Il est rare le moment où on a le bonheur en tant que téléspectateur de voir une telle merveille, surtout durant cette rentrée télé assez terne. Par hasard j'ai appris la future diffusion de cette mini-série, je n'ai pas résisté à la voir avant son passage en direct, j'ai dévoré les quatre épisodes à la suite. Série magnifique, intense, à voir absolument. Une histoire forte pleine de rebondissements, qui nous envoie parfois sur des chemins de traverse, avec ses victimes collatérales, montrant une petite brigade de gendarmerie non épargnée par cette histoire hors-norme, mais aussi tous les protagonistes, famille d'Emma, la jeune disparue, les enquêteurs et tout le village. Il y a plusieurs histoires, notamment celle de Jeanne, ses enfants, son époux, ses doutes, sa fragilité. J'adore l'actrice que j'ai découverte dans une autre série de France TV, là, elle est prodigieuse de vérité, d'intensité. Il y a une scène extraordinaire dans
le deuxième épisode, qui m'a pris aux tripes comme rarement, quand sa mère touchée par la maladie d'Alzheimer a un éclair de lucidité pour lui dire tout son amour et qu'elle a réussi une chose, ne pas la lâcher et ne pas se débarrasser d'elle dans un mouroir. Que ce sujet soit abordé est si rare, avec de tels arguments en plus, quand on a été concerné comme elle par un choix et qu'on a fait le même, c'est très émouvant.
Je ne peux pas citer tous les interprètes qui sont remarquables pour la majorité d'entre eux. Je citerai Cécile Rebboah qui joue la mère d'Emma. Cette actrice a pris une vraie dimension au fil des années depuis ses petits rôles dont celui des débuts dans une série du vendredi soir, il y a plus de vingt ans.
J'ai particulièrement aimé la mise en scène d'une communauté avec les problèmes du quotidien, souvent gérés par les gendarmes, proches des habitants. Certains de ces incidents ne sont pas anodins pour l'intrigue principale.
Rien n'est parfait dans ce monde et il y aura forcément des esprits chagrins pour pointer du doigt des invraisemblances, des erreurs de procédure ou des flous dans l'histoire des personnages principaux (Jeanne et son mari, par exemple), il y en a. Mais ce qui fait la différence ici, c'est que ça n'empêche pas de voir la série, ça ne gâche pas le plaisir de voir l'histoire se mettre en place.
Une mention spéciale aussi à Nicole Calfan qui interprète avec grand talent une malade avec ses instants de lucidité et la tendresse avec sa fille, Jeanne.
Apaisée à la fin par la présence du chat du commandant, recueilli. Et ça aussi, c'est un bonheur de voir ce souci pour un animal, moi qui les adore.
Sur l'histoire elle-même on est un peu baladé. On s'interroge sur certains aspects : on effleure avec effroi la question de l'IA et ses utilisations malveillantes. Mais un petit doute est apparu pour moi assez vite, il s'est concrétisé par la résolution étonnante de l'histoire.
Je ne peux que conseiller à une personne qui lirait ses lignes et qui s'interrogerait de regarder ou pas cette mini-série : allez-y, regardez-la. Il y a des œuvres où il y a les épisodes de trop, ici, on en redemande !