Je suis sorti de cette mini-série documentaire avec un sentiment aussi ambivalent que la note que j’ai attribuée : 3 sur 5. Il y a indéniablement du talent dans la façon dont cette histoire vraie, à la fois incroyable et triste, est portée à l’écran. Le matériau est solide, et j’ai ressenti la volonté de traiter le dossier avec un sérieux certain (entre témoignages, archives et reconstitutions) sans sombrer dans le sensationnalisme.
Et pourtant, ce ton un peu "too much" dans la mise en scène m’a parfois dérangé. Les effets sonores appuyés, les transitions dramatisées, ce rythme parfois trop cinématographique, confèrent une ambiance qui frôle le thriller, voire la comédie noire (façon "frères Coen") plutôt que le documentaire posé. À force de vouloir captiver à tout prix, j’ai eu du mal à garder la distance nécessaire face à un sujet pourtant lourd : le trafic, les procédures judiciaires, les tentatives d’exfiltration...
Malgré cela, la série a le mérite de remettre en lumière une affaire que beaucoup ont peut-être oubliée : l’évasion rocambolesque en 2015 des deux pilotes condamnés, leur procès en France, puis leur acquittement en appel en 2021. Toucher du doigt les aléas de la justice, les pressions politiques, les contradictions internationales, était fascinant (et nécessaire).
Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est le rôle central attribué à la juge d’instruction française (Christine Saunier-Ruellan), qui apparaît comme une sorte de fil d’Ariane dans ce labyrinthe d’ombres et de non-dits. Sa présence posée, presque silencieuse mais déterminée, aurait gagné à être davantage explorée encore : elle mérite vraiment qu’on s’attarde sur son travail minutieux, sur son regard obstiné face à un dossier qui tangue beaucoup.
En fin de compte, "Y a-t-il un dealer dans l’avion ?" m’a tenu en haleine, mais avec une impression de "trop peu, trop bizarre". La série documente, interroge, intrigue, mais ne me semble ni totalement immersive, ni assez nuancée pour dépasser le statut de divertissement documentaire. Pour être honnête, c’est d’un vrai film d’enquête rigoureux (ou d’un documentaire plus sobre) que j’aurais rêvé.