, qui reprend ses traits ici), mais jamais la mise en images ne dépassera le postulat de la retranscription. Pour les fans peu regardants, le film pourrait faire l’affaire, pour les autres revoyez "This is it".
On ne retiendra que la bonne performance des interprètes, surtout les seconds rôles, Corinne Masiero et Sandrine Bonnaire, ainsi qu'un beau message d'espoir que Philippe Croizon porte depuis des années en continuant de nous surprendre.
Si le contenant est solide, le contenu demeure trop fragile en raison d’un pitch basique renvoyant davantage à celui d’une série B sèche et brutale qu’à celui d’un vrai pamphlet creusé et habité.
Le scénario semble calqué à la ligne près sur la BD sans vraiment lui insuffler le souffle nécessaire pour le passage au grand écran. Seul le personnage du psy joue avec exubérance mais cela est plus agaçant que convaincant. Néanmoins, au fil de l'histoire on se laisse charmer par le personnage de Lucien, démon attachant diablement bien interprété par Fabien Cloutier.
De facture quasi documentaire, avec sa caméra portée et ses décors naturels, "Les Fleurs du Manguier" fait preuve d’une sensibilité rare due au naturel de ces deux enfants, peu à peu isolés dans un système où chacun ne lésine devant rien pour exploiter la misère de l’autre, et où même la langue devient un obstacle.
En soulignant par petites touches la domination par les hommes [...], Sophie Beaulieu dénonce le diktat des artifices [...]. Elle livre une forme de conte aux élans féministes.
Sciemment, le metteur en scène choisit de se limiter à la période de construction du processus, sans montrer, sauf lors d'un hommage final, la montée des conflits armés et les assassinats qui résultèrent de cette expérience. Une option qui permet de poser cette autonomie comme une possibilité, loin des éternels tricheurs qui tente d'acheter son échec.